Publié le jeudi 17 décembre 2009 à 11H20
PROJET DE LOI MORIN. L’Église protestante maohi, Moruroa e Tatou, le collectif No To’u Fenua et le Tavini Huiraatira ont tenu hier une conférence de presse pour appeler de nouveau à une marche samedi matin. Le président de l’Église protestante maohi a également annoncé qu’il avait le soutien des autres Églises du fenua.
L’ESSENTIEL
- “Il est temps de réfléchir à la manière dont notre Église pourra se montrer solidaire de tous ceux qui sont victimes des radiations”, a souligné hier l’Église catholique
- L’Église protestante maohi demande que la marche soit sans “distinction professionnelle, politique et associative”
- La marche partira à huit heures du stade Willy Bambridge et de la gare routière de Vaitavatava
“L’absence du ministre ne change rien à notremotivation”, a souligné d’entrée de jeu Taaroanui Maraea, le président de l’Église protestante maohi, hier lors de sa conférence de presse aux côtés de Moruroa e Tatou, du Tavini Huiraatira et du collectif No To’u Fenua. “Hervé Morin entendra la voix des Polynésiens, des victimes. Les victimes, c’est tout un peuple, toute une terre”, a martelé Roland Oldham, président de Moruroa e Tatou. “Pour nous, cette marche, c’est un peu un entraînement. Je pense qu’on pourra répéter cette manifestation d’une façon plus forte lorsqu’Hervé Morin viendra.”
Taaroanui Maraea a ensuite insisté sur le fait que cette marche devait se faire sans “distinction professionnelle, politique et associative”. Il n’y aura donc aucuns T-shirts ou banderoles de Moruroa e Tatou ni du Tavini Huiraatira, ont assuré hier les participants à la conférence de presse. “C’est la condition de la réussite de cette marche”, a souligné Taaroanui Maraea. “Sinon, la marche est vouée à l’échec.” La présence du Tavini Huiraatira à lamarche a été largement débattue hier. Alors qu’Oscar Temaru a appelé mardi soir dans les journaux télévisés “toute la population” à se mobiliser, mais pas uniquement pour dénoncer le projet de loi Morin, l’ancien président du Pays s’en est aussi pris aux élus “mis en examen” et à “l’instabilité”. La marche de samedi pourrait en effet cristalliser toutes les revendications de la population. “Il y a des frustrations de tous les côtés”, rappelle ainsi l’historien Jean-Marc Regnault (lire ci-contre). Mais “l’objet de la marche est la loi Morin et rien que la loi Morin”, a pourtant martelé hier le président de l’Église protestante maohi. “Aujourd’hui, ce qui nous paraît insupportable, c’est que la loi Morin risque de solder pour toujours la dette de la France par rapport aux Polynésiens.”
Les représentants des autres Églises n’étaient pas là hier. Mais Taaroanui Marae a assuré les avoir rencontrés, à l’exception de l’Église adventiste, et que celles-ci lui apportaient son soutien même si elles n’appelaient pas à la marche. “C’est une première dans l’histoire du combat contre le mal qui a été fait dans ce Pays”, a insisté le président de l’Église protestante maohi. “Il est temps de réfléchir à la manière dont notre Église pourra se montrer solidaire de tous ceux qui sont victimes des radiations et de militer pour que l’État reconnaisse sa responsabilité et fasse tout ce qui peut encore être fait pour que l’environnement ne soit plus dangereux pour la santé des Polynésiens”, a ainsi souligné l’Église catholique dans un communiqué adressé hier aux médias (lire par ailleurs).
La marche partira samedi de deux points de rendez- vous. Pour ceux de la côte ouest, le rassemblement se fera au stade de Tipaerui. Et pour ceux de la côte est, à la gare routière de Vaitavatava. Les deux groupes se rejoindront à la place Tarahoi où ils remettront leurs doléances à l’État. Ils demanderont la rectification des “critères géographiques” de la loi qui doivent être étendus à toute la Polynésie selon eux. Le projet de loi limite en effet les zones touchées (lire par ailleurs). “Les conséquences environnementales doivent également être prises en compte”, a souligné hier John Doom, coordinateur de Moruroa e Tatou.
Le projet de loi Morin sera présenté à l’Assemblée nationale et au Sénat le 22 décembre pour un vote définitif. Les membres du Conseil d’orientation pour le suivi des conséquences des essais nucléaires, auquel appartient Moruroa e Tatou, rencontreront vendredi les membres de la délégation parisienne. “Il y a un certain nombre de questions posées et le ministère de la Défense a préparé des réponses, des explications”, a expliqué Marcel Jurien de la Gravière, délégué à la sûreté nucléaire. “Si le dialogue a bien lieu dans cette instance, dans ces échanges vendredi aprèsmidi, alors les manifestations de samedi appartiennent aux manifestants et à leurs organisateurs.”
