Publié le jeudi 20 août 2009 à 09H11
BRAINSTORMING. Depuis mardi et jusqu'à demain le SPC réunit les maires de Polynésie française à la mairie de Pirae, pour ce qui ressemble à des états généraux spécial communes. À l’ordre du jour de ces rencontres : la mise en place de la fonction publique communale, la formation des élus et des personnels ainsi que les transferts financiers.
Ce qui devait être une contribution à l’atelier numéro 5 des états généraux, se transforme presque en mini états généraux spécial communes. Au départ, le comité d’organisation des états généraux avait sollicité les communes de Polynésie française à y participer “afin de permettre un élargissement de la représentation de la société civile et une délocalisation des consultations à proximité des populations”. Au final, le syndicat de promotion des communes de Polynésie française (SPC) s’est saisi de l’occasion pour réunir les maires afin de réfléchir aux différents “défis” qui attendent les communes dans les prochaines années. Et ils ne manquent pas, comme le rappelle Valentina Cross, 1ère vice-présidente du SPC etmairesse de Teva i Uta : mise en oeuvre de la fonction communale prévue pour le 1er janvier 2011, les transferts de compétences (traitement des déchets, adduction en eau potable, assainissement) et la formation qui accompagne tous ces changements (lire entretien ci-dessous).
Contribution aux états généraux. Aujourd’hui et demain, les tavana vont se concentrer sur l’atelier 5 des états généraux intitulé “la mise en oeuvre d’un partenariat rénové entre la Polynésie française, les communes et l’État”, qui les concerne donc directement. Les discussions doivent porter notamment sur les relations financières entre les trois entités. La question de la fiscalité communale et ou de la mise en place d’une dotation spécifique pour les communes devraient être abordées. Autre problématique, très prégnante en Polynésie française, celle des communes associées. Sont-elles efficaces ? Faut-il donner plus de pouvoir aux maires délégués ? Autant de questions auxquelles les premiers concernés, les maires, vont tenter de répondre avant de rédiger une synthèse qui viendra abonder celle de l’atelier 5.
Délocalisation. L’implication des maires dans les états généraux ne se limitera pas à ces quatre jours de brainstorming. Les tavana des îles organisent des journées consacrées aux états généraux dans chaque archipel de la Polynésie française. Pour l’instant, seulement deux rendez-vous ont été confirmés : demain à Tubuai dans la commune de Mataura, avec le déplacement depuis Tahiti d’une délégation des états généraux. Quatre sujets ont été retenus pour cette journée de réflexion : le développement durable dans les Australes (agr icul ture, tourisme, artisanat et pêche) ; l’éducation, la culture, la jeunesse et la santé ; l’emploi et la création d’entreprise ; l’environnement et les énergies renouvelables. Deux journées sont prévues les 1er et 2 septembre à Rangiroa, dans la commune de Avatoru. D’autres journées similaires sont également programmées à Raiatea, Nuku Hiva, Moorea et Rikitea.
Sous l’égide des maires, les états généraux se déplacent dans les communes
Les livres blancs. Ils ont été mis en place dans toutes les communes du pays afin de permettre à la population d’apporter sa contribution. L’initiative est louable mais ne rencontre apparemment pas le succès escompté. Dans de nombreuses communes, les livres blancs restent désespéremment blancs, et pourtant ils ont été mis à la disposition de la population depuis un mois. Pour Valentina Cross, ce désintérêt s’explique par un manque de médiatisation notamment. Dont acte : vous avez encore 15 jours pour faire part de vos remarques dans toutes les mairies de la Polynésie française.
CV
Entretien Valentina Cross, 1ère vice-présidente du SPC
Quel est l’objectif de ce séminaire de quatre jours ?
