“Chaque territoire doit se réapproprier son destin”

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Publié le vendredi 20 février 2009 à 11H31

PARIS. Nicolas Sarkozy a prononcé un discours hier matin (soir en métropole), destiné au ultramarins, particulièrement aux départements. Il souhaite reprendre le dossier en main, et mise sur un développement local, voire davantage d’autonomie. Il inaugurera lui-même les états généraux de l’outre-mer au mois d’avril en Guadeloupe. Il mise sur du long terme, pas sur un règlement en période de conflit.

Pour soutenir le pouvoir d’achat

“Je ferai respecter les lois de la République. Je ne vous demande pas d’oublier votre histoire, votre culture, votre identité, la crise économique actuelle est un révélateur de problèmes qui sont anciens et qu’on n’a jamais vraiment essayé de résoudre. Je partage et je comprends ce sentiment d’injustice. À mon avis, on ne s’est pas attaqué aux racines du mal. La crise économique en exacerbant les difficultés nous fait voir la profondeur du fossé qui s’est creusé entre les grands principes et la réalité sociale. Pour soutenir le pouvoir d’achat, l’État exonèrera de toutes les cotisations sociales à la fois patronales et salariales les augmentations que les entreprises vont accorder à leurs salariés. Les règles du RSA seront également adaptées pour les 110 000 foyers concernés dans les départements d’outre mer afin de permettre au total une amélioration du pouvoir d’achat des travailleurs à bas salaire de l’ordre de 200 euros. Pour réduire les écarts de prix inacceptables avec la métropole, j’ai demandé à la grande distribution de s’engager sur une liste de produits de référence qui seront désormais commercialisés à un prix beaucoup plus proche de celui de la métropole.”


Pour diminuer les prix

“L’autorité de la concurrence rendra dans les trois mois un avis sur le fonctionnement de la concurrence dans les départements d’outre-mer. Je mettrai en oeuvre toutes les conclusions de ce rapport qui permettront de diminuer les marges excessives et de faire baisser les prix pour les consommateurs. Au total, c’est un effort financier de 580 millions d’euros que consentira l’État pour l’outre-mer, dont 280 millions d’euros au titre du RSA. Cet effort s’ajoutera aux mesures décidées pour la France entière dans le cadre des négociations nationales avec les partenaires sociaux. L’objectif principal est de rendre plus juste le partage des richesses. Ce qui vaut pour la métropole vaut encore davantage pour l’outre-mer. Un élan nouveau doit être donné à la négociation salariale, à la participation, à l’intéressement, pour que les salariés aient la juste récompense de leurs efforts. La moralisation du capitalisme concerne aussi les départements d’outre-mer.”


Des voies de développement propres

“Le plus important à l’avenir est d’engager le changement structurel. À chaque département d’outre-mer de trouver des voies de développement qui lui sont propres, de donner les moyens de développer ses productions et de ne plus dépendre exclusivement des importations. De créer les conditions pour que chacun puisse y développer ses talents et ses compétences. J’ai donc décidé d’augmenter de 50 millions d’euros les crédits du fonds d’investissement exceptionnel en faveur du développement des productions locales, et de porter le nombre de jeunes formés par le service militaire adapté de 3 000 à 6 000 par an, pour améliorer le taux d’insertion professionnelle des jeunes.”


Une destinée commune

“Mes chers compatriotes, la voie que je vous propose est celle de la confiance et de la solidarité. L’histoire nous a forcé une destinée commune, l’histoire a uni nos familles, nos vies, nos cultures. Il nous reste beaucoup à faire pour construire ensemble une République véritablement fraternelle. C’est mon but, et je sais que c’est aussi le vôtre.”

LES CLÉS

  • Qu’en pensent-ils sur place?

“Le compte n’y est pas”, a affirmé Jean-Marie Nomertin, l’un des dirigeants de la grève, après l’allocution du président de la République. Les propositions de Nicolas Sarkozy “semblent particulièrement floues. Nous sommes extrêmement prudents et nous nous méfions des effets d’annonce : nous irons donc vérifier ce qui est caché derrière ce qu’on nous annonce”, a précisé Elie Domota, leader du collectif LKP guadeloupéen. Les négociations réunissant préfet, LKP, patronat, élus et représentants de l’État ont repris hier avec les médiateurs désignés par le Premier ministre : “nous avions négocié un préaccord le 8 février et nous irons pour voir précisément ce qu’il en est, dans le cadre des salaires, pour les 80 000 salariés guadeloupéens”.

