“Pas envie de travailler pour rien”

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Publié le jeudi 13 août 2009 à 10H14

ATELIER 5. Les animateurs des états généraux sont libres de mener comme ils l’entendent leur atelier. Jean-Paul Barral a saisi l’occasion et intégré une thématique bien loin de la réflexion à mener sur la rénovation du partenariat communes, Pays, État.

L’ESSENTIEL

  • Jean-Paul Barral déborde allègrement sur les thèmes de l’atelier dont il est responsable
  • Mardi soir, les participants à l’atelier 5 abordaient l’intercommunalité et la réussite des états généraux
  • Jean-Paul Barral se justifie en assurant qu’il faut changer les mentalités maintenant

On n’était pas loin de la masturbation intellectuelle mardi soir. Les participants de l’atelier 5 dédié au partenariat communes, Pays, État ont été invités à travailler sur un thème que l’on pourrait qualifier de hors sujet. En effet, un des ateliers du jour consistait à réfléchir sur les conditions de la réussite des états généraux ; un sujet certes pertinent mais bien loin de la problématique de départ. Jean-Paul Barral, animateur de cet atelier, assume sans complexe ce choix : “On n’a pas envie de travailler pendant trois mois pour rien. Il faut penser à l’après. Changer les mentalités des gens en trois mois, c’est difficile mais il faut y travailler”.

Il n’y a pas eu que du hors sujet, mardi soir à la mairie de Pirae puisqu’un des ateliers thématiques a abordé l’intercommunalité en Polynésie, avec comme principal axe de discussion la mutualisation desmoyens. La problématique étant : “les communes peuvent-elles se passer de travailler ensemble”. L’intercommunalité aujourd’hui prend “la forme d’établissements publics de coopération intercommunale auprès desquels les communes adhérentes confient des compétences que l’établissement aura à charge de gérer”. Les différents syndicats de communes ont été répertoriés dont le plus connu du grand public reste le SPCPF (Syndicat pour la promotion des communes de Polynésie française) qui regroupe 46 communes des 48 existantes. Parmi les problèmes répertoriés par les participants à cet atelier (principalement des techniciens mais aussi un conseiller municipal) il y a le télescopage de certains syndicats dans leurs services, la difficulté de survivre pour lamajorité de ces syndicats, mais également les jeux d’influence ou encore les problèmes de moyens humains. “Nous ne pouvons pas calquer sur la métropole si nous voulons que ça marche”, a assuré une intervenante.

La volonté d’intercommunalité existe en Polynésie en raison du nouveau statut des compétences attribuées aux communes. On parle d’une intercommunalité moderne qui prend ses racines le 22 septembre 2008. Reste à définir quelles compétences pour ses intercommunalités et comment accompagner les communes dans une démarche d’intérêt général, la notion de service public n’existant pas toujours. “Lorsque deux communes de couleurs politiques différentes arrivent à s’allier dans un domaine comme l’assainissement, c’est cela qu’il faut valoriser”, a expliqué une participante en citant l’exemple de Punaauia et Faa’a. En clair, il faut se reposer sur ce qui marche ici et l’utiliser pour inciter les autres à avoir la même démarche.

La formation des maires peut être une solution d’autant qu’il y a depuis peu un renouveau des élus, plus jeunes, moins ancrés dans des pratiques politiciennes “anciennes”. D’ailleurs, dans cette perspective d’informer et de former les maires, l’atelier 5 consacrera des réunions exclusivement réservées aux maires les 20 et 21 août. Formation des élus mais également information auprès de la population. Aujourd’hui, il doit y avoir une responsabilisation à tous les niveaux. “Il faut que les gens comprennent par exemple que l’eau a un coût et qu’on ne peut pas ne pas la payer et en plus la gaspiller”. L’intercommunalité peut permettre à un maire de se décharger de cette tâche surtout s’il ne souhaite pas froisser son électorat ; a contrario, certains maires souhaitent garder la gestion de l’eau afin d’avoir lamainmise auprès de la population.

ASF


ATELIER 3

“La production locale est le résidu de la richesse générale”