“Il fallait qu’on se rassemble pour débattre et faire le point sur plusieurs choses. La première, c’est la mise en oeuvre de la fonction publique communale prévue pour le 1er janvier 2011. Le SPC a entamé depuis quelque temps déjà, une démarche participative avec l’État et les organisations syndicales et nous sommes arrivés à un accord. Dans les prochaines semaines, il y aura une mission du SPC et du haussariat pour aller à la rencontre de la secrétaire d’État à l’Outre-mer, afin de présenter d’une même voix notre vision de la fonction publique communale, parce qu’il est hors de question de faire du copier-coller. La Polynésie française a des spécificités qui sont méconnues en métropole.”
En quoi cela va changer la vie des communes et des administrés ?
“Un exemple : cela va garantir l’égalité des candidats devant l’emploi public communal. S’il y a eu des habitudes par le passé, d’embauches politiques, familiales ou sociales, eh bien, la fonction publique communale prime la méritocratie. Le travail, les études, ce sera ce mérite-là qui sera récompensé et non pas des considérations arbitraires du Tavana tout seul. En même temps, cela va aussi protéger le Tavana, qui est souvent accusé de tout et n’importe quoi. Et cela va donner la sécurité de l’emploi aux agents communaux.”
Comment allez-vous financer ce changement qui s’accompagne en plus d’un transfert de compétences de l’État vers les communes ?
“Certaines communes ont déjà commencé à faire des simulations et elles ont constaté que cela allait entraîner des surcoûts dans leur budget de fonctionnement, et c’est à ce titre que nous nous sommes réjouis mardi quand le représentant de l’État a rassuré l’ensemble des tavana en disant que nous avions travaillé ensemble sur ce dossier et que nous continuerions. Nous avons compris que nous pourrions toujours compter sur un accompagnement technique et un soutien financier de l’État.”
Vous avez aussi abordé la question de la formation des élus…
“Le SPC est devenu expert pour la formation. Demain, c’est le centre de gestion et de formation (CGF) qui devra assurer les concours mais aussi la formation de tous les agents communaux, comme prévu par la loi. Mais le SPC continuera à avoir toute sa place, surtout pour la formation des élus, parce qu’avec tous les nouveaux défis que les Tavana ont à relever, à commencer en 2011 par la fonction publique communale ; en 2012, l’eau potable ; en 2016, le traitement des déchets ; et en 2021 l’assainissement des déchets.”
Est-ce que les livres blancs mis à disposition dans les communes dans le cadre des états généraux ont du succès ?
“Ce n’est pas l’affluence. Les tavana n’ont pas vraiment eu beaucoup de temps pour communiquer sur le sujet. Il fallait mettre en place une personne référente qui puisse recevoir la population mais aussi aller dans les quartier. C’est-à-dire qu’il aurait fallu quasiment une personne à temps plein sur ces livres blancs. C’est dommage, parce que cela permettrait à la population de participer, pas qu’à une certaine élite. C’est pour cela qu’il faut aller remplir ces livres blancs qui sont mis à disposition dans toutes les mairies jusqu’à la fin du mois.”
Propos recueillis par CV








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Commentaires anonymes
21/08/2009 à 14h01
Encore et toujours aller mendier auprès de l'Etat pour des services communaux qui devraient déjà être en place depuis longtemps. Avez vous pensé à prélever la taxe d'habitation comme cela existe en France et qui sert à payer ce genre d'équipements ?
Commentaires anonymes
21/08/2009 à 10h36
Et les communes pourront se passer des services (sans concurrence) de Lyonnaise des eaux qui se fait un max de profits dans le pays après le cadeau du château parisien, en s'occupant elle mêmes (comme par le passé) de leur eau, ordures, station d'épuration, voire électricité ?
Au vrai profit de VOS administrés qui vous élisent !
Commentaires anonymes
20/08/2009 à 19h02
Et la fiscalité directe ?
On voit tellement de piscines et de 4x4. Les sous, il faut aller les chercher là où ils sont. Et c'est surement pas dans le budget du Territoire !
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