Publié le mercredi 05 août 2009 à 09H09
GESTION DU PILOTAGE. Yolande Mou est une femme de l'ombre. Elle anime aux côtés de Bernard Geoffroy l’équipe d'assistance chargée d’assurer toute la logistique nécessaire à la bonne marche des états généraux.
L’ESSENTIEL
- La cellule d'assistance aux états généraux comprend 12 membres regroupés autour de Bernard Geoffroy
- “Nous n'avons été soumis à aucune pression politique”
- La priorité sera de restaurer un climat de confiance propice à la mise en oeuvre des décisions qui sortiront de cette vaste consultation
Où en sommes-nous ?
“Quelle a été votre motivation lorsque vous avez accepté cette mission d’organisation des états généraux ?
“J’ai accepté parce que j’y crois tout simplement ! J’ai la foi en ce travail de remise totale en question qui me paraît absolument nécessaire à faire. La situation que nous connaissons en Polynésie et le contexte de crise politique qui nous a aussi touchés dans l’administration –je suis chargée de mission auprès du directeur de la Santé– font que j’ai accepté quasiment sans réfléchir.”
Comment décririez-vous la situation expliquée dans tous les rapports qui passent entre vos mains ?
“Dans tout ce que j’ai lu et entendu jusqu’à présent, ce que j’apprécie beaucoup c’est que les rapports que nous recevons décrivent vraiment bien la situation. Les équipes d’experts dans chaque atelier ont toutes montré qu’elles étaient capables de faire des analyses très objectives et de ne jamais utiliser la langue de bois. Lorsque ces experts affirment que la crise que nous traversons est structurelle et non conjoncturelle, d’une certaine manière je suis rassurée quant au courage avec lequel tous ces bénévoles osent affirmer des vérités peu agréables à entendre, certes, mais des vérités incontournables ! Nous ne sommes pas dans du papotage de salon, et je sens bien qu’ils se sont tous affranchis d’une quelconque tutelle politique.”
Où allons-nous ?
Quel cap devraient se fixer les responsables du pays ?
“Ce que je constate avec plaisir, c’est que les hommes et les femmes qui ont tenu à venir s’exprimer dans les ateliers préparatoires, ont pu le faire en toute liberté et nous n’avons jamais subi de la part d’aucun membre de la sphère politique, gouvernementale ou autre, la moindre tentative de pression. Je prends cela comme un signe encourageant pour la suite. Ceci étant dit, c’est à partir de cette semaine que la société civile va entrer en action, et c’est de ces représentants de la population que viendront des recommandations plus pertinentes que les miennes ! Alors le cap sera clair : respecter les demandes de la population.”
Quelle serait, parmi toutes les voies ouvertes dans les sept ateliers, la priorité ?
“C’est difficile de décider par quoi commencer ! Il y a tellement de priorités… En fait je pense que, déjà, s’il y avait une stabilité politique, une stabilisation sociale, si les hommes politiques arrivaient à tenir leur parole, peut-être qu’alors un climat de confiance pourrait s’installer de façon durable. Aujourd’hui, de toutes les études qui ressortent des différents ateliers, c’est ce problème de confiance qui fait le plus débat. Jeunes, adultes, travailleurs, chômeurs, chefs d’entreprise, fonctionnaires, tous manifestent leur découragement et leur peur de l’avenir. Il y a donc urgence !”
Qu’est-ce qu’on fait maintenant ?
Quelle solution imaginez-vous pour y arriver ?
“J’espère de tout mon coeur que tout le travail qui va être produit par ces états généraux par la société civile sur la base des réflexions préliminaires sera respecté par nos dirigeants. À mon niveau, c’est-à-dire la cellule d’assistance aux états généraux, je mettrai tout en oeuvre avec l’équipe désormais parfaitement rôdée qui m’entoure pour fournir tout l’appui dont les délégués et les responsables d’ateliers auront besoin. Les délégués généraux devront aller porter les travaux de réflexion auprès de l’État français, mais il est parfaitement clair que pour sortir de notre crise structurelle, c’est plus sur les énergies locales que nous devrons compter que sur l’intervention de l’État ! Notre personnel politique local va devoir faire preuve de courage et de détermination pour ne pas décevoir les attentes des Polynésiens.”
Propositions recueillies par MZS
Zoom
La gestion du pilotage des états généraux est animée par Bernard Geoffroy et Yolande Mou. L'équipe d'assistance est constituée de 11 personnes : sept assistants d'atelier, un par atelier, et quatre autres personnes qui gèrent en tranversale l'organisation des sept ateliers. L'équipe d'assistance doit assurer toute l'organisation méthodologique et logistique, la coordination des activités, de la communication et les relations avec les médias, la production des documents, etc. L'équipe d'assistance intervient aussi en soutien des deux délégués généraux, Heremoana Maamaatuaiahutapu et Joël Allain, qui sont les garants du bon déroulement des états généraux. Le comité de pilotage suit aussi les travaux effectués dans les communes. En ce qui concerne la phase rédactionnelle, chaque équipe produit le rapport diagnostic de l'atelier dont elle a la charge et le comité de pilotage va devoir assurer la synthèse de tous ces rapports pour produire le document final des états généraux de la Polynésie française que nos deux délégués généraux apporteront en Métropole.







