Hiro cible laTVA, laTDL…

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Publié le lundi 04 mai 2009 à 11H21

ASSEMBLÉE. Le rapport de la commission des prix, menée par Hiro Tefaarere, a été étudié en commission. Il doit maintenant être inscrit à l’ordre du jour d’une prochaine séance plénière. La commission demande pêle-mêle la suppression de la TVA dans les îles, de la TDL, des droits et taxes à l’importation. Les Nouvelles se sont procurées le document. @ (le rapport complet dans cet article)

L’ESSENTIEL

  • Le rapport demande la fin de la taxe de développement local telle qu’elle existe actuellement et préconise une TDL protégeant des produits issus “des ressources locales”
  • “Avec la suppression des droits et taxes à l’importation, les prix baisseraient en moyenne de 17%. Avec en plus la suppression de la TVA, les prix baisseraient dans les îles d’environ 28%”, selon la commission
  • La commission déclare avoir dépensé 5,8 millions de Fcfp pour écrire ce rapport

Le maintien de la TDL fait toujours débat entre ses partisans et ses farouches détracteurs. La commission, elle, dit non à la TDL telle qu’elle existe actuellement. Alors que la TDL a été créée pour défendre l’industrie locale, “elle a en réalité constitué dès l’origine un facteur d’inflation, une violation de la liberté de commerce, une violation de règles républicaines et européennes de la concurrence” selon la commission. Celle-ci met aussi en évidence que “tous les secteurs sont concernés par la TDL alors qu’elle n’a aucun lien avec nos ressources locales : production de chocolat, de bière, de limonade, de batteries, de plastique ou de tube plastique”. La commission propose donc de supprimer la TDL telle qu’elle existe actuellement. “En contrepartie, des dispositifs seront mis en place pour accompagner notre secteur primaire, comme l’exonération totale et automatique des droits et taxes à l’importation sur les intrants et le matériel (y compris la suppression du droit de douane), et la réduction des charges sociales et de fiscalité directe”, explique le rapport. La commission recommande donc “la TDL uniquement pour des produits mettant substantiellement en valeur les ressources locales (matière première ou produit artisanal et culturel) et protégeant l’ensemble de la gamme de produits”.

Suppression des droits et taxes à l’importation et de la TVA dans les îles

Pour la commission, “la valeur CAF (coût, assurance, fret) dans sa composante actuelle est trop inflationniste. Il est proposé soit de modifier la détermination de la valeur CAF pour le calcul des droits et taxes et des marges en dissociant du coût du fret, le fret de base et la valeur du surcoût carburant –ainsi, seul le fret de base serait soumis à taxation et marge- et de ne soumettre à droits et taxes et marge que la partie relative au coût du produit, ou bien, de réduire puis supprimer les droits et taxes douanières (notamment le droit de douane) y compris la TVA pour les îles”. La commission, armée de sa calculatrice a ainsi estimé qu’avec la suppression des droits et taxes à l’importation, “les prix baisseraient en moyenne de 17%”. Avec la suppression de la TVA en plus, “les prix baisseraient dans les îles d’environ 28%”. Le rapport poursuit : “La suppression du coût du fret représentant environ 30% du CAF entraînerait une baisse du prix de détail de l’ordre de 30% à Tahiti et dans les îles. Avec en plus, la suppression de la TVA pour les ventes dans les îles, la baisse du prix de détail serait de l’ordre de 42%”. Mais, la commission ne détaille pas dans son rapport comment pourra être compensée par le Pays la baisse des recettes liées à la suspension de ces taxes.

Renforcer le pouvoir du consommateur

“Aucune aide financière et logistique n’est accordée aux associations de consommateurs”, constate la commission. “Les principales associations de consommateurs se sont mises en place au sein des centrales syndicales de salariés car elles avaient besoin de moyens et d’une logistique. Or les objectifs d’un salarié et d’un consommateur sont très souvent divergents surtout lorsqu’il y a des situations de monopoles et de privilèges qui aggravent le coût de la vie et donc les prix”. Quant à l’institut de c o n s o m m a t i o n , notamment connu pour la météo des prix, il “est toujours en place mais ses moyens sont limités avec uniquement trois cadres de catégorie A dont deux toujours en CDD”. “L’IC dispose de moyens mais est encore très dépendant des autres services et des ministères qui parfois n’apportent pas encore la réactivité nécessaire comme la mise en place d’un laboratoire spécialisé pour l’étude des pesticides”, regrette la commission. Celle-ci souligne donc l’importance de “favoriser l’implantation dans les îles des associations de consommateurs” et de “renforcer la protection du consommateur avec un arsenal réglementaire plus important et dont l’efficacité est accrue par l’augmentation des peines”.