MT
Entretien - Marcel Jurien de la Gravière, délégué à la sûreté nucléaire
Vous êtes là pour accompagner la délégation ministérielle ?
“Ma mission se décompose en deux parties. Une mission qui est propre à mes activités de délégué à la sûreté nucléaire et donc demain (ce matin, ndlr) je vais faire un point assez détaillé sur Moruroa et Hao pour voir les investissements matériels sur Moruroa pour le suivi géophysique et géo-mécanique et puis sur Hao pour l’avancement des projets. Et puis vendredi matin, je me joins à la délégation qui arrive de Paris.”
Quel est le rôle de cette délégation ?
“Cette délégation doit répondre à un certain nombre de questions et rencontrer un certain nombre d’élus sur les sujets des armées en Polynésie et sur les conséquences des essais nucléaires. C’est à ce titre que je rentre dans la mission ministérielle, mais ce n’est pas moi qui la pilote. Je suis là pour apporter mon expertise sur tout ce qu’on a fait depuis 2005 et en particulier pour la réunion Coscen qui doit avoir lieu vendredi après-midi.”
Les manifestations prévues samedi créentelles une inquiétude ?
“Moi, ce qui me paraît positif, c’est qu’il y a une réunion du Coscen. Ça a toujours été un lieu d’échanges, pas toujours faciles, mais où les questions sont posées. Le ministère de la Défense a préparé des réponses, des explications. Si le dialogue a bien lieu dans cette instance, dans ces échanges vendredi après-midi, alors les manifestations de samedi appartiennent aux manifestants et à leurs organisateurs. J’ai cru comprendre que cette marche à des sujets pluriels et donc vous me permettrez de ne pas épiloguer.”
Le nucléaire et notamment la loi sont tout de même les thèmes principaux de cette marche…
“En effet, mais dans le Coscen, il y aura des questions sur la loi sur un certain nombre de choses qu’on n’a peut-être pas assez expliquées ou justifiées scientifiquement. Il y a des exigences et des demandes fortes, il faut pouvoir y répondre et expliquer pourquoi.”
Justement, ceux qui appellent à manifester veulent une révision de la question des secteurs géographiques. Est-ce que vous pouvez apporter des éclaircissements sur cette question et celle-ci est-elle figée ?
“On verra quels sont les éléments de réponse précis, mais la cartographie des retombées, nous l’avons donnée et affinée entre 2006 et précisément le projet de loi. Il est un secret pour personne que tout ceci est repris actuellement dans le cadre d’une étude scientifique par les académies des sciences et médecine. Moi je dirais, attendons sereinement la publication en 2010 de cette étude. En fonction de ses conclusions, si elle confirme ce qui a été dit et recommandé comme zone géographique, eh bien tout sera maintenu. S’il y a eu des erreurs et que des ajustements sont nécessaires, il sera facile de faire évoluer le décret.”
Même si la loi est votée ?
“La loi n’est pas figée, les décrets d’application peuvent toujours évoluer. Si on a fait des erreurs, on réajustera.”
Est-ce que vous pensez que le Coscen de demain après-midi sera plus tendu que les précédentes rencontres ?
“Je ne sais pas s’il y aura une tension, nous avons préparé des réponses en fonction des questions posées. Je ne pense pas qu’aujourd’hui il y ait motif à une explosion au niveau du Coscen. Mais maintenant, je ne sais pas dans quel état d’esprit seront les participants. Le Coscen est présidé par le ministre de la Santé et de l’Environnement, Jules Ienfa. Sont également présents des représentants de l’assemblée et les deux associations Moruroa e Tatou et Tamarii Moruroa. Il y a un certain nombre d’acteurs qui sont depuis longtemps en forte opposition avec nos thèses. Ils ont émis des informations suite à l’affaire du césium (du césium 137, issu des retombées des essais nucléaires atmosphériques, a été détecté à des niveaux extrêmement faibles dans le lagon du Taaone, ndlr) et à l’analyse qui a été faite pour l’hôpital du Taaone. Ils ont écrit des choses sur la contamination générale de la Polynésie qui appelle quelques remarques du point de vue scientifique. Ces remarques seront faites et je ne pense pas qu’elles donneront lieu à une explosion. C’est scientifique. Pour ma part, j’essaie d’apporter une information crédible et faire des recommandations à peu près équitables et justes par rapport à la réalité scientifique. On ne pourra pas gommer la science.”
Est-ce que vous regrettez l’absence du ministre Hervé Morin ?
