Publié le mercredi 08 septembre 2010 à 10H00
ENTRETIEN. Le président polynésien est allé “mettre les choses à plat” avec l’Agence française de développement (AFD). Il campe sur sa réclamation des 5 milliards de Fcfp de prêts pour boucler son budget investissement et aider les investisseurs hôteliers. Pas encore gagné… Les conditions n’ont pas changé d’un iota : appliquer les recommandations du rapport Bolliet. Le rendez-vous demain avec la ministre de l’Économie Christine Lagarde est annoncé comme déterminant.
L’ESSENTIEL
- Après son entretien avec le directeur de l’AFD, les conditions du prêt de 5 milliards de Fcfp de l’agence n’ont pas changé : prendre en compte les recommandations du rapport Bolliet
- “On a diminué le budget du Pays de 10% de 2010 par rapport à 2009, sans augmenter la pression fiscale, et nous avons fait face à nos obligations”, se défend Gaston Tong Sang
- Il manque aux alentours de 10 milliards pour boucler le budget d’investissement prévu au budget primitif 2010
Vous avez manifesté à plusieurs reprises votre mécontentement envers l’Agence française de développement (AFD) ces derniers temps. Comment s’est passée votre rencontre avec Dov Zerah, le nouveau directeur général de l’AFD ?
“Nos relations n’étaient pas au beau fixe. Il faut l’avouer. J’ai déclaré que l’AFD ne jouait pas pleinement son rôle pour appuyer la Polynésie française dans sa relance économique en soutenant financièrement des projets économiques du Pays ou privés, notamment au niveau des hôtels. L’AFD dit qu’il n’y a pas de touristes et qu’il n’y a pas de raison de construire des hôtels. Cette position est injustifiée car pour construire un hôtel il faut trois ans. Qui nous dit que dans trois ans il n’y ait pas besoin de chambres d’hôtels supplémentaires ? Nous avons mis à plat ces problèmes.”
De quelle façon ?
“D’abord au niveau du budget d’investissement du Pays. Il est de 50 milliards de Fcfp. Quelque 19,5 milliards sont financés par des prêts bancaires. Huit sont déjà accordés. Il me manque donc 11,5 milliards. Sur cette dernière somme, j’ai demandé 5 milliards à l’AFD. Pour l’instant, je n’ai pas de réponse. La ministre de l’Économie Christine Lagarde m’a dit que l’AFD n’est pas opposée, mais pour moi, ça ne veut pas dire que l’AFD est d’accord. Elle me dit aussi qu’un prêt est assorti des conditions sur le fameux rapport Bolliet (Gaston Tong Sang récupérera ce rapport en intégralité vendredi, NDLR). Je suis prêt sur ces conditions. Mais j’ai rappelé que le bouclage des opérations d’investissement est indispensable si on veut maintenir l’économie et éviter encore des destructions d’emplois. Pour l’AFD, je pense qu’il n’y a pas d’obstruction importante pour participer à ces opérations, comme elle l’a fait l’année dernière. Nous avons besoin de ce financement avant la fin de l’année. Pour les 8 milliards restants, nous serons obligés de faire appel à des marchés obligataires, ce qui est plus coûteux.”
Vous aviez également demandé des sommes à la suite du passage du cyclone Oli et pour la participation du Pays au FIP (Fonds intercommunal de péréquation)…
“Pour Oli, j’ai signé les conventions. L’AFD apporte un peu plus d’un milliard de Fcfp (Gaston Tong Sang demandait 2,8 milliards de Fcfp, NDLR). Le complément est apporté par Dexia et la Caisse des dépôts, et peut-être par le fonds européen, ce qui sera gratuit. Pour les communes c’est une autre problématique. Le gouvernement précédent, après avoir retiré 2,8 milliards de Fcfp au budget de fonctionnement des communes, s’est engagé sur la même somme en investissement pour les communes. Il avait prévu de contracter un prêt pour financer cette aide. J’ai fait la demande à l’AFD, Mme Lagarde m’a dit qu’elle ne financerait pas. J’ai répondu au haut-commissaire que je ne pourrai donc pas financer, celui-ci m’a demandé de faire déprogrammer les opérations prévues à hauteur de 2,8 milliards. J’ai répondu qu’il n’en est pas question. Je demande qu’on décale ces opérations parce que l’année prochaine le FIP va recevoir 1,2 milliard de plus, la part de la DGDE qui était versée directement au Pays et qui va aller aux communes. Par ailleurs, j’ai désaffecté les taxes des établissements publics et je les ai rapatriées au budget général du Pays. Je ramène ainsi 400 millions de Fcfp aux communes. On en est à 1,8 milliard. J’ai donc dit aux maires : ‘Réalisons cette somme pour 2011 et laissons un milliard pour 2012’.”