Un package de prestations bancaires

Concernant le secteur bancaire, la commission fait un constat sans complaisance : “Il semble que les banques ont passé plus de temps à verrouiller le choix des usagers bancaires et à fouiller toutes les niches pour ponctionner cette clientèle captive, astreinte par la loi à ouvrir des comptes, qu’à financer l’économie et à prendre des risques raisonnés. Au contraire, l’État (via le système de réescompte de l’IEOM et les crédits bonifiés de l’AFD) et le Pays (via la Sofidep) ont dû prendre la relève du secteur bancaire peu opérant.” La commission demande donc que soit créé “un package de prestations bancaires de base dont le prix sera nul à moyen terme”. Celui-ci “fera l’objet d’une facturation forfaitaire, dégressive sur trois à cinq ans et correspondant aux contreparties de l’obligation légale de dépôt et de paiement via un compte courant”. Ce package comprendrait l’ouverture et la fermeture du compte, la mise à disposition gratuite de moyens de paiement, c’est-à-dire le retrait de cash à l’agence de domiciliation, la mise à disposition d’un carnet de chèque ou d’une carte privative de paiement/retrait et 10 prélèvement automatiques et/ou virements interbancaires gratuits par mois.

Des conventions fiscales internationales

Pour la commission, il faut “préparer avec l’État français et certains pays de la zone Pacifique (Nouvelle-Zélande, Australie…) des accords de partenariat pour travailler sur la mise en place de conventions fiscales internationales”. Selon la commission, cela permettra “une augmentation des recettes fiscales, en taxant les revenus des non résidents, et en répartissant différemment les impôts des multinationales implantées dans le Pays”. Avec ce système, les ressortissants et les sociétés seront détaxés en Polynésie du même montant de l’impôt payé dans leur pays d’origine. La commission préconise également de “mettre en place une CST progressive sur l’ensemble des revenus avec des prélèvements par tranche non plafonnée progressif même sur les haut revenus”.

MT

Cliquez ici pour retrouver l'intégralité du rapport de la commission d'enquête.

FLASH

  • Hirohiti Tefaarere est le rapporteur de la commission d’enquête.
  • Pierre Frébault a participé à ce rapport en tant que vice-président.
  • Minarii Galenon, Frédéric Riveta, Jacqui Drollet, Eleanor Parker, Elise Viriamu, Joëlle Frébault, Nicolas Bertholon ont aussi participé à cette commission.

Zoom

Le rapport qui vaut 5,8 millions de Fcfp

En plein débat sur le coût de la vie à l’assemblée, “la commission d’enquête chargée de proposer des mesures d’encadrement des marges et des prix des produits commercialisés et des mesures de contrôle et de répression en cas d’infraction” est née le 19 août dernier. Le 26 février, sous les objectifs des caméras, Hiro avait déposé le rapport de la commission à l’assemblée. La commission déclare avoir dépensé 5,8 millions de Fcfp pendant sept mois de travail. Elle avait pourtant adopté à l’unanimité un budget prévisionnel de 16,3 millions de Fcfp. Selon le rapport, le président de l’assemblée “n’a pas donné suite aux demandes d’engagement notamment des deux études sur la consommation, les comptes économiques ainsi que le recrutement d’expert en fiscalité, en droit et en stratégie économique”. Selon la commission, les voyages prévus en Chine et dans les Îles Sous-le-Vent n’ont pas été accordés non plus.

Finalement, “le président de l’APF n’a autorisé que le recrutement de l’expert en économie et en management, en la personne de Nick Toomaru”. Selon la commission, “cet agent de l’administration, ancien chef du SAE, pendant 15 ans, avait par ses différentes fonctions dans l’administration (chef du SAE, de l’IC, de la CSPC, commissaire de gouvernement du Port autonome, de la Chambre d’agriculture, de l’Institut Malardé, de l’Institut de la Statistique) et le secteur privé (OPH, TNTV, TNR, consultant privé en management et défiscalisation) le profil idéal”.

Malgré ce “blocage massif”, une mission a été faite en Nouvelle- Calédonie et en Nouvelle-Zélande, mais ces voyages représentent seulement quatre pages sur les 180 qui composent le rapport et certaines affirmations sont écrites sans que leur origine ne soit citée. Ainsi, il est écrit que “pour la viande, depuis environ quatre ans, la qualité des produits vendus est médiocre et il semble que les produits commercialisés en Polynésie ne peuvent même pas être vendus en Nouvelle-Zélande”. Nul doute que les consommateurs du fenua aimeraient bien savoir ce qu’il en est exactement.

Entretien Hiro Tefaarere, rapporteur de la commission d’enquête

Vous avez déposé votre rapport au mois de février. Il n’a pas encore été examiné à l’assemblée. Craignez-vous qu’il ne soit étudié que dans plusieurs semaines ?

“Je formule le voeu, et je l’ai exprimé à To Tatou Ai’a, que ce rapport soit examiné dans les meilleurs délais car ce rapport est un véritable plan de relance au niveau de l’économie polynésienne.” Le rapport pourrait-il donc être étudié prochainement à l’APF ? “Je le souhaite. Je suis membre du bureau. J’ai fait connaître mon souhait au président de l’assemblée, au président de To Tatou Ai’a, aux divers responsables des composantes de la majorité gouvernementale. La balle est dans leur camp. Il serait temps pour relancer une nouvelle économie de rompre avec les pratiques anciennes. J’ai toujours dit qu’il fallait remercier quelque part la crise. Elle nous permet de remettre en cause nos pratiques. Aujourd’hui, il est temps de tourner la page des pratiques condamnables et de bâtir une nouvelle économie. Le rapport que nous avons rédigé répond à tous ces besoins”.

