Tubuai dévastée

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Publié le samedi 06 février 2010 à 17H01

AUSTRALES. Si Oli a relativement été clément avec les îles de la Société, il a ravagé l'île de Tubuai. Une partie du gouvernement et la ministre de l'Outre-mer Marie-Luce Penchard se sont rendus sur place hier. Premier constat désastreux : près de la moitié des bâtiments sont détruits.

L’ESSENTIEL

  • Il n'y a plus d'eau et plus d'électricité à Tubuai et le courant ne sera pas rétabli avant lundi
  • Le réseau routier a été très endommagé, surtout au nord de l'île
  • De nombreuses familles ont tout perdu et sont hébergées par leurs parents ou dans des bâtiments communaux et églises

“C’était le déluge, l'apocalypse.” C'est par ces mots que l'adjudant Ficher commandant de la brigade de Tubuai, encore un peu abasourdi, a décrit la nuit des habitants de Tubuai. “Une nuit où tout le monde était enfermé derrière des volets dans des appartements avec des sifflements, des grincements, des hurlements dus au vent pendant trois quatre heures. Une accalmie d'une heure, une heure et quart, le trou noir avec un calme complet, une chaleur moite, c'était l'oeil d'Oli. Et après c'est reparti de plus belle pendant trois ou quatre heures. Nous avons les dernières rafales vers 10 heures ce vendredimatin.” Et au réveil, les habitants de Tubuai ont tout d'abord été heureux d'être sains et saufs, un “miracle” de l'avis de tous –mais certainement parce que près de 500 personnes vivant près du littoral avaient été évacuées avant l'arrivée d'Oli- avant de découvrir leur île meurtrie. Cette découverte, le président du Pays, la ministre de l'Outre-mer Marie-Luce Penchard, le haut-commissaire Adolphe Colrat et quelques membres du gouvernement, l'ont faite quelques heures après la catastrophe.

Depuis le hublot de l'avion du Pays, on pouvait apercevoir les premières plaies de Tubuai : les maisons détruites, les arbres couchés et arrachés. Puis l'avion s'est posé sur une piste encore à moitié inondée. Hier, la mer s'est engouffrée jusqu'à 100 mètres à l'intérieur des terres. Au fur et à mesure que la délégation a longé la côte de l'île, le bitume défoncé est apparu, puis les arbres déracinés et pour finir, les maisons éventrées et les familles en plein désarroi. “On n'a pas vu ce qui s'est passé dans la nuit mais quand on est arrivé ce matin, il n'y avait plus rien, déclarait hier Elise, les larmes aux yeux. Quand je suis revenue j'avais les larmes, j'avais mal au coeur. De toute façon il va falloir tout refaire à zéro. Ça va être dur pour nous parce que pour le moment nous n'avons pas de travail. Je pense qu'on aura un peu d'aide.”

Cette aide, le Pays commence déjà à l'organiser avec notamment Tearii Alpha, le ministre de l'Équipement, qui est resté sur place. “L'urgence, c'est le réseau électrique, le réseau OPT. Ensuite, il y a l'eau parce qu'on ne peut plus distribuer de l'eau par les tuyaux qui sont cassés donc on va démarrer avec des bouteilles mais il faut un camion-citerne, un osmoseur qui va transformer l'eau de mer en eau potable. Le réseau de l'eau n'existe plus.” Après l'urgence, le Pays va programmer un calendrier des travaux (lire interview de Gaston Tong Sang cidessous) pour réparer tous les réseaux et tous les bâtiments endommagés, près de 50% du bâti. Et l'État sera aux côtés du Pays pour la reconstruction, c'est le message qu'a voulu faire passer hier laministre : “Il doit y avoir une solidarité forte entre le Pays et l’État sans remettre en cause l’autonomie. C’est bien pour ça que je ne pouvais pas partir, rentrer à Paris sans faire le point sur la situation par rapport à ce cyclone. Je partirai avec les images qu’on examinera et je verrai avec le président Gaston Tong Sang comment on aide ce territoire d’archipels à se reconstruire. Il y a tout à refaire à Tubuai, il faut que la solidarité soit présente, en tout cas je ferai de mon mieux pour qu’on vous apporte les premiers secours et reconstruire les équipements publics et aussi aider les personnes qui aujourd’hui n’ont plus rien.”

