Comment se protéger des risques naturels

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Publié le jeudi 28 janvier 2010 à 11H29

HABITAT. Punaauia, commune test du plan de prévention des risques naturels (PPR) qui définit les zones menacées, devrait d'ici trois mois avoir validé son plan. Une fois validée, toute demande de permis de construire devra se conformer à ce que prévoit ce PPR. D'autres communes devraient suivre.

L’ESSENTIEL

  • Pirae, Mahina, Rurutu, Hiva Oa et Papara sont les autres communes les plus avancées dans ce domaine
  • Chaque conseil municipal peut adapter les recommandations du PPR selon ses souhaits. Il pourra donc y avoir de grosses variations d'une commune à une autre
  • À Punaauia, les habitants des zones à risque fort auront l'obligation dans les cinq ans de faire une étude de diagnostic du risque
Comment faire pour ne pas avoir la mauvaise surprise, un jour, de voir un immense rocher éventrer votre maison ? Ou comment ne pas avoir les pieds dans l'eau pendant la saison des pluies ? Le service de l'urbanisme a essayé d'apporter des réponses en mettant en place le plan de prévention des risques naturels (PPR). L'ensemble des îles habitées de Polynésie française a été cartographié. Chaque île a été coupée en quatre parties : zone à risque fort, moyen, faible et nul. Sur la surface cartographiée de Tahiti (l'intérieur de l'île ne l'a pas été), 50% des terrains sont dans une surface à risque fort, 35% à risque modéré et 15% à risque faible.

Punaauia, qui a été la commune test du plan de prévention des risques naturels, qui définit les zones menacées, devrait d'ici trois mois avoir validé son plan. D'autres communes devraient bientôt suivre ensuite comme Pirae, Mahina et Rurutu. Les communes de Hiva Oa et Papara ont, elles, complètement intégré le PPR dans le PGA (plan général d'aménagement). Pour être exécutoire, le PPR doit être adopté par chaque conseil municipal avant de passer en comité d'aménagement du territoire puis en conseil des ministres pour son approbation finale. Les communes sont cartographiées depuis 2007. Mais la succession rapide de gouvernements depuis 2007 a encore ici laissé des traces. “Nous sommes deux à faire ce travail. Il a donc déjà fallu du temps pour présenter le plan et le remettre à chaque mairie. On fait à chaque fois en sorte de le présenter devant le conseil municipal”, explique Emmanuel des Garets, ingénieur géologue des risques naturels. “On a eu aussi beaucoup de changement de gouvernements. On a dû représenter à chaque fois le plan de prévention des risques, leurs implications, leur avancement et la procédure à suivre, commune par commune. Dernièrement, on a eu le vice-président Tony Géros (remplacé par Fritch depuis novembre, ndlr) qui était contre ces plans. En tout cas, il l'a fait comprendre mais ne nous empêchait pas de travailler. (…) On a perdu là clairement six mois de travail”.

Aujourd'hui, tant que les PPR ne sont pas exécutoires, seules les zones à forts risques naturels sont inconstructibles, sauf si un bureau d'étude démontre la sécurité vis-à-vis de l'aléa en cause. “Dans les autres zones, on informe les gens qu'il existe un certain nombre de recommandations. Mais elles ne sont pas obligatoires”. Mais une fois que le PPN sera adopté par Punaauia et lorsqu'une personne demandera un permis de construire, elle devra se conformer aux recommandations selon la zone où elle veut construire. Ainsi, si quelqu'un souhaite construire sur la commune de Rony Tumahai dans une zone à risque moyen pour les inondations, elle devra construire sur pilotis à plus d’un mètre au-dessus du terrain naturel.