Qu’en est-il du secteur privé ?
“Je suis intervenu pour dire qu’il faut aider le secteur économique. Il a généralement besoin d’un financement de bailleurs de fonds pour compléter le montage financier. J’ai demandé à l’AFD d’intervenir avec la Socredo. L’opération de l’hôtel du golf à Moorea est toujours d’actualité.”
La condition de l’AFD pour financer les 5 milliards de Fcfp que vous demandez pour le budget investissement du Pays est de réduire le train de vie du Pays…
“Non, c’est prendre en compte les recommandations Bolliet. Ma rencontre avec Mme Lagarde (jeudi matin à Paris, NDLR) est déterminante pour ce prêt.”
Réduire le train de vie du Pays, c’est justement l’une des recommandations importantes.
“Je l’ai déjà fait sans attendre le rapport. On a diminué le budget du Pays de 10% de 2010 par rapport à 2009, sans augmenter la pression fiscale, et nous avons fait face à nos obligations. Nous avons encore mis 2 milliards de Fcfp dans le régime solidarité. Il n’y a pas le feu pour l’instant. En 2011 nous allons continuer à abaisser les dépenses de fonctionnement, 3% sur la masse salariale, 6% sur le budget de fonctionnement des services, 10% sur les transferts du budget du Pays vers les satellites (établissements publics…).”
Peut-être que le gouvernement français aimerait que la Polynésie française mette enfin en place un impôt sur le revenu ?
“Je pense que le rapport Bolliet ne le recommande pas.”
Mais la ministre de l’Outre-mer y est favorable.
“On a déjà un impôt sur le revenu. C’est la Contribution sociale territoriale.”
Mme Bolliet propose de suspendre la défiscalisation locale. Qu’en pensez-vous ?
“Je lui ai répondu qu’il faudrait une analyse plus fouillée des défiscalisations. Si ce n’est pas justifié au niveau local, ça l’est encore moins au niveau métropolitain. Il faut être logique. Heureusement qu’il y a cette défiscalisation pour voir le parc hôtelier se développer. Il y a aussi les moyens de communication. Je pense qu’on va peut-être, effectivement, réduire un peu la voilure, mieux cibler les opérations… Le ministre Teva Rohfritsch (Reconversion économique, NDLR) a mon soutien pour revoir les priorités.”
Selon vous, le ministre du Budget François Baroin veut épargner la Polynésie sur les réductions éventuelles de niches fiscales Outre-mer ?
“Baroin veut, disons, accorder un examen, un peu particulier pour la Polynésie. Il connaît parfaitement la situation économique de la Polynésie.”
Vous voulez dire que s’il y a un rabotage cela concernera tout l’Outre-mer à l’exception de la Polynésie ?
“Oui, j’espère bien. Quand on voit le volume des crédits d’impôts accordés, la Polynésie est une goutte d’eau. Franchement ce n’est pas ça qui va ruiner la France.”
Propos recueillis par David Martin (Agence de presse GHM)
David Martin







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13/09/2010 à 10h56
Tama a Bolliet a Sarko nous blablate... d'équité, mea ma!!! Il prend même la défense des démunis!!! Hahaha, a faaroo iana, te reo a Bolliet/Sarko ma. ................