CV

Entretien Gaston Tong Sang, président du Pays

“Rien que la route, c’est un demi-milliard”

Une première réaction en arrivant à Tubuai après le passage d’Oli ?

“J’ai découvert une île meurtrie, je n’ai jamais vu Tubuai dans cet état-là. Il n’y a eu aucune victime, aucun blessé et c’est rassurant. J’espère que le message sera transmis rapidement aux familles qui habitent à Tahiti et dans les autres îles, car ils sont encore dans le noir absolu. Il n’y a pas de communication, pas de téléphone, j’imagine la panique que ressentent ces familles qui se demandent si, et la tante et la soeur et les parents n’ont pas été touchés par ce cyclone.”

Avez-vous déjà une idée de combien pourrait coûter la reconstruction ?

“Il y a au moins 10 kilomètres de routes à refaire de A à Z. La question qui se pose : est-ce qu’il faut refaire la route sans protection du littoral ? Est-ce qu’il faut faire la protection de la route et reconstruire la maison quand on a vu que les cailloux qu’on a mis au bord de l’eau sont devenus des projectiles et ont en partie démoli les maisons ? On a vu aussi des fare MTR debout parce qu’ils sont un peu plus surélevés par rapport aux autres et la vague est passée plus facilement dessous et ils ont tenu contre les vents forts. C’est une leçon qu’on peut tirer de ce qu’on a vu et je pense aussi qu’il faut un peu mieux regarder nos réseaux publics. Si l’électricité avait été enterrée, on aurait peutêtre eu moins de problèmes, on aurait peut-être rétabli l’électricité le soir même, et c’est une autre leçon qu’il faut tirer : c’est peut-être plus cher mais au niveau sécurité c’est certainement mieux.”

Concrètement en chiffres ?

“La route, c’est déjà un demi-milliard. Je n’ai pas compté l’électricité, l’eau, le téléphone et je ne compte pas non plus les constructions. S’il y a, au bas mot, 200 maisons qu’il faut reconstruire, c’est un milliard. Donc vous voyez, l’addition va monter très vite. Ce qu’il faut faire, c’est emmener rapidement une équipe de spécialistes et de techniciens pour justement éviter de partir dans tous les sens et de manière à profiter de la reconstruction pour essayer de penser à plus tard, pour éviter de refaire les mêmes erreurs que le passé.”

Vous comptez aller à Rapa également ?

“S’il le faut, on ira jusqu’à Rapa, même s’il faut deux jours ou deux nuits, je n’hésiterai pas à aller jusqu’à Rapa. On ira en bateau et avec les moyens et il va falloir faire une évaluation des besoins au niveau de Rapa et envoyer le nécessaire dans un premier temps pour si besoin rétablir l’électricité, l’eau potable et la nourriture de cette population.”

Zoom

Solidarité : vos dons pour les Australes

Devant la violence du cyclone Oli qui a détruit au moins 150 maisons à Tubuai et l’isolement de l’île, le Pays a décidé de lancer une opération afin de récolter des dons matériels, alimentaires et financiers en faveur des victimes. La population de Tahiti est donc invitée à se mobiliser pour rapidement soutenir les Australes. Cette opération qui porte le nom de Aroha Ia Tuhaa Pae “Solidarité pour les Australes” est une collaboration à la fois du ministère de la Solidarité, du ministre de la Jeunesse et des Sports et de l’association Rotaract.

Dès aujourd’hui, tous les dons pourront être acheminés dans l’entrepôt ex-Cedis à Motu Uta, en face de la Cotada, proche de Pharma Pro, afin d’être réceptionnés par les agents du Fonds de développement des archipels (FDA). La collecte est également menée par les associations dans les lieux de passage (grandes surfaces, centre ville…). Il y a également une mobilisation des associations et fédérations pour une première collecte auprès de leurs membres et de tous les services et établissements publics. Le Rotaract est chargé en particulier de récupérer les dons en numéraires. L’association a prévu à cet effet des urnes dans les grandes surfaces. “Cet argent ne sera pas distribué directement aux sinistrés, mais servira à compléter les dons en nature. Nous allons faire l’inventaire de ce qui est offert par la population et acheter ce qui manque”, précise SandrineWai, présidente du Rotaract Club. Cette opération se terminera samedi prochain, le 13 février par l’organisation d’une grande journée de solidarité avec l’Isepp. Ensuite tous les conteneurs seront chargés sur le Tuhaa Pae en direction de Tubuai.

