La mer a déjà monté de 7,5 centimètres

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Publié le mercredi 14 octobre 2009 à 12H11

CHANGEMENT CLIMATIQUE. Le réseau changement climatique de Polynésie française a présenté hier l'état des lieux alarmant au fenua. Les émissions de CO2 sont de trois tonnes par habitant et par an. La mer a déjà monté de 7,5 centimètres à Tahiti en 30 ans. L'impact du dérèglement climatique pourrait bouleverser l'économie du fenua très dépendante des ressources naturelles. D'ici fin 2010, un programme d'actions doit être rédigé par les 150 personnes formant le réseau changement climatique.


Trois tonnes de CO2 par habitant et par an

tbleauc02400Les émissions de CO2 étaient environ de trois tonnes par habitant en 2008. “Selon le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), le niveau maximal d'émission que la Terre peut supporter pour stopper l'accroissement de l'effet de serre est de 1,8 tonne de CO2 par an”, note le rapport présentant l'état des lieux sur les enjeux du dérèglement climatique au fenua présenté hier par le réseau changement climatique de Polynésie française. Créé en février dernier, celui-ci est composé d'environ 150 personnes issues du secteur public, privé et associatif. Ce réseau s'est donné pour but d'abord d'assembler et de synthétiser les données disponibles sur le changement climatique en Polynésie française. Puis, d'ici un an, les participants définiront un plan d’action collectif. “La contribution est faible mais malheureusement en matière de changement climatique tout le monde pense qu'il n'est pas responsable et que ce sont les États-Unis et la Chine les gros pollueurs. Malheureusement en Polynésie, on compte 50% de 4x4 qui sont des véhicules énergivores”, souligne Jérôme Petit de la station de recherche Gump Berkeley de Moorea, un des deux auteurs principaux du rapport. “On a quand même 3 tonnes de CO2 émises par an et par habitant ce qui représente le double du quota que pourrait avoir chaque personne dans le monde selon le Giec”. De plus, ces estimations ne prennent pas en compte les transports internationaux de biens et de personnes, ces données n’étant pas disponibles. L'ajout de ces informations pourrait faire gonfler largement le chiffre puisque beaucoup des produits de consommation courante au fenua sont importés depuis plusieurs milliers de kilomètres. Le réseau changement climatique en Polynésie française a pris un exemple éloquent de notre mode de vie énergivore. “Un simple aller-retour en avion en classe économiques entre la Polynésie française et la métropole émet 6,9 tonnes de CO2, soit environ 3,8 fois ce que la Terre peut supporter par personne et par an”.


La mer a monté de 7,5 cmà Tahiti en 30 ans

Les effets du changement climatique ont déjà été observés au fenua. “Une élévation d'environ 7,5 centimètres a été observée entre 1975 et 2005 au niveau du marégraphe de Papeete”, indique le rapport. “L'élévation observée, relativement régulière, était d'environ de 0,25 cm par an pendant cette période”. Selon, ces experts, “dans la région du Pacifique Sud, l'élévation du niveau marin projetée d'ici la fin du siècle est du même ordre que la moyenne mondiale (0,35 m)”. Mais il n'existe pas de projection détaillée pour la Polynésie française. Les experts expliquent aussi que l'estimation qu'ils font au niveau mondial est “minimale, puisqu'elle ne considère que la dilatation thermique des océans (c'est-à-dire l'augmentation du volume due au réchauffement de l'eau) et n'inclut pas l'effet de la fonte des glaces”.


Les cyclones deviendront plus intenses

“Il est vraisemblable que les cyclones tropicaux  futurs (ainsi que les typhons et ouragans) deviendront plus intenses, avec des vents maximums plus forts et des précipitations plus fortes”, prévient Jérôme Petit. Le fenua fera-t-il plus souvent face à El Niño ?, s'est interrogé hier l'un des participants à la présentation. “Il n'y a pas encore de consensus sur l'impact du changement climatique sur le phénomène El Niño”, explique le chercheur. “Les observations que nous pouvons faire lors de phénomènes El Niño montrent ce que pourraient être les impacts du changement climatique par la suite. Ce qu'on voit avec El Niño (augmentation des cyclones et des précipitations) peut nous donner un aperçu de ce qu'on aura avec le changement climatique par la suite”.

Entretien- Jérôme Petit de la station de recherche Gump Berkeley

“Des conséquences indirectes sur le tourisme, la perliculture, l'agriculture”

En introduction, vous avez souligné que la Polynésie française était l'une des régions les plus menacées. Pourquoi ?

