Une centaine de salariés manifeste

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Publié le mercredi 23 septembre 2009 à 14H37

DESSERTE MARITIME. Plus d'une centaine de salariés a manifesté hier matin leur inquiétude face à l'arrivée du King Tamatoa pour assurer la desserte des îles Sous-le-Vent. Cinq de leurs représentants ont été reçus par les présidents des groupes de la majorité à l'assemblée.

L’ESSENTIEL

  • Philip Schyle leur a assuré qu'il demanderait au président du Pays de les recevoir “très rapidement”
  • Selon Gaston Tong Sang, le conseil des ministres devra motiver le refus de la défiscalisation au King Tamatoa

“Salariés d'Air Tahiti inquiets : emplois menacés”, “Avenir de nos familles en danger : quelles solutions ?”, pouvait-on lire sur les banderoles d'une centaine de salariés d'Air Tahiti réunis dans le hall de l'assemblée hier matin, inquiets de l'octroi de la licence d'armateur à Bill Ravel pour qu'il assure la desserte maritime vers les îles Sous-le-Vent. Cinq de leurs représentants ont été reçus pendant une demi-heure par le président de l'assemblée et les présidents des groupes de la majorité à l'assemblée.

“Cela s'est bien passé. On est venu manifester notre inquiétude quand à la sauvegarde de notre emploi”, a simplement commenté William Toofa, le secrétaire général du comité d'entreprise d'Air Tahiti. Le président de l'assemblée s'est adressé directement aux salariés à la sortie de cet entretien. “Il est normal que tout cela vous inquiète, a-t-il commencé. Une des grosses préoccupations, lors du débat au sein de la majorité, a été les conséquences que peut avoir le projet sur les emplois au niveau de la desserte maritime mais aussi sur Air Tahiti. Tant et si bien qu'il y a eu une rencontre qui s'est tenue entre le président de votre société et les membres de votre gouvernement. Christian Vernaudon a eu l’occasion d'expliquer sa manière de voir les choses. Il a eu aussi l'occasion d'alerter les membres du gouvernement sur les conséquences au niveau de vos emplois.” Philip Schyle a assuré aux salariés qu'il transmettrait au gouvernement et au président du Pays leurs inquiétudes et qu'il demanderait à Oscar Temaru de les recevoir “très rapidement”. Hier soir, aucune rencontre n'était encore prévue selon la présidence qui soulignait que celle-ci devrait se faire malgré tout prochainement.

Une semaine après l'octroi de la licence d'armateur, To Tatou Ai'a a de nouveau envoyé hier un courrier au président du Pays. “Bien que vous ayez annoncé refuser tout soutien du Pays (ni défiscalisation, ni détaxe carburant) à l'armateur en contrepartie de l'obtention de cette licence, rien ne laisse à penser que notre arsenal juridique pourra garantir la possibilité de tels refus”, souligne Gaston Tong Sang dans sa lettre. Le leader de To Tatou Ai'a s'interroge en effet sur la possibilité du conseil des ministres à refuser la défiscalisation. “Il faut motiver le refus. Le texte de l'assemblée n'a pas indiqué les conditions de non-éligibilité à la défiscalisation et n'a pas donné le pouvoir au conseil des ministres de l'accorder plus à untel ou untel. Il aurait fallu que le gouvernement, avant de signer la licence, prenne un arrêté fixant très clairement les priorités : l'agriculture par exemple.”

Selon la loi du Pays du 1er avril 2009, “le programme d'investissement dont le financement ouvre droit à crédit d'impôt, doit être agréé par le conseil des ministres, après avis de la commission consultative des agréments fiscaux”. Mais la loi ne précise pas les conditions de refus. Oscar Temaru a souligné une fois de plus hier sa décision que le King Tamatoa ne bénéficierait ni de la détaxe carburant, ni de la défiscalisation. “C'est une question de confiance. On a confiance ou on n'a pas confiance. Je me suis prononcé sur ce dossier- là. Je ne veux pas polémiquer”, a-t-il insisté. L'arrêté octroyant la licence d'armateur à Bill Ravel a été signé vendredi dernier. To Tatou Ai'a demande donc la suspension de l'arrêté et précise dans son courrier : “Si vous persistez dans cette décision, et en l'absence de toute réponse à mon courrier du 18 septembre 2009, je saurai prendre toutes les décisions qui s'imposent pour éclaircir ce dossier, indépendamment de tout engagement politique pris envers vous par ailleurs.”