“C’est vrai que c’était un signe fort. Mais pour moi, ce qui reste un signe fort, c’est que le ministre a dit qu’il viendrait dès le début de l’année 2010. Le deuxième signe fort, c’est qu’il a envoyé une délégation forte. Les discussions vont avoir lieu.”
TAAROANUI MARAEA, président de l’Église protestante maohi
“La loi Morin risque de solder pour toujours la dette de la France”
Prévoyez-vous un encadrement particulier pour éviter les débordements ?
“Tous les pasteurs, les diacres et les responsables des paroisses assureront l’encadrement nécessaire pour essayer de canaliser un petit peu la marche pour que ce soit vraiment une marche citoyenne responsable et que cela se fasse dans la dignité. C’est dans la dignité et la paix que se trouve toute notre force.”
La dernière fois que l’Église protestante maohi a appelé à une marche, c’était en 1995.
“C’était en 1995 qu’il y a eu une marche de l’Église après une décision du synode. Évidemment, nous connaissons aussi ce qui s’est passé par la suite.”
Y a-t-il selon vous la même nécessité de manifester ?
“En 1995, l’Église avait décidé de manifester parce qu’il y avait eu une décision de reprise des essais après les moratoires prononcés. C’est cela qui nous paraissait insupportable. Aujourd’hui, ce qui nous paraît insupportable, c’est que la loi Morin risque de solder pour toujours la dette de la France par rapport aux Polynésiens.”
MYRON MATAOA, vice-président du Tavini
“Nous ne viendrons pas avec nos tricots et nos drapeaux du Tavini”
Que répondez-vous à ceux qui soulignent que le Tavini récupère cette marche ?
“Le Tavini ne fait pas de la récupération politique. Le Tavini est un parti qui est bien ordonné et bien structuré. L’Église protestante maohi a appelé tout le monde, tous les partis politiques, à cette marche. Nous faisons partie de cette classe politique. Il est donc normal que nous participions à cette marche. On ne peut pas non plus empêcher les interprétations des uns et des autres.”
Oscar ne profite-t-il pas de cette marche pour réaliser une démonstration de force ?
“Non. Il ne s’agit pas pour Oscar Temaru de faire une démonstration de force. C’est une démonstration de force contre la loi Morin. C’est ça l’objectif.”
Vous êtes donc d’accord avec les organisateurs. Il n’y aura pas de signes du Tavini…
“Oui, tout à fait. On s’est vu avec le comité directeur du Tavini. Nous avons dit à tous nos responsables qu’il ne faut pas venir avec nos tricots et nos drapeaux du Tavini.”
L’Église catholique soutient la marche
Dans son communiqué diocésain, l’archevêque Hubert Coppenrath a présenté la position du diocèse sur la question du nucléaire. “Le diocèse de Papeete a fait trop et trop longtemps confiance aux assurances répétées affirmant l’innocuité des expérimentations atomiques pour les habitants de la Polynésie. Maintenant, il faut bien constater que ces assurances étaient fausses : certaines populations ont été irradiées, par exemple celle de Mangareva. Et parmi ceux qui ont séjourné à Moruroa, il y a incontestablement des victimes des radiations atomiques. Il est temps de réfléchir à la manière dont notre Église pourra se montrer solidaire de tous ceux qui sont victimes des radiations et de militer pour que l’État reconnaisse sa responsabilité et fasse tout ce qui peut encore être fait pour que l’environnement ne soit plus dangereux pour la santé des Polynésiens. Prise de court, l’Église catholique ne participera pas officiellement à la marche du 19 décembre aux côtés de l’Église protestante maohi, mais elle assure de sa sympathie tous ceux qui se battent pour que la page du nucléaire ne soit pas subrepticement tournée.”
JEAN-MARC REGNAULT, historien
“Il y a des frustrations de tous les côtés”
La manifestation de samedi peut-elle être explosive et prendre la tournure de 1995 ?
“Il y a des frustrations de tous les côtés et, effectivement, on est sur quelque chose qui est un peu explosif. Je m’explique. Vous avez une manifestation qui va se préparer avec l’Église évangélique, le Tavini et les mouvements anti-nucléaires. Mais si vous regardez attentivement, vous voyez aussi que les problèmes liés au Tahoeraa suscitent également des appels un peu étranges. On a entendu Lana Tetuanui dire que ça risquait d’aller mal. C’est tout juste si elle n’appelait pas à une manifestation contre la France. Ce qui est assez curieux, c’est qu’on a tout un faisceau de frustrations qui font qu’actuellement tout se dirige non pas contre la France, mais vers des choses pas toujours très bien définies dans la tête des gens.”
Chacun vient avec ses propres frustrations, ses propres attentes ?
