Publié le jeudi 06 août 2009 à 09H20
ATELIER 3. Le diagnostic de l'atelier 3 est sévère : “Tous les secteurs économiques sont dépendants de l'extérieur”, conclut l'équipe autour de Christophe Serra-Mallol, qui remet en question le mode de fonctionnement de l'économie polynésienne.
L’ESSENTIEL
- Les entreprises polynésiennes seraient trop dépendantes des commandes publiques et des chantiers financés par la défiscalisation
- Le système protectionniste entraînerait une perte de pouvoir d'achat pour les consommateurs en permettant aux producteurs “de fixer des marges à des niveaux supérieurs à ce qu’ils seraient en situation de concurrence”
- L'agriculture et la pêche seraient “en manque d'attractivité”, la perliculture “un secteur auto sinistré”, le tourisme souffrirait d'un “rapport qualité/prix jugé insuffisant”
Sur la sellette notamment : le système protectionniste qui “permet aux producteurs locaux de produire malgré des coûts de production élevés, mais aussi de fixer des marges à des niveaux supérieurs à ce qu’ils seraient en situation de concurrence. Les consommateurs payent les conséquences de ce choix économique et politique par des prix plus élevés et donc par une réduction de leur pouvoir d’achat.”
L’atelier animé par Christophe Serra- Mallol examine enfin plusieurs secteurs de production. Pour l’agriculture et la pêche, il diagnostique un manque d’attractivité pour les jeunes générations : “Des métiers peu valorisés : la pénibilité du travail, des revenus jugés souvent insuffisants, et l’absence de statut garantissant notamment une couverture sociale.” Par ailleurs, il regrette que l’économie ne soit pas développée en filières complètes (production, transformation, vente) : “Les circuits de distribution ne sont pas structurés.” La perliculture, elle, est carrément “un secteur auto sinistré”. Entre autres, problèmes pointés : “Des exportations qui répondent de moins en moins aux attentes du marché”, “une surproduction au détriment de la qualité des perles produites”, “une concurrence mondiale qui se renforce”. “Comment parler de développement endogène en se basant sur une énergie provenant à 89% du pétrole importé ?”, se demande plus loin l’équipe de Christophe Serra-Mallol. Et de constater à regret “qu’il n’y a pas de contrôle du concessionnaire donc de maîtrise des prix” ni de “veille technologique sur les énergies renouvelables”, ou encore que les schémas de développement, y compris le programme pluriannuel d’investissement dans les énergies renouvelables annoncé récemment, “se limitent à l’île de Tahiti ou plus largement à la concession EDT sans prise en considération des îles hors concession”. Enfin, le tourisme aussi est en crise. Son principal défaut selon le bilan de l’atelier 3 : “Des prix élevés et un rapport qualité/prix jugé insuffisant par les touristes”.
Benoît Buquet
CHIFFRES
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Importations Le taux de couverture (rapport exportations/ importations) s'est élevé “à 15% au début des années 1990, à 22% au début des années 2000 pour retomber à 10% aujourd'hui.”
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Tourisme Avec 27% de touristes en moins depuis le début de l’année, la fréquentation touristique en 2009 pourrait être proche de celle de 1997 (180 000 touristes).
- Énergie 1% des abonnés consomme presque 50% de l’électricité produite en Polynésie française. 74% de l'électricité est issue d'énergies fossiles importées, 24% est fournie par l'hydroélectricité et 2% par d'autres sources d'énergie renouvelable.
Énergie
L'atelier “développement endogène” se félicite des avancées récentes en matière d'énergie : le rachat de l’énergie photovoltaïque produite par les particuliers et l'objectif d’atteindre une part d’énergie renouvelable de 50% dans la production électrique d’ici 2020 grâce à une programmation pluriannuelle des investissements (PPI). “Ces investissements se concentrent, sans toutefois expliciter les solutions et projets, sur les domaines suivants : hydraulique, éolien, solaire, biomasse, houlomotrice ; climatisation par eau de mer. Le PPI se base essentiellement sur le développement de projets privés avec mise en place d’incitations fiscales. On peut regretter l’absence d’orientations techniques, et, bien que le programme y fasse référence, l’absence actuelle d’une veille technologique sur les énergies renouvelables. Les investissements nécessaires à l’objectif de 50% d’énergies renouvelables à l’horizon 2020 sur l’île de Tahiti ont été estimés à 44 milliards de FCP avec une participation de la Polynésie dans le cadre de la défiscalisation (soit 18 milliards de Fcfp d’ici à 2020). Ce schéma de développement semble se baser presque exclusivement sur les schémas de développement du concessionnaire (EDT) qui, pour les mêmes objectifs budgétise 70 milliards de Fcfp pour la seule île de Tahiti et 69 milliards de Fcfp pour les îles.”








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Commentaires anonymes
07/08/2009 à 01h57
Bonjour Louis, Bonjour PC,
Bonjours à vous tous,
Il est vrai que l'indolence est le syllogisme du polynésien. Mais la situation est assez préoccupante pour soulever un mécontentement populaire de grande envergure. Cette société de monopoles ou d'oligopoles organisée est soutenue par le politique qui en tire des intérêts. Certains commerçants et certaines enseignes se vont des marges aussi affolantes en situation de non concurrence. C'est le vrai visage du politique mais aussi des pratiques commerciales qui est en train de s'afficher. Elle est bien gentille et vous avez raison de souligner qu'elle est bien pacifique cette population pour avoir accepté de tels abus et dérives pendant aussi longtemps.