LE CHEMIN VERS L’AUTOSUFFISANCE EST ENCORE LONG. Comment tendre vers une forme d’autosuffisance et quelles sont les conditions nécessaires pour le développement des ressources primaires ? Tel est le thème dont les participants à l'atelier sur le développement endogène ont débattu mardi après-midi. En raison du grand nombre de participants, et comme le débat est resté centré sur la culture et l'élevage, un rendezvous supplémentaire consacré à la pêche est fixé mercredi matin au CESC. “Nous avons été surpris par la participation qui a atteint les 130% mardi soir !”, a commenté le responsable de l'atelier, Christophe Serra-Mallol. Les participants représentaient tous les acteurs directs et indirects de la production agricole : du producteur à l'industriel en passant par le simple consommateur, le distributeur et l'éventuel exportateur. “Le constat est négatif en général, que ce soit pour l'artisanat, l'agriculture ou la pêche. Ça fait 30 ans qu'on voit que l'export est une faillite. Avant de penser à diminuer les importations, développons la production locale”, a lancé le responsable d'atelier. Pour que le territoire parvienne à une autosuffisance alimentaire, encore faudrait-il un “axe général donné en agriculture : moins d'écart entre les actions menées, les comportements et déclarations. Il faudrait un schéma directeur de la production locale qui intègre le développement multisectoriel. Un schéma transversal avec le choix de ce qu'on veut utiliser et développer : faire plus sain et fixer la maîtrise du secteur celle du mode de consommation de la production aux consommateurs, qu'ils soient des particuliers comme institutions y compris les écoles et les mairies. Aujourd'hui la production locale est le résidu de la richesse générale”, ont constaté les participants. Alors avant de parler d'exportation, l'autosuffisance incarne la première étape, et la Polynésie française ne l'est dans pratiquement aucune production. Certes, les produits locaux sont souvent plus chers, mais outre que l'augmentation du carburant va finir par rendre les importations plus onéreuses, la solution pour faire baisser les coûts de production en Polynésie réside dans la quantité. Plus la production sera grande, plus les prix diminueront.

Les participants à l'atelier ont également évoqué le développement de structures familiales, adaptées à la géographie comme à la population des archipels polynésiens. Une solution également aux problèmes d'indivision ainsi qu'un véritable potentiel d'emplois. Vu l'ampleur du besoin, les participants ont évoqué l'idée de créer un ministère du Développement endogène qui travaillerait de concert avec celui de l’Économie. Le besoin de mettre en place des mesures protectionnistes à l’instar de la France et des États-Unis a également été abordé, pour davantage de “maîtrise de l’alimentation”. Plusieurs niches restent à développer, mais au marché local de s’adapter aux goûts des consommateurs qui sont attirés par des produits importés souvent esthétiquement mis en valeur. L’agriculture biologique nécessite aussi une labellisation locale pour acquérir ses lettres de noblesse et donc la confiance des consommateurs. En termes de technique, les agriculteurs ont manifesté le besoin de formation, notamment pour l’agriculture raisonnée. Les participants ont tous salué l’organisation de la filière pêche initiée par Teva Rohfritsch et la prise en charge du fret inter-îles, qui va dans le sens d’une aide au développement de l’agriculture dans les archipels les moins habités. “Les gens étaient d'accord entre eux : la société civile s’entend ! C'est déjà un grand pas ; l'intérêt particulier a vite été dépassé. Mais on n'a pas vu les hommes politiques inscrits depuis les trois 1res réunions”, a noté l’animateur. Les ateliers sont aussi l’occasion de rencontres entre milieux interdépendants mais qui ne se rencontrent pas, entre petits producteurs des archipels et distributeurs et industriels notamment. “On va être en avance par rapport aux politiques”, a commenté un participant. La TDL a été évoquée. Si tous étaient d’accord pour défendre l’utilité de cette Taxe pour le développement local, le besoin qu'elle soit modulable et de la réviser sur certains produits a été unanime. Le prochain rendez-vous de l’atelier 3 sera mardi 18 août de 16 à 19 heures, dans la salle de réunion du CESC avec pour thème : “Comment favoriser durablement le développement de l’esprit d’entreprise et l’initiative privée en matière de création d’activités et notamment secondaires et tertiaires ?”.

LD

Alexandra Sigaudo-Fourny
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Commentaires anonymes

17/08/2009 à 16h03

on n'a pas dit et demandé de revenir à la situation d'il y a 167 ans ,
on demande de respecter les autochtones sur ce qu'ils ont de plus cher comme tous les peuples du monde ,
le respect à sa terre , à sa culture , ses lois ,ses coutumes, son patrimoine matériel et immatériel , sa personnalité ,
nous persistons à dire que les tahitiens sont marginalisés et qu'on continue à travestir la réalité ,
et qu'en fait il vit dans un monde qui n'est pas le sien ,
celà se confirme de par l'éducation qu'il a reçu (rejet)
le monde évolue mais le peuple tahitien régresse dans cette évolution,
si évoluer c'est regresser , c'est qu'il y a un problème plus profond qui échappe à toute approche matériel,
celà démontre qu'il y a de la part de notre peuple un rejet total d'une société qu'on lui a imposé qui n'est pas la sienne,
et pour laquelle ces états généraux doivent se poser des questions plus profondes ,sur le véritable mal qui frappe notre peuple les tahitiens ,
une majorité de nos populations se sentent perdu , parce qu'en fait ils ont tout perdu,
au lieu de l'accompagner on le dépouille , au lieu de le soutenir on l'écrase psychologiquement ect.. ce depuis des années 167 exactement,
le meilleur barômètre qui nous montre cette perdition de nos populations c'est son refuge dans les églises et sectes afin de retrouver un réconfort spirituel ......(nécessaire!!!!!)si ce n'est se réfugier dans l'alcool ou la drogue la prostitution ,d'où les drames que vivent nos populations,
chez lui il est devenu pauvre , il n'a plus de repères , il ne sait plus qui il est , UA VEVE HIA VAU - TEI HIA VAU - O VAI AU ,
le véritable mal que vit inconsciemment notre peuple c'est la dépossession de ces terres par une société qui l'a écrasé et l'écrase encore,
il refoulera et rejettera toutes les méthodes qui lui seront proposés ,
tout bouge et tout bougera encore c'est sûr ,
le tahitien lui ne disparaîtra jamais ami ,
parcequ'il a des totems gardiens de sa culture , de ses lois , de ses coutumes de sa terre de son peuple qui le relèveront de cette léthargie torpeur et amnésie dans laquelle on l'a plongé ,
ami voudrais-tu que je reste ignare , j'espère que non,c'est aussi celà le respect,
iotua,

