Publié le jeudi 15 octobre 2009 à 14H17
PROJET DE LOI MORIN. Les sénateurs ont voté à leur tour hier, après l'Assemblée nationale, le projet de loi d'indemnisation des victimes des essais nucléaires. Le texte a été voté par la majorité UMP et l’Union Centriste par 187 voix contre 29. L'opposition, le PS, les Verts, le RDSE (radicaux), s'est abstenue. Le sénateur Tuheiava a voté contre, Gaston Flosse pour.
“Je suis particulièrement fier de présenter ce texte qui met fin à un vide juridique qui durait depuis trop longtemps, a déclaré le ministre de la Défense, Hervé Morin, en présentant son texte. C'est l'honneur de la République de reconnaître sa responsabilité et de l'assumer.” Il a toutefois opposé une fin de non-recevoir aux demandes des associations de victimes et de vétérans des essais nucléaires, dont des représentants étaient présents dans les tribunes du public et dont l'action a été saluée par tous les intervenants.
Le Sénat a adopté hier en première lecture le texte de Reconnaissance et d’indemnisation des victimes des essais nucléaires français. Le texte a été voté par la majorité UMP et l’Union Centriste par 187 voix contre 29. L'opposition, le PS, les Verts ainsi que le RDSE (Rassemblement démocratique et social européen), s'est abstenue. Un seul amendement a été adopté lors de ce débat en séance public. L’essentiel avait été fait en commission. L’opposition a regretté l’usage répété de l’article 40 de la constitution par le gouvernement. Cet article interdit à la représentation nationale les amendements créant de nouvelles charges pour l’État. S’agissant d’une loi d’indemnisation, les possibilités des parlementaires étaient donc réduites. Michelle Demessine (PC) a accusé le gouvernement de ne pas avoir réglé entièrement la question “pour de médiocres raisons financières qui pourtant ne sont rien au regard des dépenses militaires de notre pays”. Elle a estimé que la loi reste “à mi-chemin”. Soulignant l’insuffisance de la loi, Dominique Voynet (Vert) a conclu que “le mérite du texte est dans son titre”.
Richard Tuheiava (apparenté PS) a voté contre et a jugé que “le texte ne respecte pas le souhait des victimes”. Gaston Flosse (Divers droite) a lui voté en faveur de la loi et s’est satisfait qu’“enfin la France reconnaisse que les essais qui se sont déroulés en Polynésie pendant 30 ans ont été dangereux pour la santé des Polynésiens et qu'elle accepte de reconnaître les victimes. Entre le premier texte qui nous avait été soumis par le ministre et celui que nous avons voté il y a un progrès considérable. Il n’est pas parfait. C’est vrai. C’est à nous, parlementaires, dans le futur, d'y apporter des modifications”. Richard Tuheiava s’est battu en séance pour modifier le projet. “J'appartiens à cette jeune génération de Polynésiens appelée ‘enfants de la bombe’. Sur les huit années d'essais nucléaires atmosphériques en Polynésie, c'est une durée totale de plus de 230 jours pendant lesquels les Polynésiens ont inhalé des particules radioactives”, a-t-il souligné qualifiant “d'aberration” le découpage de la Polynésie en zones contaminées.
Gaston Flosse a voté en faveur de huit des dix amendements cosignés par Richard Tuheiava. Il n’est intervenu qu’une seule fois, c’était pour demander la reconnaissance de la Nation à l’ensemble des Polynésiens. Une intervention qui a fait réagir Dominique Voynet (lire cicontre). L’opposition et les associations regrettent qu’il n’y ait pas une présomption irréfragable. Le rapporteur UMP, Marcel-Pierre Cléach a confié en aparté : “On ne peut pas indemniser tout le monde, nous sommes aussi responsables des finances de l’État.” Le lien de causalité a bien été inscrit dans la loi, mais il est encadré.
L’absence des associations dans le comité d’indemnisation, les zones géographiques retenues (la loi considère que les retombées n’ont pas touché Tahiti et Hao en totalité), la non-prise en compte des ayants droit (épouses et enfants devront aller devant les tribunaux pour obtenir réparation), ou encore le rejet des conséquences environnementales, font que la loi donne à l’opposition et aux vétérans un goût d’inachevé. Les modifications apportées par le Sénat devraient être entérinées sans trop de difficultés par la commission mixte paritaire (sept sénateurs et sept députés). Le ministre de la Défense Hervé Morin s’est engagé devant le Sénat hier à ce que la loi soit en vigueur début 2010. Le ministère a budgétisé 10 millions d’euros pour son application l’année prochaine.
