“Avoir accès aux marchés européens”

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Publié le mercredi 02 septembre 2009 à 09H02

ATELIER 3. Présidente du syndicat des producteurs de fruits, Françoise Henry espère voir la filière agricole redémarrer rapidement. La redistribution des terres domaniales est pour elle une mesure essentielle pour y parvenir.

L’ESSENTIEL

  • Françoise Henry préconise la mise en place de plan général d’aménagement ou le déblocage des terres agricoles domaniales pour relancer l’agriculture
  • Elle insiste sur la nécessité que les producteurs soient prioritaires sur le marché local
  • Elle prône l’harmonisation des formalités douanières pour une ouverture des marchés français et européens

Où en sommes-nous ?

Pourquoi avez-vous décidé de vous inscrire aux états généraux ?

“Je suis issue d’une famille de producteurs : mon grand-père avait une cocoteraie, je produis des fruits et mes enfants produisent des perles, et le premier postulat que l’on a fait en préalable à ces états généraux, c’est qu’il y a un net recul des ressources propres dans l’économie du pays. C’est vrai tant au niveau de l’agriculture que de la perle. Ces états généraux sont à mon sens une occasion inespérée de dialoguer avec le gouvernement et avec l’État. Sur le plan agricole, nous devons couvrir quelque chose comme 8% du marché alimentaire local donc nous avons encore de la marge. Nous vivons dans un pays où la diversité climatique permettrait de cultiver de tout, mais où l’on ne s’est pas structuré pour le faire : on n’a pas d’accessibilité aux terres agricoles et pas non plus d’ouverture de marché. Il faut que nous fassions tout notre possible pour essayer de faire aboutir ce que l’on propose dans le cadre de ces états généraux. Ces propositions de la société civile aux dirigeants devraient faire l’objet d’une attention particulière. Il serait suicidaire de les jeter aux oubliettes.”

Où allons-nous ?

Quel cap est prioritaire selon vous ?

“Un des premiers objectifs est de pouvoir exploiter tout le potentiel qu’offre la Polynésie dans son ensemble et sa diversité climatique pour pouvoir être rapidement plus autosuffisant. Ce serait une source d’emplois, de fierté aussi que d’être capable de se faire à manger. C’est la première des fonctions vitales, on ne devrait pas la confier à d’autres. À l’objection ‘Vous produisez à des coûts très élevés’, je répondrais que nous ne sommes pas dans un système de subventions lourdes comme en France ou aux États-Unis et qu’on pourra faire baisser les prix si l’on a une terre plus accessible, si l’on maîtrise les coûts des engrais, si nos charges sont moins élevées…

Qu’est-ce qu’on fait maintenant ?

Que proposez-vous pour redynamiser le secteur ?

“La première chose à examiner est le déblocage des terres agricoles. Si à un moment donné on ne fixe pas d’échéance aux communes pour qu’elles rendent leur PGA (Plan général d’aménagement), il n’y aura jamais de plans d’aménagement, donc pas de terres agricoles. Aujourd’hui, seuls 100 des 30 000 hectares de terres domaniales ont été attribués. Par ailleurs, aucun maire n’a envie de rendre un PGA, car proposer des zones agricoles induit de faire chuter le prix des terrains, et ça ne peut pas plaire à tout le monde… Or ce sont ces mesures fortes qu’il faut prendre, même si elles sont impopulaires. Tous les grands pays structurés qui s’occupent de leur autonomie alimentaire y dédient certaines de leurs terres qui ne coûtent rien. Le prix du mètre carré labourable en France est de 100 Fcfp. À côté de chez moi, il coûte 10 000 Fcfp. Forcément, à ce prix-là, on ne peut pas lancer une exploitation. Ce n’est pas le tout de débloquer des terres : il faut qu’il y ait un marché derrière. Cela nécessite une forte volonté politique pour dire ‘il doit y avoir une part importante de local dans les magasins. Nous, producteurs, sommes quand même une concurrence effective à l’importé, nous sommes la seule barrière au monopole du tout import et, en ce sens, nous sommes plus un facteur de baisse qu’un facteur de hausse des prix.”