Selon la cartographie, 50% des terrains sont dans une surface à risque fort à Tahiti

Ce PPR risque d'être plus contraignant surtout pour ceux qui ont construit sur une zone qui s'est révélée finalement inconstructible. Premier cas de figure, “la mairie les informe du danger et les personnes auront l'obligation dans les cinq ans de faire une étude de diagnostic du risque. L'étude de diagnostic pour un mouvement de terrain coûte entre 50 000 et 100 000 Fcfp. La personne a cinq ans pour le faire. Une fois ce diagnostic réalisé, on saura s'il faut absolument enlever la maison, faire tel ou tel travaux et à quel coût”. Pour les personnes installées sur un terrain à risque fort, si la maison est détruite par le risque qui a été mis en cause, à ce moment-là, il y aura une interdiction de reconstruire au même endroit. Mais les recommandations incluses selon les zones dans le PPR à Punaauia pourraient être bien différentes de celles de Pirae, Mahina… En effet, “si la commune instruit son plan, elle peut dire en zone de risque fort on veut faire quand même ça, ça et ça en discutant avec l'État, le Pays et, à travers ses services, la mairie. Il peut donc y avoir de grosses variations d'une commune à une autre”, note Emmanuel Des Garets.

Mais quand les plans seront appliqués, il sera parfois difficile de vérifier si les demandeurs du permis de construire respectent bien les PPN. “L'urbanisme n’est pas compétent au niveau du permis de construire pour aller expertiser les études qui sont faites. Le jour de la conformité elle voit bien si la maison a été mise sur pilotis en revanche c'est difficile de dire pour le service de l'urbanisme si l'étude a bien pris en compte tous les mouvements…”

MT

Entretien Emmanuel Des Garets, ingénieur géologue des risques naturels

Lors de la construction d'un domicile sur un terrain soumis à des risques naturels, il y a des mesures simples à prendre pour éviter toute catastrophe. Lesquelles ?

“Il y a beaucoup de mesures qui sont vraiment très simples. Par exemple, quand on fait une terrasse en montagne, on la fait toujours avec une petite pente en amont pour récupérer les eaux dans un caniveau. Toutes les eaux doivent être canalisées vers un réseau ou un émissaire naturel. Ce sont des choses élémentaires qu'on est loin d'observer partout. On voit dans certains lotissements qu'on fait un bout de buse et on rejette l'eau dans la pente. Ça ne se fait pas et ça crée un risque pour ceux qui sont en dessous. Ensuite, on a la végétalisation des talus. On le recommande. Ça empêche beaucoup de pollution dans le lagon. Nous avons besoin d'un récif pour se protéger des houles et des cyclones. Aujourd'hui, la température de l'eau augmente. On pollue l'eau avec tous ces apports terrigènes. C'est un problème à résoudre. Il y a beaucoup de choses élémentaires auxquelles il faut faire attention. On dit attention à la pente qui est au-dessus de chez vous, faites attention à l'eau…Certaines personnes regardent leurs parcelles bien plates et disent : ‘je ne vois pas pourquoi je ne peux pas construire dessus’. Il suffit de leur dire de lever la tête et qu'ils regardent le versant. Là effectivement, ils voient une barre rocheuse audessus.”

Le changement climatique aura-t-il des impacts sur les risques naturels ?

“Il peut avoir un impact important. Le premier qui nous parle, c'est le risque cyclonique puisque la barrière récifale est notre première protection contre les risques cycloniques. Si le niveau de l'eau monte trop et que les coraux ne peuvent pas suivre cette montée des eaux le filtrage de la houle avant impact au rivage sera beaucoup moins amorti. On a déjà pris en compte dans les études actuelles la montée de l'eau. Nous avons fait une étude pour savoir si le récif pouvait compenser la hausse de la température et l'élévation du niveau marin et l'acidification de l'eau. Il semblerait que, pour l'instant, il compense ces choses-là. On garde effectivement un oeil sur toutes ces conséquences. Au niveau des rivières et des mouvements de terrain, on sait aussi que cela pourra avoir un impact car les cyclones ne seront pas forcément plus fréquents mais plus intenses donc on aura plus de précipitations, donc des crues peut-être plus importantes et des saturations du sol plus importantes.”

