Publié le vendredi 28 août 2009 à 09H21
UNIVERSITÉ. Pour la troisième année consécutive, les 12 majors des licences de l’université de la Polynésie française seront récompensés ce matin par des entreprises partenaires.
L’ESSENTIEL
- Douze entreprises remettront ce matin un chèque de 250 000 Fcfp aux majors des licences, devant un millier de nouveaux étudiants en première année qui feront leur prérentrée à 9 heures
- L’université introduit, par ce système de parrainages inédit en France, l’esprit de compétition sur le campus et “une forme de méritocratie”
- Les chefs d’entreprises aiment la proximité à l’anglo-saxonne avec le monde universitaire
Ce concept est original et l’UPF n’en est pas peu fière. Elle se vante d’avoir “initié un dispositif totalement innovant et exclusif en étant la première université française à proposer le parrainage des majors de promotion des formations qu’elle dispense”. L’université veut ainsi motiver les étudiants à travailler pour être récompensés : “Les bénéficiaires constituent des exemples valorisant pour les autres étudiants, notamment de première année, en les incitant à travailler davantage pour réussir leur parcours universitaire.” C’est la compétition. Le “système à l’américaine”, comme dit Louise Peltzer, la présidente de l’université. L’autre but poursuivi est de rapprocher le monde estudiantin de la réalité du marché économique : “Le parrainage vise à renforcer les liens entre les entreprises et l’université ; il constitue une des actions de sa politique en matière d’insertion.”
Même discours du côté des partenaires privés, qui ne rêvent que d’une chose : avoir leur mot à dire en matière de formation universitaire. Jean- Claude Teriierooiterai, président de Tahiti Nui Télécom, parraine la major en mathématiques : “Je pense à ce qui se fait dans les pays anglo-saxons comme l’Allemagne où les entreprises et les étudiants sont étroitement liés pendant les études. Ça facilite certainement l’insertion lorsque l’étudiant veut faire un stage ou trouver un emploi plus tard.” Enfin, évidemment, les étudiants récompensés ne cachent pas leur joie. Teraiheiata encourage cette “forme de méritocratie” qui l’a “inspirée dès la première année à l’université”. “Non pas que je sois intéressée par l’appât du gain, dit cette jeune licenciée en Anglais, mais l’argent en récompense peut contribuer à réaliser certains projets que d’ordinaire on ne pourrait pas atteindre.” “Cette aide est également très utile pour les étudiants dans des situations financières difficiles”, ajoute Agathe, major de la licence de droit. Quant à Hinatea, qui excelle en sciences physiques, elle raconte que “même si le fait d’être major constitue d’abord une fierté personnelle, cette aide financière est réellement une motivation supplémentaire”.
Benoît Buquet
Entretien Jean-Claude Teriierooiterai, président de Tahiti Nui Télécom : “Parrainer un étudiant, c’est parier sur l’avenir”
Pourquoi avez-vous accepté de parrainer une étudiante ?
“J’ai été moi-même étudiant à l’université l’année dernière. J’ai 57 ans, mais je continue les études, par passion pour la recherche. J’ai suivi un master en sciences humaines. Mais c’était plus facile pour moi, parce que j’ai déjà un travail. Donc je pense à ceux qui font des efforts, qui sont jeunes et qui ont besoin de soutien.”
Que pensez-vous de ce concept de parrainages qui rompt avec la tradition républicaine française ?
“Je trouve ça fabuleux. Je pense à ce qui se fait dans les pays anglo-saxons comme l’Allemagne où les entreprises et les étudiants sont étroitement liés pendant les études. Ça facilite certainement l’insertion lorsque l’étudiant veut faire un stage ou trouver un emploi plus tard. Et pour une entreprise, parrainer un étudiant, c’est parier sur l’avenir. On aide beaucoup d’associations sur le plan social. Mais là, c’est nouveau. Donc j’ai voulu absolument participer à ce schéma.”
De manière plus générale, trouvez-vous que les liens entre les universités et les entreprises ne sont pas assez forts ?
“C’est traditionnel en France. Il n’y a pas de collaboration entre le monde du travail et l’université. C’est ainsi. Les universités françaises sont de très bonne qualité, mais il y a peu de recherche appliquée. C’est pour cela que je trouve l’initiative de l’université de la Polynésie française fabuleuse.”