  • À Paris Le secrétaire d’État à l’Outre-mer Yves Jégo a pour sa part jugé qu’il y avait désormais “matière financière, matière politique, à ce que les choses avancent”.

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Les dernières contributions


22/02/2009 à 17h23

Si l'éloquence du président de la République, il est vrai renversante, a du en surprendre plus d'un, le silence assourdissant de la classe politique à la suite de ses déclarations envers l'Outre-mer, semble encore plus surprenant ? S'agirait-il d'un pavé dans la marre ?

22/02/2009 à 16h51

Ca suffit Moustic de nous faire mourir de rire ! Mais tu vas un peu vite... Patience, wait and see, de toutes manières on ne fait que cela depuis 2004 !

22/02/2009 à 11h24

@MOUSTIC

Ca y est!!!Les plus gros investisseurs sont déjà partis.
Il n'y a que quelques indécis qui sont en train d'interpréter les propos de notre Chef de l'Etat, qui a pourtant été bien clair.

Le plus grave, ce sont nos élus pro-indépendantistes.
Ils n'ont toujours pas percuté. Et pourtant la perche est hyper-méga-ENORME!!!!!
Ce qu'il faut comprendre , c'est que notre gouvernement , aujourd'hui est bien embêté parce qu'il est complètement dépendant du gâteau de la France.

Bien beau le discours indépendantiste pour avoir des sièges à l'ADP.
Et quand vient le moment de prendre position pour un référendum sur l'Indépendance de notre PAYS, il n'y a plus personne au bout du fil!!!
Que du cinéma!!!! Mais avec SARKOZY, c'est du concret et pas que de la poudre aux yeux!!!

Alors, MOUSTIC, les investisseurs qui restent encore, partiront car tous les voyants économiques commencent à être au rouge!!!
Bon courage à nous tous. Au passage, le bateau de Drollet devrait être nommé "TITANIQUE"!!!:P

Cordialement

Commentaires anonymes

22/02/2009 à 10h53

Ca l' arrangerait surtout bien financièrement une "réappropriation du destin" traduire par "indépendance" des TOM , il serait enfin débarrassé d' une solidarité fraternelle avec des bronzés qui l' em...de au plus haut point ! le nouveau "casse toi pauvre con" ?

Mais s'il y a des problèmes dans les TOM ne serait ce pas du à une mauvaise politique (gestion) ultra-marine de la République ?
Pas de lui, il vient d' arriver.

Ce qu' ont fait les anciens est surement à reprendre car ça cafouille de trop, mais pas en "larguant" l'outre-mer !
Qu 'il ne se la fasse pas en Mitterand "ministre des indépendances", c'était bon il y a un demi siècle !
Nous ne serons pas que la vieille poubelle atomique oubliée, avec ce fcp en épée de Damocles !
Tu rales trop, il dévalue, et jackpot l' économie réalisée !

Liberté Egalité Fraternité, il a été élu aussi pour ça !

Les Polynésiens sont bien moins égaux en niveau de vie que les "métros", ce qui n' est pas très normal, à qui la faute ?
Peut-être à ces gouvernements qui ont hypocritement déjà bien aidé à la "réappropriation de destin" par l'autonomie ?

Quels INVESTISSEMENTS ont été faits en PF pour nous permettre une autonomie financière réelle ?
Nous n' avons pas de Nickel ici, mais 250 000 bouches à nourrir, c' est tout.

Il n'y a pas de gauche dans les TOM, il n'a rien à y craindre pour ses voix électorales futures...

Commentaires anonymes

22/02/2009 à 07h36

Si ceux qui ont investi en Polynésie n'ont oas compris , il faudra leur faire un dessin de valise.

21/02/2009 à 22h14

"Mes chers compatriotes le destin nous a forgé une destinée commune, elle a uni nos vies, nos familles, nos cultures..." Le président a raison, il nous reste en effet énormément à faire pour construire ensemble une république réellement fraternelle,c'est son but et ce sera sans doute celui des Polynésiens à moins qu'ils ne décident de se réapproprier leur destin.
C'est à la croisée des chemins, une éventualité. Ce président propose mais n'impose rien. Il laisse toute latitude aux Polynésiens d'influer d'une manière ou d'une autre sur leur destin.
Le suivre et lui faire confiance dans un partenariat avec la France au sein de l'Union européenne ou lui demander d'accompagner en toute sérénité la Polynésie vers la souveraineté.

Légal

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