Phase de diagnostic validée

3 contributions

Publié le samedi 05 septembre 2009 à 07H33

BILAN. Le comité d'organisation des états généraux s'est réuni hier à la présidence pour faire le point sur la phase diagnostic. L'occasion d'échanger impression et bilan.

L’ESSENTIEL

  • Dès aujourd’hui s’ouvre la synthèse générale avec les travaux de rédaction des très attendues propositions
  • La restitution des propositions à la société civile se déroulera le 25 septembre prochain
  • L’esprit général qui ressort dans la majorité des ateliers c’est bien la clôture de pratiques du passé
C’est l'instance suprême des états généraux qui s'est réunie hier à la présidence, le comité d'organisation. Une réunion pour faire un état des lieux des travaux, du calendrier mais aussi de libérer la parole en attendant le 24 septembre, date du dernier comité d'organisation qui traitera des fameuses propositions. Si tout le monde y est allé de son impression, un accord général s'est dégagé quant à la fin du système actuel.

Après être resté silencieux tout au long de la réunion, Oscar Temaru s'est fait plaisir et n'a pas oublié en clôture de lâcher quelquesmots sur l'indépendance. Il faut dire que Joël Allain, l'un des deux délégués généraux, lui avait tendu la perche en parlant du potentiel d'indépendance de l'archipel des Tuamotu. “Joël Allain disait que peutêtre les Tuamotu avec la perle, le poisson et le coprah pourraient être indépendants”, a rappelé le président du Pays, sur quoi il a enchaîné en rappelant que la Polynésie “a tout pour être un État souverain libre et indépendant… tous les pays sont appelés à vivre en interdépendance”. Un passage qui a rappelé le discours du 16 juin dernier, lors du premier comité d'organisation, dans lequel Oscar avait déclaré que pour lui les états généraux n’ont de sens que dans l’optique d’un cheminement vers l’indépendance.

Mais la réunion a surtout été l'occasion de faire valoir ses interrogations, comme Eléanor Parker. La représentante Te Mana o te Mau Motu a fait connaître son regret du fait qu'il n'y a “pas eu de Polynésiens dans les ateliers”. Levée de bouclier. Du haut-commissaire notamment : “Je revendique être Polynésien”, a-til rappelé, soulignant que “l'État est Polynésien en Polynésie”. “Je pensais aux petits quand je disais Polynésiens”, a précisé l'élue. La porte des états généraux était pourtant ouverte à tous.

De manière plus générale, Joël Allain a rappelé l'esprit qui s'est dégagé de cette phase de diagnostic. “Le temps du plus est fini, maintenant il faut aller vers du mieux, parce qu'on peut vivre mieux sans nécessairement avoir beaucoup plus.” Une révolution en somme…Et “tout ne changera pas brutalement” a souligné le représentant de l'État. “Mais, a-t-il ajouté, il y a la nécessité aujourd'hui de répondre à une situation de crise à la fois économique politique et morale.” S'ouvre donc dès aujourd'hui la phase des synthèses générales avec, à terme, les très attendues propositions.

PL

Bilan du diagnostic par atelier, extraits

Atelier 1 : La Polynésie française face au choc de la crise économique et financière / plan de relance et renforcement de la cohésion sociale. (Tamatoa Bambridge) “La crise en Polynésie française n'est pas que conjoncturelle, elle est essentiellement structurelle : les emplois et les investissements avaient commencé à baisser bien avant la crise économique et financière qui a débuté en 2008 aux État-Unis. À partir des années 2000, les indices d'une grave crise se profilaient déjà.” L'omniprésence de l'interventionnisme économique des pouvoirs publics pose un problème et n'encourage pas la performance. La cohésion sociale et la solidarité en Polynésie sont aussi en situation de crise (crise financement, d'accès aux soins, liées au vieillissement de la population…). Là encore, il faut remettre le système à plat.”

Atelier 2 : Grands projets structurants et développement durable. (Joël Allain) “La volonté d'une réelle rupture avec le passé. Il est temps de mettre un terme à une habitude jusqu'ici trop répandue parmi nos décideurs : fixer des objectifs 'incantatoires' pour la Polynésie, qui n'ont pas été étudiés et qui répondent uniquement à des stratégies politiques” “Les solutions doivent inclure des réformes profondes, fondamentales et indispensables et non plus de simples ajustements”.

Atelier 3 : Le renforcement de la contribution des productions locales au développement économique et la promotion d'un développement endogène au bénéfice des Polynésiens. (Christophe Serra Mallol) “Le constat pas nouveau, d'une dépendance très forte du territoire vis-à-vis de l'extérieur, mais qui pose la question essentielle du type de développement économique souhaité par et pour les Polynésiens. Comment contribuer à privilégier la consommation au détriment d'investissements structurels ? Faut-il continuer à favoriser la croissance du PIB au détriment de l'emploi et de l'insertion sociale ? Il est vital de développer les productions locales mais en se posant la question de l'utilité et de la destination de ce développement. Souhaite-t-on développer les exportations de produits de luxe ou privilégier l'autoconsommation et tendre vers l'équilibre importations/exportations ? Dans les deux cas, le système est à revoir.”

