Publié le mardi 06 janvier 2009 à 11H26
RÉFORME DE L’ITR. En novembre, les chiffres les plus divers couraient sur les départs en retraite anticipés du fait de la réforme de l’ITR dans la fonction publique. Au final, ce sont environ 120 enseignants qui ont rangé leur cartable au 31 décembre.
L’ESSENTIEL
- Publiée au JORF du 31 décembre, la réforme de l’ITR n’attend plus que son décret d’application
- Dans l’éducation, ce sont finalement 120 enseignants qui ont préféré partir avant le 31 décembre pour bénéficier du régime initial
- Si la DEP et la DES assure avoir pallier les départs, le STIP pose la question des compétences des remplaçants
Après de multiples péripéties, dont une grève de deux semaines des agents de la fonction publique d’État, des débats houleux au Parlement, des amendements en pagaille, plusieurs recours et une censure du Conseil constitutionnel, la réforme de l’indemnité temporaire de retraite (ITR) est une réalité. La “loi n°2008- 1443 du 30 décembre 2008 de finances rectificative pour 2008”, qui la porte, a été publiée dans le dernier Journal officiel de la République française de 2008, le 31 décembre. Elle est applicable au 1er janvier 2009, mais encore faut-il que le gouvernement central prenne un décret d’application. Un décret qui va définir le plafond annuel de l’ITR ainsi que sa dégressivité jusqu’à 2028, et qui doit reprendre les accords conclus en novembre à Paris entre Medetom et l’intersyndicale, après d’âpres négociations. Au 1er janvier 2028, l’indemnité aura définitivement disparu, au profit d’un système de retraite complémentaire sur lequel est appelé à plancher un groupe de travail. Voilà pour l’aspect politicojuridique.
Sur le terrain, concrètement, la réforme a déjà été sanctionnée par des départs en retraite anticipés d’agents de la fonction publique. Ces derniers ont préféré partir avant le 31 décembre pour bénéficier du régime d’ITR initial. Combien sont-ils exactement en Polynésie française ? Le haut-commissariat, contacté, ne souhaite pas livrer de chiffres tant que le décret d’application ne lui est pas parvenu de Paris.
Dans les services de l’État, quoi qu’il en soit, ces départs en retraite anticipés entraînent une réorganisation. Pas forcément perceptible par le grand public… Sauf dans le cas du secteur-clé de l’éducation, d’ailleurs en pointe de la contestation de la réforme. Assiste-t-on à des départs massifs, comme on a pu le craindre en novembre ? Il semble plutôt que la réforme touche à la marge des effectifs. À la DES, on fait état de 25 départs anticipés à remplacer (sur 2 000 enseignants). Et l’on dédramatise. “Pour ce qui est du service rendu aux élèves, qui nous intéresse en premier lieu, on n’est pas dans une situation tendue. On avait une inquiétude, elle est dissipée”, assure Bernard Januel, directeur de l’Enseignement secondaire. La DES a pu faire appel à des contractuels ou a réparti les heures de cours des enseignants sur le départ. “Il n’y a que sur des spécialités rares, dans l’enseignement professionnel, que l’on a eu des inquiétudes. Mais tout a été mis en oeuvre”. Quant à la rentrée d’août 2009, “on est encore plus serein, parce que nous avons la possibilité de recruter du personnel de métropole, par le biais de mises à disposition. On ajustera comme on le fait tous les ans”.
La situation apparaît plus tendue dans le 1er degré, où “un maître = une classe”. “En novembre, on tablait sur 148 demandes, mais seules 128 étaient recevables. Et depuis le protocole d’accord, 34 personnes ont accepté de revenir terminer l’année”, comptabilise Christian Morhain, directeur de l’Enseignement primaire. 94 enseignants ont donc rangé le cartable au 31 décembre, sur un total d’environ 2 000 instituteurs et professeurs des écoles. Pour autant, il ne s’agit pas pour la DEP de trouver autant de solutions de remplacement d’ici la rentrée du 12 janvier. Les départs ont eu lieu “par vagues” depuis la mi-novembre, ce qui a facilité le recrutement. “41 enseignants sont partis entre le 17 et le 24 novembre ; 65 entre le 24 et le 29 ; 24 entre le 1er et le 12 décembre… Pour cette rentrée du 12, on n’a plus à faire que 22 recrutements de contractuels”, poursuit le responsable. En outre, la DEP a eu la “chance” que les départs soient concentrés sur Tahiti et Moorea. “On a atténué l’incidence de la réforme”, soupire Christian Morhain.
Au-delà du quantitatif, toutefois, reste la question du qualitatif. Les remplaçants ontils la même compétence que les enseignants partis en retraite ? C’est bien là qu’appuie Marc Ploton pour vilipender la réforme portée par Yves Jégo, contre laquelle il s’est battu corps et âme.
PYL
Les remplacements en question
FAVORABLE
• CHRISTIAN MORHAIN, directeur de l’Enseignement primaire.
“Les remplaçants des enseignants partis en retraite ont le bac minimum, quelquefois plus. Ils passent un entretien avec un inspecteur de l’Éducation nationale, et seulement ceux qui ont un avis favorable sont recrutés”. “Lorsqu’ils sont embauchés, ils sont pris en charge par un conseiller pédagogique de la circonscription, ils bénéficient de notre aide.” “Environ 100 normaliens et 60 élèves de l’IUFM vont sortir pour la rentrée d’août 2009. On aura des titulaires quasiment partout à la rentrée.”
DEFAVORABLE
• MARC PLOTON, secrétaire général du STIP
“Les enseignants en retraite sont remplacés par des jeunes qui n’ont aucune formation. Ils ont eu leur bac cette année ou l’année dernière, ils ont déposé une candidature et ont juste un petit entretien avec l’inspecteur.” “Tout ça n’a rien à voir avec la pédagogie ou la psychologie de l’enfant. L’éducation ça ne s’improvise pas. Cette formation est dispensée en trois ans à l’École normale, un an à l’IUFM, et ils ont beaucoup de mal.” “On était sur le point de n’avoir que des titulaires dans nos classes, avec la connerie de Jégo, on a fait un pas de 30 ans en arrière !”








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Commentaires anonymes
16/02/2009 à 20h44
être enseignant reste un rêve de petite fille. Si vous donnez toujours l'occasion aux jeunes bachelier de passer des concours chaque années, il n'y aurai pas de problème dans les écoles. Chaque années des élèves sortent de l'école normale titulariser et des instituteurs prennent leurs retraites, des mouvements qui évitaient les remplacements.
Pourquoi changer maintenant, et pourquoi ne pas donner encore de chance aux nouveaux bachelier, pourquoi demander plus de diplômes.
Et aussi quelque chose que je trouve "bête", avoir 3 enfants pour pouvoir passer le concours à L'I.U.F.M. C'est comme proposer de faire 3 gosses ou avoir le bac ou la licence.
C'est en pratiquant le métier que l'on voit les compétence d'une personne et que l'on peut juger.
Commentaires anonymes
11/01/2009 à 21h38
Bonjour, je suis tombé par hasard sur le site.
Mon épouse spécialisée va être mutée ( peut-être, suite à entretien en février à Paris).
Je suis prof des écoles et je n'ai pu avoir de mutation, mais je pars quand même en dispo en Polynésie. Ai-je une chance d'obtenir un poste en refaisant une demande ?
Merci
Commentaires anonymes
07/01/2009 à 17h41
super, 120 boulots en plus pour nos enfants
Commentaires anonymes
06/01/2009 à 14h26
Avec ces yeux, on dirait "le bon, la brute et le truand" !! ;D;D>:(>:(8)8):'(:'(