Le Ariimoana échappe au pire

Publié le lundi 08 février 2010 à 09H54

PRIS AU PIÈGE. Le thonier Ariimoana est tombé en panne au mauvais moment, au mauvais endroit. Mais le navire a résisté et les cinq membres de l’équipage sont rentrés au port, sains et saufs, samedi matin.

Le ministre des ressources de la Mer, Temauri Foster, les représentants du MRCC et de Tahiti Nui Rava’ai sont allés accueillir samedi matin les cinq malchanceux du Ariimoana, au port de pêche de Papeete. Le thonier avait quitté Papeete le 2 février pour une campagne de pêche qui aurait dû durer neuf jours. Mais un imprévu de taille a surgi sur la route du thonier, le cyclone Oli. Au lieu des neuf jours de pêche, l’équipage a dû lutter contre les éléments déchaînés. Le Ariimoana a rencontré une panne de moteur à 300 km au sud-ouest de Tahiti, entre l’archipel de la Société et l’archipel des Australes. Immobilisé en pleine mer, à proximité du cyclone, il a dû faire face à des conditions extrêmes.

Le ministre a donc décidé de mettre en place une cellule de crise dès jeudi matin, avec la collaboration des services de l’État et de la société Tahiti Nui Rava’ai pour venir en aide à l’équipage. Plusieurs scénarii sont alors envisagés. Le MRCC propose si nécessaire une évacuation de l’équipage par un Super Puma de l’armée, ou une intervention d’un navire de la Marine nationale, mais il s’agit de trouver le bon créneau. La SEML Tahiti Nui Rava’ai propose spontanément de mettre à disposition un de ses thoniers de 24 mètres pour se rendre sur place et remorquer le Ariimoana dès que la météo le permettra.

Depuis un des thoniers à quai, le responsable technique Tahiti Nui Rava’ai, José Castro de Cuelho, arrive en fin de matinée à contacter directement, sur sa fréquence de travail, le capitaine du thonier en panne. Il analyse la situation et déduit qu’à l’arrêt du bateau, de l’eau est entrée par l’échappement du moteur qui doit donc être noyé. Il lui indique la procédure à suivre : démonter les injecteurs, démarrer pour vidanger toute l’eau qui a noyé le moteur principal, remonter les injecteurs et forcer le redémarrage. Et ce n’est qu’après deux essais, que le thonier Ariimoana arrive à démarrer, il est alors 15 heures, le navire redevient manoeuvrable.

L’équipage du Ariimoana a fait preuve de beaucoup de calme et de sang-froid, surtout dans des conditions météorologiques exceptionnelles. Dans un communiqué, le ministère de la Mer se félicite de la “solidarité exemplaire entre le ministère, les armateurs et l’État dans des conditions difficiles”.

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