“La culture, c’est nous”

Publié le vendredi 10 juillet 2009 à 08H59

ÉTATS GÉNÉRAUX. L’atelier 6, celui de la culture, s’est réuni mercredi dernier pour une première présentation.

L’ESSENTIEL

  • L’atelier culture des états généraux de la Polynésie française, commencera à plancher à partir du 1er août
  • La réflexion s’articulera autour de trois grands thèmes : définition, diagnostic des dispositifs, enjeux
  • 80 personnes se sont inscrites à cet atelier, qui augure des débats riches et passionnés

La culture représente 0,7% du budget du Pays. C’est dire l’importance accordée à cette composante pourtant essentielle de la société polynésienne, brandie à bout de bras à longueur de discours, par nos amis les politiciens. Le chiffre a flotté un instant avant de retomber dans les murmures mi-résignés, mi-narquois, de la trentaine de personnes qui avaient pris place sur les fauteuils rouges du petit théâtre, pour la réunion de présentation de l’atelier n°6 des états généraux.

Après une exposition du principe et de la charte, Heremoana Maamaatuaiahutapu, délégué de l’atelier, a passé en revue les principaux thèmes qui seront discutés du 1er août au 2 septembre, date à laquelle le comité de diagnostic devra rendre sa copie. Quel est le poids économique et social de la sphère culturelle ? Quels sont les moyens financiers consacrés à la culture ? La culture est-elle un facteur d’intégration et de régulation sociale ? La culture peut-elle être un moteur économique essentiel ? Voilà quelques-unes des questions auxquelles devront répondre les 80 participants inscrits.

Si on n’était pas encore au débat, les réactions ne se sont pas faites attendre. C’est une Mangarévienne qui a ouvert le feu : “À Rikitea, je n’ai pas la même histoire que toi, je n’ai pas la même langue, je ne veux pas que Tahiti décide pour nous.” L’écrivaine Titaua Peu, en outre, s’est inquiétée de savoir comment et par qui serait défini le terme “culture”. Une culture qui a été abordée dans sa dimension universelle : “Faisons-nous notre culture pour nous-mêmes ou pour l’extérieur ?” a interrogé Lucie. “Le câble arrive, qu’allons-nous mettre dedans pour qu’il ne reparte pas à vide ?” a questionné Jeff Benhamza.

Existentielle : “J’ai peur des listes de bonnes résolutions. La culture c’est être heureux là où l’on est. Sommes-nous heureux ? Quelle est notre manière d’être ?” a déclamé Yves Doudoute. Scolaire : “Il est temps que la culture polynésienne, que les auteurs polynésiens entrent à l’école. À nous de définir nos classiques”, a affirmé Aline. Touristique : “Seuls 5% des touristes viennent en Polynésie parce qu’ils s’intéressent à notre culture. Il faut faire la part des choses entre culture et folklore. Ce qui est la culture dans une famille n’est pas la culture dans une économie”, a relevé Teiki. Pour Moana : “La culture, c’est aussi un produit marchand”, et pour Aldo Raveino : “Il est temps aujourd’hui d’accepter le fait que la culture, c’est aussi une économie, des métiers !” Une première prise de contact qui promet des débats animés !

Khadidja Benouataf

Khadidja Benouataf
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