Publié le mardi 16 mars 2010 à 09H05
VIGILANCE. Avec les pluies particulièrement abondantes en ce début d’année, les cas de leptospirose augmentent. Une vingtaine pour le seul mois de février a été diagnostiquée. Les médecins appellent la population à consulter dès l’apparition des premiers symptômes.
L’ESSENTIEL
- En saison des pluies, les risques de contamination à la leptospirose augmentent
- Si la maladie est diagnostiquée rapidement, elle se soigne facilement
- Si elle atteint sa forme grave, elle peut être mortelle. Huit personnes en sont mortes en trois ans sur le fenua
Sur le plan météo, le mois de février a été plutôt pluvieux. Sur le plan santé, la courbe de la leptospirose a suivi celle des pluies. Dès qu’il pleut, les conditions se réunissent pour une augmentation des risques de contamination de leptospirose. Une vingtaine de cas ont été diagnostiqués en février. Les professionnels de la santé sont sur le pied de guerre. Il s’agit d’inciter la population à consulter, dès les premiers signes : fièvre élevée, mots de tête, douleurs musculaires. En effet, si la maladie est diagnostiquée tôt elle se soigne très bien, mais elle peut rapidement se compliquer et devenir mortelle, dans 5 à 10% des cas. Sans parler du coût de sa prise en charge : 1 000 Fcfp pour 7 jours de traitement antibiotique ou 300 000 Fcfp pour une journée en réanimation.
La leptospirose est une maladie fréquente et grave en Polynésie. De 2006 à 2010, la tendance épidémiologique en Polynésie française fait état d’une augmentation des cas pendant la période des pluies (janvier à avril). En 2009, 93 cas ont été rapportés en Polynésie française. Cette année, après les fortes précipitations qui se sont succédé suite au passage du cyclone Oli, une flambée de cas de leptospirose a été observée. Au 10 mars 2010, 27 cas avaient été signalés en deux mois dont 14 à Tahiti et 11 aux îles Sous-le-Vent. 75% d’entre eux ont nécessité une hospitalisation et 15% un séjour au service de réanimation.
C’est une pathologie infectieuse endémique majeure sur le fenua. Une étude de l’institut de veille sanitaire sur l’épidémiologie de la leptospirose en Polynésie française de 2006 à 2008, met en avant des chiffres préoccupants : une incidence moyenne élevée avec 35/100 000 habitants touchés (à titre de comparaison, ce chiffre en métropole est de 1/100 000) et 67% des cas hospitalisés. En trois ans, huit personnes en sont mortes sur le territoire. Trop pour une maladie facile à soigner. “Il y a relativement peu de formes graves mais elles peuvent atteindre des personnes jeunes en pleine santé. Les pathologies sont sévères, toutes les fonctions peuvent être atteintes”, développe Eric Bonnier du service réanimation. Le mode de vie (marche pieds nus, baignade, agriculture familiale) rend difficile l’application stricte des mesures de protection individuelle.
Un mode de vie qui pose problème aux médecins. Le contact avec les animaux, l’eau boueuse, l’insalubrité des habitats… Des conditions qui favorisent la contamination à la leptospirose. “La maladie existe partout dans le monde, c’est une question d’hygiène”, expliquent les professionnels de santé. Glenda Melix, responsable du centre d’hygiène et de salubrité publique, insiste sur le message envoyé aux communes concernant le ramassage des déchets, la réhabilitation des quartiers mais à elles, ensuite, d’entreprendre les actions adéquates. Quant aux médecins, leur objectif est de sensibiliser les gens pour qu’ils consultent rapidement dès l’apparition des premiers symptômes en saison des pluies.
LR

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Leptospirose
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Les symptômes La leptospirose est une maladie bactérienne qui affecte les hommes et les animaux. Les premières phases de la maladie peuvent se manifester par une forte fièvre, de violentes céphalées, des douleurs musculaires, des frissons, une rougeur oculaire, des douleurs abdominales, un ictère, des hémorragies des membranes cutanées et muqueuses (y compris des hémorragies pulmonaires), des vomissements, une diarrhée et une éruption cutanée.
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Les causes L’infection chez l’homme survient par contact direct avec l’urine des animaux infectés ou par contact avec un environnement contaminé par de l’urine, telle l’eau des rivières, le sol et les plantes. Les agents pathogènes ont été trouvés chez divers animaux domestiques, notamment les rongeurs, les insectivores, les chiens, les bovins, les porcs et les chevaux. Les leptospires peuvent pénétrer par des coupures et des écorchures de la peau et par les membranes muqueuses des yeux, du nez et de la bouche.
- La diffusion de la maladie La leptospirose se rencontre dans le monde entier, en milieu rural et urbain et dans les climats tempérés et tropicaux. Elle constitue un risque professionnel pour les personnes qui travaillent en plein air ou avec des animaux, comme les agriculteurs, les éboueurs, les vétérinaires, etc. Elle représente aussi un risque dans les activités récréatives pour ceux qui nagent ou pataugent dans des eaux contaminées. Dans les zones endémiques, le nombre de cas de leptospirose peut atteindre un niveau maximum pendant la saison des pluies et peut même prendre des proportions épidémiques en cas d’inondation.







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Commentaires anonymes
17/03/2010 à 06h55
Dès la 1ère heure de contamination, on commence à trembler de « froid » de la tête aux pieds sans fièvre et sans douleur. Viennent ensuite le reste des symptômes : fièvres, douleurs… Après une saison de pluies les rats se mettent à l’abri dans les habitations. Il faut pauser les pièges et les graines pour les éliminer. Mettre à l’abri les provisions, surtout dans les îles : farine, sucre, riz, biscuits… en réserves. Dans les Tuamotu beaucoup sont morts jeunes « sans postérité »…, et plus d’hommes encore pas dans la force de l’âge en laissant de jeunes veuves… que l’on peut remarquer dans l’historique de nos arbres généalogiques. Un oncle encore jeune est mort d’une « forte fièvre » sans autre raison, nous raconte-on. La population de rats est telle que Mr NARDI dans son livre a raconté qu’il avait inventé un modèle de « piège à rat » et fabriqué pour l’Administration de grosses commandes pour enrayer les rats dans les îles éloignées tant il y en avait au temps où on produisait plus de tonnes de coprah qu’aujourd’hui. Il faut être vigilant parce qu’il y a toujours des invasions après un cyclone et des fortes pluies.