Publié le jeudi 26 février 2009 à 10H57
GESTION DE L’AÉROPORT. La Sem Sétil apparaît comme un endroit stratégique à voir le nombre d’élus, de ministres et de proches qui s’y sont succédé. Selon Hiro, les travaux nécessaires à l’aéroport de Tahiti-Faa’a avoisineraient les 30 milliards de Fcfp. “Vous vous rendez compte du pactole que ça représente pour les uns et les autres en faisant participer des sociétés proches ?”, interpelle-t-il.
L’ESSENTIEL
- C’est Jonas Tahuaitu, le ministre Tahoeraa de l’Équipement, qui a la tutelle de la Sem Sétil Aéroports
- Hiro Tefaarere assure ne pas batailler pour conserver son fauteuil : “Je ne suis pas dans cette logique-là. Je ne suis pas comme les uns et les autres”, assure-t-il
- Jean-Christophe Bouissou réitère son message de dépolitisation des établissements publics. Hiro rappelle, lui, que les représentants ne touchent aucune rémunération en tant que PCA
Àchaque nouveau gouvernement, après les tractations de la distribution des maroquins, c’est le marchandage des fauteuils de PCA et de directeur des différentes “Sem Nui” de la place qui apparaît (lire notre édition d’hier). Et la Sétil est un gros morceau. Au vu du nombre d’élus, de ministres et de leurs proches qui s’y sont succédé, le conseil d’administration et la direction de la Sétil-Aéroports sont stratégiques. Plusieurs raisons à cet engouement pour la société chargée de la gestion de l’aéroport. Tout d’abord, les dirigeants y touchent des rémunérations pharaoniques et de nombreux autres avantages qu’avait révélés le rapport de la CTC en 2006 (lire cidessous). Ensuite, la société peut faire l’objet d’importants transferts d’argents de la part de l’État, notamment lors de la mise en place de travaux. Et qui dit “grosses sommes d’argent”, dit “gros investissements” et donc “appel d’offres” et “passation de marchés” avec des entreprises de la place. De quoi établir de bonnes relations entre les décideurs économiques et les politiques.
“La Sem Sétil Aéroports recevra une attention particulière du nouveau gouvernement à un moment où des négociations sont en cours avec l’État pour obtenir la concession à long terme des aérodromes d’État en Polynésie”, avait souligné Oscar Temaru dans son discours programme devant l’assemblée le 11 février dernier. Et celui-ci a décidé de placer l’établissement dans le portefeuille du maire-délégué de Papeari Jonas Tahuaitu, le ministre Tahoeraa de l’Équipement. Un arrêté vient d’être pris dans ce sens. La prochaine étape est maintenant pour le président du Pays, le conseil des ministres et l’APF, de nommer ses représentants au sein du conseil d’administration. Ce sera ce dernier qui choisira son président, lequel sera confirmé dans ses fonctions par le président du Pays.
Hiro Tefaarere assure ne pas batailler pour conserver son fauteuil de président de conseil d’administration : “Je ne suis pas dans cette logique-là. Je ne suis pas comme les uns et les autres”, met-il en avant. De son côté, Jean-Christophe Bouissou réitère son message de dépolitisation des Sem. Il explique : “Je crois qu’il faut revoir la problématique de l’aéroport. C’est un aéroport d’État qui est géré aujourd’hui par une société d’économie mixte créée par le Pays. Si on souhaite créer un programme d’investissement important, il faut que la concession d’occupation et de gestion de l’aéroport se fasse sur une durée d’au moins 25 à 30 ans. Il faut donc qu’une discussion puisse se tenir avec l’État pour savoir dans quelles conditions cet aéroport peut être géré d’une manière professionnelle et surtout par des gens aguerris à la gestion des aéroports.” Pour lui, ce sera “bien entendu” des professionnels qui devront prendre les commandes.
Exit donc Hiro. Mais pour ce dernier, la solution est pourtant de nommer des représentants à l’assemblée président de conseil d’administration (lire encadré). “J’ai commencé à remettre de l’ordre. Voilà pourquoi aujourd’hui, par la force des choses, je dérange ceux qui sont revenus au pouvoir. C’est normal que je dérange M. Pommier, M. Bouissou et tous les autres.” L’actuel PCA de la Sétil rappelle l’enjeu de la Sem : “Cela représente des milliards, des milliards, vous croyez que les travaux de développement de l’aéroport vont coûter 1 Fcfp (lire l’entretien) ? Rien que la piste, c’est plus d’un milliard. Ce projet de contournement représente à peu près 30 milliards, vous vous rendez compte du pactole que ça représente pour les uns et les autres en faisant participer des sociétés proches ? Ça peut enrichir beaucoup comme ça peut en appauvrir plusieurs. Pour l’instant, ça a enrichi les mêmes et toujours appauvri les mêmes”.
MT
Zoom
Les rémunérations des dirigeants épinglées par la CTC
En 2006, la CTC rendait son rapport d’observations définitives sur les comptes de la Sétil. De 1991 à 2001, le directeur de la Sétil était rémunéré comme suit : 900 000 Fcfp mensuel, un logement, l’électricité et le téléphone, un véhicule de fonction de type berline, les voyages professionnels payés en classe affaire, ainsi que les frais d’hébergement et de déplacement. Dès son arrivée à la tête de l’entreprise, après la scission de 2001, Lucette Taero, qui était aussi présidente de l’assemblée, avait proposé une augmentation substantielle du salaire du directeur, Moana Blanchard, son revenu mensuel passant de 900 000 à 1,2 million de Fcfp. Une mesure adoptée contre l’avis de deux administrateurs du CA, des représentants de la Caisse des dépôts et de l’Agence française de développement. Le scénario se répétera avec l’arrivée du nouveau directeur général Jean-Paul Galenon, malgré les nouvelles objections de l’AFD préconisant “un peu plus de mesure et d’économie”. Comme si cela ne suffisait pas, la CTC relevait aussi que la rémunération perçue pendant 35 mois par la présidente de la société, Lucette Taero, “semble entachée d’irrégularités du fait de l’absence d’autorisations de l’assemblée de la Polynésie française qui l’avait désignée pour siéger au conseil d’administration”. Même constat pour le président Nicolas Sanquer, alors que la juridiction financière met en parallèle le cas de Robert Maker, successeur de Lucette Taero, élu président du CA le 26 août 2004, mais qui “a exercé des fonctions non rémunérées”.
Pas de rémunération pour les représentants en tant que PCA
Pour Hiro, la solution pour que les “Sem Nui” ne coûtent pas cher est de mettre à la tête des établissements des représentants de l’assemblée. En effet, la loi organique de décembre 2007 modifiant le statut de 2004 interdit aux élus de l’assemblée de toucher une rémunération en tant que président de conseil d’administration. “Mon travail là-bas est bénévole, gratuit et total”, souligne Hiro. Néanmoins, ce dernier s’interroge : “Maintenant, le problème est : a-t-on suffisamment d’élus à l’assemblée capables et compétents pour assumer ces responsabilités ? C’est un autre débat. Mais si on veut faire des économies, c’est la solution. Sinon, que fait-on ? On est obligé de faire appel à de la compétence extérieure à l’établissement qui coûte cher.”
Mélanie Thomas








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Commentaires anonymes
27/02/2009 à 08h22
Hiro tane, ça a couté combien aux contribuables les travaux nécessaires après TON incendie de l' aéroport ?
Combien a-t-on pris dans TA poche ?