“Vivre sans le biberon de la métropole”

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Publié le vendredi 04 septembre 2009 à 09H02

ATELIERS 2 ET 3. Consultant formateur depuis 20 ans, Patrick Tixier considère l’implication des banques dans le privé comme un élément indissociable de la relance de l’économie et voit la formation comme la clé de voûte d’un développement économique durable.

L’ESSENTIEL

  • Pour Patrick Tixier, la situation critique dans laquelle est aujourd’hui plongé le Pays est en partie dûe e à la non implication des banques dans les investissements privés
  • Au niveau énergétique, il propose d’allouer une enveloppe budgétaire à l’installation gratuite de panneaux solaires chez les plus démunis
  • Tous secteurs confondus, il considère que la formation est gage d’avenir et recommande le contrat d’apprentissage

Où en sommes-nous ?

Pourquoi avez-vous décidé de vous inscrire aux états généraux ?

“Ce serait dommage de rester à l’écart de l’événement d’autant plus que je représente un secteur qui est en pleine effervescence et qui touche à peu près tous les thèmes abordés. (…) Je suis allé aux ateliers restreints sur l’évolution de l’enseignement et de la formation professionnelle et j’ai choisi ensuite les ateliers où les notions d’innovation et de nouvelles technologies étaient mises en avant, car j’ai amené avec moi des jeunes en contrat avec le Sefi, qui sont bénéficiaires de 60 heures sur le développement durable. Je me suis dit que c’était une formidable occasion que de les faire assister à ces états généraux. Globalement c’est très positif, il y a un véritable élan. On ne changera pas le monde à nous tout seul, mais on peut essayer de le rendre plus juste à notre échelle, au moins le nôtre.”

Où allons-nous ?

Quels caps aimeriez-vous voir se fixer dans ces deux ateliers ?

“Au bout de sept ou huit réunions des états généraux, quand je n’avais pas entendu une seule fois prononcer le mot ‘banque’, j’ai quand même demandé si on avait le droit d’en parler… À mon sens, le point de départ de la relance économique c’est justement que les banques aident davantage les entreprises. C’est une nécessité absolue, sinon on ne pourra rien changer car la contribution au PIB (Produit intérieur brut), quoi qu’on en dise, n’est pas apportée par les personnes de l’administration mais bel et bien par de petits entrepreneurs qu’il faudrait aider pour leur permettre de se développer. Il faut aussi apprendre à vivre sans le biberon de la métropole et pour cela il faut accompagner les projets internes. Arrêtons d’égorger la société ! N’a-t-on pas la possibilité d’aider les entreprises via le soutien des banques, en investissant davantage sur l’aide à la création d’entreprises, sur les prêts aux particuliers…? Si les banques ne jouent pas le jeu du financement, comment peut-on simplement espérer mettre en place une filière poulet ? Fabriquer ce que l’on mange, c’est pourtant essentiel et il faut espérer arriver rapidement à du 80/20 : 80% de productions locales contre 20% de nourriture importée.”

Qu’est-ce qu’on fait maintenant ?

Quelles mesures concrètes imaginez-vous pour assurer un développement durable ?

“Au niveau de l’énergie par exemple, on peut envisager d’installer gratuitement des panneaux solaires sur les toits, des foyers les plus démunis au moins. En fait, ce ne serait pas de la gratuité, mais un investissement, une enveloppe allouée sur le budget du territoire, qui sera remboursée par la production d’énergie qui dépasse les besoins de la maison. Si on s’inspire du modèle européen, il va devenir très bientôt obligatoire à toute habitation de produire 20% d’électricité de plus que ce qu’elle consomme. Pourquoi ne pas le faire tout de suite ici et tester ce système dans des projets d’immobilier social prioritairement ? Ça permettrait en même temps d’éviter de creuser plus avant la fracture sociale. Tout le monde y trouverait son compte. Sur un autre terrain, il y a beaucoup trop de moyens investis dans des formations non diplômantes ou dont les diplômes ne sont pas reconnus, et pour lesquels on n’a donc aucun retour sur investissement : je vois tous les jours des gens qui ne peuvent postuler à aucune offre d’emploi par manque de qualifications. Arrêtons ce gâchis. L’avenir passe fatalement par la formation, plus encore, le fait de donner du travail aux gens est une priorité durable : on ne peut pas se projeter dans l’avenir si les gens ne sont pas formés. En mettant en place le contrat d’apprentissage par exemple, on a la possibilité de former environ 2 000 emplois sur la Polynésie. C’est un dispositif qui permet à l’employeur de s’investir, d’apprendre toutes les ficelles du métier à son apprenti car il sait qu’il va rester le temps de sa formation chez lui. La société doit changer. Elle doit maintenant inspirer la réussite plus que l’échec.”

Manon Hericher

Zoom

Arrivé à Tahiti en 1989 comme cadre du groupe Accor pour la formation et les relations humaines du personnel des hôtels Sofitel et Ibis notamment, Patrick Tixier a participé aux ouvertures du Sofitel Huahine et Malabu Beach Hotel en Calédonie. Voir le Sofitel Huahine aujourd’hui en ruine est pour lui inacceptable : “Avec le budget que l’on a dépensé, on aurait pu ouvrir une école qui aurait servi à former les personnels des pensions de famille, formation qui leur manque souvent cruellement”. En 1993, il devient pour six ans directeur des achats et de la logistique d’un gros groupe perlier avant de bifurquer quelques années sur le web. Finalement, fin 2004, il revient à ses premières amours en créant Forma, une entreprise dans laquelle il est depuis consultant formateur.

Manon Hericher
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05/09/2009 à 08h52

ENERGIE SOLAIRE OBLIGATOIRE DANS TOUS NOUVEAUX LOGEMENTS, sociaux ou non, gratuité pour les premiers et prêt à taux 0 pour les résidences principales en vue d'imposer l'énergie solaire à tout détenteur d'un nouveau permis de construire en Polynésie française ce qui devrait être le cas depuis des années déjà, comme ça l'est par exemple en Grèce depuis 1997...
Les régions quasiment saturées de soleil qui n'imposent pas ce genre d'énergie participent sciemment à la dégradation massive de la planète et de leurs atolls (PREVISION CATASTROPHIQUE D'UNE MONTEE DES OCEANS D'UN M AU MOINS DES 2020 EN RAISON DE LA FONTE DES GLACES)...
Sans parler des hydrocarbures qu'il faut bannir en PF et passer d'urgence à des énergies alternatives, navettes maritimes solaires, véhicules hybrides et électriques (sur petites cylindrées) en vue de réduire le trafic, le carnage sur les routes et la pollution atmosphérique véritable menace à la santé publique (insuffisants cardiaques et respiratoires).

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