Que direz-vous ce matin à Hinanui, qui a obtenu 15,72 en mathématiques ?
“D’abord, je suis admiratif. Avant de faire des études de sciences humaines, j’ai fait des études de mathématiques et de physique. Et je sais que c’est extrêmement difficile. Plus difficile que l’étude des sciences humaines à mon avis. La Polynésie a besoin d’étudiants qui aillent le plus loin possible dans le domaine scientifique. Donc je vais essayer de l’encourager. C’est à partir de là que l’on peut recruter l’élite du pays.”
Propos recueillis par Benoît Buquet
Les douze majors de cette année
AGATHE SIDER Major de la licence de droit avec 15,58 sur 20 Projet pour 2009-2010 : Master 1 de droit à l’université de la Polynésie française Projet professionnel : juriste, ou avocat. Parrain : COSODA (comité des sociétés d’assurances de PF).
CHRISTOPHE YUEN Major de la licence d’informatique avec 12,91 sur 20 Projet pour 2009-2010 : recherche de travail dans l’informatique, si possible en programmation. Projet professionnel : programmation, réseau, web, etc. Parrain : MC3 Pacifique Sud.
HINATEA PLOTON Major de la licence de sciences physiques avec 15,37 sur 20 Projet pour 2009-2010 : Master 1 de sciences physiques à Lille. Projet professionnel : Travailler au sein de l’aviation civile ou devenir professeur. Parrain : Électricité de Tahiti.
MOHEA DEHORS Major de la licence de reo tahiti avec 11,71 sur 20 Projet en 2009 : préparation au Capes de Tahitien à l’IUFM de la Polynésie française. Projet professionnel : professeur de Tahitien. Parrain : Brasserie de Tahiti.
TIARE CASTRO Major de la licence LEA anglais-espagnol avec 13,33 sur 20 Projet pour 2009-2010 : préparation au Capes d’espagnol à l’IUFM d’Aquitaine (centre de formation de Pau). Projet professionnel : Professeur d’espagnol au collège puis peut-être au lycée. Parrain : Banque de Polynésie.
TERAIHEIATA MERVIN Major de la licence d’anglais avec 13,12 sur 20 Projet pour 2009-2010 : assistante de français depuis le 6 août 2009 jusqu’en juin 2010 à la Geelong Grammar School, Australie. Projet professionnel : professeur d’anglais. Parrain : Office des postes et télécommunications.
VAIMITI VAN HOEFEN-WYSARD Major de la licence d’économie-gestion Projet pour 2009-2010 : préparation au professorat des écoles à l’IUFM de la Polynésie française. Projet professionnel : professeur des écoles. Parrain : Conseil des entreprises de Polynésie française.
TERURIA TAIMANA Major de la licence de lettres avec 14,11 sur 20 Projet pour 2009-2010 : préparation au Capes de lettres à l’IUFM de la Polynésie française. Projet professionnel : enseignante de lettres dans le secondaire. Parrain : Newrest catering Polynésie.
YOAN TESSIER Major de la licence de SVT avec 13,12 sur 20 Projet pour 2009-2010 : Master de Biochimie à l’Université Toulouse 3, Paul Sabatier. Projet professionnel : Travailler en laboratoire dans le domaine de la biologie. Parrain : Gaz de Tahiti.
Programme de la pré-rentrée, aujourd’hui
9 heures : les majors des douze licences recevront, dans le grand amphithéâtre et devant les étudiants de première année, leurs diplômes et un chèque de 250 000 Fcfp chacun de la part de leurs parrains respectifs (des entreprises du fenua). À partir de 10 heures, les étudiants en première année seront accueillis par les professeurs de leurs filières.
14 heures : projection dans le grand amphithéâtre (A1) d’un film dans le cadre du cycle Cinématamua. 16 heures : inauguration officielle des nouveaux locaux dans le hall du bâtiment A, exposition de photographies du chantier, chorale de l’université, troupe de danse Tahiti Ora, cocktail sur la terrasse extérieure animé par NRJ.
17h30 : performance de graffitis par des étudiants et l’association Kreativ Concept, jeu-concours pour gagner des mini-portables HP, une formation au permis de conduire, un abonnement aux Nouvelles de Tahiti, concert (AXB, Black Bones, Made in T, Manaiki, Seym, Florent et Carole Atem). La rentrée de tous les étudiants aura lieu lundi 31 août.







