La sucette dorée de l’OPT a vécu

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Publié le jeudi 24 décembre 2009 à 10H42

COMPÉTENCES. Désormais, le président du conseil d'administration de l'Office des postes et télécommunications ne concentrera plus tous les pouvoirs. Une manière de dépolitiser cette fonction.

L’ESSENTIEL

  • Un arrêté du conseil des ministres redéfinit les compétences du président du conseil d'administration de l'OPT
  • C'est la fin de “la concentration des pouvoirs dans les mains d'un seul homme et de son équipe”
  • Une manière de dépolitiser la fonction et de permettre à l'établissement de redéfinir sa stratégie
Une nouvelle ère s'ouvre à l'Office des postes et télécommunications (OPT). En tout cas, c'est la promesse portée par la réorganisation de l'établissement public que le ministre de la Reconversion économique, du Commerce extérieur, de l'Industrie et de l'Entreprise, Teva Rohfritsch, a annoncé hier. L'abrogation de l'arrêté de 2003 qui précisait les rôles du président du conseil d'administration signe, selon le ministre, la fin de “la concentration des pouvoirs dans les mains d'un seul homme et de son équipe”. L'OPT sera désormais doté d'une direction bicéphale avec, d'une part, un président de conseil d'administration chargé de définir la stratégie du groupe et, d'autre part, des directeurs généraux à la maison mère et dans les filiales.

Il s'agit pour le ministre de dépolitiser le groupe. “On parle beaucoup, trop, de l'OPT dans le cadre des affaires ou de la politique. Presque tous les présidents de conseil d'administration avaient une coloration politique forte”, précise Teva Rohfritsch. “Tout gouvernement avait tendance à vouloir placer quelqu'un de proche puisqu'il concentrait tous les pouvoirs sur un établissement avec une capacité d'investissement importante”, poursuit-il.

Dans le cadre de cette réforme, Jean-Paul Barral, le président du conseil d'administration sortant, a été démis de ses fonctions la semaine dernière. Il est remplacé par François Voirin, un ancien cadre de la banque Socredo. “Je peux vous dire qu'il y avait beaucoup de candidats pour ce poste. Mais j'ai proposé la candidature de François Voirin. Il n'a pas d'attache politique, il n'était pas candidat et ne m'a été recommandé par personne. Je suis allé le chercher”, indique le ministre. Le directeur général actuel Manfred Chave conserve son poste aux compétences élargies.

Contrôler l'OPT était un enjeu de taille. À chaque basculement de majorité, les postulants étaient nombreux. Il faut dire qu'avec un chiffre d’affaires de plus de 17 milliards, rien que pour la maison mère, le poste a pu être vu par certains comme une sucette dorée confortable. Geffry Salmon, ancien président du conseil d'administration, a notamment été mis en examen pour favoritisme et corruption passive dans le cadre de l'affaire Haddad-Flosse. La justice le soupçonne d'avoir bénéficié de largesses en échange de contrats accordés à la société 2H de Hubert Haddad pour la régie publicitaire des annuaires. Désormais, “si la majorité change, le président du conseil d'administration peut évoluer, mais la direction générale reste. C'est un gage de sérénité et de pérennité”, espère Teva Rohfritsch.

Pour le ministre, cette nouvelle organisation à la tête de l'établissement était nécessaire afin de préparer l'OPT aux nouveaux défis auxquels il doit faire face, notamment l'ouverture à la concurrence et l'installation du câble à haut débit, Honotua. Une privatisation partielle n'est d'ailleurs pas exclue. “Une réflexion est menée dans ce sens, reconnaît le président du conseil d'administration, François Voirin. Nous devons définir les périmètres entre les missions de service public et les services marchands.” Teva Rohfritsch confirme la nécessité de mettre à plat les conditions de financement des missions de service public. “Les filiales abondent ces missions. Ce modèle a bien vécu, mais il faut le faire évoluer”, a-t-il précisé. Des érosions de parts de marché sont notables notamment pour l'opérateur de téléphonie mobile, Tiki phone, et le fournisseur d'accès à Internet, Mana, tandis que la téléphonie fixe, principal moteur économique du groupe, perd de l'argent. La nouvelle stratégie de l'établissement devrait être connue en 2010.

AB

Adeline Brisset
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30/12/2009 à 03h39

Privatiser l'Opt et laisser le privé s'en occuper, des milliards de moins dans le collectif budgéraire du fenua, à consacrer au social et au développement de la concurrence libre, et tout ira bien!
Bonne année a tous et toutes!
Faaitoito!

Commentaires anonymes

24/12/2009 à 16h08

Enfin des bonnes décisions. Bravo !

Légal

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