A la lecture des différents blogs, la population est à la fois sans espoir de voir une amélioration dans le comportement de ses dirigeants politiques mais à la fois demandeuse de changements profonds. La corruption, le copinage, le réseautage à outrance ont mené ce beau pays au bord du coma. On plaint les pays africains, les pays asiatiques pour leur corruption galopante, mais finalement la PF ne donne pas du tout une image de rêve. Comme dit, Louis BREMOND, le secteur le plus productif est bien le secteur primaire et non le tourisme. Il suffit d'aller faire un tour du côté de la presqu'île pour voir les populations locales vivre de la pêche, de la culture vivrière et pour qui la base alimentaire est le pain, le riz, le café. Comme on dit chez nous CAFE PAIN BEURRE. C'est une réalité. Les ateliers et les états généraux sont une nécessité mais pas une solution. Ils permettront de fixer des axes prioritaires pour engager des transformations profondes de notre société. Et dans ce sens, toute la population devra se mettre au travail, même les fonctionnaires bien assis dans leur siège avec des salaires confortables et assurés. Comment seulement imaginer que le taux de chômage dans notre pays soit évalué une fois tous les recensements c'est à dire en moyenne tous les 5 ans. Combien de fois ai-je entendu "il n'y a pas de chômage à Tahiti. Il y a des cocos, des mangues, du poisson". C'est tellement désolant. Tout est pratiquement à revoir en PF. De la gouvernance, au mode électoral, à la transparence financière, à l'emploi, à l'éducation, à la formation, aux règles du commerce et la liste est tellement longue.
Les participants des états généraux font un travail très important. Ils n'ont pas été, ne sont pas et ne seront pas responsable de l'échec de ce territoire. Cette fracture est essentiellement due aux hommes politiques avides de pouvoir et d'argent et aux 5,5 qui passent par là pour se remplir les poches dans l'espoir de rester un peu plus et de revenir. Ceci est aussi une insulte de toucher autant de primes face à un peuple qui tire la langue.
Nous devons tous en tant que citoyen participer au changement pour avancer et non pas attendre des états généraux qu'ils solutionnent cette situation. Ils vont apporter des axes prioritaires, des plans directeurs et la mise en place de tableaux de bord. Nous devons modifier notre socio culture et accepter de redescendre de plusieurs crans pour vivre et aider notre prochain. Comme on dit encore une fois, la politique du "ça fait honte" doit faire place à la philosophie selon la quelle "l'humilité est une vertu". Cher(e)s ami(e)s, cher(e)s concitoyen(ne)s, travaillons ensemble.
Mei Taki
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06/08/2009 à 17h23
"Sans cela nous allons descendre dans la rue pour flanquer en l'air tous ces monopoles " ! Des monopoles qui s'enrichissent à n'en plus finir sur le dos des Polynésiens à court d'argent, endettés jusqu'au cou voire misérables à mourir !
Voilà qui est parlé M. Brémond, la messe est dite. Reste à espérer que les responsables politiques s'en chargent avant la descente aux enfers révolutionnaires ! Ce qui m'étonnerait tout de même de la part d'un pays si Pacifique qu'il peut endurer le pire avec le sourire ! A moins d'un réel leader qui se lève, gémir n'est pas de mise en Polynésie française...
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06/08/2009 à 14h53
je participe à l'atelier 3, que ça soit mardi soir ou à la réunion de mercredi matin et soir nous n'avons pas assombri notre Economie, nous avons seulement constaté qu'elle était mal faite, on a fait du Tourisme, le plus gros producteur d'emploi ce qui est complètement faux. Le plus gros producteur d'emploi c'est le Primaire: Agriculture, horticulture, arboriculture, Elevage, Pêche lagonaire, côtière et hauturière. Vous savez bien que nous couvrons à peine 10% de notre consommation en fruits et légumes,en poisson je ne peux en parler car je vais rarement au marché acheter du poisson de lagon j'essaie de trouver en bord de route ici à Maraa Donc il y a du Boulot à faire et surtout que le jeune n'aît pas honte d'être un paysan, c'est un des plus beau métier, mais très dur . Juste une chose durant quelques temps je sais que des tomates ont été achetées aux producteurs 120 frs cp le kilog mais elles se vendaient 620 frs en magasin. C'est un défi à relever. J'espère qu'il y aura des jeunes qui liront mon message. J'ai vécu chez mes grands parents qui étaient des paysans et j'ai fait du coprah, marié la vanille préparé à manger aux cochons il y en avait 300. et celà jusqu'à l'age de 14 ans et nous n'avions pas d'électricité. donc '' Mori Tia Iri''
Maintenant nous espérons qu'il y aura un comité de suivi pour mettre en route toutes nos réflexions et nos raports. Sans celà nous allons descencre dans la rue pour flanquer en l'air tous les monopoles.
Les Medias C'est ça que vous devez dénoncer. Ces Monopoles dans la Grande Distribution et Ces bateaux de Croisiéres qui amènent leurs touristes en même temps que leur conteneur de bouffes et boissons. Dénoncez tout ces privilèges. Lorsque je pars ailleurs je n'apporte pas mon Uru et mon poisson dans mes bagages.