“Tout le monde m’appelle”

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Publié le jeudi 30 avril 2009 à 11H41

INTERVIEW. Porinetia Ai’a no te Hau (Polynésie, havre de paix) ? Ça pourrait être le nom du parti politique de Bruno Sandras qui envisage de présenter un candidat dans les trois circonscriptions pour les prochaines législatives de 2012. Celui qui a claqué la porte du Tahoeraa estime que le parti orange pourrait sortir “grand perdant” de la lutte fratricide qui le mine.

L’ESSENTIEL

  • Le nouveau parti de Bruno Sandras pourrait découler du nom de la liste qu’il a menée au cours des municipales : Ai’a no te Hau. C’est en tout cas son souhait
  • L’objectif demeure dans un premier temps les législatives de 2012 avec l’idée de présenter un candidat dans chacune des trois circonscriptions
  • Avec la forme qu’a pris la guerre de succession au Tahoeraa, Bruno Sandras pense que le parti orange en sera “le grand perdant”

Où en est l’élaboration du nouveau parti que vous souhaitez créer ?

“Il y a des valeurs que je souhaite inscrire dans une charte qui est en pleine rédaction. Ensuite je réunirai les responsables pour voir si tout le monde est d’accord, fixer la date de l’assemblée générale constitutive et commencer à regarder qui pourrait occuper certaines places dans l’organigramme. Je n’ai pas fait un effet d’annonce pour le plaisir d’en faire un, on est dans l’élaboration des statuts et on ne veut pas recopier ce qui se fait ailleurs. J’ai vraiment envie de faire quelque chose d’original, sincère, et la sincérité doit se retrouver dans les documents constitutifs de ce nouveau mouvement.”

Avez-vous trouvé un nom à ce nouveau parti ?

“Pas encore, mais je ne vous cache pas que le nom de la liste que j’ai conduite à Papara deux fois de suite, c’est-à-dire havre de paix, Ai’a no te Hau, me séduit assez, mais maintenant non plus à l’échelle de la commune mais à celle de la Polynésie tout entière : Porinetia Ai’a no te Hau. Mais pour l’instant c’est un souhait personnel. À moi de le faire partager avec d’autres.”

Y a-t-il de nouvelles recrues ?

“Oui. Il y a beaucoup de gens qui travaillent et vous verrez le jour de l’assemblée générale constitutive quelles sont les personnalités politiques qui seront à mes côtés pour affirmer et afficher clairement leur position pour les années à venir. Car j’ai bien l’intention non pas de créer un parti pour dire : “J’ai mon parti”, mais pour l’implanter durablement dans l’ensemble des archipels de la Polynésie.”

Pourriez-vous dévoiler deux ou trois personnes qui sont prêtes à vous rejoindre ?

“Pas encore. Je sais comment ça se passe, dés qu’on commence à citer des noms, ils vont recevoir des coups de fils, des pressions… mais vous aurez des surprises.”

Plutôt côté Tahoeraa alors ?

“Oh, pas forcément.”

Y a-t-il eu des rapprochements avec certains membres de To Tatou Ai’a ?

“Tout le monde m’appelle.”

Les territoriales de 2013 demeurent l’objectif de ce nouveau parti ?

“Bien sûr, mais auparavant les législatives de 2012. Il y a aura trois circonscriptions et peut-être réfléchir à présenter un candidat dans chaque circonscription et puis ensuite préparer au mieux les élections territoriales.”

Gaston Flosse a fait une réunion lundi soir dans votre commune afin de limiter les dégâts occasionnés par votre départ, est-ce que vous vous sentez menacé par ce travail du sénateur ?

“Non parce que Gaston Flosse est un homme politique. La fédération Tahoeraa de Papara que je conduisais a été dissoute, mais il y a toujours des gens du Tahoeraa à Papara et il est venu à leur rencontre. Je suis confiant parce que mes électeurs, ma population m’a renouvelé sa confiance et je n’ai jamais dit que le Tahoeraa était rayé de la carte à Papara. Gaston Flosse est en train de planter une nouvelle branche à l’arbre que constitue le Tahoeraa, mais je trouve ça totalement normal.”

