Publié le vendredi 05 février 2010 à 15H50
OLI A LAISSÉ DES TRACES. Les ravages du vent, de la pluie et de la houle se sont révélés très irréguliers d’une maison à l’autre, selon leur localisation, leur environnement, leur état, mais aussi en fonction du passage du vent. Même irrégularité concernant les communes : certaines étaient mal organisées et ont assez peu informé leur population tandis que d’autres ont assuré sur toute la ligne.
L’ESSENTIEL
- Ce sont principalement les chutes d’arbres, qui ont fait des dégâts
- Certaines familles, surtout avec enfants, préféraient s’abriter dans les foyers tandis que d’autres gardaient leur maison
- Hier après-midi, ce sont les coupures d’eau et d’électricité qui se sont avérées les plus gênantes sur la Côte Ouest
“J’habite ici depuis deux ans. La maison est surtout faite de bois, je l’ai bien attachée, mais il y a une forte montée des eaux et je ne suis qu’à deux mètres de la mer. J’ai indiqué aux pompiers qu’il y a les restes d’un fare en tôle ici, c’est ce qui m’inquiète. Le plus important c’est que nous avons évacué les enfants dans la famille à Punavai plaine. Nous, on reste ici pour garder la maison”, rapportait mercredi soir Tavita qui habite avec sa femme un petit fare pointe des Pêcheurs. “J’ai déjà vécu d’autres cyclones mais nous n’habitions pas encore cette maison. À l’époque on avait été évacués dans la maison des jeunes. Si celui qui est en haut a décidé d’enlever notre maison… ce sera ainsi. Ce n’est que si la mer monte beaucoup et s’il y a trop de vent que nous irons dans un foyer. La voiture est prête à partir dans le sens de la marche !”, ajoutait le père de famille. Hier matin, le fare était encore debout et n’était toujours pas léché par les vagues qui frappaient la côte et s’entrechoquaient avec l’eau boueuse de la rivière.
D’autres ont préféré rejoindre un des nombreux foyers disséminés sur les communes de la Côte Ouest dans les écoles, salles paroissiales et salles de sport. “J’habite tout près de la mer. À chaque fois qu’il y a des vents forts et des cyclones, on vient dormir au temple protestant, même si on a passé toute la journée à arrimer la maison. Mais elle a déjà 45 ans, alors mieux vaut s’abriter, autant à cause de la houle que de la montée de l’eau. Nous sommes venus à dix avec les petits enfants. Mais il y a moins de monde que lors des cyclones précédents, parce que les gens construisent des maisons en dur maintenant !”, a constaté Tepoeitu, un ancien de la commune. “On laisse le portail ouvert toute la nuit pour accueillir les gens. Ce sont surtout des familles qui ont des enfants qui viennent. Des gens ont peur parce qu’ils sont près de la mer ou parce qu’il y a beaucoup d’arbres autour d’eux”, a confirmé le pasteur Tapati Mitema de la paroisse protestante maohi de Punaauia.

“Moi je suis venue m’abriter parce qu’on habite en montagne et il y a beaucoup de grands arbres qui peuvent tomber sur la maison qui est en pinex. Nous sommes surtout venus nous abriter ici à cause de notre bébé qui a trois mois. On n’a jamais vécu de cyclone ici, mais on connaît parce qu’on est de Maupiti, on a vécu le passage du cyclone Osea (qui a détruit 95% de l’île en 1997, ndlr). Ça nous fait peur à cause du petit. Nous ne sommes pas de la paroisse mais on est venu ici parce que c’est le plus près de la maison”, explique Electricia qui tient dans ses bras son bébé Heipuarii. Le cyclone n’ayant pas touché l’île de plein fouet, les dégâts se sont révélés peu importants sur l’ensemble de la Côte Ouest, à l’exception de plusieurs toits arrachés et d’une maison dévastée à Paea. De nombreuses chutes d’arbres ont par contre contraint les pompiers à intervenir sans cesse hier, de nuit comme de jour.
Lara Dupuy
Lara Dupuy






