Publié le lundi 05 janvier 2009 à 10H50
POLITIQUE, SOCIAL, JUSTICE, SOCIÉTÉ. Nos élus en Polynésie, l’État et le gouvernement central, la justice en général, tous vont agir à différents niveaux sur notre quotidien en 2009. À travers leurs décisions, les contours de notre économie, et donc de notre porte-monnaie, s’esquisseront, mais pas seulement. Alors rayon de soleil ou persistance des nuages ? Voilà comment ils pourraient dessiner notre année.
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Un remplaçant à Jégo…
Nommé en mars dernier après les municipales et la démission de Christian Estrosi, Yves Jégo va-t-il conserver encore longtemps son portefeuille de secrétaire d’État chargé de l’Outre-mer ? Les milieux parisiens bruissent d’un remaniement ministériel dès ce mois-ci. Certains avancent que l’accouchement de Rachida Dati et le départ du gouvernement de Xavier Bertrand, qui va officiellement enfiler le costume de patron de l’UMP le 24 janvier, vont engendrer quelques modifications dans la répartition des portefeuilles. Et puis, après les élections européennes de début juin, un nouveau remaniement pourrait encore intervenir. Lors de ces redistributions annoncées, Yves Jégo sera-t-il reconduit dans ses fonctions rue Oudinot ? L’homme, qui ambitionnait de mener la liste UMP lors des régionales de 2010 en Île-de-France, ne va pas se contenter de passer son temps à travers les trois océans, loin de Paris, du pouvoir et des cercles d’influence…
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Tong Sang, Temaru, Flosse…
Les trois présidents vont-ils lâcher ? La troisième rencontre demain, autour de la table ronde, des “trois présidents” sera-t-elle la bonne ? À défaut d’accord immédiat, nos trois anciens, qui ne souhaitent pas voir l’un des trois diriger le Pays, vont se retrouver dans l’obligation de lâcher du lest et de tenter de se mettre d’accord sur un autre nom que le leur. Le trio Fritch, Bouissou, Géros, étant parmi les trois postulants (lire par ailleurs). Cela n’indique pas que nos présidents ne continueront pas de jouer un rôle essentiel au, et pour, le fenua. Gaston Flosse, avec son écharpe de sénateur, a largement de quoi faire à Paris en y défendant les dossiers polynésiens (départ des forces militaires, loi sur le nucléaire, loi-programme pour l’outre-mer…). Oscar Temaru dirige toujours l’assemblée et reste l’icône du l’indépendantisme au fenua maohi. Enfin, Gaston Tong Sang doit servir de courroie de transmission entre le fenua et le gouvernement central. Sans diriger directement le Pays, nos trois présidents peuvent donc largement continuer à agir en sa faveur dans les mois à venir.
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Attention à l’indexation des salaires !
Le ministre de l’Outre-mer, tout comme le représentant de l’État en Polynésie française, ont beau vivement nier la volonté de s’attaquer à l’indexation des fonctionnaires en outremer, la méfiance va s’imposer très fortement chez les organisations syndicales cette année. Déjà échaudés par la réforme de l’ITR, passée coûte que coûte, les fonctionnaires doivent se poser la question de l’utilité de la création d’un observatoire des prix en Polynésie à l’initiative d’Yves Jégo en octobre dernier… Si le principe de l’indexation n’est pas remis en cause, son taux pourrait être corrigé selon les différences réelles de coût de la vie enregistrées entre la métropole et les collectivités ultramarines…
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La maladie, l’autre combat de Temaru
Oscar Temaru lui-même annonçait, en fin d’année au micro de RFO, qu’il doit repartir fin janvier pour la Nouvelle-Zélande “suivre un traitement pendant un ou deux mois”. Déjà soigné de mi-novembre à mi-décembre en Nouvelle-Zélande, Oscar Temaru ne peut plus assurer à plein temps ses mandats. À la mairie de Faa’a, ses adjoints s’en chargent depuis un moment déjà. À l’assemblée, il préside de moins en moins de séances. Et lorsqu’il s’agit de délivrer le message de l’UPLD ou du Tavini, Oscar Temaru renvoie de plus en plus souvent les médias vers Tony Géros, devenu dauphin implicite. D’ailleurs, laisser la direction effective du mouvement indépendantiste à Tony n’est plus un tabu sur les blogs bleu ciel... Et puis, avant cela, Tony Géros, qui assiste aux tables rondes des “trois présidents” pourrait déjà prendre du galon. Il figure parmi les “possibles pour prendre la direction du Pays” (lire par ailleurs).
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Fritch, Bouissou ou Géros comme président ?
