La terre va prendre racine à Pater

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Publié le mercredi 21 janvier 2009 à 09H21

OPÉRATION VÉRITÉ. La terre des X-Games occupe toujours le stade Pater et les organisateurs en rejettent la responsabilité une fois sur... la pluie, une autre fois sur le ministère de l’Équipement. Le flou entoure aussi la rénovation de la pelouse et de la piste. Quant à l’aspect financier, il manque actuellement 40 millions de Fcfp, les partenaires privés n’ayant versé que 7 des 67 millions dépensés. Cela n’empêche pas les organisateurs d’évoquer une deuxième édition...

L’ESSENTIEL

20 décembre-20 janvier, un mois après le spectacle, la terre des Tahiti Nui X-Games 2008 n’a pas bougé du stade Pater. Et les organisateurs n’avancent aucune date quant au déblaiement

Ensuite, il faudra rénover la pelouse et la piste pour lesquelles le comité organisateur est “prêt à participer si les dégâts lui sont imputés”

Mais avec quel argent ? Il manque 40 millions, sur les 67 dépensés, et même avec les 26,5 que le Pays va verser via une subvention, il en restera encore plus de 13 à trouver...

Mauvaise nouvelle pour les utilisateurs du stade Pater. On ne sait toujours pas quand ils pourront courir autour ou y jouer au football. Pourtant, “l’opération vérité” annoncée par Clarenntz Vernaudon, le ministre des Sports, s’est déroulée hier matin. Mais seuls les membres du comité Xtrem Event, sa présidente Manulani Hartmann et Christian Taupua, se sont présentés devant les médias pour fournir des explications. Forcément parcellaires et pleines d’à peu-près. Tout, sauf convaincant, même s’ils sont déterminés à “pérenniser l’événement”.

Toujours pas de date pour la réouverture de Pater...

“On devait rendre le stade le 10 janvier, cela ne s’est pas fait”, avouent les organisateurs qui ont précisé que le ministre a répondu lundi : “Le plus rapidement possible.” Un mois après la soirée du 20 décembre, date du spectacle, la situation du stade a à peine évolué...

La terre : la faute au ministère de l’Équipement et à la pluie

Alors à qui la responsabilité incombe-t-elle ? À tout le monde sauf aux organisateurs, selon leurs propos hier matin. D’abord, ce serait la faute d’un autre ministère. “Nous avions prévu d’enlever la terre dès le 22 décembre avec le ministère de l’Équipement, mais il s’est retiré de l’événement quand ils ont commencé à faire des extractions de terre à Papenoo, les riverains ont déposé plainte...”, a d’abord lancé Christian Taupua. Ensuite, Manulani Hartmann, présidente de l’association Xtrem Event a indiqué qu’ils n’avaient “pas tenu compte du fait que les sociétés sur lesquelles nous nous étions rabattus, juste avant l’événement puisque nous étions engagés avec le ministère de l’Équipement, allaient partir en congés. Là, c’est indépendant de notre volonté. Il a fallu attendre qu’ils reviennent. Pour quelques-unes, c’était le 12 janvier, pour d’autres bien plus tard”. Après, l’organisation s’est étonnée de la pluie. Rarissime à cette époque de l’année ? “Oui, nous sommes surpris par les intempéries de janvier, d’habitude c’est en novembre, décembre qu’il pleut.” Ah... Enfin, voilà encore un prétexte car au final, on est arrivé à apprendre qu’il manquait tout bonnement les... autorisations. Bouger plus de 60 m3 de terre nécessite un accord du Pays. Là, il reste 4 000 m3 sur le stade. “La procédure est plus longue que prévue pour obtenir ces autorisations.” Et après ? Dans le communiqué de presse, il est indiqué qu’ensuite “c’est la direction de l’Équipement qui s’occupera du retrait et du transport de la terre sur un terrain privé à St- Hilaire”. Ah bon ? Et les entreprises privées qui étaient en vacances ?

thumb_x-games_015“Prêts à participer” à la rénovation de Pater

En plus de la terre sur la pelouse, la piste d’athlétisme en tartan a souffert des mouvements d’engins divers. “Vous savez, quand on s’est installés sur ce site, on a fait une demande et si l’IJSPF (gestionnaire du stade) et le ministère nous ont donné l’autorisation, c’est bien parce qu’ils avaient l’intention derrière de rénover le stade Pater.” Mais Manulani Hartmann avance : “On va participer à la rénovation si jamais les dégâts sont dus à l’association.” Avec quelles finances ?

thumb_np_stade_pater_012“Pas un mauvais investissement, ni une mauvaise gestion”

Manulani Hartmann a admis que le “budget prévisionnel n’était pas du tout le même que celui qui a été réalisé”. La faute à des “paramètres que l’on ne maîtrise pas. Le retrait de l’Équipement... Un certain nombre de choses qu’il fallait investir entre temps et voilà...” Mais pas question de s’avouer vaincu. “Ce n’est pas un mauvais investissement, ce n’est pas une mauvaise gestion non plus... Il y a des choses que l’on ne maîtrise pas dans ce type d’événement. Quand cela vous arrive comme cela, on est obligé de faire avec.” Si le “budget prévisionnel de 47 millions n’a pas été respecté, c’est qu’il n’intégrait pas des prestations nouvelles comme la location de matériels lourds supplémentaires et des dépenses non budgétisées en matière de produits dérivés et de communication”, précise le communiqué. Pour 20 millions ? Car les dépenses finales s’élèvent à 67,2 millions de Fcfp...