Commentaires anonymes

17/08/2009 à 09h46

pour teraupoo,

non la Polynésie ne peut revenir à la situation d'il y a 167 ans : tout bouge dans le monde et tes petits enfants ne vivront pas dans le même monde que toi dans 167 autres années. Le monde évolue sans arrêt , rien n'est figé. ceci est valable pour toute vie sur notre terre et même pour les éléments considérés comme non vivant : une montagne s'use, une île disparait parfois et une autre se crée ailleurs
!il y 167 ans tes ancètres cher Teraupoo ne donnait pas leur avis sur la marche de la société en tapant sur un clavier. au revoir

Commentaires anonymes

14/08/2009 à 12h12

Rendons toutes les terres à tous leurs propriétaires et cassons nous de là. Après, on va voir comment les ex-marginalisés vont faire pour aller dans leurs nouveaux fa'apu avec leur 4x4. Surtout ceux qui critiquent sans même avoir levé le cul de devant son clavier "made in maohi" pour s'inscrire dans ces ateliers et dire ce qu'il pense (et oui, dans ces ateliers, on dit ce qu'on pense et on essaie de proposer des solutions, pas des "Y'a qu'à" et "il faut que").

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14/08/2009 à 07h26

Je ne te suis pas Teraupoo, tu te complais dans une aigreur tournée vers le passé, mais tu n'apportes au final aucune de solution . Le pouvoir en Polynésie, ce sont nos élus qui l'ont et ce sont eux aussi qui cristallisent les critiques d'incompétence. Tu parles de ministère des affaires indigènes, si c'est pour placer Joinville Pomare à la tête, je crois qu'on va droit dans le mur... Tu parles des terres, ce sont tjs les mêmes familles qui profitent des rentes foncières. Tu parles des Tahitiens, et les autres Polynésiens, il faut qu'ils rentrent chez eux ou qu'ils deviennent des manahune ? Franchement, c'est trop facile d'accuser de tous les maux un ennemi que tu ne nommes pas (et pour cause, il englobe un grand nombre de Tahitiens fortunés), c'en est même stérile. Aux états généraux, il y a de tout, mais aussi des jeunes qui en ont marre des conneries que font les anciens, et qui veulent une société plus juste et plus méritocratique...

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13/08/2009 à 22h38

...Sauf à désespérer que ces états généraux là débouchent sur une nuit du 4 Août polynésienne...

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13/08/2009 à 22h33

Je ne vois pas de commentaire plus pertinent que celui de notre penseur
Teraupoo.

Commentaires anonymes

13/08/2009 à 16h16

ce qui est intéressant dans ces discussions c'est que les problèmes sont toujours pris à l'envers , on ne veut pas parler des vrais problèmes qui font que en 167 ans ,
on a dépouillé le tahitien de ces terres et on l'a marginalisé ,
les vrais problèmes concernent la marginalisation calculé de la population autochtone depuis des lustres ,
qui ne participe pas du tout à tout ces états généreux , où l'on pense pour elle ,on réfléchit pour elle ,on suppose pour elle ,
mais celle-ci est encore marginalisé ,
on veut même créer un ministère du développement endogène ,
on aura tout vu et tout lu,
messieurs les penseurs ç'est un ministère des affaires indigènes qu'il faut dans ce pays afin de respecter les autochtones dans leurs êtres ,
leurs terres , leurs richesses culturels , leurs richesses tout court,
le ministère endogène c'est encore une pirouette à la blanche neige pour une fois encore s'accaparer et s'approprier des richesses appartenant aux autochtones ,
quand arrêterons nous de réfléchir et de dépouiller une fois encore le peuple de ce pays ,
de propriétaires terriens le tahitien est devenu locataire de ces propres terres , on a déshabillé et dépouillé le tahitien de ce qui lui est le plus cher,
pour habiller Jean-Paul,
ces états généraux sont en fait une fois de plus la démonstration et la mise en place d'une recolonisation du pays ,
iotua,

Légal

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