Le maintien de l’UDSP dans l’opposition depuis avril dernier vient illustrer à merveille le surplace polynésien. Temaru comme Flosse ne veulent pas de l’autre à la présidence du Pays. Sans quoi, à 28 représentants, cela ferait belle lurette qu’ils auraient trouvé une 29e voix pour renverser Tong Sang… Pour sa part, ce dernier n’entend pas céder son siège à l’un de ses deux opposants. L’issue tient donc dans la désignation d’un autre homme, ou d’une femme, pour diriger le Pays. Et là, invariablement, les regards se tournent vers les lieutenants : Édouard Fritch, Jean-Christophe Bouissou et Tony Géros. L’un des trois bénéficiera-t-il d’un consensus autour de son nom ? La fin du surplace est à ce prix à moins qu’une candidature telle que celle de Béatrice Vernaudon ne vienne mettre tout le monde d’accord…
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Sarkozy en Calédonie plutôt qu’en Polynésie…
Si le temps où le Tahoeraa annonçait quasiment tous les mois, et à qui voulait l’entendre, la venue imminente de Nicolas Sarkozy en Polynésie, la visite du président de la République dans le Pacifique Sud pourrait se concrétiser dans le courant de l’année. La tenue d’un sommet France-Océanie, comme celui qu’avait présidé Jacques Chirac en 2003 à Tahiti, pourrait voir le jour en juillet prochain en Nouvelle-Calédonie. Autre visite envisagée sur le Caillou, celle de François Fillon, le Premier ministre, du 7 au 9 mars prochain, même si les dates restent sujettes à caution. Pour la Polynésie, il faudra peut-être attendre un semblant de stabilité…
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Une page se tourne à Mahina
Jusqu’aux administrés trentenaires de Mahina, “tavana” équivaut à “Émile” et à “shérif”. 2009 va donc marquer l’histoire de la commune de la pointe Vénus. Émile Vernaudon maire, ce n’est plus qu’une question de jours, de semaines. Une fois sa démission d’office prononcée par le hautcommissaire, lorsque ce dernier aura reçu du parquet de Papeete la notification de l’arrêt de la Cour de cassation du 3 décembre dernier, le conseil municipal aura quinze jours pour élire un nouveau tavana. Oh, la révolution sera de velours puisque l’heureux élu devrait être Joël Buillard, fidèle 1er adjoint d’Émile. Il n’empêche, le shérif va se retrouver sans aucun mandat électif depuis… plus de 30 ans !
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JPK : ça bouge à Paris et à Tahiti
Avec le versement au dossier de 23 pièces, après leur déclassification du secret-défense, saisies en juin dernier dans les locaux de la DGSE, l’enquête sur la disparition de Jean-Pascal Couraud pourrait progresser. La récente annonce par les avocats de l’association JPK, de la découverte, lors d’une perquisition chez Gaston Flosse en septembre d’une lettre qui décrirait les conditions de la disparition de l’ancien journaliste démontre la volonté du juge Redonnet d’explorer toutes les pistes, pour les refermer le cas échéant, pour avancer sur ce dossier. Jusqu’à découvrir la vérité ? Dans cette affaire, un autre rendez-vous se tiendra à Paris, en avril devant la Cour d’appel, après l’arrêt de la Cour de cassation qui a annulé un jugement d’octobre 2006 de la cour d’appel de Papeete qui avait déclaré Vetea Guilloux coupable de dénonciations mensongères.
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Territoriales : 2004, 2005, 2008 et… 2009 ?
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Élections européennes en juin…
Si, pour les territoriales, cela paraît mal engagé, les électeurs seront néanmoins appelés aux urnes cette année. Le 6 ou 7 juin, les élections européennes se dérouleront au fenua. Sans parler de l’introduction de l’euro en Polynésie, un dossier qui tourne au serpent de mer, nos dirigeants souhaitent se tourner de plus en plus vers les institutions européennes pour développer le fenua. Le renouvellement du Parlement européen permettra-t-il d’y envoyer un élu polynésien ?
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Nouvelles déflagrations grâce à Titaua Peu et Moetai Brotherson
Leur premier ouvrage publié avait fait l’effet d’une bombe voilà quelque temps, dépassant largement le cercle littéraire et culturel. Alors, chaque début d’année, on se met à espérer la sortie de leur nouveau livre, ambitionnant qu’ils déclenchent de nouvelles déflagrations. Pour Titaua Peu, on attend un nouveau choc près celui de Mutismes. Quant à Moetai Brotherson, il devrait publier la suite de Le roi absent au second semestre, alors qu’un nouveau roman devrait sortir avant juin.
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Enfin, la loi-programme pour l’outre-mer ?
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Justice : encore et toujours…
Le palais de justice de Papeete et les autres juridictions telles que la chambre territoriale des comptes (CTC) esquisseront encore, à coup sûr, le profil des mois à venir. Cela a commencé avec Émile Vernaudon... D’autres noms pourraient suivre tant les dossiers ne manquent pas ! Surtout, ces décisions ne porteront leurs fruits au final que si elles favorisent une véritable évolution des mentalités et des pratiques. Mais là, c’est un travail sur plusieurs générations…
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Le plus jeune sénateur de la République va bien s’illustrer…
Après avoir pris ses marques et la mesure de son nouveau costume lors du dernier trimestre 2008, Richard Tuheiava, le plus jeune (34 ans) sénateur de la République française, ne devrait pas rester inactif en 2009. L’élu fourmille d’idées et de projets. De la défense des dossiers polynésiens pour un classement au patrimoine mondial du marae de Taputapuatea et des Marquises par l’Unesco à la défense des dossiers du fenua à Paris, il ne manquera pas de sujets pour s’illustrer.Frédéric Gouis
Frédéric Gouis