David Martin (Agence de presse GHM) et AFP
DÉCRYPTAGE
150 000 personnes, civiles et militaires, ont participé aux essais nucléaires 4 18 propositions de lois de tous les bords politiques ont été déposées au Parlement aucune d’elles ne fut mise à l’ordre du jour d’une des deux chambres 4 41 essais nucléaires et 5 essais de sécurité ont eu lieu dans l’atmosphère en Polynésie française entre le 2 juillet 1966 et le 14 septembre 1974. Selon le rapport du Sénat, ils ont “tous entraîné, à des degrés divers, des retombées radioactives. Dix d’entre eux ont eu des retombées particulièrement significatives en raison notamment des conditions météorologiques”. 4 137 essais nucléaires et 10 essais de sécurité souterrains ont été réalisés entre le 5 juin 1975 et le 27 janvier 1996
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Commentaires anonymes
17/10/2009 à 10h43
à daniel pilote d'avion remercie le plus haut de t'avoir jusqu'à ce jour épargné d'une de ces grandes maladies (cancer et autres ect...)dont souffrent des milliers de tahitiens et français qui ont participé à cette bêtise de l'état français à moruroa et fangataufa ,
nous nous étions sur un bateau hôtel à 10 km de Tureia en 1971 , lorsquil y a eu le tir qui a dévié sur Tureia cette année là juin juillet ,
l'on nous a jamis rien dit on regardait celà sans combinaison , et les populations ont été touché de plein fouet par cet essai encore une fois râté et nous avec,
combien de nos camarades français et tahitiens qui comme nous effectuaient leur service militaire sont morts de cancers , personne ne parlera plus jamais pour eux ,
alors daniel remercie tous les jours de ta vie le plus haut ,
ceux qui étaient à moruroa et fangataufa sont touchés , ceux qui n'y étaient pas sont aussi touchés ,
ceux qui ont voté contre sont aussi aujourd'hui touchés,
ceux qui ont soutenu sont aussi ce jour touché ,
aucun de nous ne sera épargné par ces cancers et ce génocide prémédité par l'état fançais , ce pour des milions d'années,
les informations par les cancérologues dans les communes de polynésie à commencé et çà n'est pas fini,
çà n'est que le début d'une catastrophe annoncé,
espèrons demain que les tahitiens "TAHITIENS" auront de grands cancérologues,
voilà ce que l'état français peut faire ce jour,
çà c'est du concret,
lumière,
Commentaires anonymes
17/10/2009 à 09h58
Daniel (le pilote) a parfaitement raison même si le légionnaire entre guillemet (secret défense) a une curieuse conception de la déontologie militaire. Bref, il semble reconnaître que l'équipe sanitaire assurait du mieux qu'elle pouvait ses missions de sécurité en évacuant les personnels en cas de danger immédiat. Tous les militaires et civils exposés de près aux essais devaient en effet impérativement passer dans des "sas de décontamination".
J'étais dans les commandos marine, affecté sur l'atoll de Mururoa sur le bâtiment Maine lors des essais aériens. Nous étions à 60 km du point d'impact (point zéro) sur le pont du bateau, en position foetale obligatoire, le dos tourné aux essais mais la curiosité nous faisait souvent nous retourner (temps de retard léger après le 0 du compte à rebours avant l'impact). Puis un éclair aveuglant suivi quelques secondes plus tard d'un souffle brûlant au moment de l'explosion nucléaire, assimilable à l'ouverture de la porte d'un four à puissance maximale. Cela ne semblait durer qu'une fraction de seconde mais la déflagration était pour le moins impressionnante.
A l'heure actuelle, aucun de mes camarades ne souffrent d'aucune pathologie liée à ces essais et nous sommes tous restés en contact sur le net, cette expérience restant malgré un râté reconnu par les autorités, une sacrée aventure. J'ai pu filmer en caméra super 8 ces essais mais je n'ai jamais revu mes films sans doute saisis à Paris.
Si personne ne nie que certains civils notamment aient pu ne pas observer les consignes de sécurité pourtant très précises ou qu'elles aient pu être baclées par certains (ir)responsables civils ou militaires et donc être préjudiciables sur le plan sanitaire, la majorité des militaires qui les ont observées à la lettre n'ont eu aucuns soucis de santé liés à ces essais.
Ces essais comme tout le monde le sait auraient pu être évités si les Polynésiens avaient soutenu dans la rue à Papeete ceux qui défilaient par milliers jusqu'à l'Elysée en vue de les empêcher et si l'Assemblée n'avait pas livré en pâture la zone de Muru à l'Etat français et à la mégalomanie d'un certain général...
