Démission de l’agent comptable

Publié le mardi 20 janvier 2009 à 09H32

CPS. Agent comptable de la CPS depuis 1999, Philippe Samyn vient de présenter sa démission. Injoignable, car actuellement en vacances, les supputations vont bon train quant aux motifs de cette démission alors que les placements de la Caisse ont, comme tous, subi de plein fouet les effets de la crise financière Embrouilles à venir ? Sûrement pas. Une tempête dans un verre d’eau ? On se rapproche. Un micro événement qui s’explique ? C’est le discours tenu hier par Alexandre Léontieff, le directeur de la CPS, et Armelle Merceron, ministre de la Solidarité, en charge de la Caisse, au moment de s’exprimer sur l’annonce de la démission de l’agent comptable de la CPS, Philippe Samyn.

thumb_fr_direction_et_ca_cps_okAprès le vote du budget, il a pris des vacances et a présenté sa démission au président du CA et au ministre. Mais à l’issue de ses vacances, il sera de retour, car il a un préavis de six mois”, a précisé hier Alexandre Léontieff. Pour connaître le motif réel de sa démission, il faudra attendre la fin des congés de Philippe Samyn. Du coup, les supputations vont bon train. Mais, pour le directeur de la CPS, “il arrive au terme d’un séjour de 10 ans. C’est une décision personnelle et professionnelle”. Explication corroborée par Armelle Merceron : “Il est inspecteur du Trésor et sa disponibilité de 10 ans prend fin. Il doit faire des choix.”

Pour certains membres du CA, la mésentente avec la direction pourrait néanmoins justifier cette décision. “Les petites dissensions sont normales, a reconnu Alexandre Léontieff, mais sa compétence n’est pas en doute.” Pour sa part, Ronald Terorotua, le leader de O oe To’oe Rima, qui siège au CA, a estimé qu’il “y a le feu entre eux deux au sujet du fonctionnement de la CPS. Plilippe Samyn, il est très autonome, il considère qu’il est le seul à avoir les chiffres. Les histoires de placement l’ont secoué, mais je ne sais pas qu’elles sont les réelles motivations de sa démission”.

Les placements de la CPS, voilà un dossier élevé au rang de serpent de mer dans le microcosme. Effectivement, comme nombre d’épargnants à travers le monde, la CPS a dégusté avec la crise financière mondiale. La Caisse a placé 21 milliards de Fcfp sur le marché financier. À une époque, les plus-values potentielles (selon les cours du marché et la rentabilité d’alors) se sont élevées à plus de 7 milliards et ont été intégrées dans les actifs de la CPS. Là, avec la crise financière, désormais c’est une moins-value potentielle de 2 milliards qui a dû être provisionnée. Mais qui n’est pas effective tant que les titres ne sont pas été liquidés. “Nos pertes virtuelles sont actuellement de l’ordre d’un peu plus de 2 milliards, a confirmé Alexandre Léontieff. Mais ces placements résultent de décisions collégiales. C’est d’abord la commission immobilière et de placements (CIP) qui émet un avis. Le CA prend ensuite une décision qui est approuvée ou désapprouvée par le conseil des ministres.” Autrement dit, la responsabilité de tel ou tel placement ne peut être imputable à une seule personne. Même si les avis peuvent diverger entre membres de la CPS.

Pour sa part, Armelle Merceron souligne qu’en “octobre-novembre, j’ai demandé la tenue d’un CA, auquel j’ai participé, pour que nous examinions l’état de nos placements. Et nous avons décidé, après un large débat, de ne pas vendre, d’attendre, de ne pas se presser... Et d’ailleurs, nos pertes virtuelles sont désormais moindres qu’à l’époque”.

Et Alexandre Léontieff vient tordre le cou à d’autres rumeurs. Un agent comptable peut contracter une assurance en son nom pour couvrir “des fautes de gestion personnelle. Alors que là, les placements sont des actes de gestion collective, l’exécution d’une délibération du conseil d’administration avec le blanc-seing du conseil des ministres”. Enfin, si la CPS est une personne morale de droit privé, chargée d'une mission de service public, “son directeur et son agent comptable sont nommés et révoqués par le conseil des ministres après avis du CA”.

Maintenant, la CPS va devoir se mettre en quête d’un successeur à Philippe Samyn, un appel à candidatures devrait être lancé pour trouver l’homme ou la femme qui sera amené à gérer 102 milliards de Fcfp.

Frédéric Gouis

Diversification

La CPS actionnaire de Mara Télécom ?

Statutairement, la CA de la CPS peut diversifier ses placements. “Les immeubles Papineau et Oopa à Papeete nous rapportent 8% l’an, se satisfait Alexandre Léontieff. Nous avons aussi fait des placements moins heureux en terme de rentabilité financière comme ATN, mais cela permet de créer des emplois et rapporte donc des cotisations à la CPS.”

Aujourd’hui, “la CIP (commission immobilière et de placements) de la CPS va se réunir et se prononcer sur un placement dans la société Mara Télécom”, le futur opérateur de téléphonie mobile qui vient attaquer le monopole de Tikiphone. “Mara Télécom, c’est une activité qui semble rentable, 32% sur 9 ans. Et l’idée de faire un tel placement n’a aucun rapport avec la démission de Philippe Samyn”, commentait hier Alexandre Léontieff. “C’est une offre à examiner”, a prudemment avancé Armelle Merceron.

Frédéric Gouis
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