Publié le lundi 09 mars 2009 à 11H07
RÉGLEMENTATION. Deux arrêtés visant à protéger la population sont parus sur les nouvelles obligations des propriétaires de chiens dangereux. Dorénavant, il faut assurer les molosses mais la tâche est difficile car rares sont les assureurs qui proposent ce type de contrat.
L’ESSENTIEL
- En Polynésie française, presque aucun assureur ne veut assurer les chiens dangereux
- À la rigueur, une assurance en responsabilité civile sous certaines conditions peut être souscrite
- Les propriétaires se donnent un mal de chien pour être en règle
Une fillette de quatre ans, originaire de Fakarava dans les Tuamotu, s'est fait sauvagement agresser vendredi dernier par un molosse, un pit-bull. Le chien dangereux, qui appartient à la famille, lui a sauté au visage et l’a mordue. La malheureuse enfant n'a rien pu faire. La petite jouait dans la cour avec des amis et faisait du skate, quand le drame s’est produit. Lors d'une chute de sa planche à rouler, le chien a pris peur et lui a sauté dessus. Fort heureusement, les secours sont arrivés immédiatement et la petite a pu être évasanée le soir même sur Tahiti pour y être hospitalisée. Actuellement, elle attend son transfert sur l'hôpital de Jean-Prince mais ses jours ne sont pas en danger. Des marques de crocs sont visibles au visage mais il n'y a eu aucun arrachement de chair. Le père de la fillette a tout de suite abattu l'animal. Ce terrible incident survient alors même que deux arrêtés sont parus il y a peu dans le Journal officiel rappelant aux propriétaires de chiens dangereux les nouvelles obligations auxquelles ils sont soumis aujourd’hui.
Ces arrêtés stipulent que les chiens de première catégorie, les pit-bull par exemple, sont dorénavant interdits de tout lieu public. À l'exception de la voie publique où ils sont tolérés s'ils sont muselés et tenus en laisse par une personne majeure. Ils doivent également être stérilisés et vaccinés et ne peuvent être ni cédés, vendus ou importés en Polynésie sous peine de poursuites pénales graves. Les arrêtés mentionnent aussi que tout propriétaire de chien de première et deuxième catégories (comme les rotweillers) doit disposer d'une assurance pour son animal.
Le hic, c'est que depuis la parution des arrêtés dans le Journal officiel, certains propriétaires de molosses, soucieux de la loi, ont tenté de se mettre à jour et d'assurer leur animal, mais en vain. “J'ai contacté pas mal d'assurances pour mon pit mais tout le monde m'a dit que ce n'était pas possible. Alors je me demande comment je vais faire. Je veux bien être en règle, mais si je ne peux pas le faire, je me demande l'utilité de ces arrêtés à part pour nous embêter”, explique Loïc, propriétaire de Kohai. Pas facile d'être en conformité avec la réglementation si aucun assureur ne propose des contrats pour ces animaux. Contactés par Les Nouvelles, les assureurs ont en effet expliqué ne pas disposer d'assurance type pour les propriétaires de chiens dangereux. Un contrat existe mais exclut justement ces catégories de chiens. Seule une assurance de responsabilité civile peut être à la rigueur souscrite, mais cela reste difficile. Pour cela, il faut se renseigner directement auprès de son assureur pour prendre connaissance des conditions spécifiques pour une telle assurance.
Assurer son pit-bull ou son rotweiller est un parcours du combattant. Et pourtant, en Polynésie la réglementation l'exige. Des instructions ont en plus été adressées aux services de police et de gendarmerie afin de verbaliser tout contrevenant à cette nouvelle réglementation destinée à “mieux protéger la population et les visiteurs de la Polynésie, face à la hausse inquiétante du nombre de morsures par les chiens dangereux”, a dit le haut-commissariat. Autant ne plus sortir son chien si personne ne veut l'assurer. “Moi je continuerai quand même à sortir mon chien. Ce n'est pas juste si on me verbalise. Ce n'est pas de ma faute si personne n'assure les chiens dits dangereux comme le mien. Le haut-commissariat, le Pays et les assureurs auraient dû avant tout se concerter pour voir si ces arrêtés étaient réellement applicables. Ce qui n'est pas le cas. Ça ne sert donc à rien”, conclut Loïc.
JH
DÉCRYPTAGE
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En métropole
Zoom
Trois attaques de pit-bull en 2008
L'année dernière, trois personnes ont souffert de morsures graves de molosses à Tahiti. Yves Yumain peut en témoigner. Le malheureux a fait les frais de l'acharnement de deux pit-bull appartenant à son fils. Le pauvre s'est fait complètement déchiqueter les oreilles et arracher le cuir chevelu. Heureusement, le voisinage a immédiatement appelé les secours et les gendarmes. Il a pu être pris en charge tout de suite et les gendarmes ont tué les bêtes par balles. C'était en août. Juste avant ce drame, deux enfants s'étaient fait attaquer par des molosses. Un enfant de trois ans avait été mordu à la tête sans qu'il n'ait heureusement eu de blessures graves. L'accident s'était produit alors qu'il jouait sans surveillance. Au début du mois de février 2008, c'est un enfant de 11 ans qui a été grièvement blessé par un chien à Arue, dans le quartier Erima 3.








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Commentaires anonymes
10/03/2009 à 18h58
L'idée d'un permis de détention semble plus judicieuse, car les accidents arrivent le plus souvent à domicile et pas dans la rue. Une obligation d'éducation et du dressage du chien pourrait être pas mal non plus. Il faut éducquer les maîtres avant les chiens.
Commentaires anonymes
10/03/2009 à 14h32
Nos compagnies d'assurance françaises n'assurent que les bons risques. Vous ne le saviez pas???
Commentaires anonymes
10/03/2009 à 10h57
Euh !!!! On parlait la dernière fois de déclarer son chien à la gendarmerie ???
Qu'en est-il maintenant ? Faut-il déclarer son animal à la gendarmerie ? A la mairie ?