Publié le samedi 20 février 2010 à 11H51
L’INVITÉ DE LA SEMAINE. Auteur, compositeur, directeur de musée, Jean-Marc Pambrun s'est livré aux questions de Serge Massau sur Radio 1. Culture, politique, indépendance, il passe en revue les choses essentielles de sa vie.
L’ESSENTIEL
- “C'est dans le secteur de la culture que la société polynésienne peut s'exprimer le mieux”
- “On fait semblant de croire que la Polynésie c'est la France. Je dis non, ce n'est pas la France”
- “On m'entend moins sur les barricades, contester ou dénoncer. C'est peut-être parce que j'ai assez parlé comme cela. Il faut que l'on travaille, que l'on agisse”
Un chantre de la révolution et ardent défenseur de la culture était hier l'invité de Serge Massau dans l'émission “À vous la parole” sur Radio 1. Intellectuel engagé, Jean-Marc Pambrun n'a pas perdu son franc parlé, même s’il reconnaît s'être moins exprimé ces derniers temps. “On m'entend moins sur les barricades, contester ou dénoncer. C'est peutêtre parce que j'ai assez parlé comme cela. Il faut que l'on travaille, que l'on agisse.” Durant plus d'une heure, celui qui est directeur du Musée de Tahiti et des îles, écrivain et auteur-compositeur a réaffirmé avec force sa conviction que la culture devait être au centre de la réflexion pour redéfinir la société polynésienne. “Si on investissait autant dans la culture que l'on investit dans l'aménagement routier, on créerait beaucoup plus d'emplois, on aurait une croissance plus importante. C'est dans le secteur de la culture que la société polynésienne peut s'exprimer le mieux”, estime Jean- Marc Pambrun. “La civilisation occidentale a prétendu pouvoir apporter la civilisation, le bien-être, le bonheur. On se rend compte que ce n'est pas cela,” martèle l'auteur de Bambou noir. “Si les Ma’ohi ont réussi à vivre pendant 1 000 ans dans les conditions idéales, remarquées par les premiers navigateurs, comment arrive-t-on aujourd'hui à une situation inverse ?”, dans laquelle une partie de la population est laissée pour compte.
En réaction aux propos du procureur de la République José Thorel, qui dans son entretien controversé au site Internet Médiapart parlait des 200 familles qui dominent en Polynésie française, Jean-Marc Pambrun lance : “depuis 20 ou 30 ans, ce sont des membres des familles demies qui arrivent au pouvoir”. Ils “ont de l'influence, de l'argent, des capitaux, des réseaux”. Pour lui, cette caste compose ce qu'il nomme “la bourgeoise colonialiste”. Il appelle à une révolution “pas au sens marxiste du terme, mais une révolution dans les institutions, les mentalités”. “On fait semblant de croire que la Polynésie c'est la France. Je dis non, ce n'est pas la France”, poursuit Jean-Marc Pambrun. La société polynésienne a ses valeurs, ses préoccupations, mais reste “sous tutelle”, ou la demande. “Tant que l'on sera sous tutelle ou que l'on continuera à la demander, on restera un peuple colonisé.”
“On a tendance à dramatiser l'évolution de la revendication culturelle”, regrette celui qui a été jusqu'à son limogeage en 2000, directeur de la Maison de la culture. Il souligne les acquis du renouveau culturel ma’ohi des années 70. La reconnaissance de la langue et son introduction dans le cursus scolaire en 1982 ainsi que la création de l'Académie tahitienne sont des étapes essentielles. Il reconnaît néanmoins que les jeunes s'intéressent moins à la culture en partie du fait de la rapidité de “la croissance de la mondialisation”. Il rêve d'un enseignement de toutes les matières en langues polynésiennes comme “les Maori nous ont prouvé que c'était possible” de faire. Pour cela, il faudrait un plan sur des décennies, mais avec “l'instabilité politique on aura du mal à y arriver”. À ses yeux, le problème c'est que “l'intérêt des politiques pour la culture est proportionnel au nombre de voix que peuvent leur rapporter les représentants de cette culture. Le gouvernement préfère parfois payer des billets d’avion à une délégation de 150 personnes plutôt que d'envoyer un écrivain quelque part”. Il rappelle qu'il a connu neuf ministres de la Culture en quatre ans et demi.
