Une centaine d’élèves en quarantaine

Publié le jeudi 14 mai 2009 à 10H28

GRIPPE A. Toujours par principe de précaution, une centaine de lycéens ont été placés, hier, en quarantaine à domicile. Dans le même temps, une adolescente ayant séjourné à San Francisco a été admise à Mamao. Il s’agit du 4e cas suspect. Les autorités sanitaires espèrent obtenir les résultats des analyses envoyées à Paris au plus tard demain.

L’ESSENTIEL

  • Un quatrième cas suspect a été signalé hier après-midi
  • L’adolescente souffre de douleurs musculaires mais n’a pas de fièvre
  • Par principe de précaution, une centaine d’élèves ont été placés en quarantaine à leur domicile et suivent un traitement préventif au Tamiflu

La vigilance et le principe de précaution sont toujours de mise face à la grippe A. Après l’hospitalisation, lundi, d’une élève du lycée Paul Gauguin et la mise en isolement (toujours en milieu hospitalier) de deux de ses camarades mardi, une quatrième adolescente a été admise à Mamao hier aprèsmidi. L’adolescente faisait elle aussi partie du groupe de lycéens ayant séjourné à San Francisco. La jeune fille n’avait pas de fièvre lors de son admission mais souffrait de douleurs musculaires. Outre son placement en milieu isolé, elle bénéficie actuellement d’un traitement au Tamiflu.

Avant même l’annonce de ce quatrième cas suspect, le ministère de la Santé avait choisi de poursuivre la mise en place de mesures exceptionnelles. Celles-ci consistent, depuis mardi soir, en une quarantaine volontaire à domicile des 16 participants au séjour pédagogique, de leurs deux accompagnatrices mais également, des élèves des trois classes de seconde des cas “suspects”. En tout, une centaine d’élèves sont fortement invités à rester chez eux et à limiter les contacts. Cette mesure s’est accompagnée d’un traitement préventif au Tamiflu. Mardi soir, une réunion d’information spécifique destinée aux parents et aux élèves des classes concernées avait été organisée afin d’annoncer cette mesure d’éviction scolaire pour une durée de sept jours et les mesures individuelles de précaution mises en place dans le cadre de la prise en charge de personnes ayant eu un contact rapproché avec un cas “suspect”.

Au delà des lycéens et de leurs proches, les autorités sanitaires s’inquiétaient des contacts qui auraient pu avoir lieu dans l’avion, lors de leur retour vers la Polynésie. “Il y a eu un gros travail d’investigation, pour des raisons de sécurité sanitaire publique, afin d’identifier les passagers ayant voyagé à proximité des lycéens”, précise-t-on au ministère de la Santé. Ces personnes contacts ont été identifiées et bénéficient des mesures nécessaires que prévoit le protocole.

Vendredi, les résultats des analyses envoyées à Paris devraient être disponibles et pourraient lever définitivement le doute sur ce groupe de lycéens. En attendant, d’autres cas pourraient être signalés ce qui nécessiterait une réorganisation de la cellule d’isolement. Actuellement, installée près des urgences, cette cellule accueille seulement cinq lits. Interrogé lundi matin, le directeur de l’hôpital avait assuré qu’il serait en mesure de trouver rapidement une solution si le nombre de suspicions était plus important.

ASF

Entretien

“Nous restons dans le principe de précaution”

Après l’hospitalisation de quatre élèves du lycée Gauguin, le proviseur de l’établissement, M. Denis, a suivi les préconisations du ministère de la Santé par mesure de précaution. Entretien.

Le ministère de la Santé a préconisé une quarantaine volontaire pour les trois classes ayant été en contact avec les cas suspects. Quelles mesures ont été prises au sein de votre établissement ?

“Je n’ai en rien interféré dans les décisions du ministère. Nous avons donc suivi les recommandations et pris une mesure d’éviction scolaire pour les 16 élèves et leurs accompagnatrices qui ont fait le déplacement à San Francisco mais aussi pour les trois classes de seconde des cas supects. En tout, cela représente une centaine d’élèves. Nous restons dans le principe de précaution.”

Comment avez-vous vécu l’annonce de l’hospitalisation de trois de vos élèves ? Y-a-t-il eu un vent de panique au sein du lycée et auprès des parents d’élève ?

“Non, pas de vent de panique car nous avons joué la transparence. Les élèves sont rentrés samedi soir de San Francisco et les accompagnatrices m’ont assuré que tout s’était bien passé, qu’il n’y avait pas de problème. Finalement, j’ai reçu un appel chez moi, lundi vers 19 heures, pour m’annoncer qu’une élève ayant participé au voyage avait été hospitalisée après avoir consulté son médecin. Nous avons immédiatement contacté les parents de tous les élèves présents lors de ce voyage afin de les informer de la situation et les alerter sur la procédure à suivre si un des adolescents déclarait des symptômes grippaux. Mardi soir, après l’hospitalisation de deux élèves supplémentaires, nous avons organisé une réunion toujours pour informer. Nous attendions une centaine de personnes, finalement 30 parents sont venus. Preuve qu’il n’y a pas de véritable inquiétude. Nous avons contacté tous les parents absents pour leur confirmer la mesure d’éviction. Les élèves ne reviendront au lycée que le mercredi 20 mai. A priori, il n’y aura pas de rattrapage des cours mais cela peut être envisagé si c’est nécessaire.”

La grippe A sévissait déjà lorsque les élèves sont partis pour San Francisco. N’était-il pas plus prudent d’annuler ce séjour ?

“Nous avions, avant le départ, consulté le site du ministère des Affaires étrangères. Il n’y avait aucune recommandation particulière pour ce type de séjours donc aucune raison d’annuler cet échange que nous organisons depuis 1992. D’ailleurs, j’ai contacté le lycée international de San Francisco et à ce jour, aucun cas suspect n’y a été signalé.”

Propos recueillis par Alexandra Sigaudo-Fourny

DÉCRYPTAGE

  • Les quatre cas supects en Polynésie étaient partis à San Francisco dans le cadre d’un échange scolaire.
  • À ce jour, aucun cas d’infection n’a été encore recensé au fenua.
  • Toutefois, les mesures d'hygiènes préconisées à l’attention de la population (lavage des mains plusieurs fois par jour avec du savon pendant au moins 30 secondes, utilisation d’un mouchoir en papier pour éternuer ou tousser avant de le jeter dans une poubelle) demeurent d’actualité.
  • Au 13 mai 2009, 34 pays ont notifié des cas d’infection humaine, et 5 940 cas ont été enregistrés dont 61 décès.
  • Le niveau 5 de l’alerte sanitaire concernant une menace de pandémie par le virus grippal influenza A (H1N1) est maintenu par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

 

Alexandra Sigaudo-Fourny
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