Publié le mardi 27 juillet 2010 à 11H04
PROJET. La mission pour la création d'une agence d'aménagement et d'urbanisme en Polynésie vient de se terminer. Une agence qui semble indispensable pour répondre aux problématiques du territoire dont une des priorités est la mobilité sur la zone urbaine.
L’ESSENTIEL
- Cette agence pourrait fonctionner dès la fin du premier trimestre 2011
- Pluridisciplinaire, elle travaillera à la fois avec le Pays, l'État et les communes
- L'agence devra faire des propositions mais en aucun cas décider des projets
Fin de mission pour Marcel Belliot, le délégué général de la FNAU (Fédération nationale des agences d’urbanisme) et deux autres experts (Gilles Rousseau, consultant en urbanisme et Gilles Rabin, économiste et expert en développement territorial) qui ont pendant une semaine rencontré près de 150 personnes (élus et responsables politiques, techniciens et professionnels, représentants de l’État et représentants du monde économique et de la société civile) afin d'étudier la faisabilité de la création d’une agence d’aménagement et d’urbanisme sur le territoire. Hier, lors d'une conférence de presse organisée par le ministère de l'Équipement et en présence de Tearii Alpha, ces missionnaires ont présenté un premier état des lieux avant la rédaction d'ici un mois d'un rapport détaillé de leur mission, où seront rassemblées les préconisations principales identifiées pour permettre la création de cette structure.
Trois grandes problématiques ont d'ores et déjà été identifiées à l'issue de cette mission. La première porte sur le cloisonnement des politiques et une insuffisante coordination de l’action publique. “Il y a un manque flagrant de coordination et cela n'est pas bon pour l'efficacité de l'action publique. On a donc besoin d'un lieu où les gens se parleront sans enjeux de pouvoir, simplement sur des dossiers techniques qui concernent tout le monde et qui mettent en jeu tous les problèmes qui peuvent se poser aux habitants et aux citoyens de Tahiti et de la Polynésie”, explique Marcel Belliot. Vient ensuite la difficulté d’une vision stratégique associant le long terme et le court terme, le projet ponctuel et son environnement global. “Il s'agit pour nous de déterminer le positionnement pour la Polynésie de 2020-2030”, assure le ministre. Il a aussi rappelé que cette agence pluridisciplinaire serait une plateforme pour proposer des projets, des dossiers transversaux dans le cadre d'une gouvernance partagée État, Pays, communes et société civile, mais en aucun cas un outil décisionnaire. Troisième axe retenu, un des problèmes majeurs de Tahiti, qui est le fonctionnement urbain très déficient sur l’aire urbaine. Les autres programmes prioritaires étant l'habitat foncier, le développement économique et la reconversion des sites militaires.
Cette structure, qui se veut être un lieu d'échanges et de production technique, devrait être constituée de huit spécialistes et financée par tous les partenaires : l'État avec l'Adatar (un service d'aménagement territorial), la fédération nationale des agences de l'urbanisme pourrait participer avec son personnel, le Pays, en mutualisant les études et toutes les politiques sectorielles qui concernent l'aménagement et puis les communes, qui sont le plus petit partenaire. L'idée serait de réussir à mettre en place une structure légère qui ne viendrait pas remplacer les services mais qui viendrait lancer les fondements d'une stratégie d'aménagement pour un budget estimé à 80 millions de Fcfp. Le ministre l'a promis, il n'y aura pas de moyens supplémentaires pour cette structure. “Dans la préparation budgétaire du ministère de l'Équipement, on prévoit déjà les réductions de fonctionnement en essayant de mutualiser les moyens, nous pensons pouvoir dégager la part du Pays pour financer cette agence”. Si tout se passe bien, l'agence devrait être créée à la fin du premier trimestre 2011. Reste à espérer que tous les acteurs publics accepteront de jouer le jeu.
ASF
MARCEL BELLIOT, délégué général de la FNAU
“Un fonctionnement urbain qui ne va pas du tout”
Quel constat faites-vous de la situation polynésienne après votre semaine de mission ?
“J'ai retenu qu'on était dans une situation économique compliquée avec des difficultés et qu'il fallait être très économe des deniers publics. Il faut avoir une politique de développement bien calée sur les opportunités et à la fois valoriser au maximum toutes les opportunités foncières qui peuvent exister. Les sites militaires peuvent donner du contenu à cette politique de valorisation. Autre constat, c'est qu'une caractéristique des politiques publiques dans ce territoire est un cloisonnement relatif. Chacun reste dans les limites de ses compétences, de son territoire. Troisième élément du diagnostic, un fonctionnement urbain qui ne va pas du tout. Il y a de gros problèmes de déplacements et donc y a un chantier prioritaire à lancer, celui du transport. Si on veut être efficace, il faut une ville qui marche bien et pour cela il faut qu'on puisse s'y déplacer, y habiter, y travailler de manière commode. Or aujourd'hui cela ne semble pas être le cas.”
