Publié le samedi 19 décembre 2009 à 11H58
PROJET DE LOI MORIN. Le directeur adjoint du cabinet civil et militaire du ministère de la Défense a rencontré hier après-midi les membres du Coscen. Point par point, il a répondu aux demandes et questions de ces membres, qui ne sont pas ressortis convaincus.
Hier après-midi, le directeur adjoint du cabinet civil et militaire du ministère de la Défense Jean-Paul Bodin s’est réuni avec les membres du Conseil d’orientation pour le suivi des conséquences des essais nucléaires (Coscen). Jean-Paul Bodin a tenu à répondre aux inquiétudes et demandes du conseil. “Rien de concret n’est sorti”, a asséné à la sortie Roland Oldham, président de l’association Moruroa e Tatou. “On ne nous pas donné les réponses sur les points importants”, a déploré Tea Hirshon, représentante à l’assemblée. Jean-Paul Bodin, dans son discours, a répondu point par point aux inquiétudes et demandes du Coscen. Il a débuté ainsi : “Treize ans après la fin des essais nucléaires dans le Pacifique il était temps, il était urgent et indispensable que notre pays assume sa responsabilité vis-à-vis des personnes victimes de ces essais”.
Au cours de cette réunion, les membres du Coscen ont demandé que tous “les archipels polynésiens fassent partie de la zone géographique concernée et que toute personne ayant vécu ou séjourné en Polynésie française entre le 2 juillet 1966 et le 31 décembre 1974 et atteinte de l’une ou plusieurs des pathologies retenues par la loi pourra bénéficier des dispositions d’indemnisation prévues par cette loi”. Jean-Paul Bodin ne partage pas cet avis et explique le découpage géographique effectué. “Pour la Polynésie, est concerné par l’application de la loi le secteur géographique englobant : Moruroa, Fangataufa, Pukarua, Reao, Gambier et Tureia. L’atoll de Hao comportait trois zones nucléaires contrôlées. Ce sont ces zones qui sont prises en compte. En ce qui concerne Tahiti, la seule retombée significative a été provoquée par l’essai ‘Centaure’” en juillet 1974. Le nuage a évidement atteint l’ensemble de l’île, mais les conditions climatiques et le relief n’ont entraîné des expositions non négligeables que sur la Presqu’île et les communes associées de Faaone et Hitia’a”.
Concernant la liste des pathologies, Jean-Paul Bodin a précisé qu’elle peut encore évoluer. Le ministère souhaite se rapprocher de la liste UNSCEAR, émanation de l’Onu. La liste des pathologies radio-induites pourra évoluer en fonction des connaissances scientifiques”, a insisté le directeur adjoint du cabinet civil et militaire. Les membres du Coscen ont, eux, demandé que les cancers du sein et du corps thyroïde et le lymphome et myélome soient rajoutés au décret d’application dès sa publication en début d’année.
Jean-Paul Bodin a également annoncé que le ministère de la Défense examinera les propositions faites par le Coscen concernant notamment la demande d’étude sur les travaux réalisés à Hao et sur les recherches en cours à Moruroa. Il est aussi revenu sur la composition de la commission de suivi des indemnisations. “Cette composition sera composée de 19 membres, dont seulement quatre de l’État, en plus du ministre de la Défense. Le président de l’assemblée de Polynésie et le président du gouvernement de la Polynésie en seront membres. Les associations y siégeront”, a-t-il décrit.
Jean-Paul Bodin a assuré hier qu’ils recevraient les manifestants ce matin pour leur “expliquer le projet de loi Morin”. Ce texte sera voté mardi après-midi à l’Assemblée nationale avant d’être transmis et voté au Sénat le même jour.
MT
Mélanie Thomas







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Commentaires anonymes
21/12/2009 à 09h24
ayant paticipé dans les années 80 à une réunion de grands scientifiques du nucléaire et de géo-stratégie ,
auxquelles participaient 2500 délégués du monde entier , ces scientifiques montraient par des images et des films de quelles manières les essais nucléaires en atmosphère allaient décimés par de graves maladies les populations de ces contrées ,
ils disaient que 30 ans après le 1er essai atmosphérique, les maladies allaient apparaître,
1966 à 1996 , 30 ans après les graves maladies touchant le peuple maohi se sont déclarées , des cancers de toutes sortes ,
tout notre peuple est touché par les retombées radio active des essais nucléaires de moruroa-fangataufa, nous dire que ces retombées ne concerne que certaines zone ,
c'est prendre les tahitiens pour des imbéciles ,
nous demandons à l'Etat Français de prendre ces responsabilités de nation respectable,
ce qui est proposé par la loi morin est une injustice flagrante indigne de l'Etat Français,
lumière,
Commentaires anonymes
20/12/2009 à 21h22
Toujours le même baratin mensonger. La France du monarque n'entend pas assumer ses responsabilités et toutes les marches PACIFIQUES n'y feront rien. La Loi sera votée mardi à l'AN.
Cela s'appelle la démocratie.
Commentaires anonymes
19/12/2009 à 19h26
Il est navrant que les conséquences directes des essais nucléaires soient autant bridées (sachant qu'un nuage radio-actif est composé de particules et que si des particules ont touché la presqu'île, quelle erreur de croire qu'elles restent sur place, ces dernières peuvent autant se déplacer que les hommes circulent librement)
Et ce qui m'interpellent d'avantage, [b]c'est que les conséquences indirectes ne sont aucunement aborder[/b] ...
Ni le fait que notre système législatif mette en place une Loi qui privatise un fait aux préjudices certains sans avoir à légiférer sur les catégories circonstanciels tant en terme de graduation de responsabilité et du système indemnisatoire qui s'y rattache.
Bref, beaucoup de personne et surtout beaucoup de langue de bois ... :(
++ tout le monde