Publié le vendredi 30 juillet 2010 à 10H32
CULTURE. De Taiwan à la Polynésie, tournage d'un documentaire fiction sur les traces des premiers Polynésiens.
L’ESSENTIEL
- Le réalisateur Ange di Maria, financé par le mécène Joseph Laine, tourne un documentaire-fiction sur les origines du peuplement polynésien
- Anthropologues, ethnologues, linguistes et généticiens s'accordent à dire que les peuples polynésiens sont issus d'une longue migration depuis l'Asie via, entre autres, la Mélanésie
- De Taiwan aux Marquises en passant par les îles de la Société, le film explorera les similitudes culturelles entre les aborigènes de Taiwan et les Polynésiens
S’ils ont dû renoncer à financer plus avant le voyage d’une pirogue double vers la Chine, Joseph et Michèle Laine gardent intact leur intérêt pour les migrations polynésiennes et leurs origines. Ces généreux mécènes sont bien déterminés à apporter leur pierre à l’édifice des connaissances historiques sur le peuplement de la Polynésie. Sur la suggestion du réalisateur Ange di Maria, qui devait embarquer sur une des pirogues, Joseph a donc décidé de produire un documentaire fiction de 52 minutes explorant l’hypothèse de l’origine asiatique des populations polynésiennes. Une hypothèse déjà fortement étayée par les travaux de nombreux chercheurs, qui ont établi la réalité d’une communauté linguistique et génétique austronésienne et tendent à situer son berceau à Taiwan. Des travaux menés à la fin des années 90 ont permis d’établir que les Polynésiens partagent un lien génétique avec les peuples qui habitaient Taiwan il y a environ 5 000 ans, eux-mêmes originaires de Chine et dont les descendants sont toujours constitués en tribus aborigènes à Taiwan. On se souvient également de “Made in Taiwan”, le documentaire primé au FIFO 2007, dans lequel deux Néo- Zélandais d’origine tongienne et samoane retraçaient en sens inverse, grâce à des tests ADN, le voyage supposé de leurs ancêtres vers les îles du Pacifique.
Ange di Maria repart aujourd’hui pour un deuxième séjour à Taiwan, à la rencontre de plusieurs tribus, qui ne représentent plus que 2% de la population. Il s’intéressera plus particulièrement aux Amis, aux Atayal qui vivent en montagne, et aux Thao qui vivent en bord de mer. Il se rendra ensuite aux Marquises et à Raiatea, pour approfondir sa recherche des similitudes culturelles, comme par exemple l’utilisation du tatouage, notamment facial, et de certains motifs décoratifs, les embarcations traditionnelles ou la christianisation des populations. “Nous espérons apporter des éléments de réponses aux questions identitaires des Polynésiens”, dit Ange, “et la pirogue restera le fil conducteur du documentaire, car sans elle rien n’aurait été possible.” Le film, titré “Il était une fois les Polynésiens”, sera tourné en reo maohi et sous-titré. Aldo Raveino du groupe Manahune en composera la bande originale. L’objectif est non seulement de le présenter au FIFO 2011, mais aussi dans plusieurs festivals autour du monde. L’équipe, qui constate qu’il existe des écrits mais aucune oeuvre audiovisuelle sur le sujet, espère également que le film sera diffusé dans les écoles et utilisé pour la promotion touristique de la Polynésie, notamment sur lemarché asiatique. À l’issue de la conférence de presse, l’équipe du film a rencontré le ministre du Tourisme Steeve Hamblin, qui les a assurés de son soutien sans préciser encore sous quelle forme prendra l’aide du Pays. Quant à Joseph Laine, dont la société China Expedition engage un budget de 30 millions de Fcfp pour le tournage et la promotion de ce film, il dit ne pas être déçu par la polémique qui a entouré la construction et le départ de Upoo Tahiti et de Tahiti Nui Freedom : “Je suis surtout concerné par la préservation des vies humaines, et je leur souhaite bon vent.”
Caroline Perdrix
Caroline Perdrix







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Commentaires anonymes
06/09/2010 à 10h17
Le berceau des Polynésiens n'est pas Taïwan mais les îles de l'archipel de Bismarck.C'est là que ce peuple est né du mélange de deux ethnies: une taïwanaise de la Tribu des Bununs, Amis et l'autre papou qui occupait déjà ces îles.L'ADNmt est à 93% taïwanais par contre l'ADN Y est à 65.8% mélanésien ou papou. Par ailleurs d'autres marqueurs génétiques, comme HLA-Bw48, sont venus s'y ajouter, ceux des amérindiens Na-Dene :Tlingit, Haida et Kwakuilt. Les Polynésiens ont fait un grand détour avant d'arriver dans le centre du Pacifique.;)