En finir avec le décrochage scolaire

Publié le jeudi 15 janvier 2009 à 10H42

ÉDUCATION. Les membres du CESC ont adopté à l’unanimité le rapport sur “Le décrochage scolaire en Polynésie française : quelles actions pour le Pays ?”. Selon la quatrième institution, l’éducation doit être avant tout “une volonté politique”.

Le CESC (Conseil économique social et culturel) a adopté à l’unanimité le rapport sur “Le décrochage scolaire en Polynésie française : quelles actions pour le Pays ?”. Un rapport qui a été présenté comme un complément à la dernière étude de la quatrième institution, sur la délinquance juvénile, “bien qu’il ne soit pas démontré, de manière dogmatique, qu’il y ait un lien systématique entre ces deux problématiques”, a souligné le CESC. Le Conseil a également précisé en introduction que ce rapport ne pouvait être assimilé à l’échec scolaire. En effet, il a simplement souhaité se pencher et s’interroger sur les raisons qui poussent les élèves inscrits en début d’année scolaire à quitter l’école l’année suivante, et ce sans être titulaire d’un diplôme.

Aucune étude précise sur la question n’a été menée en Polynésie française. Aussi le CESC a, dans un premier temps, proposé d’analyser des données sur le décrochage scolaire pour prendre la mesure du phénomène et ses conséquences. Dans un second temps, il a inventorié les dispositifs de prévention existants ou les tentatives menées pour enrayer cela, avant d’émettre ses recommandations et ses conclusions.

Ce que l’on retient essentiellement des débats et du rapport, “c’est que l’éducation n’est pas une priorité dans ce pays”, a souligné Marc Ploton, membre du Conseil. Un sentiment que partage Christophe Plée. Selon lui, “des solutions ont été proposées depuis plus de dix ans au Pays et notamment celle de l’apprentissage pour éviter que des élèves décrochent ou du moins pour qu’ils s’accrochent à l’école. Mais nous n’avons jamais été entendus”. “Le décrochage scolaire dépend de la situation sociale de notre pays. Il faut mener en profondeur une étude sur le social pour éviter le décrochage”, ajoute-t-il. “L’Éducation nationale ne peut pas tout faire. Il faut dans un premier temps aider les parents si l’on veut faire avancer les enfants”.

L'éducation n'est pas une priorité dans ce Pays

Pour Stéphane Chin Loy, tout est une question “de volonté du politique”. Comme beaucoup de membres du CESC, il pense que c’est au Pays de réagir. “Dans notre rapport, nous avons abordé la partie des formations pour aider les élèves. Mais il faut savoir qu’un CFA (Centre de formation d’apprentis) avait été proposé en Polynésie mais cela n’a jamais été fait, faute de moyens. Un CFA est un investissement et représente un coût de fonctionnement. Pour qu’il existe, il faut une réelle volonté politique même si les entreprises sont prêtes à donner un coup de main”.

De son côté, Bruno Bellanger a plaidé pour les parrainages effectués entre le système éducatif et les entreprises privées. Une initiative qui permettrait, selon lui, de mieux insérer les jeunes dans la vie active s’ils venaient à quitter l’école. Mais pour plusieurs membres du CESC, la question du décrochage scolaire reste complexe. La quatrième institution estime que tous les acteurs de la vie politique, économique et sociale doivent s’impliquer. Les recommandations allant dans ce sens ne manquent pas. Au total, plus de 17 points sont préconisés par le CESC. Il conseille d’abord d’effectuer des études approfondies sur le sujet, puis d’avoir une approche différente de la réussite scolaire. Celle-ci ne peut se réduire à l’assimilation de savoirs et à la course aux diplômes, mais pourrait consister à faire progresser l’individu dans un souci d’insertion professionnelle et sociale.

Enfin, le CESC s’est longuement attardé sur la scolarité dans les îles. “Des enfants, il y en a partout mais ce n’est pas le cas des écoles. Lorsqu’ils viennent à Tahiti pour faire leurs études en secondaire, ils n’ont pas de logement et sont loin de tout. Ces facteurs les incitent parfois à décrocher de l’école. C’est un point à ne pas négliger. Il faudrait décentraliser les écoles. La Polynésie est immense et cela réduirait déjà le taux d’absentéisme”, a conclu Jean- Marie Cheung.

Jenny Hunter

Jenny Hunter
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