Publié le mercredi 04 août 2010 à 11H20
COMMÉMORATION. La France et les États-Unis seront pour la première fois au Japon afin de participer aux cérémonies organisées à Hiroshima et Nagasaki. Une présence qui ne signifie pas pour autant la fin des armes nucléaires françaises.
L’ESSENTIEL
- Le 6 août, le Japon commémorera les bombardements, il y a 65 ans, de Hiroshima et Nagasaki par les États-Unis
- Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon a insisté hier sur la nécessité de parvenir à un désarmement nucléaire mondial
- La France ne souhaite pas un désarmement nucléaire, mais préfère évoquer une réduction des arsenaux “au plus bas niveau possible”
Soixante-cinq ans après avoir largué une bombe atomique sur Hiroshima, les États-Unis seront représentés pour la première fois le 6 août aux commémorations de cet acte de guerre qui fit 140 000 morts et marqua l'entrée dans l'ère de l'armement nucléaire. La France et la Grande-Bretagne, détenteurs également d'armes atomiques, s'associeront à cette démarche inédite, en envoyant un diplomate pour marquer leur soutien aux efforts de réduction des arsenaux. Une démarche qui n'a pas manqué d'agacer l'association Moruroa e Tatou. Dans un communiqué, cette dernière dénonce une France “hypocrite”. Celle qui s'incline devant les victimes japonaises mais aussi qui fait partie “des états nucléaires les plus réticents à s’engager vers l’abolition des armes nucléaires. Prétextant indûment ‘une politique exemplaire de désarmement nucléaire’, la France vient en effet de moderniser ses armes nucléaires aéroportées en 2009 et de qualifier, le 10 juillet 2010, le nouveau missile M51 de ses sous-marins nucléaires ayant la capacité du million de morts instantanés”, souligne l'association.
En avril 2009, M. Obama avait appelé à Prague à la construction “d'un monde sans armes nucléaires”, un discours qui lui a d'ailleurs valu le Prix Nobel de la Paix. Les États-Unis ont également signé un traité de réduction des armes nucléaires avec la Russie, les deux nations se partageant plus de 90% des engins existants, avec 22 000 ogives à elles deux. La Grande-Bretagne partage l'objectif à long terme de M. Obama, mais la France, seul pays à avoir révélé son nombre de têtes nucléaires (moins de 300), préfère évoquer une réduction des arsenaux “au plus bas niveau possible”, afin de garder une dissuasion minimale face aux risques de prolifération.
Pour les associations engagées contre le nucléaire, cette commémoration sera également l'occasion d'aborder à nouveau la question de l'indemnisation des victimes des essais nucléaires. Au Japon, depuis le 22 juin 2009, les survivants de Hiroshima et Nagasaki bénéficient d'une des meilleures législations d'indemnisations au monde avec une loi japonaise qui prend en compte tous les cas de cancer et même des maladies non cancéreuses tel que l’infarctus du myocarde. “Voilà un modèle bien éloigné de la loi Morin qui, non seulement limite à 18 sa liste des maladies mais réduit à la portion congrue les zones ‘affectées’ par les conséquences de ses essais nucléaires”, s'indigne Moruroa e Tatou.
AFP et ASF








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Commentaires anonymes
05/08/2010 à 20h54
Ia orana !
Ah j'ai eu peur, une France sans Nucléaire, c'est comme un plateau de fromage sans vache qui rit ! Il n'y a pas de débat, pourquoi envisager un désarmement alors que l'on soupçonne certains pays d'enrichir leur fossiles ! C'est vraiment n'importe quoi ! Surtout quand 80% de sa production énergétique provient du nucléaire, comment certifié à d'autre pays que civil, ne peut pas devenir militaire ? Quid....
Commentaires anonymes
05/08/2010 à 07h13
Il faut quand même noter qu'une des première raison invoquée par la france pour se doter d'un armement nucléaire était de pouvoir ensuite peser de tout son poids quand il y aurait des négociation sur le désarmement.
On se doutait que c'était bidon, maintenant c'est officiel !