Le câble obtient la défisc’

Publié le mercredi 03 février 2010 à 11H23

HONOTUA. Le ministère de la Reconversion numérique a annoncé hier que le câble sous-marin Honotua bénéficierait de la défiscalisation nationale. La ministre de l’Outre-mer Marie-Luce Penchard le leur a confirmé lundi lors de la réunion des états généraux.

L’ESSENTIEL

  • Les états généraux du numérique au cours de ce semestre auront pour but de donner du contenu au câble
  • Le ministère de la Reconversion numérique a souligné hier qu’il ne connaissait pas encore le montant de la défiscalisation
  • Le câble représente un potentiel important de développement pour les entreprises au plan local et international. Il devrait aussi faciliter la vie quotidienne des habitants
Lors de la réunion de travail sur les états généraux lundi, la ministre de l’Outremer Marie-Luce Penchard a confirmé que le câble Honotua bénéficierait de la défiscalisation nationale. Hier, le ministère de la Reconversion numérique s’est “félicité du soutien de l’État” et a souligné que “le nouveau climat de confiance établi entre les responsables de l’État et ceux du Pays augurent de discussions constructives en perspective de partenariats sur les dossiers relatifs au développement de l’économie numérique”. Le ministre Teva Rohfritsch avait rencontré le mois dernier à Paris la ministre de l’Outre-mer, le ministre du Budget ÉricWoerth et la secrétaire d’État chargée du Développement de l’économie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet. Le ministère a souligné hier qu’il ne connaissait pas encore le montant de la défiscalisation. Le coût total du projet s’élève à 9,5 milliards de Fcfp.

Prochaine étape maintenant selon le ministère : “la bonne fin des démarches administratives auprès des autorités américaines pour l’obtention des autorisations définitives”. Le câble devrait rejoindre ce mois-ci Hawaii et être opérationnel vers le mois de juin et juillet. D’ici là, il faut maintenant préparer le contenu qui glissera dans le tuyau qui va amener le haut débit en Polynésie française. C’est le but du lancement des états généraux du numérique annoncé lundi par Teva Rohfritsch, le ministre de la Reconversion numérique (lire notre édition d’hier). Ils devraient être organisés au cours de ce premier semestre. “Au-delà du défi technologique, l’enjeu à venir consiste à définir ce que l’on va construire et développer ‘au bout du câble’”, soulignait lundi le ministère dans un communiqué.

Le conseiller économique et social Michel Paoletti, présent lundi lors de la réunion sur les états généraux en présence de Marie- Luce Penchard, a souligné l’importance “de savoir comment la Polynésie, devant la nécessaire entrée en service d’un moyen de communication à haut débit avec l’extérieur et la numérisation progressive de nombreux secteurs de l’activité, peut en tirer le meilleur parti pour développer la création et l’initiative locale, en offrant de nombreux emplois de haute qualification”. Dans ce but, les états généraux s’articuleront autour de quatre ateliers : la reconversion éco-numérique, l’e-réforme de l’administration, la niche de développement : la paix numérique, et l’ouverture à la concurrence : régulation et contribution au service public.

“L’arrivée du câble entraînera, en matière d’infrastructures, des adaptations plutôt que des transformations majeures. En fait, les transformations majeures viendront plutôt des contenus à élaborer et des accompagnements réglementaires”, soulignait Michel Paoletti. Le câble représente un potentiel important de développement pour les entreprises sur un plan local, mais aussi international. “Il existe une réserve importante d’utilisation d’Internet dans les secteurs de la perle et du tourisme. Ces secteurs qui sont par définition non seulement ouverts sur le monde, mais encore à la recherche d’une visibilité meilleure, sont ceux qui ont tout à gagner de la généralisation de leurs sites professionnels”, relevait le conseiller économique et social. “Pour renforcer le processus, il existe un projet de village numérique, inspiré de Sophia Antipolis, susceptible de créer 400 à 700 emplois de tous niveaux.”

Le câble devrait aussi faciliter la vie quotidienne des habitants. “Les différents niveaux d’administration s’équipent progressivement de sites et de capacités de téléchargement de documents administratifs, susceptibles de faciliter grandement la vie des administrés, surtout dans les îles d’où les déplacements vers la capitale ou même des centres régionaux sont difficiles”, expliquait Michel Paoletti lors de son intervention.

MT

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Honotua,un projet de 9,5 milliards

Le projet Honotua représente un investissement de 9,5 milliards de Fcfp pour un réseau domestique reliant Bora Bora à Raiatea (puis Taha’a), Huahine, Moorea et enfin Tahiti (1,871 milliard de Fcfp) et une liaison internationale connectant Tahiti à Hawaii (7,656 milliards de Fcfp). L’OPT y investit 2,2 milliards, le Pays 1,5 milliard et les 5,8 milliards restant sont prêtés par la Socredo au taux de 0,5%. Le montant de l’emprunt sera réduit proportionnellement à la rétrocession obtenue par la défiscalisation. Les performances technologiques de Honotua vont permettre d’améliorer les services actuels (plus de débit, de volume), de développer des offres plus nombreuses et diversifiées, et d’offrir aux entreprises la possibilité de créer de nouvelles activités, de nouveaux marchés, localement et à l’extérieur.

Internet et les ordinateurs en Polynésie

Sur l’ensemble de la Polynésie française, le taux d’équipement en ordinateur des ménages est de 46%, ce qui concerne 114 470 personnes, soit 45% de la population polynésienne. La proportion est bien moindre pour l’accès à Internet, seuls 27% des ménages sont connectés et 22% des habitants peuvent surfer sur la toile.

Les différences selon la localisation géographique sont importantes. Aux îles du Vent, le taux d’équipement est supérieur au taux global (53% des ménages équipés d’un ordinateur et 32% d’une connexion à Internet) et plus de la moitié de la population a accès à un ordinateur, 27% pour Internet. Les îles Sous-le-Vent et les îles Marquises ont un niveau d’équipement très proche en ordinateur : 30% et 27% respectivement. En revanche, la connexion à Internet est divisée par deux aux îles Sous-le-Vent relativement au taux d’équipement des îles du Vent, et celui des Marquises par trois.

L’équipement des ménages des îles Australes et des Tuamotu-Gambier est deux à trois plus faible que celui des îles du Vent pour l’ordinateur et quatre fois moins important pour l’accès à Internet. Dans la subdivision des Australes et celle des Tuamotu, le taux de connexion à Internet est inférieur à 10%.

Mélanie Thomas
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