Publié le jeudi 26 février 2009 à 10H39
SEM SÉTIL. Hiro Tefaarere, PCA, souligne la nécessité pour la Sem d’ouvrir son capital au secteur privé. Dans le cadre d’une nouvelle convention de concession, Hiro souhaite présenter un “business-plan digne de ce nom avec des travaux structurants de réaménagement total de l’aéroport de Tahiti-Faa’a” pour un coût de 30 milliards de Fcfp. Entretien.
L’ESSENTIEL
- Selon Hiro, Egis Avia, filiale de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), souhaite récupérer la gestion de l’aéroport. Il en est hors de question pour le représentant à l’assemblée
- “Les privés ont non seulement les moyens financiers, mais aussi également les compétences humaines, techniques et nécessaires pour aider l’équipe dirigeante de la Sétil Aéroports à développer son projet et son produit”, souligne le PCA
- Selon lui, un professionnel du tourisme serait prêt à investir et à refaire le salon VIP à l’aéroport
Quel est votre bilan en tant que PCA à la Sétil Aéroports depuis le mois de septembre ?
“J’ai été désigné là-bas par le gouvernement et par mes pairs en septembre 2008. J’ai vu cela comme un challenge. Contrairement à ce qui avait été avancé par la sentinelle vigilante de l’époque, Bouissou, c’était en accord avec tous les chefs de la majorité To Tatou Ai’a. La condition que j’avais posée à l’époque était de faire en sorte que la mairie de Faa’a soit partie prenante. C’est ce qui est arrivé. Cela n’avait jamais été le cas. Je suis fier du bilan que j’ai accompli. Nous avons tenu en cinq moins cinq CA. Ce que mes prédécesseurs n’avaient pas fait en un an ou en deux ans. Nous avons dans un premier temps baptisé les aérodromes qui sont gérés par la Sétil. Ma seconde initiative a été de faire connaître les aérodromes aux membres du CA. Le troisième challenge a été le déplacement à Paris pour les discussions et les négociations avec le ministère des Transports, l’Élysée et Medetom sur le dossier de la concession (lire ci-dessous). Cela n’a pas été facile. Nous avons pu obtenir une prolongation d’un an, mais avec cette fois-ci un protocole proposé par l’État liant l’État, le Pays, la commune de Faa’a et la Sétil Aéroports pour voir comment améliorer d’une manière pérenne tout l’aéroport. L’argument clé qui a prévalu et pour lequel l’État a accepté nos propositions a été la nécessité de prendre en compte le phénomène de la montée des eaux qui avait été oublié par tous mes prédécesseurs. À mon retour, on a commencé à travailler là-dessus. Nous avons déjà pu présenter des esquisses intéressantes. Entre temps, nous avons reçu la présence d’Yves Bellec, directeur interrégional pour l’outre-mer de la Caisse des dépôts et consignations et surtout d’une filiale de la CDC, Egis Avia. Celle-ci souhaite récupérer le travail à son compte une fois le protocole d’accord signé entre l’État, la commune de Faa’a, le Pays et la Sétil aéroports.”
Vous voulez dire qu’Egis Avia souhaite reprendre la gestion de l’aéroport de Tahiti-Faa’a au détriment de la Sétil ?
“En clair, Egis Avia nous dit : ‘Vous remettez de l’ordre. Quand ce sera fait, nous reprendrons la gestion’. Il n’était pas question pour moi de céder et nous n’avons pas cédé. Nous avons dit que la Sétil était compétente, qu’elle avait suffisamment de moyens humains et matériels pour pouvoir gérer elle-même l’aéroport de Tahiti-Faa’a malgré les difficultés. Egis Avia avait déjà tenté dans un passé pas si éloigné de reprendre en main la gestion. À l’époque, le président du Pays qui était M. Gaston Flosse s’y était fermement opposé. J’espère que l’actuel président ne se laissera pas faire par les uns et les autres.”
Quelle est votre stratégie pour obtenir cette nouvelle convention de concession ?