Mais il y a bien pire que ces retombées à l'heure actuelle ! On nous empoisonne littéralement a de très hauts niveaux et en permanence, pollution atmosphérique due aux émissions à effet de serre (trois fois supérieure à la limite autorisée par les directives européennes), pesticides (doses 3000 fois supérieures aux normes nationales et européennes).
Une pollution hautement cancérigène, ce qui n'empêche personne de continuer allègrement à importer 7000 4X4 par an dans des zones insulaires hautement vulnérables, à continuer à déverser des déchets industriels dans les rivières et les zones lagonaires, à ne diminuer nullement les doses de pesticides que nous ingérons de manière quotidienne !
Si la radio-activité est in fine un phénomène naturel, les transports aériens en contiendraient notamment de très hautes doses, l'empoisonnement permanent de l'air qui emplit nos poumons et des denrées alimentaires que nous ingérons, nous assurent des retombées cancérigènes autrement plus préjudiciables en matière de santé publique et les autorités feignent de s'en préoccuper...
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16/10/2009 à 20h16
A Daniel ci-dessus,
moi aussi j'ai assisté aux essais nucléaires aériens, bien sur dans ton avion et après t'être posé tu ne risquais rien!!! C'est un beau métier pilote à haut risque... surtout quand on ne risque aucune retombée par la suite... rigolo
Moi, à TUREIA j'étais adjoint au chef de Poste en 1974 quand nous avons eu ce fameux tir raté (3 semaines de météo défavorables avec du personnel CES et Militaire-SMCB-SMCA etc... qui revenaient chers à la France et qu'en plus ces personnels en mission donc superbement bien payés en avaient ras-le-bol d'attendre!!!) et nous à 12/13/14 légionnaires sur le site devions nourrit et loger et les distraire pendant cette durée d'attente alors qu'ils étaient une soixantaine à se glander!!!
Alors tout d'un coup, la météo avait trouvé une fenêtre pour le tir après 3. semaines (c'était secret défense mais comme adjoint c'est moi qui recevait les messages!!! et ce n'était pasz mon vrai nom car sous anonymat de la Légion MONSIEUR!!!)
Manque de pot, après le tir la météo a changé et les vents ont dirigé le nuage atomique (que tu as du certainement traversé) sur TUREIA et nous avons du évacuer dans les 2 blockauss de l'atoll (1 pour les villageois à charge du Major chef de Poste et dans le 2ème à ma charge pour les personnels militaires et civils du CEA en temps qu'adjoint)...
Et tu oses dire qu'il n'y a aucun dégâts alors que nous sommes restés
2 jours et demi enfermész en attendant qu'une équipe du SMCB débarque par super frelon pour autoriser notre sortie!!!
Les conséquences sont graves car le lagon, les coraux, les lieux de débarquement en baleinières ont étés contaminés ... la preuve c'est qu'aujourdh'hui j'ai toujours et en grand nombre des ulcères inguérissables aux pieds et mollets (coupures lors de débarquement en baleinière avec les coraux du platier...pour ceux qui ne savent pas comment cela se passent, allez voir Nicolas HULOT!!!)
Et oui et cela on ne me le reconnaîtra jamais, j'ai pourtant était hospitalisé en médecine tropicale à MARSEILLE en 1976 MAIS à l'poque tous de incapables sur les blessures de coraux!!!
Voilà Monsieur Daniel, restez dans votre Cockpit et arrêtez de dire n'inporte quoi Grand TANGUY...n REVE ENCORE CHEVALIER DU CIEL.
Je t'apprécie quand même pour ton boulot mais réfléchi un plus loin que le bout du nez de ton avion.
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15/10/2009 à 18h35
j'aimerai qu'un responsable politique ou d' associations de ces fameux veterants du nucleaire en polynesie montre preuve à l'appui un quelconque chiffre de ces nombreuses victimes du nucleaire ! J'ai moi-même effectué plusieurs campagnes de tir et mon travail entre-autre consistait a passer a travers le nuage nucleaire juste apres le tir pour effectuer des prelevements afin d'etudier cette explosion .j'etais donc vraiment au contact du nucleaire et que dire de mes amis mecaniciens qui devaient s'occuper de remettre l'avion en etat !!Curieusement de toutes ces personnes ,mecaniciens pilotes navigateurs ,trés au contact du nucleaire et sans suivi particulier depuis , aucun ne présente de symptome special !!!!!!!!!
Je suis étonné que des gens écartés du site pendant les tirs et ne revenant que lorsque tout etait nettoyé et ne travaillant pas sur les zones chaudes necessitent une telle agitation médiatique et politique !
A titre indicatif les particules radio-actives retombaient tres vite et quelques heures apres on ne decelait plus rien dans l'atmosphere . Personnellement je n'ai jamais vu un residu de nuage atteindre un atoll pendant mes campagnes .