La dengue 4 attaque Tahiti

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Publié le mardi 20 janvier 2009 à 09H50

MALADIE. Deux premiers cas de dengue de type 4 ont été détectés vendredi en Polynésie française. La dengue de type 4 est arrivée au fenua. Deux cas ont été identifiés en fin de semaine dernière à Tahiti : une mère et son fils qui sont rentrés jeudi de Nouvelle-Calédonie avec le virus. Malgré une prise en charge et un traitement anti-moustiques rapide, le ministère de la Santé craint que l'épidémie ne soit inévitable. "Nous nous attendons à des cas compliqués, et des décès sont possibles", a prévenu Jules Ienfa, vice-président et ministre de la Santé, hier au cours d'un point presse.

L’ESSENTIEL

  • Une mère et son fils sont rentrés jeudi soir de vacances de Nouvelle- Calédonie en rapportant le virus au fenua. Ils sont hors de danger
  • La dengue de type 4 se répand dans tout le Pacifique depuis plusieurs mois. Elle n'avait plus touché la Polynésie française depuis 1979
  • Pour minimiser le risque d'épidémie, le ministère de la Santé demande aux habitants de détruire les gîtes à moustique

Alors que les derniers souvenirs de dengue de type 4 en Océanie remontent aux années 1980, le virus a refait son apparition dans le Pacifique en avril dernier. "Durant l'année 2008, 2 000 cas de dengue de type 4 ont été authentifiés dans le Pacifique. Et nous savons que ce chiffre est sous-estimé", a expliqué, hier, Pierre-Henri Mallet, responsable du bureau de prévention des pathologies infectieuses en Polynésie française. "On s'attendait donc à ce que le virus arrive chez nous", a ajouté le ministre de la Santé.

Le virus était présent en Nouvelle-Calédonie. Le jeune Polynésien et sa mère l'ont attrapé pendant leurs vacances sur le Caillou avant de rentrer au fenua. "Ils présentaient les symptômes avant de monter dans l'avion. Ils ont atterri jeudi. Nous avons fait des tests vendredi qui ont confirmé que les deux personnes étaient porteuses du sérotype de la dengue de type 4", a détaillé Jules Ienfa.

Le ministère de la Santé affirme avoir réagi rapidement. D'une part pour soigner ces deux malades : "Ils vont bien. Ils n'ont pas été hospitalisés et ils sont chez eux", a assuré Pierre- Henri Mallet. Une prise en charge médicale immédiate évacue en effet rapidement le risque de complication. D'autre part, le ministère a sollicité vendredi le Centre d'hygiène et de salubrité publique pour éviter la propagation de la maladie. Le CHSP a expliqué hier qu'une opération de démoustication du domicile des malades, à Mahina, a été menée dès vendredi. "Nous devions revenir aujourd'hui (hier, ndlr) pour décontaminer, mais avec cette pluie, c'est impossible", a précisé Glenda Mélix, la responsable du CHSP.

Malgré tout, les autorités craignent de ne pouvoir empêcher l'épidémie. Jules Ienfa a expliqué hier que "les derniers cas de dengue de type 4 remontent à 1979. 150 000 personnes sont nées ou sont arrivées sur le territoire depuis, ce qui veut dire qu'elle ne sont pas immunisées". La dengue qui sévissait jusqu'à présent était la dengue de type 1, dont la dernière épidémie en Polynésie française remonte à 2001. Elle avait causé une dizaine de décès. Pour ce qui est du type 4, près de six Polynésiens sur dix sont exposés car ils n'ont jamais été contaminés.

Une caractéristique est en effet commune aux quatre variétés de dengue : toute personne contractant une maladie est immunisée à vie contre le type de dengue concerné. "Nous avons encore une toute petite chance d'éviter une épidémie, a affirmé hier le viceprésident, ministre de la Santé. Notre but ne sera pas d'éradiquer le virus, mais d'étaler au maximum l'épidémie, pour ne pas paralyser l'économie et permettre aux autorités sanitaires de faire face." Le ministère de la Santé veut aussi renforcer son dispositif de dépistage : une "caméra thermique" pourrait être mise en place à l'aéroport dans les prochaines semaines. Elle permettrait de détecter toute personne atterrissant à Tahiti avec de la fièvre.