Jean-Marc Pambrun égratigne en passant le nouveau ministre de la Culture, Mita Teriipaia, estimant qu'aucun parti politique “n'arrive avec un programme établi et réel et avec les gens qu'il faut et qu'au dernier moment il faut bien désigner des personnes aux postes clés”. Les ministres de la Culture “n'ont pas la science infuse” et devraient consulter l'ensemble des acteurs de la vie culturelle. “On ne peut pas élaborer une politique culturelle tout seul dans son coin, même avec les meilleurs experts”, poursuit Jean-Marc Pambrun, qui ne refuserait pas le portefeuille de la Culture si on le lui proposait.
Jean-Marc Pambrun milite pour la création d'un haut comité culturel du pays qui rassemblerait tous les acteurs artistiques, culturels. Cet organisme ferait des choix sur les projets à soutenir. Refusant de regarder en arrière, il dit vouloir “faire le maximum pour le musée, la promotion de la culture de la lecture. Et si ça ne marche plus, je ferai autre chose”. Attaché à rendre hommage à Henri Hiro, figure emblématique du renouveau de la culture ma’ohi, il prépare une exposition au musée à l'occasion du vingtième anniversaire de la mort de celui qui voulait “rallumer la lumière du passé pour éclairer l'avenir”. Mais pour l'instant, “nous n'avons pas un rond”.
AB
Adeline Brisset







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23/02/2010 à 11h17
Il faut aussi qu'on comprenne qu'on ne peut plus vivre avec pour modèle la réussite insolente de nos élites (ou de la caste si on préfère) : l'argent facile, le contre-modèle de la méritocratie, etc... Comme le souligne Miri ama, la société de consommation à outrance ne peut plus inspirer notre modèle de développement. Il nous faut revenir à des valeurs plus saines, que l'on retrouvait d'ailleurs aux temps immémoriaux, faites de partage mais aussi de privation durant les périodes de vaches maigres. Autrefois, la solidarité était personnelle, elle s'exerçait au sein même du clan ; de nos jours, celle-ci a été remplacée par une solidarité institutionnelle, qui se manifeste notamment au travers du service public (éducation, santé, retraites, etc). Les prétendants à cette solidarité ne cessent d'augmenter alors que l'enveloppe allouée par la France pour faire marcher les services publics reste la même. Nous devrons donc mieux gérer cette enveloppe (réduire les salaires et les synécures, les organismes inutiles, l'effectif pléthorique de l'administration, etc), mais aussi moins compter sur le service public, c'est à dire revoir notre rapport à l'assistance pour ne pas dire l'assistanat. C'est pour ça que nos élus sont complètement à l'ouest, parce qu'ils feignent d'ignorer cette réalité grandissante. alors oui au développement durable respectueux des spécificités culturelles, environnementales et géographiques de la Polynésie.
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22/02/2010 à 16h38
@MACHIN
Face à la crise majeure que
nous connaîtrons dans les jours à venir,
suite aux bêtises de nos élus
et la dilapidation de nos peu de richesses économiques,
le retour aux anciennes pratiques, se fera lentement et sûrement.
Car comme je le disais plus haut, la société de consommation
mise en place par les mutinationales, est à bout de souffle.
L'Economie Mondiale est sous perfusion,
plusieurs Pays sont en faillite.
Nous n'allons pas y échapper.
Il ne s'agit pas de retourner en arrière,
mais bon gré mal gré, de reprendre
certaines pratiques de nos "matahiapo" .
Juste deux exemples:
-la reprise du RAHUI pour respecter le cycle de reproduction des poissons.
-la reprise du panier pae'ore pour respecter l'environnement.
Ailleurs c'est la mode du bio, du vélo et autres soit disant nouveautés (qui sont aussi des recettes de grand-mères) pour respecter la nature.
Devant le spectre de la montée des eaux ,
tout ce qui est préconisé,
nos ancêtres le pratiquaient déjà.