En réalité, votre voyoucrassie est tellement habile à faire les lois pour mieux les détourner, que vous adoreriez les importer chez nous, pour y sévir cool. De même, votre fiscalité "performante"... à remplir vos poches insatiables.
Ne parlons même pas de votre système clientéliste. Vous en êtes à courtiser bassement ceux que vous calomniez hier, des socialistes... aux chiraquiens. Et même ces électeurs du Front National. Hahaha, 2012 pointe à l'horizon, so, no time to loose. Au diable les Droits de l'Homme que vous n'hésitez pas à bafouer: vous crachez sur les roms et les expulsez... à grands coups de to'ere. Aux armes citoyens, mais, surtout, faites m'en part, que je communique en bonne et due forme; c'est écrit noir sur blanc dans ces circulaires distribuées à leurs ministres et maires. Ils incitent toute la France, supposée être le Pays des Droits de l'Homme, à la haine et au racisme.
..............
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13/09/2010 à 04h55
Etre une Polynésie paumée au milieu du Pacifique, c’est peut-être cette situation géographique qui nous sauve de la surpopulation quand nous voyons d’autres pays ailleurs où les personnes traversent dans tous les sens... De loin nous avons le temps de voir venir, de se poser les questions et d’étudier qui sont nos visiteurs, sans surprises… De même les départs peuvent être interceptés avant atterrissage ou accostage de fuyards. Notre éloignement de tout n’est plus un handicape, comme au temps des premiers navigateurs, puisque nous avons (ou presque) atteint le progrès qui réduit cet handicape.
Nous avons bien de la chance d’avoir de l’air pure recyclée par l’océan qui nous entoure et où nous pourrions aussi y puiser pour le transformer en eau douce si celle des montagnes venaient à manquer. Mais ces montagnes tout naturellement sont-là pour les retenir ces nuages gonflées d’eau. Les agriculteurs devraient installer des cuves d’eau pour recueillir l’eau des pluies, comme dans les atolls, pour leur plantation.
Ne peut-on penser que la diminution des fréquences touristiques pourrait provenir des évènements catastrophiques dus aux conséquences du réchauffement climatique ? Nous voyons bien les incendies des grandes villes et des hectares de terres, des fumées de volcans, des tremblements de terres, inondations, crues, boue, pétrole et etc.… dans les médias. Des fortunes qui disparaissent et qui ont changé brutalement le comportement des gens pour se reconstruire. Une fois ces plaies réparées, les goûts des voyages reprendront. Il faudrait arrêter de s’accuser sans cesse de nos déboires qui sont les conséquences des catastrophes naturels dans le monde même s’il n’a pas que çà, où qu’il y a autre chose encore, etc…
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09/09/2010 à 14h53
HÔTELLERIE. La direction du Bora Bora Lagoon Resort a annoncé hier au cours d’un comité d’entreprise extraordinaire que l’hôtel, construit en 1993, allait fermer. Un plan social pour les 106 salariés va être mis en place.
alors pourquoi en construire un autre, pour donner du travail pendant 3 ans, mais il y a des infrastructure + intelligente a construire - ah la la mais ou va ton
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09/09/2010 à 14h51
ils ont raison a l'AFD, contruire un hotel alors qu'il n'a a pas de touriste, ça sert a rien, a bora les hotels ferment, alors pourquoi en construire d'autres. il y a des projets de construction qui serait + intelligent comme une route traversiere par exemple et cela donnerait aussi du boulot pour plusieurs années, enfin brefs ils me font pitié nos hommes politique, rien dans le coco
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09/09/2010 à 00h20
Gaston Tong Sang veut maintenir la défiscalisation en faveur de l'hôtellerie ! Or le "rapport Bolliet" souligne avec raison les sur-capacités dans ce domaine et démontre que le mécanisme n'a aucunement stimulé le développement de l'industrie touristique et, à l'inverse, a coûté très cher aux contribuables.... Qu'il lise -s'il sait lire- ce rapport, et qu'il lise aussi les Nouvelles. La fermeture du Bora Bora Lagoon Resort démontre, comme le départ du Club Med avant cela, la perte de confiance radicale de grands groupes touristiques dans l'avenir de notre pays. Et la "réduction de la voilure" de la LAN en Polynésie, est une autre illustration accablante de la perte d'attractivité de notre pays, dont l'image a été complètement et systématiquement saccagée depuis des années. D'autant plus que la nouvelle suppression d'une relation hebdomadaire se confirme alors que la LAN est par ailleurs en pleine croissance et vient de devenir la première compagnie aérienne latino-américaine, après sa fusion avec une compagnie brésilienne...