“Nous sommes en train de rédiger une contre-proposition. Nous avons rencontré plusieurs partenaires privés du Pays comme de l’extérieur qui sont susceptibles de venir au sein du CA pour pouvoir présenter un business-plan digne de ce nom avec des travaux structurants de réaménagement total, étalé dans le temps, de l’aéroport de Tahiti-Faa’a pour que celui-ci devienne un véritable aéroport international digne de ce nom. Ces travaux auraient un coût de 30 milliards de Fcfp. Il faut savoir aussi que pour la première fois depuis dix ans, j’ai réussi l’exploit de faire siéger la commission de sécurité et économie. Celle qui est chargée d’élaborer et de faire participer tous les acteurs de la plateforme aéroportuaire au niveau des coûts des redevances aéroportuaires. Tous les partenaires, qui ne s’étaient pas réunis depuis 10 ans, ont accepté de participer, mieux même, de revoir à la hausse ce qu’ils avaient toujours refusé mais étalé sur trois ans. C’est à partir de cet accord que nous avons pu établir un projet de budget digne de ce nom pour l’année 2009.”
De quel type seraient les travaux à l’aéroport ?
“Des études ont été faites sur la création d’une digue de protection avec une route de contournement, la zone nord serait ainsi protégée, ensuite cela descendrait, puis il y aurait un pont-levis et un îlot artificiel qui sera construit. Il y aurait ensuite un passage sous la passe de Papeete pour rejoindre la ville. C’est une proposition d’une société locale. On attend d’autres propositions, mais pour l’instant, la dynamique est lancée. On sera fixé sur le devenir de la société qui sera amenée à gérer l’aéroport après la signature du protocole d’accord qui devrait avoir lieu en mars.”
À quelle hauteur l’État pourrait participer à ses travaux ?
“Pour l’instant, rien de concret n’a encore été défini sur le coût. L’idéal serait pour moi de commencer à comprendre qu’il faut donner sa place aux privés et arrêter de penser développement uniquement par la puissance publique car on a tout faux. Il faut faire en sorte que les partenaires du privé puissent être partie prenante. Ce que je propose à l’avenir, c’est l’ouverture du capital de la Sétil Aéroports à des partenaires du privé qui ont non seulement les moyens financiers, mais aussi les compétences humaines, techniques et nécessaires pour aider l’équipe dirigeante de la Sétil Aéroports à développer son projet et son produit.”
Des privés seraient-ils déjà intéressés ?
“Si je vous en parle, c’est que j’en ai entendu parler. Beaucoup sont d’accord. Il y en a déjà un qui est prêt à reprendre à son compte le réaménagement du salon VIP sans que cela coûte un Fcfp à la Sétil, il faut être nul et bête pour ne pas accepter.”
Propos recueillis par MT
Zoom
La convention arrêtée en 1996 n’a toujours pas été renouvelée
L’exploitation de l’aéroport de Tahiti Faa’a par la Sétil, pour le compte de l’État représenté par le haut-commissaire et le service d’État de l’aviation civile (SEAC), est organisée dans le cadre d’une convention dite de concession, passée entre l’État concédant et la Sétil concessionnaire. Cette convention signée en 1966 a expiré en 1996 et n’a jusqu’à ce jour pas été remplacée par une nouvelle convention de longue durée. Pourquoi ? Pour renouveler la concession, l’État avait imposé à la Sétil quatre types d’exigences, rappelle la CTC dans son rapport publié en 2006 : avoir un exploitant clairement identifiable dont c’est la seule vocation, présenter une gestion claire et fiable, être en capacité d’effectuer les investissements de modernisation nécessaires, en présentant un plan d’investissement de 10 milliards de Fcfp sur dix ans, obtenir la garantie du Territoire pour obtenir les emprunts nécessaires à la réalisation de ces investissements. Seule la première condition a été remplie, soulignait alors le rapport de la CTC.
