Publié le mardi 03 août 2010 à 11H32
SMPP. La société qui n’a pas payé ses employés depuis juin a fait un référé vendredi auprès du tribunal administratif pour être indemnisée. Ce dernier a condamné l’EAD à lui verser 250 millions pour les travaux de l’hôpital du Taaone.
L’Établissement d’aménagement et de développement (EAD) a été condamné hier à payer la somme de 250 millions de Fcfp TTC à titre de provision à la société SMPP-Sogeba. “L’ordonnance aujourd’hui met à la charge non pas du Pays mais de l’EAD une somme de provision car nous estimons, au vu des pièces très succinctes qui ont été fournies, que pour l’instant il est certain que l’on doit cette somme”, a expliqué le tribunal administratif. Vendredi, après une énième journée marathon pour les salariés et le directeur de la SMPP, le Pays a proposé une solution surprenante : que la société dépose un référé au tribunal pour obliger le Pays à payer. Et c’est ce qui a été fait.
Le président du tribunal administratif a examiné le dossier et estimé qu’il fallait environ 50 millions de Fcfp pour régler les salaires. “Les salariés n’ont pas été payés depuis le mois de juin, et pour l’instant, nous nous basons sur les pièces que nous avons”, a précisé le tribunal. “Normalement nous mettons pour ce genre de dossier entre 15 jours et trois semaines d’instruction mais vu la situation, il était urgent de réagir”. Selon le tribunal, “le marché a semble-t-il été exécuté normalement. Il y a eu des délais beaucoup plus longs de travaux qui sont de six à dix mois supplémentaires qui ne sont pas du fait de la SMPP, donc du coup, ils demandent à être indemnisés, ce qui est normal” rappelle le tribunal avant de trancher : “À titre de provision nous condamnons l’EAD à verser 250 millions”. L’EAD étant le maître d’ouvrage délégué, c’est à lui et non au Pays de payer le délai supplémentaire.
Depuis quelques mois, c’est la guerre entre la société et le Pays, l’un demandant des comptes, l’autre tentant de trouver des fonds. Après le refus de la Socredo d’accorder un crédit relais, l’organisme bancaire estimant ne pas avoir assez de garantie de la part du Pays, la SMPP a tenté le tout pour le tout. La semaine dernière, le patron de la SMPP Robert Bernut estimait que “c’est au Pays de nous fournir des garanties”. Puis les réunions se sont enchaînées du côté de la présidence pour tenter de résoudre le problème des plus de 200 employés de la SMPP qui n‘ont pas été payés depuis juin. Un soulagement à l’annonce du tribunal hier : “Enfin nous allons pouvoir payer nos employés et ils vont pouvoir retourner à leur atelier, mais il reste encore quelques millions à gérer et à verser”, déclare Robert Bernut. “Pour l’instant, nous prenons bonne note mais il faudrait tout de même que tout cela se décante et que le Pays arrive à tout nous payer pour que l’on redémarre tous nos chantiers” risque-t-il. “Nous voulons tout de même remercier chaleureusement tous ceux qui ont participé à la collecte de fonds pour les travailleurs de la SMPP”, a précisé le patron.
La SMPP travaille depuis 2004 sur le chantier de l’hôpital du Taaone. Et comme le chantier a eu du retard “qui n’est pas de son fait” , la société a engagé des frais supplémentaires. Des frais qui s’élèvent selon elle à environ 890millions de Fcfp. Le Pays, lui, s’était engagé à verser 346millions. “Le tribunal estime que l’EAD nous en doit 250 millions, il faut aujourd’hui que l’on trouve la différence”, avance Robert Bernut.
JH







