Publié le lundi 17 août 2009 à 10H17
FAIT DIVERS. Une semaine après le drame qui a conduit à la mort de Jules, un journaliste de RFO témoigne avoir aussi été victime de l'un de ses bourreaux.
L’ESSENTIEL
- En 2001, un journaliste de RFO a été passé à tabac par Philibert et sa bande
- À l'époque, il était mineur et a été très vite relâché pour ces faits
- Le journaliste avait été laissé pour mort, lacéré au visage à coups de tesson de bouteilles et ses jambes avaient été brisées
Après un long moment inconscient, l'homme a puisé dans ses dernières ressources pour ramper jusqu'à sa voiture garée non loin. “Mais comme si cela n'avait pas suffi de me tabasser, ils m’avaient pris la clef. Heureusement, c'était mon vieux 4x4 et je n'avais pas besoin de la clé pour klaxonner. Ça a été mon seul échappatoire. J'ai klaxonné et klaxonné encore”, explique-t-il. Aujourd'hui, il doit la vie à des pêcheurs. Un couple qui pêchait sur leur bonitier. “Ils m'ont conduit chez les pompiers. Je m'en souviendrais toujours. Ils m'ont rossé pour me tuer, tout cela parce que j'avais un peu d'argent. ‘On voulait le tuer’, avait dit un des jeunes au juge d'instruction. J'étais atterré. Atterré surtout d'apprendre que l'un des barbares qui a tué Jules était l'un de mes agresseurs. Mais là, c'est beaucoup plus grave parce qu'ils l'ont frappé jusqu'à sa mort.”
Notre confrère lui, n'est pas passé loin non plus. Ses agresseurs lui avaient lacéré le visage à coup de tessons de bouteilles de bières et brisé les jambes à coups de barre de fer. “Si aujourd'hui, je n'ai aucune séquelle physique, même si ma rééducation a été longue, les séquelles psychologiques sont encore là. C'est dans ma chair. Lorsque j'ai appris ce qui s'était passé et que j'ai appris que l'un d'eux m'avait agressé, cela m'a terrorisé. Aujourd'hui, il faut éviter que ce genre de chose se reproduise”, a conclu le journaliste de RFO.
À l'époque, Philibert était encore mineur et avait été condamné mais est ressorti peu de temps après. Aujourd'hui, les faits sont différents et il risque avec son ex-beau-frère la perpétuité pour séquestration suivie de mort. En effet, fait rarissime, la semaine dernière, ils avaient à coups de poing, de pied et de genou, frappé Jules jusqu'à ce que mort s'en suive. Cela s’est passé du côté de la Mission à Papeete. Tout ça pour “donner une leçon”, avait expliqué un de ses bourreaux car Jules aurait volé des objets chez ce dernier. La pauvre victime est décédée après deux heures et demie demassacre. L'autopsie a révélé un traumatisme crânien comme étant la cause principale de sa mort mais il avait également un traumatisme thoracique avec multiples fractures des côtes, un traumatisme abdominal, un traumatisme facial, le maxillaire supérieur et l'os du nez complètement détruit et un traumatisme cervical avec une fracture du larynx. Désormais, ils devront répondre de leurs actes. La soeur de Philibert, présente au moment des faits, devra en faire de même. Cette dernière a été mise en examen pour non-assistance à personne en danger.
JH
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Une passivité qui dérange
Dans le quartier Topa, le drame qui a conduit à la mort de Jules ne cesse de faire parler. Pour autant, si cet acte de barbarie en a choqué plus d'un, le sentiment général qu'il s'en dégage est plus que dérangeant. “Bien sûr que l'on a appris ce qu'il s'est passé mais que voulez-vous qu'on y fasse. Ici c'est pas pareil. La plupart des gens dans le quartier viennent des îles et n'ont pas vraiment le droit d'être là. On vit dans nos cabanes alors on ne la ramène pas trop. Si on peut être solidaire, c'est un peu chacun pour soi. On évite d'avoir des ennuis. Et de toute façon, quand il y en a et bien la police n'ose pas trop s'aventurer dans nos quartiers. Nous sommes un peu les uns sur les autres. Ce jour-là, on a bien entendu les cris mais qu'est ce que vous voulez qu'on fasse. Quand il y a une bagarre, tout le monde regarde cela plus comme une distraction qu'autre chose. Nous, on ne veut pas de problèmes et si personne a réagi, je pense que c'est parce que personne ne s'attendait à ça. On pensait juste qu'ils allaient le taper et le relâcher”, raconte une riveraine. Juste à côté, dans le quartier Tubuai, certains n'osent pas avouer avoir entendu des cris, ou le lâche à demi-mot. Du côté des affaires sociales, on parle de promiscuité et d'insalubrité, ou encore de conditions plus que modestes, voire de misère, qui auraient pu conduire à une telle passivité.








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Commentaires anonymes
18/08/2009 à 01h02
Triste constat ! Vu les faits divers la chasse au « raerae » est ouverte par des voyous. Ces citoyens, « raerae » et « mahu », ont leur place dans la société polynésienne. Ils font même partis de notre culture (vu et raconté dans les livres de bord des navigateurs dans le passé). Sans faire étalage de leurs charmes, pour rester discrets ou secrets, les « raerae » sont gentils et dans les fêtes ce sont les meilleurs pour mettre de l’ambiance. Les tabasseurs devraient être punis sévèrement. Dans ces cites les voisinages devraient être terrorisés depuis longtemps pour ne pas intervenir quand le caïd des lieux se mettait en colère. De par sa vie sacrifiée, Jules va apporter de la paix dans son quartier. Il y aura des victimes de vols et de violences en moins à Papeete parce que ces voyous seront enfermés pour longtemps.