Publié le mardi 09 mars 2010 à 11H02
RÉNOVATION À TUBUAI. Les églises protestante et adventiste se sont retroussées les manches pour aider la population de Tubuai. En tout, plus de 200 bénévoles des deux églises ont participé à la rénovation des maisons, malgré quelques couacs.
L’ESSENTIEL
- Les protestants sont arrivés les premiers à Tubuai pour participer au nettoyage. Une centaine d’adventistes sont venus pour deux semaines afin de rénover les maisons
- L’église adventiste a été désignée comme un site refuge lors de futures intempéries. C’est un choix du gouvernement. Du coup, les adventistes ont décidé de construire sur place un réfectoire et des sanitaires supplémentaires.
Très rapidement après le passage du cyclone Oli à Tubuai, une grande chaîne de solidarité s’est créée dans l’ensemble de la Polynésie et en particulier à Tahiti pour soutenir la population de l’île. Seize tonnes de denrées alimentaires et d’affaires diverses ont été envoyées via le Tahiti Nui. Devant cet afflux, le service des affaires sociales de Tubuai a même réexpédié une partie de ces colis vers Raivavae où quelques familles ont été sinistrées. Cet élan de solidarité n’a pas seulement pris la forme de dons, car très rapidement les Églises protestante et adventiste ont contacté les autorités du Pays pour proposer une main-d’oeuvre bénévole dans le cadre de la rénovation desmaisons. Une aubaine pour la subdivision qui ne pouvait pas assurer seule le nettoyage. Les premiers arrivés ont été les protestants qui représentent sur l’île de Tubuai la plus importante confession suivis de prés par les mormons et les adventistes. Soixante huit personnes sont ainsi arrivées, une semaine à peine après le cyclone. Ces protestants ont surtout participé au nettoyage. Le 20 février, un deuxième groupe de 38 protestants débarque du Tahiti Nui. Sur ce même navire se trouvaient 108 bénévoles de l’église adventiste. “Charpentiers, maçons, entrepreneurs, électriciens, tous les corps de métiers nécessaires à la rénovation d’une maison ont été sollicités parmi les fidèles de notre église. Tous ont pris deux semaines de congés pour venir ici. Il y a aussi une vingtaine de femmes pour s’occuper de l’intendance” raconte Marama Tuariihionoa, président de l’église adventiste en Polynésie française qui a fait également le voyage jusqu’à Tubuai. C’est lui qui a écrit au président du Pays et aux ministres de l’Équipement et du Développement des archipels, respectivement Tearii Alpha et Louis Frébault pour organiser leur acheminement vers les Australes. “Nous avions déjà apporté notre aide en 1992 pour le passage de Wasa à Rurutu et en 1998 avec Osea à Maupiti. C’est la troisième fois que nous nous mobilisons pour un cyclone. À chaque fois, nous choisissons d’apporter notre aide à l’île la plus touchée. Cette fois-ci c’était Tubuai.” explique Marama avant de préciser que son église est totalement autonome sur place puisqu’elle est venue avec un truck, une camionnette et toutes les denrées alimentaires nécessaires pour leur séjour de deux semaines.
Dès leur arrivée sur l’île, bénévoles protestants et adventistes se sont rendus en mairie pour récupérer la liste des sinistrés et les devis établis par le comité de coordination des secours d’urgence, le service de l’équipement et le FDA. Ces rénovations s’inscrivent dans le cadre du AHD (aide à l’habitat dispersé) dont la liste des attributaires est validée par le comité de coordination des secours. Les matériaux de construction, l’ensemble des tôles, bois et autres besoins sont fournis par le FDA. Le seul hic, c’est qu’il y a eu un décalage entre la main-d’oeuvre et l’arrivée des matériaux. Pour le pasteur, “cela avait été vu avec les deux ministres mais il a tout de même manqué de contreplaqués, de tôles et de ciment. Ils ont stocké en priorité les agrégats pour la construction des nouvelles maisons. Nous aurions pu faire plus mais il n’y avait pas assez dematériaux livrés sur Tubuai pour cela. Je pense qu’il y a eu un problème au niveau de la coordination à partir de Tahiti.” Finalement, c’est à trois jours de leur retour pour Tahiti que le navire Tahiti Nui a livré les matériaux de rénovation. Bien trop tard.
L’agacement du pasteur ne s’arrête pas au manque de matériaux mais aussi sur la véracité des travaux à engager : “Les gens exagèrent. Certains, pour quelques tôles qui se sont envolés, ont demandé à ce que le toit soit totalement refait. Je trouve que certains devis ont été gonflés. On mélange un peu la politique et la reconstruction de Tubuai. Mais bon, ça se passe toujours comme ça”. Des devis gonflés ? Le maire réfute cette idée. D’ailleurs, pour lui, c’est le comité qui a validé tous les AHD et qui en est garant. Sauf qu’en y regardant de plus près, il y a en effet quelques surprises sur la liste validée des bénéficiaires AHD. La plus grosse surprise, c’est que des édifices religieux se sont vus octroyer le dispositif. Or, interrogé sur la question vendredi dernier, lors de son passage à Tubuai, leministre du Développement des archipels, Louis Frébault, a assuré que seuls les particuliers pouvaient bénéficier de l’aide. Un des responsables de l’église sanito Huahine qui est enregistrée comme bénéficiaire, pour ne citer qu’elle, avait lui aussi l’air surpris d’être inscrit sur cette liste d’autant que son église n’a pas été touchée par le cyclone et avait même servi de refuge à la population. Autre “écart” d’attribution, l’AHD concerne uniquement les résidences principales or le comité a proposé d’inclure un propriétaire d’un logement qui réside à Tahiti et qui descend “de temps en temps sur Tubuai”. Pour l’église adventiste, la question des devis gonflés a été réglée dès le départ “Nous, notre rôle, c’est de rénover. Nous ne sommes pas là pour construire ou reconstruire. L’église a parfois refusé des chantiers. La reconstruction, ce n’est pas notre mission.” La messe était dite.
