Publié le vendredi 06 mars 2009 à 09H14
RECHERCHE. Le congrès des sciences du Pacifique s’est achevé hier par une discussion autour de la coopération scientifique.
L’ESSENTIEL
- Les chercheurs ont émis le souhait d’une meilleure collaboration entre chercheurs anglophones et chercheurs francophones
- Ils ont encouragé des programmes d’échange, notamment à destination des jeunes chercheurs et des étudiants
- Ils ont aussi salué la naissance du Gops, le Grand observatoire de l’environnement et de la biodiversité dans le Pacifique sud, créé mercredi soir à l’UPF
Il faut améliorer la coopération pour la recherche dans le Pacifique. Telle est la conclusion d’une discussion en séance plénière qui a eu lieu hier matin. Les chercheurs y ont notamment discuté plusieurs idées pour améliorer la coopération scientifique dans le Pacifique : favoriser les échanges de jeunes chercheurs, développer les contacts entre les scientifiques et les opérateurs (associations, entreprises, pouvoirs publics), et surtout créer des organisations scientifiques fédératives pour rassembler moyens et connaissances.
Précisément, l’une des initiatives dont les organisateurs du congrès se sont félicités est la naissance du Gops, le Grand observatoire de l’environnement et de la biodiversité terrestre et marine du Pacifique sud (voir cicontre). “Tous les organismes de recherche français dans le Pacifique sont tombés d’accord pour travailler ensemble”, s’est réjouie hier Tea Frogier, déléguée à la recherche pour le gouvernement de la Polynésie française. “Il faut absolument que les organismes de recherche collaborent avec les universités. Aujourd’hui, beaucoup d’organismes de recherche, le Criobe par exemple, sont isolés”, expliquait le président de l’université Pierre et Marie Curie, Jean-Charles Pomerol, initiateur de la création du Gops. À la signature du partenariat entre les onze organismes, Louise Peltzer a laissé l’émotion la déborder, bafouillant, les larmes aux yeux : “C’est une chance pour une toute petite université comme la nôtre !” Mais le Gops ne rassemble que des instituts francophones. Or, comme le soulignait hier le sociologue Dominique Wolton, il serait bon de “réunir la tradition francophone et la tradition anglophone”. Ce partenariat franco-anglophone existe déjà dans un domaine au moins : la recherche sur le corail océanien. Le Crisp (Initiative du Pacifique sud pour les récifs coralliens) oeuvre dans 17 pays du Pacifique pour “la protection et la gestion durable des récifs coralliens ; et le transfert de l’expertise des pays développés vers les petits états insulaires du Pacifique”.
Les scientifiques ont aussi souligné la nécessité de programmes d’études destinés aux jeunes chercheurs. Gérard Siclet, de l’Académie des sciences, a expliqué que, selon lui, “la meilleure manière pour les jeunes scientifiques de faire leurs études doctorales est de les réaliser dans deux pays avec deux directeurs de recherche, l’un anglophone, l’autre francophone”. Dans la même matinée, le sociologue du CNRS Dominique Wolton a confirmé : “Il faudrait inventer un programme Erasmus du Pacifique, en trouvant un nom qui corresponde aussi bien aux anglophones qu’aux francophones”. Erasmus est le nom donné à un programme européen d’échange d’étudiants et d’enseignants entre les universités européennes.
Mais les scientifiques doivent aussi savoir parler aux non-scientifiques. “Il faut absolument développer la coopération pour la recherche, mais aussi le partage de la recherche”, a lancé hier soir Fabrice Colin, co-président du comité organisateur, dans son discours de clôture. Il a par exemple souligné la coopération entre les organismes de recherche et les associations : “Pendant ce congrès, on a vu des ONG venir massivement chercher des données auprès des chercheurs pour les sortir de l’univers purement scientifique”. Le délégué à la recherche en Polynésie française pour l’État français, Pierre Méry, a promis qu’une note de synthèse sera adressée sur ce sujet au président de la République. Nicolas Sarkozy avait écrit en début de semaine un communiqué aux chercheurs du congrès, leur promettant d’être “à l’écoute des propositions [faites] dans le cadre de [la] session plénière sur la coopération régionale”.
Benoît Buquet

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Le Gops est né
C’est tout neuf, ça vient de sortir ! Le Grand observatoire de l’environnement et de la biodiversité terrestre et marine du Pacifique sud, qu’on appellera Gops par commodité, est né mercredi soir. À la présidence de l’université de la Polynésie française, un protocole d’accord pour la création de ce nouvel organisme de coopération a été signé par onze directeurs d’institutions françaises : l’IRD, les universités de Paris- VI Pierre et Marie Curie, de Nouvelle-Calédonie, de Polynésie française et de Perpignan, l’École pratique des hautes études, l’Ifremer, le CNRS, le Museum national d’histoire naturelle et l’Institut agronomique calédonien. Cet observatoire aura notamment pour objectifs de coordonner des programmes communs de recherche, de “participer à la mise en place de masters dans le Pacifique sud en soutenant l’action de l’UNC et de l’UPF”, ou encore de conseiller les pouvoirs publics pour la protection de la biodiversité. Six groupes de chercheurs ont été formés au sein du Gops, autour de six thématiques : les écosystèmes marins (coraux), les écosystèmes terrestres (flore endémique), le changement climatique, les aléas naturels hydro-climatiques et telluriques (phénomènes météorologiques), l’impact des activités anthropiques (humaines) sur les lagons et récifs et enfin la valorisation et le mode de gestion des écosystèmes et de la biodiversité.








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Commentaires anonymes
06/03/2009 à 17h31
Un évènement d'une exceptionnelle importance mais auquel tout le monde n'aura pas eu la chance de pouvoir assister. La création de l'Observatoire offrira l'opportunité d'y remédier et d'y convier tous les écologistes au service de la planète ainsi que d'échanger entre chercheurs français et étrangers, à l'instar d'Erasmus pour l'Union européenne, en vue de relier leur savoir-faire à celui des scientifiques du monde entier présents lors de ce 11ème Intercongrès du Pacifique.
Reste à saluer la volonté du chef de l'Etat français, de faire de la Polynésie française une vitrine environnementale au sein du Pacifique, de mettre en exergue l'excellence en terme de recherche d'où qu'elle vienne et, de lancer les bases d'une coopération internationale innovante en matière de développement durable, de changement climatique et de ses conséquences et, enfin de recherche en matière énergétique, dans le but de relever les challenges d'un avenir serein au sein du Pacifique.