Quant à la mise en place du Tahiti Nui 1 pour desservir les îles Sous-le-Vent, évoquée vendredi dernier lors de la rencontre entre le président du Pays et la confédération des armateurs, celle-ci est toujours à l'étude. “C'est une proposition faite par les armateurs. Nous allons voir quelle est la possibilité pour mettre le bateau les weekends. Ce serait une mesure provisoire pour répondre aux besoins de la population, a expliqué Moehau Teriitahi. Je vais saisir la direction polynésienne des Affaires maritimes. Le Tahiti Nui 1 ne ressort pas de ma compétence mais du ministère de l'Équipement. Nous allons nous mettre autour d'une table pour travailler dessus.”

MT

Gaston Tong Sang

“Tous les jours, nous découvrons des problèmes”

Vous avez de nouveau envoyé un courrier au président du Pays. Le King Tamatoa est donc toujours source de dissensions au sein de la majorité ?

“Nous demandons toujours plus d'informations et de transparence sur ce dossier. Vendredi dernier, j'ai adressé un courrier au président de la Polynésie française demandant de suspendre l'octroi de la licence et de nous dire comment, effectivement, il allait mettre en place les mesures annoncées. Je ne vois pas comment on peut ne pas lui octroyer les avantages de la détaxe du carburant et de la défiscalisation sans avoir au préalable modifié les textes. C'est une dérogation forte au texte. Si on donne la licence, les textes en vigueur s'appliquent. Il me semble que l'armateur a le droit à tous les avantages. On ne peut pas traiter différemment un armateur d'un autre. Je ne vois pas quels sont les artifices que le gouvernement pourrait lui avancer pour refuser les avantages fiscaux.”

Le conseil des ministres a le dernier mot en matière d'agrément fiscal.

“Il faut motiver. Le texte de l'assemblée n'a pas indiqué les conditions de non-éligibilité et n'a pas donné aux ministres le pouvoir de dire vous n'avez pas le droit d'accorder plus à untel ou untel. Il aurait fallu que le gouvernement, avant de signer la licence, prenne un arrêté fixant très clairement les priorités : l'agriculture par exemple. Auquel cas, ce projet peut toujours être défiscalisé mais dans un ordre différent, ça veut dire que le projet ne pourrait pas avoir la défiscalisation par exemple.”

Ce sera alors au tribunal administratif de trancher ?

“Il n'y aura même pas besoin d'aller au tribunal administratif. Si Bill Ravel a une licence en bonne et due forme, il a le droit à tout. C'est le fait de refuser qui permettra à l'armateur de réclamer le rétablissement de ce droit par le tribunal administratif.”

Oscar Temaru a pourtant assuré que le King Tamatoa ne bénéficierait pas de la défiscalisation

“Le temps nous le dira. Je crois qu'en tout cas il faut mettre en concordance les paroles et les actes. C'est tout ce que nous demandons.”

Comment la majorité va-t-elle sortir de cette impasse ?

“Tous les jours, nous découvrons des problèmes. La preuve : le problème du personnel d'Air Tahiti. Hier, c'était les armateurs. Je ne sais pas comment ce projet se terminera. Je ne connais pas la réaction du côté de l'armateur. Est-ce que l'armateur accepte les nouvelles conditions fixées par le gouvernement ? Je n'en sais trop rien. L'assemblée a un minimum de droit à l'information dans cette affaire je crois. J'ai l'impression qu'on ne nous a pas tout dit dans cette affaire.” Propos recueillis par CV

 

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Commentaires anonymes

24/09/2009 à 09h17

Qu'est-ce qui a un impact écologique plus important: un ferry recyclé qui pollue plus que les nouveaux, ou un nouveau qui nécessitera de l'énergie et des matières premières ou des matières recyclées (et donc rejettera du CO2)pour sa construction?

