“Ne pas dépendre du politique”

Publié le mardi 19 janvier 2010 à 15H27

AÉROPORT. Une semaine après la signature du protocole de partenariat concernant la gestion de Tahiti-Faa’a entre le président Gaston Tong Sang et le secrétaire d’État aux Transports Dominique Bussereau, Christian Rognone, directeur général adjoint d’Egisavia, est en visite cette semaine au fenua, histoire de faire le point notamment avec le haut-commissaire, sur la nouvelle gestion de l’aéroport qui prendra effet le 1er avril.

Quelle est la part réelle de l’État dans la nouvelle entreprise qui va gérer l’aéroport ?

“La nouvelle entreprise s’appelle Egis et l’actionnaire unique du groupe Egis est la Caisse des dépôts qui est un établissement administratif étatique… Voilà comment se positionne l’État par rapport au groupe Egis à travers son actionnaire. (…) La société qui devra gérer la plate-forme aéroportuaire c’est autre chose, ce n’est pas stabilisé aujourd’hui. Nous sommes arrivés dimanche, nous avons rencontré le ministre Hamblin, nous venons de rencontrer le hautcommissaire, nous allons aller à la Setil et nous attendons que le président Tong Sang revienne de sa mission à Paris. Il est de bon ton que l’on rencontre toutes ces personnes avant de nous exprimer complètement sur le sujet.”

En tant que spécialiste de la gestion aéroportuaire, quel regard portez-vous sur la gestion passée de la part de la Setil ?

“Il me paraît important pour l’aéroport de trouver des partenaires qui permettent demain de mettre en place une gestion qui soit indépendante d’un positionnement politique. L’intérêt de marier des intérêts polynésiens et une société spécialisée dans la gestion des aéroports, c’est d’accorder à cette société une pérennité qui permet à cette société qui gèrera la plate-forme aéroportuaire, quel que soit le gouvernement qui sera en place, de continuer et d’avancer pour permettre à cet aéroport d’être la porte d’entrée que la Polynésie doit avoir. Voilà l’intérêt majeur de l’arrivée d’un partenaire qui permette de fiabiliser et de pérenniser la gestion de cet aéroport et en conséquence, de lui donner les moyens de faire appel à des capitaux pour investir et lui permettre de faire demain les investissements dont il aura besoin pour accueillir dans le futur le trafic nécessaire. Cette société qui apportera cette pérennité donnera une confiance accrue à des bailleurs de fonds qui permettront de mobiliser des capitaux dont on a besoin pour faire le renforcement de la piste, agrandir l’aérogare et pour donner à cet aéroport la capacité d’accueil dont il doit avoir mais également le confort.”

Doit-on comprendre que la Setil a eu une gestion un peu stérile de l’aéroport ?

“Non. Je n’ai pas à me prononcer sur la Setil. Elle a géré l’aéroport durant de très nombreuses années. La seule chose que je puisse dire c’est que la Setil était liée dans son management à un certain nombre de décisions politiques et donc : changement politique, changement de management. En conséquence, vous avez du mal chaque fois que vous êtes président ou directeur général de la Setil, si vous y êtes pour une durée très courte, d’organiser le futur. Donc l’intérêt d’un management privé, c’est demain de donner cette pérennité quoi qu’il arrive. Un aéroport ça ne dépend pas d’une situation politique, quel que soit le président du Pays, quel que soit ce qui se passe en Polynésie, on a besoin d’un aéroport qui fonctionne pour accueillir les avions. Mon rôle n’est pas de me prononcer sur une gestion passée qui a eu le mérite d’exister et qui a duré très longtemps. Ce n’est pas une critique de la situation passée, c’est un apport d’une situation nouvelle qui permet justement de donner la confiance et la pérennité dans un secteur qui a priori est un secteur économique. Un aéroport c’est un élément essentiel de l’économie de la Polynésie.”

Propos recueillis par PL

DÉCRYPTAGE

  • Pour Christian Rogogne, cette nouvelle configuration de gestion devrait permettre “de fiabiliser et de pérenniser la gestion de l’aéroport de Tahiti-Faa’a et en conséquence de lui donner les moyens de faire appel à des capitaux pour investir”
  • Clairement visée, l’instabilité, qui, en imposant une nouvelle équipe à chaque gouvernement, a accéléré l’idée d’une nouvelle manière de gérer l’aéroport

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