Benoît Buquet

DÉCRYPTAGE

Aucun des quatre types de dengue n'est plus dangereux que les autres. Mais l'absence du type 4 en Polynésie française fait que la population n'est pas immunisée et donc rend le risque d’épidémie important. Le dernier épisode de dengue de type 4 en Polynésie française, remonte à 1979.
150 000 personnes ne seraient pas immunisées, car nées ou arrivées au fenua depuis.

La dengue se transmet par les moustiques. Vu qu'il n'existe pour l'instant aucun vaccin, la seule solution pour juguler une épidémie est d'éradiquer les gîtes à moustiques (eaux stagnantes).

Après une période d'incubation d'environ cinq jours, les premiers symptômes sont ceux d'une grippe sévère : fièvre brutale, maux de tête, courbature, grosse fatigue. Sans traitement, les symptômes peuvent évoluer en deux jours vers des vomissements et une intense déshydratation.

Si elle prend une forme hémorragique, la dengue (tous types) est potentiellement mortelle, en particulier pour les enfants de moins de 15 ans. Toutefois, un traitement effectué rapidement suffit à écarter ce danger. Il faut donc consulter un médecin dès l'apparition des symptômes

Démoustiquer : unique barrière à la maladie

Quel que soit son type, la dengue est transmise par un moustique (Aedes aegypti). C'est l'unique voie de contamination. La seule solution pour éviter d'attraper cette "grosse grippe" aux symptômes très impressionnants est donc de lutter contre les moustiques et de réduire au maximum notre contact avec eux.

Le Centre d'hygiène et de salubrité publique a ainsi démoustiqué vendredi le domicile des deux malades, à Mahina. Mais le ministère de la Santé lance surtout un appel aux habitants pour :

  1. détruire les gîtes larvaires potentiels chez soi et autour de son habitation au moins une fois par semaine (stagnation d'eau de pluie, d'arrosage ou de tockage)
  2. laver en les frottant les bords des récipients qui ne peuvent être supprimés afin de détruire les oeufs de moustiques qui peuvent survivre plusieurs mois à la sécheresse
  3. se protéger des piqûres de moustiques

Après les inondations, la dengue sur le point de ressurgir à Fidji

Après les inondations qui ont frappé les îles Fidji ces dix derniers jours, causant 13 victimes et des milliers de sans-abri, les conditions particulièrement humides laissées par les flots font craindre aux autorités médicales une recrudescence des maladies liées aux eaux stagnantes, dont la dengue, transmise par les moustiques. Le Dr Pablo Romakin, médecin dans la région Nord de l’île principale de Fidji, Viti Levu, qui a été l’une des plus touchée par les inondations, a souligné que depuis la semaine dernière, plus de trente nouveaux cas de dengue de type 4 avaient été signalés parmi la population.

Cette résurgence de la maladie, selon lui, est directement attribuable aux inondations, qui ont rassemblé les conditions idéales au développement des gîtes larvaires du vecteur de la maladie, le moustique Aedes Aegypti. Depuis la semaine dernière, les autorités sanitaire ont multiplié les consignes à la population. Avant ces inondations, les îles Fidji avaient terminé l’année 2008 sur un bilan dépassant les 2 000 cas de dengue de type 4, faisant craindre la propagation de cette maladie, sur le mode importé, à d’autres États ou territoires insulaires du Pacifique.

Benoît Buquet
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21/01/2009 à 09h11

"Les dengues on connaît " mais pas celle là !! en plus des autres il y a le grand risque d' HEMORRAGIE pour enfants et adultes: votre taote le confirmera: si des petits vaisseaux sanguins se rompent sous la peau des bras des jambes et font des couleurs anormales, cela démange un peu, consultez très vite !
"EPIDEMIE" c' est à partir de combien de cas/population ?

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