Comme son ministre du tourisme Steeve Hamblin, qui nous annonce, pour presque bientôt, 2 millions de touristes en Polynésie, Gaston Tong Sang veut continuer à construire des hôtels... de plus en plus vides !
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09/09/2010 à 00h07
Gaston Tong Sang n'a pas lu la note d'étape du rapport de la Mission d'Assistance à la Polynésie française dirigée par Anne Bolliet, Inspectrice générale des finances... Ou bien il ne sait pas lire (comme d'autres politiciens locaux...), ou bien encore il a en mains une version expurgée ???
Le chapitre 3 de cette première version du "rapport Bolliet" indique (pages 15 et 16) que le pays doit "engager dans la durée une réforme progressive de la fiscalité", celle-ci visant "une plus grande équité dans la répartition de la charge fiscale entre ménages, entre entreprises et professionnels". Sous-entendu, le système autonomiste actuel est inéquitable... Le rapport poursuit qu'il s'agit là de viser "un développement économique plus autonome, pouvant se traduire par une réduction de mécanismes douaniers et fiscaux protectionnistes". C'est clair pour tout le monde, sauf pour nos politiciens !
Et de souligner: "Dans ce cadre, la perspective d'une imposition sur le revenu devra être débattue et préparée", afin d'aboutir à la mise en place d'un dispositif fiscal plus performant et plus équitable".
Nos dirigeants autonomistes, ligotés par le système clientèliste qui les maintient en place et leur assure la prospérité sur le dos de la population, ne veulent pas toucher au système de taxation de la consommation et aux taxes protectionnistes qui favorisent leurs financiers politiques, les industriels locaux. La TDL est une illustration, voire une clef de voûte de ce système de voyoucratie institutionnalisée.... Renverser ce système en supprimant les taxes (et redonner du pouvoir d'achat aux consommateurs, notamment les plus démunis) et en imposant les revenus et le patrimoine, cela les autonomistes n'en veulent pas ! ce serait le début de la démocratie, la fin de leurs privilèges !
Mais nous sommes au coeur du problème: si nous voulons baisser nos prix, redevenir attractifs et devenir compétitifs sur le marché globalisé du tourisme, il faudra bien rentrer dans le monde moderne et nous doter d'un système fiscal "plus équitable et performant", à l'opposé du système moyen- âgeux qui contribue à précipiter la Polynésie vers la banqueroute à laquelle nous assistons actuellement...
Et puis, autre problème, il faut effectivement réaliser des coupes sombres dans les dépenses de fonctionnement et allouer les ressources du pays à des investissements structurants, qui manquent tant... Regardons l'état de nos transports en commun, de nos routes, pistes cyclables, trottoirs, des transports maritimes passagers inter-insulaires, etc... La Polynésie peut se vanter de faire partie du Tiers-Monde !
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08/09/2010 à 22h22
C'est vrai qu'il y a urgence à investir dans des hôtels pour répondre à l'afflux de touristes !!!
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08/09/2010 à 18h05
Enfin l'état a compris ! QUI PAIE DECIDE !
il était temps !
on va voir ce qu'ils valent maintenant nos professionnels...
quant au "recours" et son emprunt de 10 ou 100 milliards : quel gag ! la PF ne peut même pas en trouver 5 !
maintenant ils vont peut-être le rapport Bolliet....et commencer à l'appliquer.
je propose que les milliards ne soient débloqués que "service fait", comme les fonds européens : ça évitera les tentations de taper dans la caisse pour autre chose !
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08/09/2010 à 17h40
Run... run!!