“Oui. Et même chez les gens qui bénéficient du système, il y a des frustrations. On l’a vu avec la manifestation sur l’ITR. Cela me rappelle une phrase de l’écologiste René Dumont qui disait dans un rapport sur l’agriculture en Polynésie en 1970 qu’il y avait une société polynésienne étrange dans laquelle les privilégiés n’hésitent pas à faire appel à l’émeute sans savoir où cela peut les mener. J’ai en effet quelques fois l’impression qu’on est sous ce registrelà : une société explosive par ceux qui théoriquement ne devraient pas jouer à ce genre de jeu. Pourtant, on trouve ça très fréquemment. C’est la raison pour laquelle on risque d’avoir à la fois les frustrations des privilégiés et à la fois les frustrations de ceux qui ont toutes les raisons d’être frustrés. C’est ce cocktail-là qui est un peu dangereux.”
C’est une marche pacifique et apolitique qui est souhaitée par l’Église protestante maohi. Est-ce que cela peut apaiser les choses ?
“C’est possible. De manière générale, les Polynésiens sont plutôt pacifistes. Bien sûr, on a eu les émeutes de 1987 et de 1995 qui étaient des manifestations très mal organisées. Mais pour le reste, quand c’est bien organisé, on a l’impression de mouvements pacifistes. En 2004, pour le Taui, les commerçants avaient laissé leurs vitrines ouvertes. Il n’y a eu aucun problème.”
Tout dépend du contexte finalement ?
“Effectivement. C’est certain, il peut y avoir de temps en temps quelques excès de violence comme en 2006 lorsque certains ont envahi l’assemblée et le palais présidentiel. Il y a des dérapages toujours possibles, mais dans l’ensemble, je le répète, les Polynésiens sont des pacifistes.”
L’instabilité politique et la crise économique que la Polynésie traverse créent justement ce contexte explosif aujourd’hui…
“Il y a beaucoup de frustrations et d’inquiétudes, mais en même temps, il y a tellement de dégoût dans la population qu’il n’est pas sûr que les gens répondent favorablement à toute demande de protestation. On aura sans doute samedi la température de l’opinion publique au travers du monde que l’on trouvera lors de cette manifestation.”
Cette manifestation est-elle un moyen pour Oscar Temaru de montrer son poids politique et celui de son parti ?
Peut-on envisager une grosse mobilisation ? “Il joue avec une relative habileté sur les contradictions de ses adversaires. De là à dire qu’il sera suivi, c’est un pronostic que je ne me hasarderai pas à faire.”
L’annulation du voyage d’Hervé Morin peut-elle avoir des répercussions sur la mobilisation ?
"On ne peut rien prévoir. Ça peut à la fois donner des ailes aux gens en disant que c’est une première victoire et d’un autre côté démobiliser si les gens se disent que ça ne vaut pas le coup de descendre dans la rue si le ministre de la Défense n’est pas là. Tout est possible.”
Propos recueillis par Alexandra Sigaudo-Fourny
Les désaccords sur la loi Morin
Le 25 novembre dernier, la commission mixte paritaire a entériné à Paris la loi sur la reconnaissance et l’indemnisation des victimes des essais nucléaires. Entre le dépôt de la loi à l’Assemblée en juin dernier et son adoption par le Sénat le 14 octobre, des avancées intéressantes ont été introduites dans le texte, comme le reconnaissait Michel Verger, le président de l’Association des vétérans des essais nucléaires (Aven) dans un communiqué de presse. Il s’agit en particulier de la possibilité pour les victimes d’être assistées par un avocat ou une association devant le comité d’indemnisation et de l’inscription dans le texte du principe de causalité entre les essais nucléaires et certaines maladies. Toutefois, les associations ont déploré que de nombreux amendements proposés n’ont pas été pris en compte dans le projet de loi relatif notamment à l’indemnisation des victimes des essais. La loi demeure également frileuse sur l’étendue des retombées géographiques en Polynésie française. Seuls Moruroa, Fangataufa, Tureia, Reao, Pukarua, les Gambier, ainsi que Hao et la Presqu’île de Tahiti auraient, selon le texte, été affectés par les retombées des essais nucléaires. Par ailleurs, la liste des maladies radio-induites ouvrant droit à indemnisation ne comporte que 18 des 20 pathologies retenues par le comité scientifique des Nations unies sur l’effet des rayons ionisants (UNSCEAR). Le Sénat a également refusé le principe d’une mission parlementaire sur les conséquences environnementales, au grand dam de l’Aven et de l’association Moruroa e Tatou. Rien ne s’oppose désormais à l’adoption définitive de la loi. Le vote officiel suite à la commission mixte paritaire est prévu pour le 22 décembre. Si la loi est votée, il faut ensuite finaliser le décret qui est en cours. Raisonnablement, dans le premier trimestre 2010 ce système législatif nouveau devrait être opérant, il appartiendra à la CPS, au gouvernement de Polynésie et à l’État de mettre au point les conventions qui font que ceci s’appliquera bien en Polynésie et le plus tôt possible après que le système législatif soit établi.