Et ensuite ?

“Dans la continuité, il faut absolument que nous puissions avoir accès aux marchés français et européens. Aller à l’export nous permettrait sûrement de réaliser des économies d’échelle. Nous avons des produits phares comme la mangue, l’ananas, le citron, le meilleur pamplemousse et les meilleurs tubercules du monde. L’Europe représente à mon sens un fort potentiel de développement commercial. Il est urgent que nos autorités respectives se mettent autour d’une table pour harmoniser le casse-tête des formalités douanières qui, à l’heure actuelle, sont ingérables. Il y va de l’intérêt des entreprises qui vont à l’export, bien sûr, mais aussi des perceveurs qui profiteront des taxes engendrées par l’activité alors que pour le moment, l’inexistence d’activité ne profite à personne.”

Manon Hericher

Zoom

Après avoir passé quelques années à chercher sa voie, Françoise Henry se décide finalement à exploiter l’ancienne cocoteraie que son grand-père lui a léguée. En 1983, elle monte, avec son mari, une exploitation fruitière sur Taravao. Elle a depuis gardé comme ligne de conduite de ne pas traiter ni désherber et d’engraisser de la façon la plus naturelle possible. Elle considère que la certification Bio pourrait être un accélérateur d’implantation sur les marchés extérieurs mais déplore : “Il n’y a jamais eu de norme officielle ici et c’est quand même un investissement très important pour lequel il faut être certain d’avoir le marché qui suive”. Présidente du syndicat des producteurs de fruits depuis avril dernier, elle a à coeur de trouver des solutions pour aider la vingtaine de producteurs fruitiers à développer leur activité.

Manon Hericher
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Commentaires anonymes

02/09/2009 à 23h31

tout à fait d'accord avec toi sur cette idée de promouvoir l'agriculture mais comme tu le dis si bien aussi, cela ne tient qu'aux dirigeants et vu que la faute sur le partage des terres vient de l'état français avec l'instauration du code civil. ça ne pourra pas aboutir et c'est pour ça qu'ils ne se donnent même pas la peine de le promouvoir. A l'ère pré-européenne, les relations entre les hommes à propos du sol, de son appropriation et son exploitation étaient régis par un système traditionnel purement oral, qu'on peut tenter de reconnaître à travers les observations des premiers navigateurs et missionnaires. Puis durant toute une période transitoire, ce système culturel a été confronté à l'implantation des étrangers, l'introduction des pratiques nouvelles de production et de commerce, les fluctuations démographiques et l'institution progressive de règles écrites. Ceci dit, l'activité économique de notre pays ne se fera qu'après déblocage des partages de terres et si on attend de + en +, on aura que 5m² à se partager donc autant mieux vendre et croyez-moi : c'est ce que l'état français attend...! Travaillez en famille et restons un territoire. Pourquoi voire plus grand que le pacifique alors qu'on n'arrive même pas à s'autosuffir?

Commentaires anonymes

02/09/2009 à 20h59

Exporter le reve:
Exporter un reve pour tout producteur, mais essayer de le faire en Polynesie. Impossible mais non mais quelle galere. Tout d'abord une seule companie maritime pour le bateau et deux companies pour l'avion. Donc pas de concurence. L'avion n'en parlons pas bonjour les prix; le bateau n'en parlons pas bonjour les delais d'attente sur les quais. Pour faire venir quelque chose en Europe entre 4 et 5 mois de delais. Au revoir l'exportation
On peut rever. c'est ce qui fait la force de la nature humaine. Mais dans ce cas impossible meme si dans ce cas le diction n'est pas applicable ( impossible n'est pas francais )

02/09/2009 à 18h04

Bravo Françoise, malgré les miconias nous arriverons à vendre nos produits et concurrencer les importations. d'ici 10 ans au lieu de ne fournir que 8% nous serons à 50%. vivent les agriculteurs , éleveurs et pêcheurs du FENUA

Légal

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