Atelier 4 : Le renforcement de l'efficacité des institutions de la Polynésie française. (Yolande Vernaudon) “L'étude des chiffres et des statistiques démontre ce dont tout le monde se doutait : l'instabilité politique entraîne mécaniquement une baisse de l'efficacité des institutions. Cette relation de cause à effet peut être illustrée par la production des lois du Pays (…) De nombreuses questions demeurent concernant l'exercice des compétences par la Polynésie française : arrivet- elle à les exercer pleinement ou non ? En a-t-elle trop ou pas assez ? Un constat unanime : les politiques publiques souffrent d'un déficit de visibilité sur le long terme. Les préoccupations de court terme prédominent (…)”

Atelier 5 : La mise en oeuvre d'un partenariat rénové entre la Polynésie française, les communes et l'État. (Jean-Paul Barral) “Au stade actuel des discussions, un très grand nombre de questions est soulevé dans les axes de réflexion définis tels que l'éducation, la santé, le financement des communes…”

Atelier 6 : La promotion de la culture polynésienne et le développement culturel et artistique en Polynésie française. (Heremoana Maamaatuaiahutapu) “Le paradoxe polynésien relève d'un discours général qui met l'accent sur la nécessité de liens avec le culturel et la promotion de la culture polynésienne, alors que dans la pratique, le soutien et la contribution gouvernementale est très faible. La vision de la culture est vécue au travers des loisirs et des divertissements populaires, mais gratuits…”

Atelier 7 : Gérer l'après-nucléaire : mémoire, reconnaissance et responsabilité. (Patrick Howell) “Il s'agit d'un problème moral où la vérité doit être dite en toute transparence. La reconnaissance des responsabilités de part et d'autre est un préalable, notamment sur le chapitre des conséquences sanitaires et environnementales. Le devoir de mémoire et l'indemnisation des victimes sont les voies possibles de la réparation et de la reconnaissance.”

Sinjoux recadré…

Le ton est monté quand la représentante Tahoeraa, Tarita Sinjoux, a vivement critiqué l'action de l'État et du Pays face à la crise, évoquant au passage la situation du Fip. Le haut-commissaire a gentiment mais fermement recadré la représentante. Extrait :

Tarita Sinjoux, représentante Tahoeraa : “Qu'est ce que vous attendez, État et territoire de se mettre autour d'une table pour aider les entreprises, faire un plan de relance, pour développer l'économie du pays… En commission législative, nous avons étudié le collectif 3 et là j'ai vu qu'au niveau du Fip on retire 2,2 milliards de Fcfp. Les maires étaient outrés parce qu’on retirait de l'argent pour aider les communes. “

Adolphe Colrat, haut-commissaire : “Et moi je suis outré, s'agissant du Fip. Pourquoi le Fip ne dépense-t-il pas les fonds dont il dispose ? Et ça ce n'est pas un problème qui date de la semaine dernière. C'est un problème qui n'a rien à voir avec le collectif 3 que vous évoquez. D'où vient cette incapacité collective à dépenser en temps voulu l'argent d'un Fip qui déborde ? Le Fip déborde, et j'aimerais que ce soit de ce débordement que vous soyez d'abord consciente.”

Patrice Lafforgue
Imprimer Recommander Wikio Facebook Twitter digg

Les dernières contributions


Commentaires anonymes

06/09/2009 à 11h48

Qu'attend donc notre président, enfin au pouvoir, pour demander un référendum sur l'indépendance. Il faut croire que cela fait très bien de parler d'indépendance pour les électeurs tout en ne faisant rien pour l'obtenir. Il faut en avoir un peu plus dans le pantalon mister peretiteni !!

05/09/2009 à 17h00

Un FIP qui déborde tant que l'on ne parvient pas à dépenser l'argent et un GTS qui n'hésite pas à mendier et jouer les maîtres-chanteurs auprès du gouvernement qui obtempère, en vue d'obtenir encore plus de cash dans les caisses communales des ISLV ! Où on va là ? Ils vont être stupéfaits d'apprendre ça et de l'avoir adoubé à l'UMP !!!

Commentaires anonymes

05/09/2009 à 16h35

Lire les conclusions des ateliers de la "Charte du développement" de 1991 dans l'édito d'Alex du Prel (Tahiti Magazine sept.2009)pour comprendre la suite qui sera donnée aux "Etats Généraux".

Légal

  • Droits de reproduction
    et de diffusion réservés
    © 2007-2011
    Les Nouvelles de Tahiti

  • Recommandations LNT

    Gardons Contact !

     

    Tous nos fils RSS   Contactez-nous !   La FanPage des Nouvelles de Tahiti   Suivez LesNouvelles.pf sur Twitter !   Le Channel Youtube des Nouvelles de Tahiti