Les dernières contributions
Commentaires anonymes
21/02/2010 à 11h37
L'indépendance de nos îles
que revendique Oscar Temaru,
libèrerait la France de sa dette atomique!!!!:P
Indépendantistes ma, A FERURI MAITA'I.
Commentaires anonymes
20/02/2010 à 16h51
moi je suis du :)Tavini[b][/b] et je suis fière de l'etre . je ne suis pas racitte je suis réaliste .je protege la TERRE de mes Tupuna et Le PEUPLE MAOHI .arreter de raconter des balivernes le jour viendra nous reprendrons les reines de notres Pays.A Ce que je sais Tahiti se né pas la france >:(et le con ki a parle de Pouvana'a a o'opa tu sais je sais pas si tu es farani xxxxxxx ou si tu es un tahitien mais ne parle pas de se ke tu ne sais pas xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx.xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx:xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx
Commentaires anonymes
20/12/2009 à 01h05
Le constat aujourd’hui, en effet la Loi Morin vise à faire le solde de tout compte des essais nucléaires.
Dommage que les plaignants se font une obsession rien que sur la santé et ne veulent se faire entendre justice que dans ce sens. Ne mettre en avant que les victimes des radiations et leurs descendances pour une durée déterminée ou indéterminée ne mène pas loin, hélas.
Il faut parfois dire les choses de façon franche et crue pour sensibiliser et stimuler les propos. Exemple de propos : avez-vous pensé aux milliers de militaires, qui de retour des missions en zone dangereuse, ont eu des instants de détente sexuelle (comme des pipes…) et qui ont peut-être engendré des cancers de la thyroïde (et autres) parmi leurs partenaires … comment l’État peut-il constater « preuve à l’appui » de tels cas parmi la population sur les relations amoureuses de son personnel des hommes civils et militaires qui ont vécu le « plein feu » des sites ?
Lors d’un des débats au début des États généraux, ayant été employée en tant que « Personnel de Recrutement Local » PRL pendant 20 années, j’avais suggéré l’idée d’une reconnaissance de la France « ad vitam aeternam » pour les services rendus pour les 35 années que la France a planté ses bases des Forces Armées pour la Recherche Scientifique et la Défense Nationale.
Comme pour les retraités anciens combattants de guerre qui ont perçu une prise en charge financière à vie (rente et soins), nous pourrions faire mobilisation pour une rétribution à laquelle les autres insulaires d’outre-mer ne peuvent prétendre.
La situation de la Polynésie au centre d’un immense océan (particulièrement l’atoll de MORUROA) fait que les expériences nucléaires ont pu prendre moins de risques scientifiques (contrairement au milieu du désert du Sahara, rageant ainsi le peuple Algérien et poussant à une indépendance mutilatrice).
Sans la Polynésie la puissance de la France ne serait pas ce qu’elle est depuis les succès de la maîtrise de l’atome et de son énergie. C’est grâce aux expériences nucléaires à MORUROA ; nous étions les acteurs-serviteurs des intérêts de notre grande nation (comme pour l’appel à la guerre, les polynésiens ont répondu « présents » à l’essentiel nécessité d’effectifs, même les récolteurs de coprah dans les Tuamotu ont délaissé leur activité agricole).
Quand le Président De Gaule visita notre Polynésie, les représentants de cette époque auraient dû mieux négocier les conditions de l’engagement bilatéral. Historiquement, Mr Pouvanaa a Oopa était une entrave populaire (parce qu’il s’opposait aux expériences), l’État pour arriver à ses fins, l’a envoyé « en pension » loin de son pays et spolia de sa liberté et de ses droits civiques (les accusations n’est qu’une dinde sans farce).
Les discours du Président De Gaule finissaient toujours par « Vive la France et Vive la Polynésie Française » (cf. humour : nous pourrions dire aujourd’hui, « Vive l’Europe, Vive la République Française et Vive la France-Polynésienne » perdue au milieu de l’Océan Pacifique »).
Bonne marche pour le 19 décembre 2009.
Commentaires anonymes
19/12/2009 à 07h48
Le constat aujourd’hui, en effet la Loi Morin vise à faire le solde de tout compte des essais nucléaires.
Dommage que les plaignants se font une obsession rien que sur la santé et ne veulent se faire entendre justice que dans ce sens. Ne mettre en avant que les victimes des radiations et leurs descendances pour une durée déterminée ou indéterminée ne mène pas loin, hélas.