ASF
Zoom
Le service de l’équipement à pied d’oeuvre
À Tubuai, généralement, le service de l’équipement compte 23 personnes mais depuis le passage du cyclone, 90 hommes sont venus avec 18 engins divers renforcer les effectifs. Un mois après, ils sont encore une soixantaine. Leur mission : nettoyer au maximum l’île dont le sable a été transporté sur plusieurs mètres à l’intérieur des terres, rentrant dans les maisons et recouvrant totalement la route qui longe le littoral. La première semaine de leur arrivée, le service de l’équipement s’est affairé à dégager la route et pendant deux semaines il a été question des accotements.
Depuis deux semaines, le service travaille davantage à l’intérieur de l’île et ramasse les encombrants et les déchets verts. “Au-delà du cyclone, les gens en profitent pour sortir toutes les vieilleries qui pourrissaient chez eux. Nous nous retrouvons avec plus d’encombrants que le cyclone n’a provoqué de dégâts” assure le chef de mission Éric Pietri. Les déchets verts devraient être enfouis dans les marécages, là où est extraite la soupe de corail. “Nous allons extraire la soupe de corail des marécages pour pouvoir refaire la route en attendant un futur bétonnage ou goudronnage.” Pour les carcasses et les encombrants, les choses sont plus compliquées. “Tout devrait être ramené sur Tahiti, c’est en pourparlers. C’est leministère de l’Environnement qui doit décider”. Seule certitude, l’enfouissement n’est pas possible sur Tubuai. Pour l’instant tout est stocké à l’air libre à côté des quais.
Aide de l’État : des justificatifs difficiles à fournir
Teruna a tout écrit sur son petit carnet. Un frigidaire, une télé, une râpe à coco électrique, des matelas, etc. Comme de nombreux habitants, elle s’est rendue à la mairie pour remplir le formulaire de déclaration de sinistre des particuliers exigé par l’État pour obtenir une aide. Mais comme de nombreux habitants de l’île, Teruna est inquiète, “on m’a dit que tout ne pouvait pas être pris en compte, comme la télé, mais surtout, je dois montrer toutes mes dépenses et moi je n’ai pas de papier.” Rares sont ceux en effet qui ont gardé les factures et pour ceux qui avaient des photos, elles ont souvent été détruites dans le cyclone. Il faut aussi pouvoir justifier de la destruction du matériel mais là encore, le grand nettoyage des premières semaines rend la tâche difficile. “Heureusement, après le cyclone, nous avons répertorié et pris des photos du matériel endommagé dans toutes les habitations sinistrées de ma commune” se satisfait la maire déléguée de Mahu, Louisa Hauata qui essaye d’accompagner ses administrés dans toutes les démarches d’indemnisation. Marie- Thérèse qui a tout perdu n’a pas voulu attendre pour redémarrer : “On est venu ramasser mes machines abîmées, réfrigérateur, congélateur, four, tout. Mais, ils ne m’ont pas amené de nouveaux appareils, on a attendu un peu mais là, on ne pouvait plus attendre. On est allé chercher une nouvelle gazinière et tout ça. Tout le monde se débrouille. De toute façon, on ne peut pas aller crier au secours à côté ou en face car tout le monde a le même problème. On vit comme on peut, on vit au jour le jour. Mercredi dernier, je suis allée à la mairie remplir des dossiers car ils nous avaient contactés. Et là, on nous a dit qu’on allait nous aider pour le réfrigérateur, le congélateur, etc. Nous, on a déjà racheté la gazinière et le réfrigérateur, c’est déjà pas mal, c’est les premiers secours pour reconstruire le foyer. Petit à petit on va faire le reste.”
Pour le haut-commissaire, Adolphe Colrat, il ne doit pas y avoir d’inquiétude car des “formules raisonnables” seront trouvées. “Nous ferons preuve de pragmatisme. Il ne s’agit pas de faire quelque chose d’excessivement bureaucratique à l’occasion de cette opération d’indemnisation.”








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Commentaires anonymes
11/03/2010 à 11h03
distribuer des aides à des églises qui n'ont rien demandé cela s'appelle ...aller à la pêche aux voix...sport national en passe de detroner le vaa
Commentaires anonymes
11/03/2010 à 08h16
Pas mal cet article, la vraie face cachée des îles ! lol lol
ce cyclone c'est de l'eau ... bénite !