Pas de majorité, pas de démission

Publié le lundi 02 août 2010 à 11H27

ENTRETIEN. Gaston Tong Sang, président du Pays, était l'invité de RFO télé hier soir. La démission réclamée par l'opposition : pas question ; faire des économies, notamment sur les coûts de fonctionnement : bien sûr ; et malgré une majorité inexistante, il faut “faire avancer le Pays”.

L’ESSENTIEL

  • Malgré la présence d'Oscar Temaru au Vanuatu, Édouard Fritch reste “la seule voix de la Polynésie” au Sommet du forum des îles du Pacifique
  • Le président du Pays s'interroge même sur “ce que va faire Oscar Temaru au forum”
  • Concernant le collectif 4 présenté à l'assemblée demain, Gaston Tong Sang espère la même “unanimité” que pour le collectif 2

C’est la première fois qu’il y aura à la fois une voix autonomiste et indépendantiste au forum du Pacifique, est-ce que vous ne craignez pas une cacophonie ?

“Non, pas du tout. Il y a une seule voix, c’est toujours celle de la Polynésie française, représentée par le gouvernement de la Polynésie. C’est à ce titre que notre vice-président siège au prochain forum en tant que membre observateur. Il n’y a pas d’autres représentations. On a appris que le président de l’assemblée, président du Tavini, est également au Vanuatu pour la fête de l’indépendance et je ne sais pas ce qu’il va faire au forum. En tout cas, il ne peut pas y avoir dissonance au niveau de la représentation du Pays.”

Les textes proposés par votre gouvernement sont régulièrement rejetés à l’assemblée par le front commun Tahoeraa-UPLD, qui a la main aujourd’hui pour diriger le Pays ?

“Ils ne sont pas tous rejetés, la preuve, le collectif numéro 2 a été voté à l’unanimité, à 57, ce qui est un record. Et j’espère que le collectif de mardi sera aussi voté à 57. L’assemblée veut mettre sa petite touche dans les priorités du gouvernement. Le premier collectif, c’était l’emploi, 500 millions, puis 500 millions à l’assemblée, ça fait un milliard, tant mieux. Demain, la priorité, c’est le social, assurer l’équilibre du budget de la solidarité. 200 millions de plus au 1,8 milliard que nous avons inscrit. C’est pas la mer à boire. Tant mieux, ça va dans le bon sens. Mais ça dépouille les autres services et moyens. Je trouverai les moyens pour que les services puissent fonctionner correctement.”

L’opposition a demandé votre démission, qu’est-ce qui vous pousse à conserver votre siège de président ?

“J’attends que l’assemblée clarifie sa position et si tout le monde s’accorde à dire qu’il n’y a pas de majorité, il faut effectivement qu’il y ait une majorité et j’attends qu’elle se constitue et désigne clairement le futur président avant de passer le relais. La démission ne va pas dans le sens de la stabilité de nos institutions.” Et concernant l’aéroport, seule la société ADT est aux commandes, le Pays pourrait devenir actionnaire à 49%, aurez-vous les fonds nécessaires pour participer ? “On a les fonds nécessaires. Lorsqu’on parle du Pays, il n’y a pas que le Pays en tant qu’institution, il y a toutes les sociétés privées du Pays qui peuvent participer.”

Vous ferez appel à des privés alors ?

“Bien sûr.”

On a vu que Valentina Cross va vendre une partie du parc automobile de Teva i Uta, elle va diminuer également les indemnités des élus, ce sont des mesures que vous pourriez appliquer à l’échelle du Pays ?

“Bien sûr, d’ailleurs, le fait de réduire le nombre de ministres de 17 à 12, nous fait faire des économies, de 600 millions par an. On a aussi réduit le nombre de collaborateurs dans les ministères. Au collectif, nous allons retransférer les taxes affectées aux établissements au Pays, ça diminue aussi de 17% le coût de ces établissements. Ces 17% iront aux communes. Au collectif numéro 4, les communes percevront 400 millions de plus. Mais tout le monde doit se serrer la ceinture, y compris les communes. Il faut qu’on revoit nos coûts de fonctionnement.”

Difficultés politiques, difficultés économiques, qu’est-ce qui va bien dans le Pays aujourd’hui ?

“Contrairement à ce que dit Oscar Temaru, le peuple polynésien est debout, il n’y a pas qu’au Vanuatu. Et apprécier l’indépendance d’un Pays à l’occasion d’une fête, aux apparats de l’événement, ce n’est pas le moment de dire si un Pays va bien. Il faut regarder ses comptes économiques et ses comptes sociaux. Ceci étant, il y a des élus à l’assemblée, bien sûr il n’y a pas de majorité, j’aurai aimé qu’il y ait une vraie majorité dans cette assemblée avec peut-être un autre président que moi à la place. Mais ceci étant, il faut faire avancer le Pays. On fait tout pour attirer la confiance des investisseurs pour que le Pays fonctionne correctement.”

Propos recueillis sur RFO Télé

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