Il faut parfois dire les choses de façon franche et crue pour sensibiliser et stimuler les propos. Exemple de propos : avez-vous pensé aux milliers de militaires, qui de retour des missions en zone dangereuse, ont eu des instants de détente sexuelle (comme des pipes…) et qui ont peut-être engendré des cancers de la thyroïde (et autres) parmi leurs partenaires … comment l’État peut-il constater « preuve à l’appui » de tels cas parmi la population sur les relations amoureuses de son personnel des hommes civils et militaires qui ont vécu le « plein feu » des sites ?
Lors d’un des débats au début des États généraux, ayant été employée en tant que « Personnel de Recrutement Local » PRL pendant 20 années, j’avais suggéré l’idée d’une reconnaissance de la France « ad vitam aeternam » pour les services rendus pour les 35 années que la France a planté ses bases des Forces Armées pour la Recherche Scientifique et la Défense Nationale.
Comme pour les retraités anciens combattants de guerre qui ont perçu une prise en charge financière à vie (rente et soins), nous pourrions faire mobilisation pour une rétribution à laquelle les autres insulaires d’outre-mer ne peuvent prétendre.
La situation de la Polynésie au centre d’un immense océan (particulièrement l’atoll de MORUROA) fait que les expériences nucléaires ont pu prendre moins de risques scientifiques (contrairement au milieu du désert du Sahara, rageant ainsi le peuple Algérien et poussant à une indépendance mutilatrice).
Sans la Polynésie la puissance de la France ne serait pas ce qu’elle est depuis les succès de la maîtrise de l’atome et de son énergie. C’est grâce aux expériences nucléaires à MORUROA ; nous étions les acteurs-serviteurs des intérêts de notre grande nation (comme pour l’appel à la guerre, les polynésiens ont répondu « présents » à l’essentiel nécessité d’effectifs, même les récolteurs de coprah dans les Tuamotu ont délaissé leur activité agricole).
Quand le Président De Gaule visita notre Polynésie, les représentants de cette époque auraient dû mieux négocier les conditions de l’engagement bilatéral. Historiquement, Mr Pouvanaa a Oopa était une entrave populaire (parce qu’il s’opposait aux expériences), l’État pour arriver à ses fins, l’a envoyé « en pension » loin de son pays et spolia de sa liberté et de ses droits civiques (les accusations n’est qu’une dinde sans farce).
Les discours du Président De Gaule finissaient toujours par « Vive la France et Vive la Polynésie Française » (cf. humour : nous pourrions dire aujourd’hui, « Vive l’Europe, Vive la République Française et Vive la France-Polynésienne » perdue au milieu de l’Océan Pacifique »).
Bonne marche pour le 19 décembre 2009.
Commentaires anonymes
18/12/2009 à 21h14
@Manuarii Tauru
Tu dis que tu soutiens cette initiative pour l'intérêt du peuple et de son devenir ... alors je suis de tout cœur avec toi :)
@Natou
Tu dis que les églises furent à l'origine de la spoliation culturelle des polynésiens ... c'est en grande partie vraie.
@Esperanza
Tu dis que les corpuscules politiques vont certainement détourner le sens du propos populaire à leur avantage ... je pense que tu as raison (pour notre grand malheur)
Faudrait-il, lors de tels évènements faire signer ces corpuscules politiques, pour les engager par des textes afin de ne point manipuler, présent comme avenir, de telles initiatives ?
-> d'ailleurs, certainement qu'aucun d'entre eux ne signerait un tel document (ça veut bien dire ce que ça veut bien dire)
VOILA MON PROPOS : La Loi Morin !
Je ne comprends pas «Moruroa e Tatou». Pourquoi vous n'exposez pas au-devant de la Société Civile que ce «Texte de Loi» est une ébauche législative privatisée sur une «Loi» d'indemnisation ?
C'est-à-dire, qu'actuellement et de plus-en-plus fréquemment, dans nos Sociétés modernes les gouvernements ont tendance à «privatiser la Loi» (par des textes) afin de pouvoir agir sur un morceau de la population sans avoir à fixer des «règles républicaines» régissant l'ensemble de ses citoyens, comme dans l’ensemble de ses personnalités morales (contextuellement : ici, l'Etat).
Où se trouve le distinguo du fait de "privatiser un Texte de Loi" ? En quoi serait-ce essentiel ? Qu'est-ce que cela changerait ? Très simple et élémentaire ! Faire privatiser une loi permet de pouvoir détourner la profondeur d'un fait préjudiciable. Elle permet également de pouvoir imposer des délais ainsi que des limites pour des objectifs/intérêts purement privés ([b]CE QUI S'APPARENTE A UNE PRISE ILLEGALE D'INTERÊT[/b]).
AINSI !