Tout ce propos pour dire que
les effets pervers de la société de consommation,
nous font retourner à des pratiques de protection
de l'environnement qui étaient déjà pratiquées
dans nos îles, autrefois,
justement pour ne pas dilapider les ressources et
pour respecter l'environnement.
Je suis tout à fait consciente que
le fait de remonter dans le temps est impossible,
mais certaines pratiques s'avèreront nécessaires.
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22/02/2010 à 14h44
Tiens, Jean-Marc se dévoile ! Il veut devenir ministre ! En remerciement pour son succès au Musée, véritable morgue désertée de la civilisation tahitienne... ?
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22/02/2010 à 11h44
Ia ora na,
Il faut savoir lire entre lignes et derrière le discours voir l'esprit qui l'anime. Pour ma part je suis en phase avec les propos de M. Pambrun (il n'est pas le seul à en parler). La révolution elle doit-être globale que ce soit au niveau du politique, du gvt, du ministère de la culture, du musée, du marae de Taputapuatea ou dans la réhabilitation des toitures traditionnelles (niau, pandanus)car on importe de produits synthétiques qui tue l'artisanat local et empêche dans le même temps les jeunes générations de se réapproprier divers pans de leur culture. Je souligne également que revenir "aux pratiques des anciens" ne signifie pas retour en arrière mais prendre en compte les pratiques ancestrales dans le développement de demain, un développement propre au fenua. En fait c'est une révolution sociale et politique qui voit l'individu comme élément central et porteur de sa culture ancestrale comme vecteur du développement futur. Une révolution culturelle tout simplement. Il y a du travail effectivement et dans tous les sens du mot. Mais l'immaturité des élus et gouvernants actuels installés dans leur confort et responsable de l'instabilité politique n'est pas favorable pour ce type de révolution puisque trop révolutionnaire au regard des privilèges propres à leur caste dominante qui espère régner longtemps encore..... Mais pour combien de temps....
Parahi.
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22/02/2010 à 07h47
Miri Ama, il faut arrêter de rêver. On ne peut pas avancer en regardant perpétuellement derrière. L'avenir doit être construit à partir de l'existant et vouloir revenir aux pratiques des anciens n'est plus possible. La société Polynésienne est maintenant trop évoluée et trop nombreuse pour se remettre à vivre comme il y a un siècle. Il faut effectivement rechercher l'harmonie, mais cela passera forcément par l'action des politiques qui devront avoir en tête le bien être de leur population plutôt que celui de leur compte en banque.
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21/02/2010 à 20h40
Un musée de tahiti et des îles vide de visiteurs, sauf quelques touristes de passage, quelques "popaa"...Un musée Gauguin abandonné..
Oui, monsieur J M Pambrun, une révolution est à faire. là !
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21/02/2010 à 11h11
L' après-CEP et les bêtises de nos élus,
nous font prendre consience
que la société de consommation
qui nous a été imposée
et qui contamine encore nos populations,
est à bout de souffle, aujourd'hui.
Actuellement nous ressentons l'urgence
de nous retourner
vers les pratiques de nos ancêtres,
afin de ne pas terminer
comme toutes les civilisations
qui ont été colonisées,
pillées et laissées agonisantes.
Il y va de l'avenir de nos enfants
de reprendre les pratiques
de nos anciens qui utilisaient
et géraient ce que leur environnement
leur fournissait pour vivre simplement
sainement et en ayant pour projet
l'assurance du confort de leur prochain.
Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
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20/02/2010 à 23h05
E ere au i te papu no te parau i te reo papaa ... ua tai'o rii e au i te mau uiuiraa e i te mau pahonoraa o te tia faatere o ta tatou Fare manaha ... teie te manao, ia uiui atoa hia i teie tia na i roto te fanahoraa a Tihoni MAIRAI (TNTV), na roto i to tatou reo ... e parau faufaa roa ta na i vauvau hora ... no te haamanao i a tatou te faufaa o to tatou mau peu tumu, to tatou hiroa ... i roto i to tatou oraraa, no to tatou huaai tamarii ... Mauruuru ...
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20/02/2010 à 21h21
une révolution dans un verre d'eau,
Salam likoum,
lumière,