“Le développement durable au stade embryonnaire”

2 contributions

Publié le jeudi 06 août 2009 à 09H13

ATELIER 2. Nicolas Fourreau, ingénieur juriste en environnement de formation, à la tête de la société Enviropol, et spécialisé dans le retraitement des déchets et la protection de l’environnement, participera aux débats de l’atelier 2. Cet oeil averti dans le monde de l’environnement sera une force de propositions, d’écoute et de conseils lors des réflexions sur l’avenir écologique du fenua.

L’ESSENTIEL

  • Son rôle est de “donner une voie à suivre sur des domaines environnementaux”
  • “Nous avons ici une ressource fragile qu’il faut préserver”
  • Il estime que “le développement durable utilisé comme un élément “marketing” car porteur de valeurs, permettra certainement de faire rentrer une logique de protection dans les mentalités”

Où en sommes-nous ?

Pourquoi participez-vous à ces états généraux ?

“Tout d’abord en tant que citoyen et, bien évidemment, en tant que chef d’entreprise spécialisé dans la protection de l’environnement. Les états généraux sont un moyen de réunir les différentes associations, entreprises et services administratifs en leur donnant une fenêtre d’expression qui leur permettra d’échanger et de donner une voie à suivre sur des domaines environnementaux et notamment celui du développement durable qui n’est pas nécessairement intégré dans toutes les démarches des entreprises. En Polynésie, le développement durable est au stade embryonnaire. Il y a une forte volonté de tous les acteurs de part une volonté internationale dans ce domaine, mais nous avons ici une ressource fragile qu’il faut préserver. On voit sur certains domaines, qui seront abordés dans l’atelier 2, que tout n’est pas mis en place comme l’adduction en eau potable, l’assainissement et la gestion des déchets qui est, à mon sens, le plus avancé sur le fenua. Le développement durable est utilisé parfois comme un élément “marketing” car porteur de valeurs, et permettra certainement de faire rentrer une logique de protection dans les mentalités, mais à l’heure actuelle le but n’est pas là. Nous sommes dans une société en transition, dans un pays en transition, où l’on part de quasiment zéro pour arriver rapidement à des solutions “high-tech” et c’est justement là qu’il faut prendre un peu plus de temps.”

Où allons-nous ?

Que comptez vous apporter et proposer lors de cet atelier numéro 2 ?

“J’apporterai déjà mes connaissances dans divers domaines dont celui du retraitement des déchets et sur l’environnement qui fait partie de ma formation. J’amènerai également mon regard de citoyen, car il y a des choses qui sont relativement agaçantes, à l’image de la station d’épuration de Moorea qui n’est toujours pas en fonctionnement parce qu’il y a eu des incompétents à la mairie. Si on veut développer le tourisme, on fera forcément venir des gens qui consommeront beaucoup d’eau et d’électricité car cela fait partie de leur mode de vie. Par exemple un Américain consomme plus du double en eau qu’un Européen, et ceci, il va bien falloir le gérer. L’assainissement et la gestion des déchets c’est une ligne directrice qu’il faut gérer dès le début. Cela coûte très cher certes, mais par exemple, l’île de Bora Bora qui s’est équipée d’un second réseau permet un arrosage avec de l’eau épurée ce qui évite de puiser dans les réserves d’eau potable.”

Qu’est-ce qu’on fait maintenant ?

Comment peut-on associer société de consommation et développement durable ?

“Je pense que dans le monde entier on cherche la solution, il faut donc prendre en compte le développement de chaque pays, qu’il soit développé ou en voie de développement. La Polynésie qui ne produit pas de grandes richesses, a malgré tout le rythme de développement d’un pays riche, il faut donc trouver le chemin du milieu qui nous permette de vivre tous ensemble dans une situation relativement équilibrée. C’est difficile, c’est de la découverte, mais c’est là tout l’intérêt de vivre cette époque. Pour nous qui travaillons dans le domaine de la protection de l’environnement c’est une manière d’impulser une énergie à la société.”

