GTS renvoie Kalin dans ses 22 mètres

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Publié le vendredi 05 juin 2009 à 10H35

ENTRETIEN. "Aucun problème ! S'il veut s'allier avec Flosse qu'il le fasse !” Gaston Tong Sang n’a pas apprécié les déclarations de Clarenntz Vernaudon dans son interview aux Nouvelles hier. “Il faut arrêter !” martèle-t-il, en rappelant que la priorité absolue est la stabilité politique et la relance économique. Et s’il n’est pas contre le rassemblement autonomiste, pas question de retomber dans la bipolarisation de la vie politique, de “repartir 20 ans en arrière, à l’affrontement Flosse-Oscar. Cette période est terminée.”

L’ESSENTIEL

  • “Si c’est ça la politique, je dis qu’il faut arrêter” réplique le leader de To Tatou Ai’a aux “mécontents” de son groupe qui “se sont vus ministres ou directeurs de cabinet”
  • Il garde confiance en Tearii Alpha, “qui ne tombe pas dans le piège du Tahoeraa” mais rassemble les autonomistes
  • Pour les européennes seulement, pour l’instant. GTS ne veut pas retomber dans la bipolarisation, et rappelle au passage que son parti est sorti en tête des urnes de février 2008

Les état généraux sont en préparation, vous y avez participé en avançant notamment des pistes de réflexion comme la réforme électorale, qu'en attendez-vous ?

“Les états généraux font partie de l'accord de majorité, même s'il n'a pas été écrit, entre Oscar Temaru et moi-même… L'objectif des états généraux est d'abord de demander quels sont les moyens pour la Polynésie avec la France pour nous permettre de sortir de cette période de crise ? Le deuxième objectif est de mettre la Polynésie française sur la voie du développement durable et enfin, troisième objectif, il faut une stabilité politique. Je propose la réforme de la loi électorale, à ce titre je pense qu'il faudrait mettre en place un système de prime globale majoritaire pour permettre à la liste qui aura le plus grand nombre de suffrages d'avoir à coup sûr la majorité absolue. J'avais également demandé au président Sarkozy d'ouvrir le chantier de l'élection du président au suffrage direct…”

Vous abordez la stabilité politique et mardi soir Tearii Alpha a participé au bureau exécutif du Tahoeraa afin d'officialiser ce soutien pour le moins étonnant du parti orange. N'y a-t-il pas une contradiction quand on connaît l'opposition entre les deux formations ?

“Non pas du tout, au contraire. J'y vois là une clarification des positions des uns et des autres. À un moment donné, dans la famille autonomiste certains partis prennent des positions floues. Tantôt ils sont autonomiste, tantôt ils prennent des positions proches des indépendantistes… Concernant cette invitation de Tearii Alpha, c'est vrai qu'on a eu ce réflexe de dire que quand on entre dans le système Tahoeraa on risque... Beaucoup de gens font des projets et tirent des plans sur la comète. Tearii m'a informé qu'il était invité par le BE parce que le Tahoeraa doit se positionner pour les européennes. J'ai accepté qu'il y aille, alors que les autres partis ont apporté leur soutien sans poser de conditions.”

Après le BE de mardi soir, Tearii Alpha était au grand conseil du Tahoeraa hier, on a l'impression que le parti orange buvait du petit lait…

“Je fais confiance à Tearii pour aller expliquer pour quelles raisons il est important que la famille autonomiste se retrouve unie pour ces élections européennes. Ce n'est pas pour autant que Tearii Alpha tombe dans le piège du Tahoeraa Huiraatira. Je pense qu'il est assez mature.”

Ça va se limiter aux européennes ?

“Oui, ça se limite aux européennes, ça ne va pas aller plus loin. Après les élections, on fera le point.”

N'y a-t-il pas un risque d'installer la discorde au sein de la majorité, si par exemple les autonomistes faisaient plus que les indépendantistes ?

“Je l'ai dit à l'issue des élections du 10 février 2008 : la victoire est autonomiste et c'est To Tatou Ai'a qui porte cette victoire-là. Il aurait fallu à ce moment-là constituer une majorité autonomiste, on en serait pas là, avec la famille Tahoeraa.”