ASF

Pour les dons en numéraire, vous pouvez écrire à : Aroha Ia Tuhaa Pae - Collecte de dons - Rotaract club de Tahiti. N° de compte : BT 12239 00001 313 616 010 00/55


Rurutu épargnée

AVANT DE SE RENDRE À TUBUAI, la délégation gouvernementale et la ministre Marie-Luce Penchard se sont rendues à Rurutu pour constater les dégâts occasionnés par Oli. Ils sont minimes : il y a une vingtaine d'arbres abîmés, quelques bâtiments inondés ainsi que l'aéroport et la route abîmés par endroits. Au plus fort des intempéries, la mer est passée à trois mètres au-dessus de la digue et les rafales de vent ont atteint les 120 km/h, d'après Frédéric Riveta, ministre de l'Agriculture et maire de Rurutu. À peu près 400 personnes se sont réfugiées dans les églises. Actuellement, une trentaine d'agents de la commune et du service du développement rural sont à pied d'oeuvre pour effectuer les premières réparations.

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08/02/2010 à 05h03

Encore un grand merci à notre Ministre de l’Outre-mer qui a tenu à rester avec nous alors que des moments s’annonçaient difficiles à travers la Polynésie sans savoir vraiment où le cyclone allait frapper le plus fort. Bravo à tous pour l’organisation et les recommandations de prudence qui ont porté leurs résultats. Nous ne sommes pas encore en fin de mauvaises saisons. Ailleurs c’est le froid ou les tremblements, par ici ce sont les forces du vent, de la pluie et de l’océan. Au vu des dégâts, les réparations, restaurations et reconstructions doivent être plus solides. Les cyclones sont comme des « machines à laver » qui enlèvent tout ce qui est à renouveler (des maisons vétustes ou mal faites (NF), arbres non taillées, rivières et plages polluées… Peut-être que les canalisations d’eau de Papara ne devraient pas être enterrées en certains endroits trop proches des rivières (crues), mais apparentes et en hauteur pour éviter les ruptures (enfouies) ? Peut-être que les maisons devraient être revues de plus près par les services de l’urbanisme sur les normes anticycloniques avant d’accorder le certificat de conformité cette fois-ci ? Peut-être que les communes devraient avant les mauvaises saisons : tailler les grands arbres, éliminer les vieux cocotiers et les remplacer par les jeunes qui supportent bien l’eau salée en bordure des plages ? La plus part des habitations qui non pas résistées aux secousses à Haïti avaient très peu de barre de fer dans les structures (béton armé) et la composition des murs était très friable à cause de la pauvreté (plus de sable que de ciment). Les bâtiments les plus solides qui ont tenus étaient peut-être aux normes françaises et plus récents comme ex. les pensionnats chez les religieuses... Les images montrent bien les débris où il y a très peu de ferraille et les cassures la plus part ne sont pas des blocs mais des miettes.
Je nous souhaite un peu de clémence de notre ciel et que les yeux des cyclones passent loin des terres si dans les prochains jours il y aurait des inquiétudes. En attendant, bravo et grand merci à tous d’être solidaire et de venir en aide à ceux qui ont en besoin.

Commentaires anonymes

07/02/2010 à 06h06

J aimerai juste soutenir les miens dans une tragedie comme ce cyclone oli qui est passe a tubuai . Moment dur sur le coup , mais c est dans les moment dur qu'on peut retrouve l'esprit de nos anciens ,l'esprit d'unite, de fraternite.C'est peut etre plus facile de dire ca lorsqu'on n'est pas dans le probleme mais des cyclones j'en ai connu et notre toiture deux fois elle est parti sur deux cyclones different.Je pense donc savoir de quoi je parle . 1 mort comme meme , je suis triste pour lui car si c est un de chez nous je pense que je doit le connaitre , mais sa pouvais je pense etre plus pire que cela.
Dans tous les cas a faaitoito tahiti ma .