“Pour un meilleur partage des richesses”

Publié le jeudi 09 juillet 2009 à 09H02

ATELIERS 2 ET 4. Vincent Maono, douanier de profession et défenseur de la vallée de la Papenoo, plaidera lors des états généraux pour une meilleure gestion du pays.

L’ESSENTIEL

  • Vincent Maono participera aux ateliers des états généraux consacrés au développement durable et à l'efficacité des institutions
  • Il réclame une réduction des revenus et un contrôle de la gestion au sein des Sem. Il souhaite une répartition des richesses des entreprises et une baisse du coût de la vie
  • Il prône aussi le développement de la production locale : agriculture biologique, pêcherie, traitement des déchets...

Où en sommes-nous ?

Pourquoi vous êtes-vous inscrits à ces états généraux ?

“Parce qu'avec l'expérience que j'ai vécue jusqu'à présent, j'ai découvert des choses qui ne fonctionnent pas au fenua : la mauvaise gestion des Sem, le manque de surveillance rigoureuse, les directeurs de Sem qui cumulent les revenus, les communes qui sont déficitaires à force d'abuser de la politique sociale. Tout cela pose un problème pour le contribuable. Il faudrait arrêter de balancer l'argent du peuple par la fenêtre. Avant d'être fonctionnaire d'État à la douane, j'étais administrateur comptable dans une entreprise. Alors je vois bien qu'en Polynésie française, malgré le fait qu'il y a beaucoup d'argent, la situation économique empire. Je suis curieux d'aller aux états généraux pour poser des questions. Je voudrais que les décideurs m'informent, répondent à mes questions, avant d'apporter mes idées...”

Quels ateliers vous intéressent ?

“Je me suis inscrit à l'atelier 2 : ‘Grands projets structurants et développement durable’. Le développement durable, c'est important, pour l'agriculture, la pêche, l'aquaculture... La Polynésie française a besoin de développer ses ressources locales. Les agriculteurs locaux produisent, mais leur production pourrit, parce qu'on favorise plutôt les importateurs. On organise toute une politique pour décourager les agriculteurs polynésiens. Et puis il faudrait aussi orienter l'agriculture vers l'agriculture biologique, ou encore organiser le traitement des déchets par pyrolyse pour produire de l'électricité en même temps. Il y a des techniques qui existent et qui ne coûteraient pas cher au territoire... Je suis aussi inscrit à l'atelier 4 : ‘Renforcement de l'efficacité des institutions de la Polynésie française’. J'estime que le principal problème en Polynésie française, c'est vraiment une mauvaise gestion. Si on arrive à soigner ce mal, il y aura du travail pour tout le monde à Tahiti.”

Où allons-nous ?

Les états généraux doivent “fixer un cap”. Quel cap souhaitez-vous ?

“Un meilleur partage des richesses. Je pense que les patrons des sociétés privées devraient réserver une partie de leurs bénéfices à leurs salariés. Je crois que ça éviterait pas mal de conflits. Il faut aussi aller vers une baisse du coût de la vie. Par exemple, le coût de l'électricité, il faut que ça diminue, parce que si ça continue, ça va créer des révoltés. Et puis s'occuper des Sem. Pas les supprimer, mais les encadrer. Je suis choqué de voir des gens qui touchent plusieurs salaires mirobolants dans les grandes sociétés du Pays.”

Qu’est-ce qu’on fait maintenant ?

Quelles mesures réclamez-vous ?

“Une réduction des rémunérations à la tête des Sem. D'ailleurs, l'État doit jouer son rôle et la création de la CTC est une très bonne chose. Il faut aussi mettre un terme à la spéculation, financière et immobilière, qui est incroyable à Tahiti. Comment voulez-vous qu'un jeune en Cepia, ou en CDD, il se paie, un bout de terre ou une maison quand le moindre terrain vaut 30 millions ? À propos de développement durable, la priorité doit être la production locale. Prenez le secteur de la pêche ! Nous avons la plus grande zone économique exclusive de France. Et nous n'avons pas de poissonnerie ! C'est incroyable. On vend notre poisson à l'extérieur et on achète des produits en boîte...”

Que défendez-vous pour la vallée de la Papenoo ?

“Il faut développer des projets agricoles ou touristiques. La vallée de la Papenoo a beaucoup d'histoire, attire des randonneurs. Il faut valoriser les sites archéologiques. Notre association s'est orientée dans cette voie-là. Donc plus de concassage qui détruit la vallée, mais des projets à longs termes, pour créer du travail tout en respectant les sites.”

Benoît Buquet

Zoom

Vincent Maono est douanier de profession. Par passion pour sa vallée, la Papenoo, il a créé en 1996 l'association Mata Ara te Haa Fenua no Papenoo (surveillance de la terre de Papenoo), qui s'est opposée à ses débuts au projet de centre d'enfouissement technique à Papenoo. Depuis, l'association défend de manière plus générale la protection de l'environnement sur les rives de la plus importante rivière de Tahiti. Vincent Maono raconte avec fierté qu'il s'est battu à la fin des années 1990 pour obtenir une réglementation sur l'extraction de pierre dans les vallées. Mata Ara te Haa Fenua no Papenoo a aussi rejoint le collectif No to'u Fenua des associations de protection de l'environnement. Elle soutient aussi d'autres mouvements comme celui des vétérans des sites nucléaires de l'association Moruroa e Tatou, ou encore le projet de construction d'une pirogue double.

Benoît Buquet
Imprimer Recommander Wikio Facebook Twitter digg

Légal

  • Droits de reproduction
    et de diffusion réservés
    © 2007-2011
    Les Nouvelles de Tahiti

  • Recommandations LNT

    Gardons Contact !

     

    Tous nos fils RSS   Contactez-nous !   La FanPage des Nouvelles de Tahiti   Suivez LesNouvelles.pf sur Twitter !   Le Channel Youtube des Nouvelles de Tahiti