Y a-t-il une commune qui est beaucoup plus soumise aux risques naturels ?

“Oui, Taiarapu ouest. C'est là qu'on a le risque de mouvement de terrain le plus élevé sur Tahiti. C'est dû à la hauteur des versants, à leur pente, à une très forte altération des sols sur une grosse épaisseur et surtout une grosse saturation en eau. C'est-à-dire qu'on a des précipitations plus importantes du côté de Fa’aone et de Hitia'a mais on a des bassins hydrographiques plus développés donc on a une meilleure purge de l'eau. Alors que sur Taiarapu ouest on a beaucoup plus d'infiltration dans les sols et une saturation plus importante. Avec des photos aériennes, on retrouve beaucoup de cicatrices de glissements de terrains. Sur le terrain, nous sommes aussi souvent confrontés à des glissements de terrains dès qu'il y a de fortes pluies qui sont parfois menaçantes pour les habitations.”

Propos recueillis par MT

Zoom

Le PPR pour les nuls

Le PPR (plan de prévention des risques naturels) comprend des cartes de risque et un règlement qui définit les conditions de construction de tout nouveau projet, mais aussi les mesures s’appliquant aux biens existants. Les risques naturels pris en compte dans le PPR sont les mouvements de terrain (les glissements, les coulées boueuses, les arrachements, les chutes de pierres), les inondations par les rivières et les ravins, la houle et la montée de la mer, et enfin, les tsunamis. Les effets du vent lors des cyclones ne sont pas pris en compte dans les PPR car ils font l’objet d’une réglementation particulière. En Polynésie française, la gestion des risques naturels est une compétence partagée entre l’État et le Pays. L’État gère l’ensemble des questions relatives à la gestion des situations de crise (élaboration de plans de secours, gestion des alertes, mise en oeuvre de plans, aides afférentes aux communes, information préventive associée, etc.). Le Pays a en charge la prévention des risques naturels à travers leurs prises en compte dans l’aménagement du territoire et la conduite d’actions d’information préventive. Il dispose notamment pour remplir sa mission d’un outil réglementaire, le PPR.

Quels risques en cas de tsunami ?

Vous vous souvenez tous de l’alerte rouge au tsunami déclenchée le 29 septembre dernier en Polynésie française suite à un séisme aux Samoa. La semaine dernière, c'est la commune de Punaauia qui a fait un exercice de simulation. Mais quels seraient réellement les risques ? “Un tsunami sur la côte ouest en principe ne dépassera pas une altitude de deux à trois mètres”, décrit Emmanuel Des Garets, ingénieur géologue des risques naturels. “La marge de sécurité fait qu'on demande cinq à six mètres pour l'évacuation. Dans 80% des cas quand on a dépassé la route de ceinture, on est en sécurité”. Le géologue met également fin aux idées reçues : “Sur la côte ouest, il n'y aura pas de déferlement de vague. Ça ne sert à rien de regarder à l'horizon. Il y aura un remplissage du lagon et un débordement sur les sols et un retour à la mer”.

Sur la côte est, sans récif, le contexte est différent et semblable aux Marquises. “Là, il peut y avoir véritablement un déferlement. Si on se place dans le cadre d'un tsunami comme on a connu en 1946 et 60, on peut avoir aux Marquises une destruction de tout sur 100 mètres depuis le bord de mer. On peut avoir la même chose sur la côte est”, explique Emmanuel Des Garets. “Sur la côte est, historiquement la mer est déjà montée jusqu'à 6 mètres au niveau de la Papenoo. C'est-à-dire que la mer s'est propagée dans la vallée sur plus de 300 mètres”. En cas d'alerte au tsunami, les habitants devraient donc évacuer sur 100 à 300 mètres à partir du bord de mer. Mais le service de l'urbanisme ne déconseille pas la construction en bord de mer sur la côte est. “Les tsunamis ne sont pas aussi fréquents que les cyclones donc on n'empêche pas de construire dans la zone qui serait potentiellement détruite qu’une ou deux fois par siècle”, souligne le géologue. “En revanche, on recommande aux habitations de se surélever à 1,5 m du sol. Une fois le déferlement passé, on a plus qu'une lame d'eau qui rejoint la mer. Souvent, c'est le retour à la mer qui fait un gros poids d'eau qui est destructeur. Si on surélève bien les habitations, on peut penser que la lame d'eau pourra passer en dessous et faire des dégâts moindres”.