La Loi Morin permet de verser des indemnisations complètement exigües à celles perçues par nos consorts/victimes métropolitains. Elle permet d'imposer des limites temporelles des déclarations de maladies inhérentes. Elle permet de ne pas répondre nationalement à l'ensemble des maladies radio-induites répertoriées par l'ONU, de se couper de l'envergure national d'un texte aux vertus non-privatives
MAIS ALORS ?
L'Etat aurait à répondre de sa responsabilité pour cause de catastrophe NON-NATURELLE ... Elle aurait a légiféré de façon nationale des responsabilités des personnes physiques et des personnes morales sur un tel évènement : en effet, des [b]textes de loi nationaux[/b] existent pour ce qui concerne l'indemnisation d'accident voire de catastrophe naturelle. Et là, il ne s'agit pas d'un accident (c'est-à-dire l'élément d'un aléa imprévisible, l'aléa pour les essais nucléaires est d'origine humaine et [b]provoquée[/b])
Elle aurait surtout à se prononcer sur les responsabilités et répercussions en dehors du champ exclusif de Santé. Les répercussions des essais nucléaires sont intervenues à TOUS LES NIVEAUX DE NOTRE SOCIETE LOCALE (culture, économie, social, etc.)
[b]C'EST[/b] CET ASPECT QUE LA LOI MORIN ESSAIE DE CAMOUFLER (ne fais pas mention) PAR L'INDEMNISATION URGENTISTE DES PLUS MEURTRIS. LA EST L'ERREUR ET LA PRISE ILLEGALE D'INTERET DE CE TEXTE LEGISLATIF "PRIVATISE" !!!
J'ai participé aux Etats Généraux, et j'ai exposé cet état des choses vis-à-vis de ce texte ... je fus très peu entendu visiblement (qualité des amendements ????)
[b]Tous les polynésiens sont des ayant-droits[/b]. Il y eut :
-des conséquences culturelles :
l’implantation massive de français dans le Pays a fait l’émergence de polynésiens exclusivement francophones non par volonté mais par fait, cela a creusé un fossé social et civique (aujourd’hui on veut parler le « Maohi »)
-des conséquences économiques :
l’impact de l’indexation des salaires des fonctionnaires métropolitains a truqué, déstabilisé et fait monter les salaires importants (exemple les fonctionnaires territoriaux) ainsi que toutes les répercussions économiques, sociales et patrimoniales «imaginables» (il aurait mieux valu que leur indemnisation d’éloignement soit bloqué jusqu’à leur retour en Métropole)
-des conséquences socio-environnementales :
nos modes de vie, nourriture, habitat, famille
Ainsi, les conséquences des essais nucléaires ne furent pas que limitées qu’à des impacts sur la santé ou sur l’environnement des sites.
Commentaires anonymes
18/12/2009 à 06h37
Les églises sont vraiment mal placées pour faire la morale aux autres!
Ne sont-elles pas à l'origine de la spoliation culturelle des polynésiens?
De qui se moque t-on?
Commentaires anonymes
18/12/2009 à 06h29
je n'irais pas parce que je ne veux pas être assimilé au tavini qui fait de la récup; sinon je suis d'accord que la loi morin n'était que pour l'affichage et que c'est un bébé mal fait, rien qu'en ce qui concerne les ayant droits.
Commentaires anonymes
18/12/2009 à 04h22
Affirmer "..On a tout ces faisceaux de frustrations qui font...pas toujours très bien définies dans la tête des gens..." n'a aucun fondement réel sur le terrain et dans la vie des gens de la classe populaire. JMRegnault devrait visiter les gens de la rue, les familles de la mission, de la Fautaua, au fond de la vallée.., partir dans les iles Tuamotu et vivre quelque temps avec eux, les "petits people" de la classe populaire etc pour savoir si vraiment ceux ci n'ont pas de frustrations bien définies et bien réelles dans leur tête.
Ces intellectuels de la classe aisée, des fonctionnaires d'état, devraient sortir de leur fautueil confortable, université et librairie et aller un peu parmi les "petits people" recueillir sur le terrain leurs véritables frustrations, mais voilà, JmRegnault ne comprend, ni ne parle aucun mot de tahitien, donc il ne peut pas comprendre les paroles du "aau" venant des entrailles "de la tête" de ces tahitiens, le véritable sens de frustrations en tahitien...
Un peu de courage Regnault, attachez-vous a la langue tahitienne et imprègnez-vous de tous ces sens, symboles, car lorsque vous dites "tete" dans le contexte occidental, pour le tahitien c'est le "aau" qui signifie "entrailles" le "opu", qui n'est pas forcément la "tête" à l'occident etc. alors vous comprendrez, le véritable sens de frustrations dans la tête (aau) des "gens" du peuple.
