Publié le samedi 06 février 2010 à 16H44
AUSTRALES. Alors que Oli devait repasser cette nuit au stade de dépression tropicale forte avant de s’évanouir au sud de Rapa, les secours se mettent en place. État et Pays mobilisent leurs moyens pour aider les Australes, et plus particulièrement Tubuai où la moitié des habitations a été touchée.
L’ESSENTIEL
- Oli devrait s’éteindre doucement dans le sud de Rapa
- Les secours ont débuté hier par des missions de reconnaissances. L’État et le Pays ont conjugué leur effort pour couvrir les premiers besoins
- Marie-Luce Penchard l’a encore rappelé hier, elle fera appel au fonds de secours au titre de la solidarité nationale
Après trois jours de vie, Oli semble avoir donné le maximum de sa puissance et les météorologues s’attendent désormais à un affaiblissement du phénomène. Un phénomène dont l’oeil d’une cinquantaine de kilomètres a traversé de part en part l’île de Tubuai entre 4 heures et 5 heures du matin, hier, et ce, après avoir effleuré Rurutu dans la première partie de la nuit, passant à 140 kilomètres au large. Une île où l’alerte rouge a été levée peut avant 9 heures hier. L’image satellite prise au petit matin, hier (voir p. 3), montre bien Tubuai au centre du cyclone. À ce moment précis, Oli faisait état d’une pression au centre de 935 hectopascals, équivalent à des vents moyens près du coeur de l’ordre de 170 km/h avec des rafales pouvant atteindre les 240 km/h.
Le cyclone a pris comme prévu la route sud-est se dirigeant vers Raivavae avec des rafales de vent pouvant atteindre les 170 km/h et une houle de nord-ouest atteignant les 6 à 8 mètres. Oli devait toucher Rapa en milieu de nuit passant à environ 70 kilomètres avec des rafales de vent de l’ordre de 130 km/h et une houle de 6 à 8 mètres. Il devait revenir cette nuit au stade de dépression tropicale forte. Alors que la phase de recensement des dégâts vient de commencer, les autorités ont annoncé les premiers secours qui seront mis en place. L’État a mobilisé des équipes de secours (médicales, déblaiement, production d’eau et d’énergie) et effectué des missions de reconnaissance aujourd’hui avec un pont aérien prévu ce week-end, notamment via l’armée. Le Pays, quant à lui, a détaillé les siennes hier matin. Un conseil des ministres extraordinaire a, au préalable, constaté l’état de calamité naturelle des sinistres occasionnés par Oli aux Australes. Outre le premier état des lieux effectué hier, l’aide sera dans un premier temps composée de deux bateaux du pays (les Tahiti Nui I et VIII) qui outre du matériel lourd d’intervention et du fret amèneront des vivres et du personnel.

En renfort, une équipe médicale d’urgence a été mise en alerte. Elle st composée d’une dizaine de médecins, de cadres du Samu et d’infirmiers du CHPF ainsi que trois médecins et infirmiers de la direction de la santé. Il est également prévu que Aroha Ia Tuhaa Pae – solidarité pour les Australes organise une journée d’action au cours de laquelle “seront coordonnées toutes les aides humaines et matérielles qui seront envoyées dans l’archipel des sinistrés” précise un communiqué de la présidence. Le dernier bilan sur Tubuai fait état de 600 personnes qui ont trouvé refuge dans des abris, et entre 150 et 200 maisons qui ont été fortement endommagées ou détruites.
PL
Zoom
Deux navires pour les Australes
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Le Tahiti Nui VIII Il embarque à son bord plusieurs engins lourds (camions, pelleteuses, niveleuses, camions-citernes…), des matériaux de construction (agrégats, buses, citernes d’eau…) ainsi que 30 kits de fare MTR pour assurer une première phase de reconstruction d’urgence. L’État participe également à cet effort de secours en mettant à disposition six camions poids lourds militaires, chargés à bord du Tahiti Nui VIII. Pour réparer les réseaux d’électricité et de télécommunications, du matériel adéquat (câbles, poteaux…) est également emporté.
- Le Tahiti Nui I Concernant les moyens humains, 150 personnes partent pour les Australes. Parmi elles, 100 agents administratifs du Pays et 30 militaires. Pour faire face à la pénurie d’eau que connaît Tubuai, 60 000 litres sont embarqués. Des matériaux de construction sont également chargés sur ce navire, ainsi que 10 voitures de l’armée. Les bateaux attendent à Tahiti des conditions maritimes favorables pour partir pour les Australes.
Patrick Richmond, prévisionniste à Météo France
Quel est l’état du cyclone à l’heure actuelle (16 heures, hier) ?
“Ce qu’il faut savoir c’est que ce matin (hier matin) le cyclone Oli a concerné à 4 heures l’île de Tubuai sur laquelle l’oeil est passé entre 4 et 5 heures. Progressivement il a maintenu sa trajectoire vers le sud-est à une vitesse de 30 km/h. Il va maintenir cette vitesse grosso modo jusqu’à l’approche de Rapa. Tubuai est sortie des zones de vents forts hier dans la matinée au fur et à mesure que le cyclone s’éloignait. Ceci n’excluait pas certaines rafales pouvant dépasser les 100 km/h.”
À Rurutu à quelle heure est-il passé ?
“Il est passé dans le nord-est de Rurutu à 140 kilomètres entre 20 heures et minuit. Les vents dépassaient à certains moments surtout aux passages de grains les 100 km/h.”
Pour Rapa quelle configuration aura le cyclone ?
“Au plus près du cyclone je pense que les vents pourraient dépasser là aussi les 100 km/h. Disons que la fourchette se situe entre 100 et 130 km/h de secteur nord-ouest. Progressivement les creux vont s’amplifier de 4 à 5 mètres et pourraient monter entre 6 et 8 mètres. Ce qu’il faut ajouter aussi c’est qu’à son passage à hauteur de Rapa il risque de s’accélérer dans le sud-ouest de l’île.”
Pour quelles raisons le cyclone perd actuellement de l’intensité ?
“Tout simplement, le cyclone traverse des eaux relativement froides. Donc les conditions en surface ne sont plus favorables pour le maintenir en vie continuellement. Et deuxièmement les conditions météorologiques en altitude commencent à être défavorables ce qui fait que le système commence à être cisaillé. C’est-à-dire que les basses couches d’altitude commencent à se décaler, ne sont plus en phase. Souvent on retrouve des phénomènes orageux qui se décalent du centre ce qui fait que la dépression se retrouve seule, sans ces amas nuageux qui s’enroulent autour et le système est dépourvu d’énergie.”
Quand le cyclone pourrait définitivement “mourir” ?
“De manière générale la vie d’un cyclone se situe en quatre et six jours maximum. Il est passé au stade de cyclone dans la nuit de mercredi à jeudi et ça fait actuellement trois jours qu’il est au stade de cyclone. Et le fait que ça n’a duré que trois jours on dit que c’est un cyclone de catégorie 2. Ce n’est pas un cyclone très puissant.”