Dans ce rapport, vous dénoncez le quasi monopole des grandes surfaces. Avez-vous eu des réponses de leurs dirigeants?

“ Personne n’a répondu à mes propos. Aujourd’hui, il faut qu’on respecte le fonctionnement des institutions. J’ai déposé le rapport. Il a été enregistré. Il faut qu’il soit étudié, débattu, examiné et voté. Ensuite, en fonction du vote qui aura eu lieu, on verra ce que le gouvernement prendra comme décision. Il faut rendre à César ce qui est à César, et respecter le fonctionnement des institutions.

Dans votre rapport, vous dénoncez “un blocage massif” pendant votre travail du “président de l’assemblée“, du “président du gouvernement”, de “plusieurs ministres” et de “certains chefs de service”. Pourquoi selon vous y a-t-il eu un blocage?

“J’ai tout écrit à l’intérieur. Je ne vois pas l’intérêt de revenir dessus. D’abord au niveau de l’assemblée, nous avons eu un concours modeste pour ne pas dire ridicule du président et du bureau de l’assemblée car nous n’avons pas eu les moyens que nous souhaitions pour mener à bien toutes les investigations nécessaires pour le Pays. Au niveau du gouvernement, là aussi nous avons eu à faire à des ministres de mauvaise foi qui n’ont pas joué véritablement le jeu avec nous.”

Télécharger l'intégralité du rapport.

Mélanie Thomas
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Commentaires anonymes

06/05/2009 à 04h55

Mais....mais....mais les prix vont baisser...OUI....mais lisez attentivement et vous y voyez déjà des impôts sur les SALAIRES !!!

C'est donc QUIFF QUIFF

De plus que pensez vous que les non résidents vont faire lorsqu'ils vont devoir payer des impôts sur leurs revenus ?

Songez y. La réponse est simple.....BYE BYE.....ailleurs c'est mieux !
Et ceux qui partirons ne dépenserons plus leur argent...CHEZ VOUS..MAIS AILLEURS !!!!!!!!!!!

Mort....de Rire.
Si simple

Commentaires anonymes

05/05/2009 à 10h10

Serait-ce lui le nouveau gauchiste en remplacement de Jacky ?
C'est vrai: le capitalisme ne s'effondrera pas tout seul, aidons le !
(non, ce n'est pas de moi ...)
Mais pourquoi veut-il toucher aux marges scandaleuses de la distribution ?

05/05/2009 à 09h43

Entièrement d'accord avec Bernard P., taxer les pollueurs à grande échelle, en premier lieu et d'urgence, les grosses cylindrées ( motorisations de 4/4 et poids lourds émetteurs puissants de C02 et autres gros bateaux non écolo...)en vue d'enrayer les maladies respiratoires graves et combattre efficacement les changements climatiques et la montée des océans... Taxer lourdement les pesticides cancérigènes, les climatiseurs budgétivores et véritables bouillons de culture... Surtaxer l'agro-alimentaire très gras et très sucré et ses risques avérés en terme de diabésité (diabète, obésité, maladies cardio-vasculaires...)
Un tel volontarisme politique et écologique devrait immanquablement et à court terme se révéler une manière incontournable de remplir les caisses du Pays et celles de la CPS... Fini le bla bla environnemental, à la caisse, les pollueurs enfin payeurs et bienvenue aux décideurs enfin responsables...

Commentaires anonymes

05/05/2009 à 07h25

Bonne idée!
C'est une idée à exploiter; exemple : j'ai reçu justement hier une commande de produits que je vends au détail. Je mets à jour mon stock et recalcule mes tarifs en fonction du prix de revient : CHOC certains produits on prit + de 20% d'augmentation! Je ne peux pas augmenter mes tarifs de 20%!!! Alors fifty fifty : je rogne ma marge pour prendre sur mes frais une partie (10 à 15%) de l'augmentation... mais mes charges, elles, ne diminuent pas!!!
Reste à savoir ensuite comment les pertes de revenus pour l'Etat de ces taxes supprimées (si elle le sont) seront compensés. (Hiroiti a-t-il une proposition?)
Hoa here ma, Ia orana

04/05/2009 à 16h06

Plus de TVA sur les îles, Abandon de la TDL. OK
Ces modifications entraîneront à coup sûr une augmentation du pouvoir d'achat de nombreuses personnes. Mais il faudrait surveiller la pratique de la distribution pour voir effectivement comment les prix des produits s'ajusteront.

Mais surtout quelles compensations pour le Pays ?

- Et pourquoi pas une nouvelle tranche de TVA sur d'autres produits tels que les équipements énergivores (Climatisations, automobiles, moteurs de bateaux, etc.) ou des produits à forte valeur polluante (piles non rechargeables, encres, produits phytosanitaires ou autres javellisants, etc.)
Les entreprises ne seraient touchées puisqu'il s'agit de TVA, et cela contribuerait à accroître notre effort environnemental.

...8)

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