L’association ambitionnait un financement de 42 millions du Pays

“Inscrite au calendrier des grandes manifestations sportives adoptés par le CM. À ce titre, elle est en droit de bénéficier de l’aide du Pays”, relèvent les organisateurs dans leur communiqué. Et plutôt deux fois qu’une... En plus des 26,5 millions du ministère, accordés voilà une semaine en conseil des ministres, tel que prévu dans le budget prévisionnel, les organisateurs ambitionnaient une prise en charge de dépenses de 15,7 millions de la part de l’IJSPF, institut de la jeunesse et des sports de la Polynésie française, établissement public. Au total, c’est donc plus de 42 millions du Pays, sur un total de 67, qu’imaginaient obtenir les organisateurs... “Oui, cela concernait des dépenses qui pouvaient être prises en charge par l’IJSPF”, a admis Manulani Hartmann. Pour l’instant, seul l’hôtel et l’agence de communication ont été payés par l’IJSPF, soit un total de 5,3 millions. Ce qui porte la part du Pays à 31,8 millions avec la subvention. Près de 50% du budget du spectacle...

Il manque toujours “30 à 40 millions”

Selon Manulani Hartmann, le comité organisateur attend toujours “30 à 40 millions. 12,693 millions ont été collectés auprès des partenaires”. En fait, elle englobe les 5,3 millions de l’IJSPF. À l’heure actuelle, sur les 14 millions espérés des sponsors privés, seuls 7,350 millions ont été versés (dont 4 millions par la société Gestom, le plus gros parrain de l’événement). Au total, la colonne recettes affiche un total de 27,7 millions de Fcfp, pour 67,2 de dépenses. C’est que, si la subvention du Pays de 26,5 millions de Fcfp a été accordée par un arrêté du conseil des ministres mercredi dernier, “le dossier doit faire son parcours”, selon Christian Taupua : “Commission de contrôle de l’assemblée et Contrôle des dépenses engagées... Cela va mettre 3 ou 4 mois pour que nous touchions la somme.”

Des dépenses qui interpellent

Selon le bilan financier, adopté par l’association Xtrem Event lors de son assemblée générale du 8 janvier dernier, les achats de produits dérivés s’élèvent à plus de 7 millions, “dont 1,5 pour des bracelets de couleur que nous avons fait venir en urgence”, a expliqué Christian Taupua. Pour des recettes de combien au total ? “1,2 million seulement...” De même, pour faire venir onze sportifs des États- Unis... 33 billets LAX-PPT-LAX ont été nécessaires. Et en business, s’il vous plaît. “C’est la compensation de leurs cachets plus réduits”, a justifié le même Christian Taupua.

Quelles solutions pour boucler le budget ?

Ne se démontant pas, Manulani Hartmann veut “positiver. On va dire que l’on va toucher la subvention du Pays. Si nous ne la touchons pas, nous mettrons en place des actions... Avant l’événement, nous n’avions pas de fonds, nous avons mis en place le bal, les ventes de produits”. Christian Taupua se montre rassurant : “Les membres du comité feront des prêts à la banque s’il le faut.” On leur déconseille tout de même de refaire un bal car, celui organisé par l’association le 10 octobre dernier a enregistré, selon les comptes de l’association, des dépenses plus importantes (1,583 million) que les recettes (1,264 million)...

“4 480 spectateurs payants”

La recette de la billetterie (“qui n’était pas mentionnée dans le budget prévisionnel initial du fait d’un oubli non volontaire du comité”), s’élève donc bien à 11,2 millions de Fcfp comme annoncé, soit “4 480 places payantes”, dixit Manulani Hartmann. Le prix moyen s’établit donc à 2 500 Fcfp tout juste alors que les prix variaient de “2 500 à 3 500 Fcfp”, selon les organisateurs, le 17 décembre. D’ailleurs, ces mêmes organisateurs indiquaient ce jour-là que “7 800 places ont déjà été vendues". Drôle de déperdition... De plus, le comité précise que “3 000 billets ont été offerts aux communes avoisinantes, aux associations de jeunesse et sportives et aux personnes handicapées. Cela amène donc à un total de 7 500 spectateurs, mais pas les “9 à 10 000” annoncées à deux reprises par le ministre...