Est-ce que le travail de l'agence va se concentrer sur Tahiti, ou elle pourra mettre ses compétences au service des communes des autres archipels ?
“On a constaté un problème d'urbanisme très fort et prioritaire sur l'île de Tahiti, en particulier dans la zone urbaine de Papeete. Si on doit mobiliser les moyens de l'agence, c'est là qu'il faut commencer. Il y a aussi toute la dimension développement économique où là, nous sommes plus dans une logique d'aménagement du territoire. Dans ce cadre précis, on va sans doute s'intéresser à tout ce qui se passe dans les archipels.”
Oscar Temaru dénonce une anarchie de l'urbanisme qui serait une conséquence de l'arrivée du centre nucléaire en Polynésie. Partagez-vous ce sentiment ? Est-ce que d'autres régions ont connu un phénomène identique de développement ?
“Ce que je ressens ici, c'est qu'il y a quand même eu une source de revenus pour le territoire très importante et je ne crois pas que dans un autre territoire français il y ait eu un secteur d'activité aussi dominant dont les effets soient aussi importants. C'est d'autant plus brutal ici que cela s'est arrêté. Peut-être que si Kourou disparaissait en Guyane, cela pourrait être du même ordre, je ne sais pas. En Polynésie, on avait une activité tellement prépondérante qu'elle écrasait tout le reste. Elle était une source de richesses formidable qui, tout d'un coup, s'est évanouie. Là, il y a un vrai problème de reconversion, c'est sûr que dans ce cas, la Polynésie est exemplaire mais pas dans le bon sens du terme, dans la mesure où elle a été très dépendante de cette activité.”
TEARII ALPHA, ministre de l'Aménagement
“Inscrire la Polynésie dans la préparation des 15 à 20 prochaines années”
Si une agence de l'urbanisme voit le jour en Polynésie, quelles seront ses fonctions ?
“Il s'agira d'un outil de coordination et de prise de décision consensuelle. L'agence qui sera créée aura une gouvernance partagée entre État, Pays, communes et société civile. L'objectif est de faire raisonner de manière globale pour des sujets d'intérêt global. Le rôle de l'agence sera aussi de faire quelques études de terrain pour pouvoir proposer des solutions. Ce ne seront que des propositions. L'agence n'est pas non plus un opérateur, ce n'est pas elle qui va investir dans les projets. Tous les autres opérateurs vont rester maîtres de leurs projets. L'agence n'est qu'un moyen pour réunir la décision et faire prendre les bonnes décisions. L'intérêt c'est de pouvoir faire prendre des décisions sur l'urbanisme, l'aménagement, les grands projets et inscrire la Polynésie dans la préparation des 15 à 20 prochaines années.”
Cette gouvernance partagée suppose que État, Pays et communes travaillent ensemble. Aujourd'hui, cela n'est pas toujours le cas. Comment faire évoluer cela ?
“Je pense que l'on travaille déjà ensemble mais tout se fait de manière bilatérale. Lorsque l'on traite du territoire de Papeete dans un PGA (plan général d’aménagement), on ne voit que le PGA de Papeete. Il est important de faire prendre des décisions de manière plus globale dans les grands sujets d'aménagement. L'aménagement ne se traite pas de manière locale. Au-delà du problème foncier que nous rencontrons ici, il faut que l'espace soit mieux partagé, mieux maîtrisé et qu'il y ait des projets qui s'intègrent mieux dans l'espace communal et dans l'espace territorial. Pour que tout le monde travaille ensemble, il y a déjà une prise de conscience des élus territoriaux et communaux de réussir à assumer les compétences du statut et les compétences du CGCT (Code général des collectivités territoriales) de manière concertée. Dans une semaine, vous allez entendre les maires au sein du congrès des maires lancer un appel aux autorités pour qu'il y ait plus d'intercommunalité, mais il faut aller plus loin avec un partage État-Pays sur les grandes décisions. Les communes, seules, ne pourront pas régler les problèmes de mobilité sur la zone urbaine, le problème de l'habitat.”
Justement, la Polynésie a pris du retard en matière d'aménagement et d'urbanisme, quelles sont les priorités ?
“La priorité pour l'aménagement est d'écrire un document, une stratégie d'aménagement. Il y a quelques années, cette stratégie existait mais celle-ci n'a pas abouti. Il faut aussi créer un outil de visualisation des opérations sur le terrain. Nous sommes en train de finaliser un SIG (Schéma d'information géographique) qui regroupe toutes les données des services qui vont être numérisées et mises à la disposition de cette agence.”
Et en termes de projets sur le terrain, quelles priorités ?
“La mobilité entre Mahina et Papeete. Notre pays ne pourra pas se développer si on n'arrive pas à avancer sur les routes.”








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Commentaires anonymes
28/07/2010 à 14h02
Erreur....L'après CEP c'est aussi des tonnes de thunes qui ont servi à la gabegie locale et les détournements des zélus locaux
Si tout cet argent avait été utilisé pour les gens, l'amélioration de l'urbanisme, le développement, ce que l'on appelle l'intéret général la Polynésie serait tout autre !!!