Ça permet peut-être de remettre Gaston Flosse en selle…

“Il n'a pas besoin de ça pour se remettre en selle, il peut le faire à tout moment. Je pense que traduire ces élections européennes en faits et actes politiques internes, c'est aller trop vite…”

Vous l'avez dit vous-même, il n'y a pas d'accord de majorité écrit, vous avez permis que Tearii aille au bureau exécutif du Tahoeraa. N'est-on pas à l'aube de la plate-forme autonomiste dont on parle actuellement ?

“C'est l'homme que nous avons choisi pour ces élections européennes, parce que nous pensons que Tearii incarne cette jeunesse, cette compétence, cette honnêteté… Et la classe politique a besoin d'un renouveau...”

Mais ça serait l'aube d'une plateforme autonomiste ? Parce que si ces élections européennes ne passionnent pas les foules, elles ressuscitent le clivage autonomistes/indépendantistes.

“À un moment donné, il y avait d'autres personnes qui pouvaient incarner ce rassemblement autonomiste. Tearii fait partie de cette famille d'hommes… Je pense qu'il faut toujours ramener au suffrage exprimé par les électeurs, le fameux scrutin du 10 février 2008…. Je continue à dire que cette majorité de la famille autonomiste aurait dû déjà être constituée au lendemain du 10 février. On avait une majorité stable dans une même famille politique avec les mêmes idéologies... Certains ont préféré composer avec les indépendantistes et même certains du groupe To Tatou Ai'a ont cru qu'il fallait composer avec les indépendantistes. Ce qu'il faut dire, c'est que ce n'est pas nous qui avons voté pour Oscar Temaru, ce n'est pas nous qui l'avons mis là où il est, ce sont ceux-là même qui ont mis en cause la décision des électeurs…Tout le monde souhaite que les jeux politiques se calment. Il ne faut pas que lesmanoeuvres des uns et des autres viennent désorganiser une nouvelle fois les institutions et l'économie du pays, ce serait la mort.”

Peut-on toutefois imaginer un regroupement autonomiste et un gouvernement autonomiste ? Concrètement, êtes-vous prêt à travailler avec le Tahoeraa de Gaston Flosse ?

“Est-ce qu'on peut avoir la garantie que demain, il n'y aura plus de groupe de pression ou des gens qui mettront plus en avant leur intérêt personnel ou l'intérêt de leur parti dans ce jeu de répartition des responsabilités au sein d'une nouvelle majorité ? Je ne suis pas devin, je ne sais pas ce qu'il va se passer. On a pratiqué déjà, on a cru en certains, qu'effectivement le fait de changer de parti au cours d'un mandat faisait partie du passé. Malheureusement, j'ai l'impression que cette famille grossie. Est-ce qu'on peut gérer le Pays avec les mêmes personnes dans une autremajorité ?Moi, je dis, on a essayé toutes les combinaisons possibles. Pour moi, ce qui compte, c'est le Pays, remettre en route notre économie, c'est capital. Car si on doit à nouveau mettre en place une nouvelle majorité et sans garantie de stabilité, la population va nous sanctionner d'une manière sévère.”

Capital sûrement, mais avec des gens sur lesquels on peut compter. Or Clarenntz Vernaudon fait savoir son mécontentement avec l'idée affichée d'un changement de majorité.

“Si c'est ça, on ne fait qu'alimenter lamachine infernale de l'instabilité politique. Et ce n'est pas ce que veut la population, quelle que soit son appartenance politique. Dans ce cas-là, c'est toute la classe politique qui disparaît et c'est la rue qui va gérer le Pays.”

Vous avez confiance en Clarenntz Vernaudon quand il dit qu'il a rencontré Gaston Flosse, que c'est un homme de parole, et qu'il verrait bien Gaston Flosse vice-président du Pays ?

“Flosse ne veut jamais être vice-président de personne. Ce n'est pas en faisant ces calculs qu'on pourra faire avancer ce Pays. Qu'on arrête de faire des simulations, des partages de pouvoir. Je n'ai pas fait de cette majorité une revendication pour obtenir les meilleures places, les meilleurs postes. Je sais qu'au sein même de mon groupe, il y a des gens mécontents, car certains se sont vus ministres, ou directeurs de cabinet. Si c'est ça la politique, je dis qu'il faut arrêter.”