Qu’elle est l’une des priorités environnementales en Polynésie ?

“Il y a le problème de l’assainissement, car si l’on investit dix milliards de Fcfp dans une unité de traitement quelle qu’elle soit, c’est dix milliards en moins sur l’assainissement. Sachant qu’aujourd’hui le gros de ce qui tue le récif c’est l’assainissement et la terre déversée dans le lagon. Et si on ne résout pas ce problème-là il y aura un impact irréparable sur le corail. Il faut savoir où on veut mettre les priorités dans une usine ou dans l’assainissement pour dépolluer nos lagons et ainsi garder nos touristes.”

Propos recueillis par Nicolas Perez

Zoom

Ingénieur juriste en environnement depuis plus de dix ans, Nicolas Fourreau a débuté sa carrière en Polynésie dans la société Enviropol dont il est aujourd’hui le directeur général. Au-delà de son travail sur le Centre de Recyclage et de Transfert des déchets de Motu Uta, à Papeete, et du Centre d'Enfouissement Technique de Paihoro, à Taravao, Enviropol est également à l’origine d’actions de dépollution à l’image de la catastrophe de la Sofap en février 2007 où la société forte d’une quarantaine de collaborateurs avait mis en place une “protection de milieu” pour éviter toute propagation de produits dangereux dans la rivière de la Tipaerui à Papeete.

Nicolas Perez
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Commentaires anonymes

09/08/2009 à 08h58

non ne nous parlez pas de développement durable , les tahitiens que nous sommes ne voulons plus entendre parler ,
depuis des décennies le tahitien a voulu se développer ,
mais il était très difficile de le faire ,
chaque demande émanent de tahitiens n'était pas pris en considération ou simplement rejeter par les services concernés sur ordre des hommes politiques au pouvoir ,
n'étant pas de la même couleur politique ,
les tahitiens ont subit depuis 167 ans une ségrégation raciale et sociale pernicieuses cachées de la part de l'état français et des élus politique 1/2,
qui n'ont pas permis à notre peuple d'être dans l'économie -
on a gardé notre peuple dans l'ignorance la plus totale ,
toute volonté de sa part de vouloir rentré dans l'économie lui était interdite , à part une petite élite docile ou aux ordres qui a réussi ,
le peuple a été saoûlé de politique politicienne comme aujourd'hui en lui faisant croire tantôt que l'autonomie était le salut ,
tantôt que l'indépendance était la solution à ces problèmes ,
pendant ce temps notre peuple sombrait tout doucement mais sûrement dans les abîmes de la pauvreté souhaité par les soit disant sauveurs,
ces états généraux ne sont -ils pas l'achèvement de tout espoir du peuple tahitien de se relever de ce qu'il lui est arrivé,
le développement durable de ce pays doit être assuré par le peuple à qui appartient le pays et non le contraire,
sidéveloppement durable il doit y avoir c'est avec les tahitiens,
iotua,

06/08/2009 à 15h14

Dans l'atelier 3 nous avons discuté à propos de l'environnement à cause des industries qui vont se créer pour l'Agro-alimentaire et nous avons parlé des énergies renouvelables, nous nous sommes apperçu que ça soit le solaire, l'Eolien, l'algothermie ou la Houlotmotrice toutes ces énergies apportent quand même des problèmes soit à l'Ecologie, les batteries, les panneaux solaires ou les Ailes pour l'Eolien etc... surtout pour les éléoliennes attention de ne pas dénaturer la Polynésie.
Attention tous les terrassements qui se font en montagne doivent être interdits ce sont les plus gros pollueurs des lagons; quand il pleut du côté de Punaauia peut on se baigner dans le lagon j'ai peur d'entrer dans l'eau et de ressortir tout ocre. La aussi il faut mettre des gardes fous. Je pense que la Polynésie ne doit se moderniser doucement. Nous avons plus de 130 iles protégeons-les surtout qu'elles sont réparties sur 5 millions de km2 d'Océan. surveillons notre Mer et gardons la. C'est notre Mère Nourricière.

Légal

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