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28/07/2010 à 09h39
Encore une nouveau dortoir à fetii !!
Commentaires anonymes
28/07/2010 à 00h22
une agence de l'urbanisme à Tahiti ?
on a envie de dire ce n'est pas trop tot !!! et Mr Belliot me parait très réaliste sur la question
par contre je ne suis pas sur que nos instances décisionnaires LOCALES en la matière réalisent le nécéssaire VIRAGE à 180 degrés à prendre de TOUTE URGENCE vis à vis de " solutions
has been "adoptées jusqu'à présent en matière de mobilité urbaine que l'ont peut résumer par la formule "tout notre pognon pour la bagnole "
Mr Alpha, (très prompt à désigner comme puériles la moindre contestation des projets de ses services ) ,en faisant référence au projet actuellement en cours à Mahina prendrait il réellement le bon exemple à suivre ???
premièrement ,
d'un projet inutile à 2,4 milliards (a t'on déjà une estimation des surcouts ?? )car il sera inefficace à terme sur la résolution des problèmes de mobilité hélas basée ici, sur nos espaces iliens par définition étroits et limités ,sur LA SEULE utilisation de l'automobile
deuxiemement ,
figé hélas une fois de plus, dans une configuration 4 voies ceinturée au centre et sur les bords par de merveilleux parapets bétonnés et depuis peu fatalement taggués qui otent tout espoir de création d'une voie en site propre(sauf à tout casser et refaire )
utilisée par des bus modernes de taille raisonnable ou un service de taxi libéralisé(oublions le tramway à 4 milliard du km ,de toutes façon il n'y a plus le pognon pour)aux heures de pointe et rendue aux vélos voire aux piétons en week end
avec si possible un aménagement paysager de bord de route de qualité sans oublier la question des cloturages privatifs qui se résument hélas depuis 20 ans déjà au fameux modèle standardisé parpaing
béton de 2m de haut
ah oui mais rien n'est définitivement perdu car dans les cartons on nous prépare une 3 voies (peut ètre une 4 voies qui sait !! YES ! THEY CAN !!!!)au beau milieu de Mahina afin de finir d'achever une commune abandonnée et en perdition malgré le formidable potentiel qu'elle présente en matière d'application de solutions novatrices
sans compter l'insécurité routière que ne manquera pas de créer cette voie rapide en libérant l'expression égotiste du non respect de la vitesse en zone urbaine ( d'ailleurs, qui respecte actuellement les 50 km/h à Arue,allez!!! levez les doigts !!)
mais peut ètre faudra t'il UN JOUR interdire ,oui INTERDIRE, à notre service de l'équipement de " vouloir faire de l'urbanisme " ,laisser uniquement à celui ci la seule fonction d'entretien régulier de la voirie
existante ( et suffisante !!! ) et confier à de VRAIS urbanistes ,architectes urbains et paysagers ,designers ou simples jardiniers créatifs,imaginatifs,attentionnés ,
la réfection de nos communes (qui en ont toutes bien besoin )afin d'y remettre au gout du jour l'échelle humaine,l'esthétique urbaine et la convivialité afin de briser une bonne fois pour toutes la gethoisation
dans laquelle ces dernières se sont dangereusement engouffrées
mais il est vrai qu'au lieu de nous resservir les vieilles soupes maintes fois réchauffées du " c'est la faute à la colonisation " c'est à dire de "l'autre " pas de "soi " ou "nous " encore faudra t'il que notre communauté ilienne accepte enfin de regarder en face ses propres " colonialismes " sociaux,urbains et environnementaux.....
souhaitons , (ou peut- ètre prions en brulant préalablement quelques cierges !!! qui sait !!!! ) ,que les recommandations de professionnels ne resteront pas une fois de plus lettre morte devant la préservation d'intèrets privés,le chantage à l'emploi de certaines catégories socio- professionelles du BTP et de la vente automobile,le soutien aveugle ,le fatalisme ou l'indifférence générale devant l'une des problématiques essentielles qui déterminera en partie notre capacité à retaper nos environnements urbains collectifs à l'abandon
Commentaires anonymes
27/07/2010 à 16h35
"En Polynésie, on avait une activité tellement prépondérante qu'elle écrasait tout le reste. Elle était une source de richesses formidable qui, tout d'un coup, s'est évanouie. Là, il y a un vrai problème de reconversion, c'est sûr que dans ce cas, la Polynésie est exemplaire mais pas dans le bon sens du terme, dans la mesure où elle a été très dépendante de cette activité."
On a juste envie de dire "no comment".
Ils sont là depuis peu et conviennent que le CEP a est passé, s'est servi et est REPARTI SANS SE RETOURNER ET SANS QUE RIEN NE SOIT FAIT. Demerdez-vous maintenant.
Commentaires anonymes
27/07/2010 à 15h34
pour que cela fonctionne, il faut que les politiques soient minoritaires!