On sent toutefois Clarenntz Vernaudon prêt à franchir le cap et s'allier avec Gaston Flosse…

“Aucun problème ! S'il veut s'allier avec Flosse qu'il le fasse. Ce n'est pas un problème, car je ne pense pas que les électeurs partageront ça. Car s'ils ont voté pour nous, c'est que quelque part, ils veulent quitter ce système.”

On voit des passerelles se tisser, Tearii Alpha se fait soutenir par le Tahoeraa, Clarenntz Vernaudon dit avoir rencontré Gaston Flosse. Êtes-vous oui ou non pour une plateforme autonomiste ?

“Ça fait dix ans que je plaide pour cette plateforme autonomiste. Certains découvrent aujourd'hui que d'autres veulent cette plateforme autonomiste. S'ils la veulent, il faut revenir aux élections de 2008. Proposer autre chose à notre population qui serait contraire à ce résultat, c'est voué à l'échec.”

Une plate-forme autonomiste mettrait tout de même la posture d'Oscar Temaru à mal.

“Je ne veux pas pour autant revenir à ces combats incessants entre autonomistes et indépendantistes. Il faut arrêter. D'un côté, il faut ce rassemblement autonomiste mais ce n'est pas pour autant qu'il faut faire la guerre aux indépendantistes. Revenir à une bipolarisation de la vie politique, ce n'est pas bon. On va repartir 20 ans en arrière, à l'affrontement Flosse/Oscar. Or, cette période est terminée.”

Vous faites confiance à Gaston Flosse sur son soutien, sur un rassemblement autonomiste et plus largement politiquement ?

“Je n'ai pas entendu Flosse faire un appel au rassemblement des autonomistes. Je fais confiance au Tahoeraa. Parce que dans cette famille autonomiste, il y a beaucoup de gens encore qui croient au rassemblement des autonomistes, sans calcul politique, et beaucoup appellent à cette unité.Moi, je pense que ce n'est pas seulement l'unité des autonomiste mais l'unité du Pays, il ne faut pas écarter les indépendantistes. Si on rallume la bipolarisation du Pays on va retomber dans ce cercle vicieux.”

Vous vous sentez bien au sein de ce gouvernement ? C'est la majorité parfaite ?

“Peut-être pas parfaite mais encore une fois ce n'est pas ce que souhaitent les électeurs. Pour les électeurs, c'est To Tatou Ai'a qui doit diriger le Pays. Ce n'est pas non plus la faute d'Oscar, s'il doit devenir président. Ce n'est pas moi qu'il l’a mis là, mais si j'ai perdu le pouvoir c'est que la famille To Tatou Ai'a n'a pas su rester unie. Certains sont tombés dans le piège de Flosse, des gens à qui on a promis je ne sais pas quoi. Toujours est-il que cette majorité UPLD/To Tatou Ai'a est unemajorité de convenance nécessaire pour la situation du Pays, pour éviter de vivre dans l'instabilité.”

Propos recueillis par PL

Patrice Lafforgue
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Commentaires anonymes

08/06/2009 à 10h54

Monsieur Tong Sang veut retrouver son fauteuil de Président mais ne peut pas car il lui manque désormais beaucoups de représentant pour le remettre sur son fauteuil bien chaud qu'occuppe actuellement Monsieur Oscar TEMARU
Aujourd'hui, l'alliance UPLD/To Tatou Aia n'est pas réellement ce qu'il aurait désiré et il le dit si bien "c'est que ce n'est pas nous qui avons voté pour Oscar Temaru". Il avance à contre-coeur en attendant le moment opportun de pouvoir revenir "au suffrage exprimé par les électeurs, le fameux scrutin du 10 février 2008".
Bon courage quand même, c'est dommage que la politique devienne ainsi, vous faites tout pour!!!!!

Commentaires anonymes

05/06/2009 à 15h17

Tiens, tiens, Kalin-tongsang se réveillent pour remettre Monsieur Flosse sur le devant de la scène politique. Bande de marioles. Personne n'est plus dupes de vos magouilles et scénarios.

Retournez à votre sieste!

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