X-Games : pas demandé d’autorisation à ESPN

Même pas peur ! “L’organisation n’avait pas l’aval et n’a jamais sollicité ESPN, propriétaires du label XGames.” Au moins, c’est clair. Mais c’est parce que “WMG, le partenaire qui gère les intérêts des onze riders américains invités, a validé cette appellation de Tahiti Nui X-Games...” Sauf que le procès, s’il a lieu, ne sera pas attenté à WMG mais à Xtrem Event par ESPN ! “On se prémunira, le ministère, comme le comité”, a lancé Christian Taupua pour clôturer le sujet.

Subventions pour les associations caritatives : on mélange tout

Fare Tama Hau, Taatiraa Huma Mero, Agir contre le sida, CSSU Sport scolaire et A Tauturu Ia Na, ces associations caritatives ou établissement publics, doivent recevoir chacune 500 000 Fcfp selon les organisateurs. Enfin, quand le trou budgétaire sera comblé... Concernant A Tauturu Ia Na, qui visiblement n’avait pas été prévenu, “cela fait suite à l’entretien et à la demande d’aide financière sollicitée par cette association auprès du ministre. Le comité a donc décidé de leur réserver une enveloppe”, explique le communiqué. Le comité Xtrem Event se substitue au Pays ? “De plus, c’est WMG qui a demandé, si nous baissions les cachets des pilotes, de reverser des sommes à des associations caritatives”, a justifié avec aplomb Chrisitian Taupua...

“Le prochain X-Games peut devenir un bien pour l’économie”

Après de tels déboires, un tel tollé, de telles approximations, on pourrait croire que les organisateurs baisseraient le pavillon. Pas du tout. “Cela ne me décourage pas, au contraire”, affiche sereinement Manulani Hartmann. “On est passé par une étape difficile, on va prendre cela comme étant un élément formateur et l’on en tiendra compte pour la réalisation du prochain événement qui peut devenir un bien pour l’économie, dans la mesure où, si nous devenons une étape du champion mondial de XGames, cela ferait venir des milliers de personnes sur le territoire pour assister à ce type d’événement. Là, cela peut aider l’économie.” Toutefois, avant que l’économie dise merci, sûrement que beaucoup d’eau aura coulé sur le stade Pater. Sa terre, sa pelouse, sa piste... Et le lieu sera redevenu l’antre des sportifs. Un jour...

Le monde merveilleux de Christian Taupua

Le concept de monde merveilleux possède encore de beaux jours devant lui en Polynésie. Et pas uniquement pour les enfants. Christian Taupua s’est étonné hier que sa présence dans l’organisation des Tahiti Nui X-Games ait fait des vagues et rejailli négativement sur ce spectacle. “Le mieux serait de m’enlever de l’organisation pour la prochaine édition. Ma situation a été mélangée à l’événement et lui a nui. Mon retrait serait peut-être une bonne chose et amènerait plus de confiance.” Le directeur de cabinet adjoint de Clarenntz Vernaudon, qui avait pris des congés pour intégrer l’organisation, possède soit des dons d’acteur, soit une grande faculté à minimiser les événements.

Tout juste rappellerons-nous que, le 3 décembre dernier, la Cour de cassation a rejeté son pourvoi, rendant applicable sa condamnation, pour “abus de confiance et contrefaçon de chèques”, à quatre mois d'emprisonnement, 1,5 million de Fcfp d'amende et cinq ans d'interdiction sociale. Soit l'interdiction de gérer, de diriger, de présider une société ou une association. Et cette condamnation vient réprimer des faits commis en 2003 alors que Christian Taupua dirigeait le comité Freestyle de la Fédération des sports mécaniques, s’ajoutant à une précédente pour “escroquerie”. Avec ce rappel, son étonnement après la levée de boucliers qui a entouré sa présence dans l’organisation de l’événement prend encore plus de relief. Au fait, si Christian Taupua a pris le micro pour animer la soirée, le 20 décembre, c’est en raison de l’absence de “Karl Réguron qui ne s’est jamais présenté malgré plusieurs appels téléphoniques. C’est tout naturellement que le comité a demandé à Christian Taupua d’animer la soirée. Il a donc fallu improviser...” Et le Père Noël existe ! Pour preuve, il passe tous les 25 décembre...

FG

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23/01/2009 à 05h35

pour des nouvelles ça c'est des nouvelles!
mais un bon journal tenu par des bons journalistes aurait déjàa pu faire cette analyse avant ces pseudos x-games.
Il y a quand même une bone question pour des journalistes : comment se fait il que la précédente condamnation de 4 ans avec sursis de triste Taupua ne soit pas cumulée abvec celle de 4 mois ferme, ce qui l'aurait mis obligatoirement à Nuutania et comme ça tout ce gachis prévisible n'aurait pas eu lieu.

Commentaires anonymes

21/01/2009 à 15h47

lamentable et on va les laisser recommencer???????????????????????????? avec l'argent du peuple!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Légal

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