“Je n’ai rien à cacher”

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Publié le lundi 26 juillet 2010 à 11H17

LUC FAATAU. Le délégué général de la Spacem (Société polynésienne des auteurs compositeurs et éditeurs de musique) répond aux accusations de Théo Sulpice, président du Syndicat polynésien des auteurs et des compositeurs (Spac), qui l’a notamment traité de “menteur” (lire notre édition du 20 juillet). C’est celui qui dit qui l’est…

L’ESSENTIEL

  • Luc Faatau estime que Théo Sulpice fait tout pour mettre à mal la Spacem et dénonce l'interventionnisme de la Sacem
  • Il dément toute affaire judiciaire le concernant et assure qu'il a fait l'objet d'une ordonnance de non-lieu le blanchissant de tout soupçon de détournements de fonds. Il dément aussi avoir reçu une plainte du Spac
  • Il se défend par ailleurs de mal répartir l'argent entre les artistes : “Je suis les règles, celles de la Sacem”

Vous êtes remonté aujourd'hui contre Théo Sulpice et ses accusations…

“Théo Sulpice me traite de menteur, c'est grave. J'aurais aimé qu'il me précise sur quel point j'ai menti. Je crois qu'il est vraiment très mal placé pour me traiter de menteur. Jusqu'à présent, il n'a fait que dire des mensonges. Depuis qu'il fait campagne contre la Spacem, ou plutôt contremoi, il n'a pas arrêté. Il dit que je suis à l'origine de malversations financières et de détournements de fonds et que je vais être jugé pour cela. Il dit que j'ai créé un gouffre financier. Tout cela est faux. Il n'y a pas d'affaire judiciaire.”

Selon vous tout ce qu'il dit est faux ?

“Tout à fait, et comme il n'y arrive pas aujourd'hui, il nous traite d'incompétents. Il nous traite de mauvais gestionnaires alors que c'est lui qui a fait l'objet d'une liquidation judiciaire. C'est parce qu'il n'a pas géré les choses comme il le fallait. Il dit que j'ai versé 50millions de Fcfp à Gabilou,mais il faut savoir que cela fait 30 ans qu'il est chez nous. Il essaye de diviser les gens en mentant. Lorsque les artistes ont vu que c'était un gros menteur, il n'y a plus personne avec lui. Le Spac est une coquille vide.”

Quel intérêt aurait-il à faire tout cela ?

“Pour que l'on perde le soutien de nos sociétaires. Moi j'aimerais qu'il aille régler ses artistes avant de parler des miens. C'est aberrant. À la Spacem, l'argent est redistribué aux artistes. Il dit aussi que nous ne payons pas le personnel. Là aussi c'est un gros mensonge, les dix salariés sont payés. Il veut nous mettre à mal. Il y a un audit qui a été fait, qui dit bien que la situation est saine. De plus, il ose dire que j'utilise l’argent que le mandataire judiciaire Gérard Philippot a généré pendant deux ans, soit 176 millions de Fcfp. C'est n'importe quoi ! Lui, il était en France et n'a rien géré du tout. Et je ne sais pas d'où il sort ces chiffres. La Spacem fait entre 110 et 130 millions par an et c'est de l'argent qui est reversé. Il dit aussi qu'il a porté plainte contre nous. J'attends. Jusqu'à aujourd'hui je n'ai jamais rien reçu.”

Par ailleurs, le président du Spac affirme que personne ne veut approuver vos comptes…

“On m'a fait le reproche, la Sacem aussi. Mais il faut savoir qu'on a eu un administrateur judiciaire qui avait pour mission de tout remettre à zéro. Il ne l'a pas fait. On me reproche son travail. Aujourd'hui nous avons fait le nécessaire et je laisse notre commissaire aux comptes faire son travail. Après il faut savoir qu'il y a plusieurs personnes qui nous doivent de l'argent, notamment TNTV qui connaît des difficultés financières.”

Parallèlement, la Spacema eu affaire à la justice et vous aviez été mis en examen.