Un peu d'honnêteté intellectuelle, et non un jugement d'intellectuel qui n'a aucun rapport avec la réalité que vivent les gens de ces iles qui subissent les assauts des "grands " même des intellectuels, et des politiques corrompus locaux qui se sont enrichis aux dépens des frustrations de gens de ces iles, le nucléaire fait partie de ses frustrations car le nucléair est lié à son environnement naturel, le poisson, l'eau, leur santé et "mauuiu-douleur" morale et physique etc...
Ces gens des îles connaissent bien ces frustrations que vous ne pouvez pas comprendre, car vous êtes déconnecté de son milieu, de son fenua (terre) et de sa culture! Fais un peu plus d'effort pratique, laissez un peu cet effort intellectuel, plongez-vous dans la réalité de la vie de ces gens, vous comprendrez le véritable sens de ses frustrations ! Car c'est de là que je viens!
Faaitoito!
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18/12/2009 à 00h55
Ché pas si vous êtes d'ici ou de passage. Il faut admettre que les essais nucléaires de la France dans le ventre de notre mère terre nourricière a causé et cause encore des dommages de plus en plus graves. Et nous Polynésiens, nous en souffrons encore.
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17/12/2009 à 23h41
Pour Esperanza : oui moi aussi j'en ai plus que ras-le-bol de ces femmes et hommes politiques qui foutent le bordel dans notre Fenua !! Mais parfois il faut faire la différence ! "Marcher pacifiquement"
pour protester contre l'inexcusable (je fais référence aux essais nucléaires) n'est pas une farce du tout ! J'ai 23 ans et je me sens largement concerné ! Je veux pouvoir m'exprimer pour dire STOP à l'État. Ça fait partie des droits fondamentaux que de pouvoit s'exprimer ainsi, que de pouvoit manifester ; je veux pouvoir dire à mes enfants que j'ai participé, à ma manière, à la lutte pour la reconnaissance des effets négatifs des essais. Je ne suis pas mais alors pas du tout TAVINI, mais je fais, encore une fois, la différence (j'aurais voulu éviter d'écrire ce que je viens d'écrire, mais connaissant les aptitudes intellectuelles, c'est-à-dire aucunes, de certaines personnes, on m'accusera vite d'être proche d'un parti politique, donc je préfère clarifier). Étudiant en France et actuellement en vacances sur le Fenua, j'essaie de convaincre des amis de venir avec moi ! Arrêtons de nous plaindre et agissons ! Bordel il s'agit de notre passé, présent et futur tout de même ! Nous sommes toutes et tous concernés ! Ne devenons pas un "peuple silencieux" mais ayons le courage de dire NON quand il le faut ! J'ai lu le projet de loi concerné, étant étudiant à Sciences-Po et relativement à mon travail actuel. J'en ai parlé avec mes professeurs. J'en ai même parlé à mon employeur (je suis attaché parlementaire d'un député UMP métropolitain). Eux comme moi avons noté certes quelques avancées, mais pour mieux reculer par la suite. C'est innacceptable, après le sacrifice consenti par de nombreuses personnes et le Fenua. Soyons fiers d'être républicains et marchons ensemble ce samedi pour dire NON ! Lorsque tu affirmes que "la classe politique locale n'a t elle pas produit plus de dommages collatéraux que les essais nucléaires.", je trouve cette deuxième affirmation gonflée, pathétique, puérile et surtout ridicule ! Tu connais au moins l'Histoire du Fenua avant de dire une bêtise pareille ? Tu dois faire partie de cette catégorie de personnes faisant des liens entre tout et rien, sans avoir eu un minimum d'interrogations et de réflexions, mais sais-tu au moins que des gens sont décédés sans aucune reconnaissance quelconque ? Oui, moi aussi, comme toi, j'en ai marre de cette classe politique locale qui fait et défait des majorités deux fois par an, se souciant uniquement d'eux-mêmes, mais je me refuse à tomber dans le ridicule, surtout lorsque 1 + 1 ne font pas 2 ! Même mon petit frère qui n'est qu'au lycée est d'accord avec moi. Chaque chose en son temps. Dénoncer les politiques locales est une chose, mais se battre pour que la vérité relative à notre passé, présent et futur, éclate, en est une autre. C'est une cause juste et noble. Et bien que je sois affilié UMP, travaillant pour un député (métropolitain) UMP, j'irai manifester samedi, car je suis un enfant du Fenua !
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17/12/2009 à 22h01
@esperanza,
pareil!
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17/12/2009 à 16h20
La classe politique locale n'a t elle pas produit plus de dommages collatéraux que les essais nucléaires.
Alors devant cette farce, je préfère me défiler plutot que de défiler pour cautionner ceux qui ont généré cette situation d'assistanat et de corruption généralisée.