23/09/2009 à 20h21

Relevé sur site, je vous l'envoi en réponse à "pragmatique"

On ne peut indéfiniment refuser à ce pays d'entrer dans la modernité sous prétextes que ça lui côutera quelques FCP !

Toute dépense en investissement productif génère du PNB et crée des emplois pour le Fenua, nullement besoin de sortir de Polytechnique, HEC ou St-Cyr pour le savoir !

Les dépenses de fonctionnement ruinent chaque jour un peu plus ce pays (récent emprunt), et cela ne gêne en rien ni les armateurs ni les politiques qui les soutiennent !

Arrêtez de mentir aux citoyens de ce pays ! Ceux qui persistent d'ailleurs à le faire sont ceux-là même qui ont dilapidé voir détourné l'argent public (et continuent de plus belle), sans que cela ne rapporte un kopek !

Une floppée de projets ostentatoires et irréalisables ont ruiné ce pays et cela n'a nullement gêné les intérêts corporatifs, politiques et rétrogrades de ce genre d'armateurs et de dirigeants largués, leurs intérêts y étant liés !

Halte à la propagande mensongère, ce ferry a servi dans des conditions optimales de confort et de rentabilité la ligne entre le sud de la France et la Corse, et si la SNCM tient à le changer c'est pour en armer un plus énorme encore, le trafic sur la ligne ne cessant d'augmenter !

Rien à voir avec votre éternelle propagande ! Et ces ferries polluent forcément moins (quasiment mille passagers déplacés en une seule rotation) que celles de vos avions AT aux tarifs éhontés !

Que veut-on faire pour l'avenir de cet Archipel?

Commentaires anonymes

23/09/2009 à 17h53

On nous rabat les oreilles ,il faut de la concurrence, là voila, baisser vos prix,air tahiti ,et j'espére bien qu'un future avionneur viendra vous concurrencer.
Mais comme dit OT, vive la concurrence, mais c'est moi qui décide.

Commentaires anonymes

23/09/2009 à 16h32

NE PAS REGARDER QUE LE BOUT DE SON NEZ :

A l'ère où toutes les grandes nations sensées de ce monde recherchent par tous les moyens que leurs usines ou leurs moyens de transports dégagent le moins possible de CO2. Alors que nous, ou du moins quelques éminents économistes de notre petite Polynésie, insistent et persistent à nous imposer la venue de ce fameux ferry K.T. que la France a mis hors service, estimant qu'il est trop gourmand en carburant et trop polluant.

A mon humble avis, un projet qui crée, dès le départ, autant de problèmes, qui sème la pagaille et qui divise notre microcosme, petite, toute petite polynésie, est voué à l'échec. Sans compter que ce projet va entraîner un déséquilibre certain de notre tissu économique : remarques non négligeables d'une partie importante de notre société.
Voir aussi ci-dessous la remarque de l'Atelier n° 2 des Etats Généraux :

“Les décisions prises au jour le jour au détriment d'une vision sur le long terme sont légions. Exemple : alors même qu'est annoncé le lancement d'une étude d'un schéma directeur du transport aérien et maritime dans les archipels, une licence de navigation pouvant déstructurer plusieurs pans de ce secteur et générer des coûts échoués importants, a été octroyée”
Avant-goût de la synthèse de l'atelier 2 des états généraux animé par Joël Allain.

En vaut-il vraiment la peine que notre Pays injecte tant d'argent, environ 5 à 6 milliards (défisc, détaxe, infrastrures portuaires, ...) pour cette Sté privée, multinationale de surcroit, qui nous propose un bateau "SECONDE HAND" polluant.
La mesure récente du Territoire, primes à la casse de nos vielles voitures, est du non sens. Equiper en énergies renouvelables, réduire la dépendance du pétrole, ... ... etc..., que du bla, bla, bla ?
Je ne savais pas qu'on subventionne aussi les produits " DEUXIEME MAIN ".

Gouverner c'est prévoir !

Légal

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