Même si vous avez quitté le Tahoeraa, il n’empêche que vous connaissez bien ce mouvement et après l’appel d’Édouard Fritch à un passage de flambeau, il semble que les choses ne se passent pas comme l’aurait souhaité le président délégué du parti, comment l’analysez-vous ? Va-t-on, selon vous, vers un déchirement ?

“Je crois qu’ils sont plus enferrés dans une logique de règlement de compte et d’affrontement de personnes et c’est exactement les raisons qui m’ont fait partir parce que je ne voyais plus de stratégie politique à proposer aux électeurs polynésiens… De l’extérieur, je vois que ça continue et ça risque même de s’aggraver. Il faut proposer de vraies alternatives plutôt que de demander aux gens de se positionner par rapport à des personnes et au Tahoeraa. Malheureu-sement quand je regarde cette dynamique : qui est pour Gaston Flosse, qui est pour Édouard Fritch, je pense qu’au final ce sera le Tahoeraa le grand perdant.”

Propos recueillis par PL

Le silence des fritchiens…

Le calme plat avant la tempête ? En tout cas côté fritchien pour ce qui est du calme, c’est acquis. On fait le dos rond, on attend que passe la tornade flossienne. Pour l’heure donc les fritchiens jouent les discrets voire les absents en attendant les directives de celui qui a osé parler de succession, de passage de flambeau… Les réunions se désertent, les bureaux exécutifs se clairsèment.

Toutefois si une page semble en voie de se tourner, pour ce qui est du livre, il faudra attendre encore. Gaston Flosse a remis les gangs de boxe, est remonté sur le ring et fait ce qu’il sait le mieux faire : tenter de convaincre. Mataiea, Papara et hier soir avec les jeunes orange, le Vieux Lion a sorti les griffes, le porte-voix radio maohi et est sur tous les fronts, tentant de calmer ce vent de révolte qui aujourd’hui s’assume dans un silence trompeur. En effet, plus un mot ne sort du clan des désireux de renouveau à la tête du parti orange. Plus un mot avant le retour d’Édouard Fritch, toujours prévu pour jeudi, a moins que les intérêts supérieurs du passage du flambeau n’en décident autrement. Il est vrai que l’idée de cette “fronde” est de ne pas brusquer les choses, ne pas brusquer un président-forever ultra sensible sur la question de sa succession. Car en face, il y a Gaston Flosse, celui à qui ils doivent politiquement tout ou presque. Mais tout porte à croire que le déchirement aura bien lieu car on voit mal président-forever devenir président for never.

Patrice Lafforgue
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Commentaires anonymes

01/05/2009 à 06h34

bien moi je t'appellerai bien mais je n'ai pas ton numéro bruno!

30/04/2009 à 16h52

Iaorana Bruno,
Rentres-leur dans le bide à tous ceux qui se cachent encore derrière FLOSSE, ton seul tort est d'avoir eu l'audace et le courage de dire NON à xxxxxxx Gaston. Sans FLOSSE ils ne sont rien du tout à l'image de Tereori, alors tu n'as de compte à rendre à personne. Autant que je m'en souviennes c'est pas grâce à FLOSSE que tu as conquis la mairie de Papara mais à ton travail personnel, car à cette époque là Flosse et le Tahoeraa avait soutenu BESSERT et pas SANDRAS. A l'issue ils étaient tous bien contents de te voir rejoindre le Tari Fé'i alors que tu ny étais pas du tout obligé. Ils ont tous la mémoire sélective quand cela les arrange.
T'as encore la vista car ton cerveau est bien en haut, alors que le leur est au bas de la ceinture.
Faaitoito tavana to tatou téputé.

Commentaires anonymes

30/04/2009 à 14h47

Je t'ai pas appelé moi !! ;)

Légal

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