Emmanuel Des Garets rappelle enfin “qu'en cas d'alerte au tsunami majeur, nous le saurions 6 à 10 heures avant”. Le temps d'évacuer la population et d’éviter toutes pertes humaines.

Mélanie Thomas
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Commentaires anonymes

31/01/2010 à 16h57

de toute façon si le gars a un beau 4x4 et une maison pourri, pas de probleme c'est un C....quand on es pauvre on a pas de voiture a 3 briques. et moi je ne roule pas sur l'or et ma voiture est toute pourri mais ma toiture est en bonne etat.;D

30/01/2010 à 20h07

@ parisot
Le plus à plaindre, c'est toi.

Je ne fait pas un réquisitoire contre la pauvreté, je veux simplement attirer l'attention sur les constructions sauvages, et sur le j'menfoutiste d'un bon nombre de "constructeurs" inconscient des dangers qu'ils font courrir aux autres, quand le vent est violent.
Un coup de vent n'a jamais tué personne, une tôle, si.

Je ne suis pas, comme tu le prétend, un petit bourge égoïste qui veut préserver ses biens, j'ai simplement un fare avec une porte d'entrée vitrée de 2,10m X 1,50m, comme presque "tout le monde", et n'étant pas riche, j'y tiens, car cela m'ennuierait beaucoup qu'elle soit cassée, à cause de l'inconscience du voisin, d'autant plus que mon contrat d'assurance, qui est obligatoire, stipule que les dégats causés par les intempéries ne sont pas remboursés.

T'as rien compris "paris zozo", au lieu de jouer les soeurs thérèsa, réfléchit avant de dire des conneries.

Au fait t'as combien pauvres chez toi ?

Commentaires anonymes

29/01/2010 à 08h14

Les PPR :
Comme le dit Guys : a quoi ça sert les règlements quand on construit sans permis ?

Commentaires anonymes

29/01/2010 à 06h36

accueillez donc votre pauvre voisin chez vous et offrez lui un toit correct plutôt que de raler sur la situation de son toit qui "pourrait" détruire vos belles baies vitrées !
lequel des deux est le plus à plaindre ?

28/01/2010 à 16h41

-comment-se-proteger-des-risques-naturels.[b][/b]

En ce qui me concerne, c'est simple: Eviter les tôles pourries de la toiture du voisin.

Mon voisin, a construit sa maison sans permis de construire sur ma limite, avec des murs en pinex et une toiture avec des tôles de récupération. C'est pas parce qu'il n'a pas les moyens, puisqu'il a fait un emprunt, mais avec l'argent il a acheté un 4X4 d'occaz, et avec le reste il a construit son bidon ville.

C'est tout à fait anormal de prêter de l'argent sans contrôler son utilisation, surtout si c'est pour construire une cage à lapins sans permis. Mais ça en Polynésie c'est monaie courante.

Le problème c'est qu'en cas de grand vent, ses tôles pourries qui ne tiennent que par quelques clous, risquent d'être précipitées chez moi, casser les baies vitrées et autre, et que dira mon assureur: vous n'êtes pas couvert pour les catastrophes naturelles.

Or là, il ne s'agit pas de catastrophe naturelle, mais de voisins catastrophiques, et là que propose Mr Emmanuel Dégat-rets ?

Légal

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