“Il faut arrêter avec cela. En janvier, la justice a rendu une ordonnance de non-lieu me blanchissant et ça, personne n'en parle. Pourtant la justice a bel et bien estimé que je n'avais rien fait en termes de détournements de fonds, de faux et d'usage de faux. Alors Théo Sulpice peut toujours parler. Il y a bien une affaire et il y a bien une personne qui comparaîtra devant le tribunal, ce sera l'ancien président de la Spacem, Jean-Pierre Nouveau, mais pas moi. Alors que c'est lui qui avait porté plainte, c'est lui qui m'avait accusé de malversations. Je dis que c'est de l'acharnement de me prendre toujours à parti. Je suis tranquille dans ma tête et je fais mon travail. Alors il faut arrêter. Théo Sulpice dit qu'il y a une centaine d'artistes derrière lui, j'aimerais bien les voir.”

Aujourd'hui quelle est la situation de la Spacem ?

“Nous continuons nos activités, il nous reste à faire approuver nos comptes. Après on verra. Mais je le rappelle, la Spacem est une société privée et il n'y a aucun franc public dans son fonctionnement. Nous n’avons des comptes à rendre qu'à nos sociétaires. Tout le monde veut politiser notre dossier et c'est pour cela que le Spac demande à la Sacem (Société des auteurs compositeurs et éditeurs de musique) de faire de l'interventionnisme. Je le rappelle, nous sommes une société indépendante et autonome. J'aimerais donc qu'on arrête de raconter des âneries. La Spacem n'a pas de compte à rendre et je n'ai pas de leçon à recevoir de Théo Sulpice, ni de gestion, ni de morale. Sa société a été liquidée et il en a recréé une nouvelle pour exister. Ça s'appelle pas de la malversation ça ! Tout cela pour échapper au créancier ! Il parle de la répartition des fonds également. Eh bien il faut savoir que nous respectons les règles de répartition et qu'elles sont faites par la Sacem. En conclusion, toutes ses opérations feront des victimes et ce seront les sociétaires, les artistes. Et ce sera la propriété intellectuelle qui en pâtira. De mon côté je n'ai rien à cacher.”

Propos recueillis par JH

Fonctionnement de la Spacem : diatribe de Théo Sulpice

“Luc Faatau est un malin et un menteur. Quand il ne sait plus quoi répondre, il dit n’importe quoi, en accusant par exemple la Sacem de ‘colonialisme’”, clamait Théo Sulpice du Spac dans notre édition du 20 juillet. “C’est aberrant. Aujourd’hui la Spacem ne fonctionne plus. Elle a du mal à payer son personnel. Elle utilise l’argent que le mandataire judiciaire Gérard Philippot a généré pendant deux ans et huit mois, soit 176 millions de Fcfp. De 2005 à 2008 il avait réussi à faire entrer de l’argent dans les caisses” accusait-il. Le président du syndicat déclarait aussi avoir déposé une plainte en octobre 2008. Mais Luc Faatau ne s'en inquiète pas, estimant qu’il n'a rien à se reprocher. Théo Sulpice dénonçait qu’à la Spacem, “l’argent a été distribué à droite à gauche. Gabilou a touché 50 millions de Fcfp alors qu’Angelo a perçu 6 millions de Fcfp, pourtant il pèse 50 fois plus lourd. Tout est dans les audits”. Une accusation défendue par Luc Faatau.

Jenny Hunter
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Commentaires anonymes

27/07/2010 à 15h53

faaitoito a tout le personnel de la spacem et ces dirigeants

Commentaires anonymes

27/07/2010 à 12h25

Voilà comment on s'approprie une société ou un service pour le seul intérêt personnel ou familial !

On n'est pas sorti de l'auberge d'autant plus qu'il n'y a pas que la Spacem !

Commentaires anonymes

26/07/2010 à 15h18

A quel titre Gabilou perçoit il de l'argent de la SPACEM alors qu'il n'est que simple interporète et que la SPACEM gère les droits des auterus/compositeurs?

Pour rappel:
- auteur/compositeur = créateur
- Interprète: ne fait que chanter les oeuvres créées poar d'autres.

Certains interprètes peuvent aussi être auteur/comositeur (comme angélo).

Mais là, que la SPACEM verse des droits à Gabilou, je comprends pas....

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