Aéroports internationaux : l’État devra dire oui
“Les projets d’aérodromes internationaux favorisant le tourisme, à Bora Bora, à Hao et aux Marquises, feront l’objet d’études poussées par des experts internationaux”, a souligné dans son discours Oscar Temaru, il y a deux semaines. Une idée à laquelle le président du Pays tient depuis plusieurs années. En 2005, il avait déjà pour projet de construire un aéroport international à Nuku Hiva aux Marquises, à Tubuai aux Australes ou encore de rendre l’aéroport de Bora Bora conforme aux normes internationales. Le coût uniquement pour un aéroport international aux Marquises était alors estimé à environ 10 milliards de Fcfp. Faire d’un aérodrome un aéroport international représente un investissement de plusieurs milliards Fcfp. Cela nécessite la mise en place d’infrastructures adaptées (piste plus longue) et aussi d’équipements plus conséquents, notamment pour assurer la sécurité. Mais il faut aussi que l’État soit prêt à mettre en place un certain nombre de moyens pour assurer les contrôles à l’entrée et à la sortie du Pays (police aux frontières).








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Commentaires anonymes
27/02/2009 à 07h46
J'avais cru comprendre qu'une SEM était une société composée d'actionnaires privés!!!!!
Commentaires anonymes
26/02/2009 à 21h48
Hiro est fort mais surtout un vrai compétent.
Reprenons le travail fait par Hiro:
Dans un premier temps il a baptisé les aérodromes qui sont gérés par la Sétil.(trop dur)
Sa seconde initiative a été de faire connaître les aérodromes aux membres du CA.(la il y a du boulot quand on voit le PDG, les autres on ne veut même pas voir)
Le troisième [b]challenge[/b] a été le déplacement à Paris pour les discussions et les négociations avec le ministère des Transports, l’Élysée et Medetom sur le dossier de la concession.
Il appelle ça travailler Hiro? Difficile et surtout vachement prioritaire s'agissant d'un aéroport international mais aussi d'aérodromes locaux?
Ensuite continuons a rire
“ Il y en a déjà un qui est prêt à reprendre à son compte le réaménagement du salon VIP sans que cela coûte un Fcfp à la Sétil, il faut être nul et bête pour ne pas accepter.”
D'accord Hiro, mais c'est quoi la contre partie du prive qui investit pour la Setil. Un prive qui fait des bonnes œuvres gratuites? Hiro tu prouves que tu es vraiment naif et pour reprendre tes mots "nul et bête pour [s]ne pas[/s] accepter" C'est comme pour les X Games mais a l'envers, c'était de l'argent public qui servait a financer un événement a but lucratif (on connaît tous le résultat).
Pour finir avec la dernière blague Carambar de Hiro.
"En 2005, il avait déjà pour projet de construire un aéroport international à [b]Nuku Hiva[/b] aux Marquises, à [b]Tubuai[/b] aux Australes ou encore de rendre l’aéroport de [b]Bora Bora[/b] conforme aux normes internationales. Le coût uniquement pour un aéroport international aux Marquises était alors estimé à environ 10 milliards de Fcfp.
Au bas mot 2X 10 milliards + 5 milliards pour Bora soit 25 milliards.
Hiro puisque tu nous parles de business plan, rapide calcul: 25 milliards rembourses sur 30 ans = 69 millions de remboursement mensuel (sans les intérêts) soit 828 millions annuels.
Comment on va rembourser ça avec seulement et péniblement 200 000 touristes par an ?????
C'est sur que ça du être un vrai challenge intellectuel le déplacement a Paris. Nos technocrates ils ont bien rigole j'en suis persuade.
Bon ben Hiro, tu as montre toute l'étendue de ta compétence et de ta clairvoyance en 1500 mots. Prends des vacances en Université d'été ça sera l'occasion d'apprendre a faire un businnes plan et t'élever un peu plus qu'au ras des pâquerettes.....des fois que la montée des eaux t'emporte ;D