“Il y a énormément de critères qui font que l'on est une des régions les plus vulnérables. C'est une île isolée il y a donc une impossibilité de migration avec des ressources limitées et des écosystèmes qui sont très fragiles puisqu’endémiques. Ils se sont développés à plusieurs milliers de km des continents et font face à des agressions déjà fortes pour les écosystèmes avec la pollution et la surexploitation des ressources. L'économie est aussi très peu diversifiée et principalement dépendante des ressources naturelles. Tous ces facteurs font qu'on a une des vulnérabilités les plus importantes face à ce fléau.”

Vous avez décrit les constats qui ont déjà été faits au fenua. Quels sont-ils ?

“Le changement climatique en Polynésie française c'est un degré de température supplémentaire qui est déjà observé sur le terrain depuis 25 ans et 7,5 cm d'élévation du niveau de la mer. Cela a des conséquences extrêmement importantes sur l'ensemble des écosystèmes. On a l'impression que ce n'est pas beaucoup un degré supplémentaire mais il faut imaginer la température corporelle du corps humain. Si on avait un degré de fièvre en plus tout au long de la journée, ce serait quand même gênant pour le corps et c'est pareil pour les écosystèmes.”

Quelles sont les projections pour les prochaines années ?

“Les projections sont, en ce qui concerne la température, chaque année plus alarmantes. Ce qui est présenté actuellement c'est une augmentation de 1,8 degré supplémentaire d'ici la fin du siècle. Mais ces projections sont toujours remises à jour. Il y a un organisme international qui s'appelle le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) qui travaille à la mise en commun de toutes ces projections mondiales pour trouver des chiffres globaux.”

Quelles seront les conséquences du changement climatique ?

“L'élévation du niveau marin c'est la dégradation des plages. L'augmentation de la température c'est le blanchiment des coraux. Après, on a des conséquences indirectes sur l'économie comme le secteur du tourisme qui est menacé par une destruction du patrimoine biologique et qui peut entraîner une fréquentation touristique en baisse. Il y aura aussi des conséquences sur la perliculture qui est une culture extrêmement délicate qui peut être menacée par l'introduction d'espèces nouvelles. Il y aura aussi des conséquences sur la pêche, l'agriculture et énormément d'autres secteurs comme la santé publique et bien sûr des conséquences tout simplement sur le mode de vie des populations. On a 20% des atolls de la planète en Polynésie française. Il y a énormément de gens qui vivent aux Tuamotu. Ils seront peut-être amenés un jour à devoir migrer tout simplement et quitter leur île. Cela représentera énormément de changement pour ces populations.”

Propos recueillis par MT

 

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Commentaires anonymes

16/10/2009 à 07h53

On s'inquiète des émissions de CO2 mais pas du tout de toutes les saloperies qui arrivent dans le lagon et détruisent les coraux.
S'il n'y a plus de coraux et que la mer monte comme annoncé il ne fera pas bon habiter dans la plaine littorale, avec ou sans 4x4.

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15/10/2009 à 11h24

Et la petite Sirène ?
Handerson ou Temaru ont ils prévu d'aller lui faire des promesses ?

;D:(:'(:'(

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15/10/2009 à 07h31

Mais qu'attend le pays pour mettre en place le système de bonus/malus automobile basé sur les émissions de CO2 des voitures neuves ?
- Un bonus/malus à l'achat
- Après l'achat, un malus annuel pour les voitures polluantes. Quand tu ne pourras plus payer, peut-être que tu réfléchiras à l'utilité réelle de ta grosse bagnole qui te sert à parader à 50km/h autour de l'île...

14/10/2009 à 20h54

Ils ne sont pas légion "au paradis" les écologistes, bravo Bibi ! C'est pourtant ici qu'ils devraient se bousculer mais comme diraient les Iliens, on en a marre de brasser de l'air pour rien ! Ils n'en ont strictement rien à cirer les dirigeants polynésiens et nous sommes pourtant les premiers concernés !
Il n'y à qu'à écouter le ministre qui nous sort allègrement ce qu'il a entendu sur "Archipels" à propos de Tuvalu ! "Que les pays industrialisés cessent de polluer et de mettre en danger nos archipels" comme si nous n'étions en rien concernés avec nos engins d'enfer dont certains laissent des traînées noires épouvantables et ne subissent aucun contrôle, obligatoire partout ailleurs dans le monde (avec amende conséquente en Allemagne !). C'est à désespérer, la planète brûle et on regarde ailleurs en attendant Copenhague auquel la Polynésie française n'a pas jugé opportun de participer !

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14/10/2009 à 15h21

C'est bien - continuez à rouler en 4x4, subventionnez l'achat de nouvelles voitures, prenez vos bagnoles pour faire 700 mètres, râlez d'après les cyclistes qui ne polluent pas, eux ....
On dit et redit les mêmes choses depuis des années - rien ne change ....
ras le bol !

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